samedi, 27 décembre 2014
Paaatriiiick !!!
Le prix Nobel décerné à Patrick Modiano a fait fleurir dans les rayonnages des librairies des tas de bandes rouges « Modiano Prix Nobel ».
La quatrième de couverture de « L’herbe des nuits » m’avait donné envie de le lire.
Je vous l’avais déjà dit, lectrices chéries, quand j’ai lu « L’herbe des nuits » il y a quelques jours.
J’avais aimé, il y a longtemps, très longtemps même, « La place de l’Etoile » puis, quelques années plus tard « Villa triste ».
J’en avais gardé le souvenir d’un explorateur expert de la mémoire.
La mémoire est quelque chose qui m’a toujours fasciné.
Quelles ficelles sont tirées pour qu’une odeur fasse surgir une image ?
Quel miracle fait qu’une image fasse revivre un pan d’existence ?
Quel merveille fait que le souvenir d'une voix fasse revivre quelqu'un ?
Aujourd’hui je lis un bouquin qui traîne depuis près de dix ans dans l’amoncellement de bouquins qui habillent les pans de murs depuis que je vis avec Heure-Bleue.
« Un pedigree », qui date de 2005…
A Noël, en dehors d’une machine Nespresso, qui me laisse un parfum bizarre de quelque chose que j’ai adoré et bu en quantité industrielle, « l’espresso ristretto » et qui aujourd’hui à perdu de son goût…
En dehors, donc, de cette machine à remonter le temps, Heure-Bleue m’a offert un autre livre de Modiano. « Dora Bruder ».
Je tente à l’instant comme lui la phrase bizarre. « Dora Bruder ».
La phrase sans sujet, sans verbe, sans complément. Espérant qu’un nom, propre ou commun, se suffira.
Et puis, que je vous dise, lectrices chéries, pourquoi j’aime Modiano.
Pas pour son talent de tribun, non, ce type bafouille lamentablement.
Il croit peut-être qu’il faut faire comme on écrit. Beaucoup raturer avant d’être satisfait de sa phrase.
Non, rien de tout ça. J’aime Modiano parce que je crois comprendre ce qu’il vit, ce qu’il sent. C’est un type qui sait ce qu’est sentir, ce qu’est Paris.
Comment ça se vit, comment on y erre comme dans un espace étrange, fait de temps, de sensations, ou le temps lui-même est quelque chose d’instable, fait d’allers « normaux », vers le futur, de regards derrière soi, vers un passé si présent qu’il vous serre la gorge.
Il a vécu et arpenté les rues que j’ai arpentées. Il y a vécu et vu des choses finalement pas si éloignées de ce que j’y ai vu et vécu.
Il satisfait mon goût pour la flânerie.
Même ma flemme d’évoquer mes propres souvenirs est satisfaite.
Les siens me conviennent parfaitement avec ses pérégrinations dans un Paris qu’il aime autant que moi et qu’il regarde, me semble-t-il, avec les mêmes yeux...
10:49 | Commentaires (8)
jeudi, 25 décembre 2014
Un conte de Noël.
Pour ce qui est de Noël, je crois que je sais pourquoi il est lié à la nativité.
Oui, toutes ces histoires de petit Jésus dans la crèche, tout ça...
Alors, lectrices chéries, n’allez surtout pas croire ce qu’on raconte dans les églises ou les chapelles.
Il y a un conte de Noël qui nous explique ça très bien.
Bien mieux, en fait.
J'écris « en fait » juste pour agacer Mab, qui a horreur de ces tics de langage.
On ne peut que regretter de ce conte qu’il ne soit pas plus souvent dit.
Quelqu’un l’a pourtant très bien fait.
Donnez vous donc la peine de le chercher et de le lire.
En plus il donne envie de jouer.
C’est un célèbre personnage qui l’écrivit il a quelque temps.
En 1674 précisément.
Et c’est Jean de La Fontaine qui nous l’a donné.
Un petit effort, ça va vous revenir, lectrices chéries.
Vous allez voir, si si…
Ça risque même d’agrémenter votre jour de Noël.
Alors ?
Mais enfin !
Allons bon, je vous le dis.
Ce joli conte s’appelle « Comment l’esprit vient aux filles. »
11:03 | Commentaires (6)
mercredi, 24 décembre 2014
T’as d’beaux vieux, tu sais…
Je constate chaque jour que me raser améliore mon moral.
Ça me fait la peau des joues aussi douce que celle de P’Tite Sœur.
Oui lectrices chéries, c’est comme ça.
Même si, avant le rasage, je regarde avec circonspection le type mal peigné qui me fait face dans le miroir.
Après le rasage je me demande où est passé l’Apollon qui occupe normalement ma place devant le lavabo.
Ce matin, ma toilette faite, je cherche sur le séchoir. Pas un caleçon…
Je sors de la salle de bains, vêtu de ma seule innocence, un peu comme quand ma mère m’a fait.
En moins innocent...
Heure-Bleue, que j’aurais espéré plus admirative tout de même, me jette « Eh ! Qu’est-ce que tu fais là tout nu ? Tu es devant la fenêtre ! Tout le monde peut voir ta … Il n’y a plus d’arbre pour la cacher ! »
Un bref instant, un peu de la fatuité du mâle d’avant réalisme me saisit à l’idée qu’il soit besoin d’un arbre pour cacher ma… virilité.
Puis l’objectivité m’a fait frissonner en même temps que la fraîcheur.
Je me suis contenté d’attraper un caleçon dans le linge à repasser.
Un peu triste quand même.
Je me suis dit que parfois il n’y avait pas franchement de différence entre un cache-sexe et un cache-misère…
06:50 | Commentaires (8)
mardi, 23 décembre 2014
Le calife jusqu’à l’Ali…
Ce matin, j’ai éclaté de rire en allumant mon petit outil à bourrer le crâne.
A peine allumée la chose, je manque m’envoyer mon café sur les genoux.
Et qu’est-ce qui causa cet éclat de rire matutinal, lectrices chéries ?
Eh bien, avec le sérieux d’un pape avertissant ses ouailles que s’amuser tout seul c’est pas bien du tout, une journaliste annonce urbi et orbi « Après qu’un déséquilibré a renversé onze personnes à Nantes, Manuel Valls a convoqué une réunion interministérielle à Matignon ce matin ! »
Ce qui m’a amusé, ce n’est pas le fait qu’onze passants aient été renversés par un fondu, non.
C’est qu’il suffit qu’un type en pleine déprime et sévèrement atteint psychologiquement s’en prenne à des passants avec une voiture pour qu’un nombre indéterminé de ministres, accompagné évidemment de leur aréopage d’experts et autres chefs de cabinet daignent s’occuper de ce qui se passe dans le pays plutôt que se qui se passe ailleurs où ça ne risque pas de leur faire une mauvaise publicité.
Le fait que l’adepte du jeu de quilles vivantes se soit poignardé après un strike magistral réveille brutalement la phobie de l'islamisme de nozélites.
Certaines parlent à mots couvert de lascar « d’origine maghrébine ».
Je ris jaune parce que je commence à les connaître ainsi que leurs petits stratagèmes.
Je les vois bien mettre en avant l’Algérien pour conserver leur maroquin…
Après vous avoir sorti cette ânerie, lectrices chéries, je me sens « gai comme un Italien quand il sait qu'il aura de l'amour et du vin. »
Bon, je vois bien Heure-Bleue me calmer d'un œil noir sur un point.
Et comme elle ne supporte pas les gens éméchés...
08:26 | Commentaires (4)
dimanche, 21 décembre 2014
Journalistes présumés.
Où va se loger la présomption d’innocence, quand même…
A l’ouverture de mon navigateur, il m’arrive d’avoir l’attention attirée par des articulets extraits de journaux de la presse écrite.
Enfin, écrite…
Je suis souvent frappé par l’extension de la notion de présomption à des faits avérés.
Vous sortez dans la rue, les caniveaux sont gelés, la glace est présente dans toutes les flaques d’eau, le linge que vous venez de retirer du séchoir de votre balcon est raide comme la justice.
Lectrices chéries, l’une d’entre vous a-t-elle songé une seule fois à dire le « gel présumé » est arrivé ?
Quand vous avez serré votre mari, la main pleine de cacahuètes salées, vous disant « mais non mon amour chéri et tout, je ne mange pas de cacahuètes ! », vous ne lui jetez pas à la figure « Tu me prends pour une andouille ? Menteur présumé ! »
Et il y a gros à parier que le mari chéri ne répond pas un truc du genre « Voyons, lumière de mes jours, je suis présumé innocent et le fait que je me sois fait prendre en flagrant délit ne compte pas ! »
Eh bien, pour la presse si.
Du moins, si j’en crois ce que je lis.
Pour la presse, tout acte avéré, vérifié et dûment rapporté devient l’œuvre d’un « présumé auteur » dudit acte.
Un des sommets du genre vient de me sauter aux yeux avec la vigueur du pavé dans la gueule d’un flic.
Un type, manifestement peu au fait de ce que raconte le Coran, avait décidé d’entamer un jihad perso à Joué-lès-Tours. Il se précipite dans le repaire des chaussettes à clous, menace tout le monde avec un couteau, s’attaque au planton, fait de grands moulinets avec sa saccagne et finit, sous les balles de la maréchaussée, par entamer son voyage vers les houris promises, éternellement jeunes, éternellement belles.
Et surtout « éternellement vierges », ce qu’il n’a pas prévu car il a mal lu le Coran et là, il ne va pas s’amuser tous les jours, le « présumé agresseur »…
Ce pauvre type, qui aurait probablement dû s’en prendre à Pôle Emploi qui l’a sûrement radié pour rendre les statistiques plus présentables, est finalement devenu un « agresseur présumé ».
Il restera « présumé » pour l’éternité puisque qu’à la mort de l’accusé, l’action publique s’éteint.
J’aurais tant aimé quant à moi, rester un « présumé contribuable ».
Je suis hélas, un « contribuable retraité ».
Que dis-je, un « contribuable maltraité »…
11:35 | Commentaires (10)

