mercredi, 04 novembre 2015
Du beau. Du bon. Du bonnet.
Du bonnet d’âne...
Aujourd’hui c’est déception.
Ça fait un moment, lectrices chéries, que je suis agacé par le comportement des magasins, de bouffe en particulier.
Ce sont des boutiques qui ressemblent de plus en plus à des magasins de l’époque soviétique. Si vous voyez enfin quelque chose qui vous plaît et que vous cherchiez depuis longtemps, précipitez vous !
Lors de vos cinquante prochaines visites, il y a peu de chances que vous puissiez en acheter.
Eh oui ! Avez-vous remarqué, lectrices chéries que de plus en plus, on ne vous vend pas ce que vous voulez acheter mais ce qu’on veut vous vendre ?
Toutes ces boutiques, de luxe ou non, et quel que soit celui des cinq distributeurs qui nourrissent les soixante-sept millions de Français qui les possèdent, n’achètent pas un produit.
Ils n’achètent qu’une marge…
Après avoir fait un tour chez Clooney & Dujardin hier, Heure-Bleue et moi, et avoir bu notre café habituel rue Auber, sommes allés aux Galeries Lafayette.
Celles de la bouffe.
Nous avions renoncé depuis longtemps à y acheter le pain. Celui qui nous plaît n’y est plus vendu depuis que la boutique dite « Gourmet » est passée sur le trottoir en face.
Hier, ce fut l’étincelle qui fit déborder le vase.
A peine entré, j’ai eu l’impression d’arriver sur un trottoir new-yorkais, agressé que je fus par une odeur de friture.
J’ai pensé à la joie de la touriste retournant dans sa chambre d’hôtel pour s’apercevoir que son trois-quarts Chanel a passé la journée dans une baraque à frites…
Le sommet a été atteint quand, j’ai vu, hormis de grands crus, des produits dit « marques de distributeur ».
Trouver dans une boutique censément de luxe les produits Carrouf mais plus cher, ça m’a achevé.
Bon, d’accord, les loyers sont plus élevés boulevard Haussmann à côté de l'Opéra qu’à La Courneuve à côté de l'A1, mais quand même...
J’ai tiré de mon périple la conclusion que les plus grands ennemis du commerce restent les grandes écoles de commerce…
Nous sommes revenus tranquillement à la maison après avoir fait un peu de courses au Monop’ de la rue de Caumartin.
C’est finalement plus sympa et surtout, ça n’a pas ce côté « prétentieux bas de gamme » qui n’est que cher que sont devenues les Galeries Lafayette dans le rayon épicerie.
10:40 | Commentaires (9)
mardi, 03 novembre 2015
L’art d’être grand-père.
Hier, c’est moi qui ai traîné Merveille dans sa piaule pour lui confier « un secret ».
Évidemment, avec la notion élargie du secret chez Merveille, elle a aussitôt dit « Viens Mamie ! Viens ! Papy va me dire un secret ! »
Mamie a gentiment décliné.
Merveille avait une idée du « secret » et avait surtout la trouille d’une engueulade et que son père ait eu vent du différend entre elle et ses grands-parents.
Bref, d’après Merveille, Papy n’aimait plus Merveille.
- Deux choses Merveille.
- Oui Papy…
- Quand Mamie et moi on se chamaille avec toi, sauf si c’est grave, on règle nos affaires entre nous et on n’en parle plus.
- Oui mais… Vous avez été méchants !
- Mais non…
- Si ! Vous m’aimez plus…
- Si on ne t’aimait plus, on se foutrait complètement de ce que tu fais, comment tu te tiens ou comme tu parles !
- Ah ? C’est vrai ?
- Si on ne t’aimait pas, on ne s’occuperait même pas de toi, voyons.
- Quand même...
- Oui, Merveille ?
- Je suis vexée…
- Ce n’est pas la dernière fois, il y en aura d’autres, c’est la vie, ce n’est pas toujours gâteaux et bonbons après…
Comme c’est une petite fille gentille, elle est allée regarder « C’est pas sorcier » sur un lit avec sa grand’mère.
Je suis allé dans la cuisine voir Manou et l’Ours.
Dès que Merveille est arrivée, P’tite Sœur s’est installée sur mes genoux.
Histoire de vérifier que ça embêtait bien Grande Sœur.
A force de gigoter, P’tite Sœur a sévèrement malmené ma « fabrique de petites graines ».
J’ai dit « Aïe ! Tu me fais mal ! »
Elle est allée dans sa chambre et en est revenue avec une toute petite chaise qu’elle a collée à la mienne et s’est assise dessus, la main sur ma cuisse.
Elle sait déjà que je ne pourrai pas plus lui résister qu’à Merveille.
Vous pensez, lectrices chéries, une rousse aux yeux clairs...
P’tite Sœur est gentille, si si.
Enfin, pas vraiment, elle est comme sa grande sœur.
Un peu garce dès qu’il s’agit d’en exciter la jalousie.
Lui piquer son grand-père, par exemple.
Ça marche si bien que ce serait péché que n’en pas profiter...
10:11 | Commentaires (9)
lundi, 02 novembre 2015
Même quand l’amour, ce rat mort !
Ça y est ! Il l’a fait ! Il l’a dit, ce c… !
Je me demandais quand un crétin allait parler à la radio de « l’été indien ».
C’est fait lectrices chéries !
Alors « ça nous pend au nez comme un sifflet de deux sous » !
Dans très bientôt un temps de m…ince va s’abattre sur le pays.
J’en suis sûr.
J’ai l’impression qu’il va pleuvoir qu’un « épisode de pluviosité se produira » d’ici peu.
Non mais quel andouille, ce type !
A la place du président de Radio France j’aurais viré ce mec depuis longtemps.
Ça fait des années, des décennies même, que j’entends un journaliste de France Inter nous dire, dès que le temps de la fin octobre est clément « mais voilà l’été indien ! »
Comme chaque année vers la Toussaint, le même découvre un phénomène qui dure quelques semaines et est connu en France depuis des siècles sous le nom « été de la Saint Martin ».
Bon, peut-être le journaliste a-t-il eu vent du phénomène en écoutant Joe Dassin.
Je peux l’aider à lever une ambigüité qui j’en suis sûr le tracasse depuis cette découverte.
Il lui suffit d’aller au cimetière du Père Lachaise, il obtiendra alors l’assurance que, non, malgré une rumeur tenace, Marie Laurencin ne partage pas son caveau avec Joe Dassin.
Cela dit, vous pouvez en être sûres, lectrices chéries, le temps va se gâter incessamment…
09:22 | Commentaires (13)
dimanche, 01 novembre 2015
L'amante à l'eau rêvée...
Ce matin, j’ai hésité à me lever.
Je me suis même demandé si je n’allais pas me laisser aller à faire pipi au lit.
Ouais lectrices chéries ! J’avais quasiment les joues gercées !
Que je vous dise, Heure-Bleue souhaite dormir les fenêtres ouvertes.
Oui « les ». Pas seulement la fenêtre de la chambre.
La grande baie du séjour aussi.
Et nous n’avons que ces deux fenêtres…
Ergo, le matin je sors tremblotant du plumard.
Gelé comme un excrément maghrébin.
Mon père, qui est mort avant l’apparition de la « political correctness » disait « gelé comme une merde arabe ».
Je disais donc que j’hésitais à me lever.
- Minou, tu dors ?
- Non…
- Il est près de neuf heures.
- Ton « p’tit déj’ » ?
- Oui Minou…
- On va y aller… On va pas tarder à y aller…
C’est-à-dire ça que le « p’tit déj’ » a pris cinq minutes de retard.
J’ai raconté à la lumière de mes jours ce qui m’est revenu soudain à l’esprit en disant ce « On va y aller… On va pas tarder à y aller… »
C’est revenu aussi net que si je l’avais vécu la veille.
C’était un été de la fin des années cinquante, pendant les vacances chez ma grand’ mère. A l’époque où se baigner dans le Loing n’était pas encore réservé aux maladroits qui tombent dedans en faisant l’andouille comme il m’est arrivé une fois en vélo.
Une vague planche venait d’être installée et fixée sur un support de ciment destinée à servir de plongeoir.
Ce… ce plongeoir avait été placé astucieusement là où la profondeur permettait à un adulte de s’élancer sans laisser la peau du ventre sur les cailloux du fond.
J’étais avec ma grande sœur, alors une adolescente de seize ou dix-sept ans.
Vous savez, lectrices chéries, combien les adolescentes attirent les adolescents.
Surtout vers ces époques où on hésitait à laisser les jeunes filles à portée de main des jeunes gens stupidement entraînés par des mères trop fières à coups de « rentrez vos poules, je lâche mon coq ! »
Ma grande sœur avait donc pu aller se baigner dans le Loing à condition de traîner son petit frère, votre Goût préféré, et sa petite sœur, ma sœur cadette.
Un « grand » qui montrait des pectoraux que j’enviais, genre Hercule que je venais de voir au ciné, avait jeté son dévolu sur ma grande sœur.
Aujourd’hui il me ferait penser à un pigeon qui tourne autour d’une colombe, le gosier plein de « rrrourrrrourrrouuuu ».
Le « grand » avait un paquet de « Royales » et une petite boîte d’allumettes à la main.
Pour éblouir ma grande sœur, il sautilla sur le plongeoir en disant « on va y aller… » car l’eau semblait fraîche.
Ma grande sœur me confia la main de ma sœur cadette et commença à descendre vers l’eau, à côté du plongeoir, avec cette démarche et l’air bizarre des filles quand elles sont regardées par les garçons ou qu’elles passent devant des gens, comme à la distribution des prix par exemple.
Vous voyez bien, lectrices chéries ?
Le « grand », poussé par la fierté, dit et j’ai encore sa voix dans l’oreille « on va pas tarder à y aller… » puis, pour ne pas avoir l’air de se dégonfler, glissa le paquet de Royales et la boîte d’allumettes dans l'élastique de son « boxer short » et se jeta à l’eau…
Je me demande si ce n’est pas vers cette époque que j’ai commencé à entrevoir que la présence des filles obscurcit sévèrement le jugement des garçons…
10:30 | Commentaires (10)
samedi, 31 octobre 2015
Instant tanné…
Il y a quelques jours, Heure-Bleue et moi sommes allés déjeuner avec Imaginer.
Imaginer est une jeune femme charmante.
En plus elle a bien voulu déjeuner en acceptant deux choses dont je ne la remercierai jamais assez.
D’abord d’avoir bien voulu déjeuner d’un döner.
Ces temps-ci, c’est mon déjeuner préféré, malgré les risques encourus selon la télé.
Puis de l’avoir fait dans un quartier si près de mon coin de Paris préféré.
D’ailleurs, regardez la photo de ce coin, lectrices chéries.
N’est-ce pas admirable ?
Le temps était magnifique, la conversation, en pleine rue, agréable.
Oui, nous papotons dans la rue avec nos amis, nous.
Nous avons poursuivi notre conversation devant un passage clouté, celui qui devait nous amener chez le marchand où nous avons acheté un mini tapis que nous attendons depuis des siècles et qui est enfin arrivé.
J’ai un moment détourné le regard pour regarder vers le bout du boulevard et ça m’a arraché un soupir.
Je ne sais pas si c’est un soupir de regret ou de remords, j’en ai tant en réserve…
Et vous savez quoi, lectrices chéries ?
Regardez bien le bout de ce boulevard.
Vous levez à peine les yeux et vous voyez le Sacré-Cœur.
Je crois vous en avoir longuement parlé.
Mais, si vous les gardez au niveau du boulevard et que vous le remontez lentement du regard vous voyez, au loin dans la trouée de cette coulée d’arbres, ce bâtiment de brique jaune ?
Je vais vous dire, c’est un endroit devant lequel j’ai fait le pied de grue plutôt souvent.
Je dois dire aussi que nous étions un certain nombre à le faire.
Ce bâtiment, c’est le lycée Jules Ferry.
Je crois vous en avoir parlé longuement, presqu’autant que du Sacré-Cœur…
Pour rester dans l’enseignement, un des midis suivants, nous écoutions Heure-Bleue et moi, « Le jeu des mille €uros », ancien « Jeu des mille francs », histoire de vérifier que notre cervelle n’est pas si rouillée que le laissent croire les notes de votre serviteur.
Exerunt Lucien Jeunesse et ses quelques prédécesseurs. Louis Bozon itou.
Nicolas Stoufflet est le dernier et actuel présentateur du jeu.
Et je l’ai entendu sortir un truc qui l’aurait fait bouler de son propre jeu.
Ouaip ! D’un superbe élan, il nous a arraché une oreille, à Heure-Bleue et moi.
Après un silence destiné à ménager le suspense il annonce le plus sérieusement du monde « On appelle pentagone un quadrilatère à cinq côtés ».
Je manque tomber de ma chaise.
Heure-Bleue dit « Tu as entendu ? »
Il reprend son souffle et insiste « Mais comment appelle-t-on un quadrilatère à douze côtés ? »
Alors, lectrices chéries ?
Qu’auriez vous répondu à ça ?
09:16 | Commentaires (14)

