lundi, 08 décembre 2014
Au dessus d’Eloi…
Je consulte régulièrement l’état –misérable- de notre compte joint sur Internet.
Je ne fais pas ça pour faire comme Picsou mais plutôt pour me la jouer Scrooge car je sais qu’Heure-Bleue déteste que je lui dise « mollo ! On n’a que treize €uros pour aller jusqu’à Noël 2023 ! »
Surtout quand elle a décidé d’ajouter quelques babioles dans les souliers de Merveille et P’tite Sœur.
Je me demande, suite au « rabibochage » d’Heure-Bleue et de l’Ours après leur chamaillerie, si les deux fillettes ne chaussent pas du 85 ou du 98…
Revenons à nos moutons de la banque.
Je clique donc sur le raccourci du répertoire « trucs utiles » créé à cet effet.
Répertoire de raccourcis Internet qui me permet d’accéder rapidement à :
- La CPAM, pour savoir combien de franchises ils ont trouvées pour rembourser rien du tout.
- La CNAV, pour constater qu’ils n’ont pas augmenté nos retraites et se sont arrangés pour nous les verser en retard.
- Le service client GDF, pour m’apercevoir qu’ils ont remboursé avec retard le trop perçu des factures de l’année.
- Le service client EDF qui constate avec désolation qu’il ne me prélèvera que 30 € ce mois ci au lieu des 38.22 des mois précédents.
Et enfin la banque !
« Pour mieux nous servir » et « être plus à notre écoute », quelle bande de farceurs !
La banque a décidé de modifier entièrement l’apparence de sa page d’accueil.
Du coup mon écran de 23 pouces ressemble à ,un smartphone géant particulièrement laid.
Je me précipite donc à la recherche des mauvaises nouvelles habituelles, celles qui me font craindre un réveillon de Noël genre paquet de coquillettes.
Et « de-quoi-t-est-ce-que-je-m’aperçois-je-t-il ? »
Le récapitulatif a changé totalement d’allure.
Auparavant il était sérieux, avec une colonne qui me disait à qui j’avais donné des sous que je n’avais pas vraiment, une qui me disait quand je l’avais fait, une qui me disait de combien j’avais troué le pécule de la banque.
La dernière colonne, rarement active, remarquait tristement de combien on avait renfloué notre compte joint…
Tout était clair, même si c’était souvent sombre.
Eh bien tout a changé !
Les deux dernières colonnes ont été rassemblées, un signe « - » et un signe « + » minuscules indiquent le sens de la transaction.
Et une colonne absolument scandaleuse d’indiscrétion a été ajoutée à un tableau déjà fort triste.
Une colonne qui indique, selon le destinataire du paiement « Alimentation », « Loyer », « Week-end, vacances », « vie quotidienne », « internet/téléphone », « restaurant », un idéogramme représentant un porte-monnaie apparaît quand les organismes de retraite nous versent note aumône mensuelle.
Nous sommes fliqués avec de plus en plus de précision !
Je n’ose même pas penser à une promenade dans les sous-bois.
Non qu’Heure-Bleue soit frileuse mais elle a peur des bestioles et moi de voir un drone renseigner la banque…
10:31 | Commentaires (8)
dimanche, 07 décembre 2014
Cet air irlandais.
Il y a déjà un moment, Heure-Bleue et moi, sur les conseils d’un dentiste, nous avons acheté un appareil qu’il nomme pompeusement « hydropulseur », connu sous le nom de « water-pik » et que nous appelons « kärcher à dents »
L’original n’étant plus disponible depuis des années, je me suis rabattu sur un machin chinois disponible sur le Net.
Comme la plupart de ces trucs, on m’explique que c’est pas cher et à l’usage, je m’aperçois que ça ne vaut pas plus.
En réalité, ça vaut même moins car si l’original vaut une centaine d’€uros, l’ersatz en coûte une cinquantaine. Comme prévu, l’original ne pouvait pas durer plus longtemps que la copie puisque tous deux originaires de la même usine.
Pourquoi ce long préambule sur un sujet aussi inintéressant que possible ?
Parce que, après une petite année de mauvais et déloyaux services, le « kärcher » déconne sévèrement et la pompe s’amorce mal. Je dois donc faire preuve de ce qui manque cruellement à Heure-Bleue : la patience car apparemment je suis le seul à pouvoir faire fonctionner cet engin.
Ceux qui connaissent la lumière de mes jours savent qu’elle a parfois du mal à trouver ses mots.
Du coup, Heure-Bleue me trouve « relou »…
Régulièrement donc, l’ange de douceur qui partage mes jours, jamais à court d’un néologisme douteux, me jette depuis la salle de bains « Minoooouuu ! Viens me bouziner le machin ! »
Vous savez bien, lectrices chéries, comme ce genre de saillie ( !) met en route l’esprit mal tourné de votre serviteur.
Chaque fois, je ricane, ça l’agace, elle me jette un regard mauvais et tout ça me met en mémoire la chanson de Colette Renard « Les nuits d’une demoiselle ».
Pleine de promesses qui commencent comme ceci :
Je m’fais sucer la friandise
Je m’fais caresser le gardon
Je m’fais empeser la chemise
Je m’fais picorer le bonbon
Et finissent comme cela :
Je m’fais chevaucher la chosette
Je m’fais chatouiller le bijou
Je m’fais bricoler la cliquette
Je m’fais gâter le matou.
On peut désormais y ajouter « je m’fais bouziner le machin »…
08:51 | Commentaires (7)
samedi, 06 décembre 2014
Ehique étique…
A lire certaines choses, il me revient la remarque d’un vieux collègue plein de sagesse et parfois désespéré qui disait « A l’instant t il y a 99% de cons, à l’instant (t+Ɛ), il y a toujours 99% de cons mais ce ne sont plus les mêmes. Évidemment, il y en a chez qui Ɛ →∞… »
Lectrices chéries, ce matin je voulais donc faire une petite note sur les connes.
Puis, des années d’observation de l’humanité m'ont amené à renoncer à un projet trop vaste.
Deux détails notamment, m’ont dissuadé.
D’une part, je risque de froisser celles qui ne sont pas concernées mais ont assez de jugeote pour se rappeler qu’on est tous frappés à un moment ou un autre.
Et ça, ça me chagrine énormément.
D’autre part, ça tomberait dans le vide car, problème bien connu, les principales intéressées ne se reconnaissent jamais…
19:26 | Commentaires (4)
vendredi, 05 décembre 2014
Une veste sans revers.
Et heureusement sans boutons...
Voulez vous savoir – bien sûr que vous voulez savoir, sinon vous ne seriez pas là, à lire ces lignes- ce qui advint par la suite ?
Eh bien, cette veste ne me désola pas tant que je m’y attendais, lectrices chéries.
J’ai revu « Maigrelette » jusqu’à ce que la rentrée universitaire se profile à l’horizon.
En réalité jusqu’à la fin de l’été. Nous nous sommes vu moins souvent, nous ne nous embrassions plus, je ne tentais plus l’indiscrétion discrète, nous étions copains, de bons copains. Il est probable que si nous n’avions pas habité loin l’un de l’autre, séparés par la Seine, nous serions devenus de vrais amis. C’est une des très rares filles qui m’a fait penser que l’amitié entre garçons et filles est possible.
Même si l’idée du dérapage n’est jamais bien loin…
Oui, quand votre amie marche devant vous à contrejour et que vous constatez que les jupes sont plus transparentes qu’elle le pense, la tentation du « café des pauvres » se fait tenace.
Cela dit, nous avons passé après cette gamelle, de bons moments. Elle m’a bien aidé à des approches qui auraient autrement été délicates sans elle.
Je n’ai jamais compris pourquoi les filles étaient rassurées par la présence d’une fille aux côtés d’un garçon qui veut les aborder.
Elles auraient dû savoir qu’on n’est jamais trahi que par les siens.
Surtout les siennes…
Mon pote lui, était trop occupé avec « Boulotte » pour que nous sortions ensemble et j’avais peu de goût pour tenir la chandelle.
Il m’est pourtant arrivé grâce à « Maigrelette » une mésaventure qui repoussa à mon anniversaire le « câlin avec tout » qui me manquait.
Il me suffira de vous dire, lectrices chéries, que la solitude me pesait.
Je prêtai pas, du coup, une attention suffisante à des détails qui auraient dû me sauter au yeux.
Une fille, plutôt bien faite, qui ne plaisait pas à « Maigrelette » qui m’avait gentiment aidé à l’aborder, sembla sensible à mes fariboles était sur le point de se laisser circonvenir.
C’est un mauvais souvenir.
Nous étions au cinéma quand elle se laissa prendre la main –oui, ça commence toujours comme ça- et fut prête à se laisser embrasser.
Je n’allai pas jusqu’au bout. Même son prénom m’est sorti de l’esprit. Je me suis penché sur elle et me suis enfui.
Ne me traitez pas de dégonflé. Je veux bien être particulièrement excitant mais qu’auriez vous fait si l’objet de votre convoitise s’était mis à exhaler un parfum genre « saut-du-lit-post-nuit-très-animée » ? Hmmm ? Qu’auriez vous fait ?
Ah ! Vous le savez ! J’en étais sûr ! Je vous vois tordre le nez d’ici.
« Maigrelette » me dit plus tard :
- Ça, j’aurais pu te le dire, que cette fille n’était pas nette…
Puis, plus grossière :
- Et tu l’aurais vu aussi si tu avais regardé son cou au lieu de regarder ses fesses mais t’étais tellement pressé…
Bon, en vrai elle a dit « son cul »...
Non, la vie n’est pas toujours simple.
06:51 | Commentaires (8)
jeudi, 04 décembre 2014
La pelle des sens…
Samedi arriva.
J’étais si beau que j’avais à peine osé sortir de chez moi pour ne pas faire du tort à Apollon si je l’avais croisé.
J’ai pris le métro et ai changé à Réaumur-Sébastopol direction Porte d’Orléans où je devais attendre Bernard.
Il est arrivé pile à onze heures. Nous sommes montés dans la rame et on a commencé à supputer des tas de choses. La première étant « qu’est-ce qu’on pourrait bien amener chez Nicole ? » Non, je ne disais pas « Boulotte » à Bernard…
Il eut un bref instant une idée idiote :
- Une bouteille de vin ?
- T’es c… ! Personne ne boit !
- Mais quoi alors ?
Idiot comme je sais l’être, j’ai lancé :
- Ben nous ! Comme cadeau on est super, non ?
Il a haussé les épaules alors j’ai proposé des fleurs. Chacun le sien. Moi, deux bouquets, un pour l’hôtesse, l’autre pour « Maigrelette ».
Faut savoir investir…
Nous avons conversé sérieusement au point que le changement à Montparnasse-Bienvenüe nous a semblé court.
On était quasiment en train de dépenser les sous de la vente de la peau de l’ours.
On avait même écorné notre pécule chez un fleuriste.
« Boulotte » vivait chez ses parents rue de Cambronne dans un immeuble assez triste et bien moins reluisant que celui des parents de « Maigrelette ». Bernard m’emmena jusqu’au troisième étage et sonna.
« Boulotte » ouvrit et nous fit entrer. Dès l’entrée elle prit les bouquets que nous lui avions tendus et roula un patin d’enfer à son amoureux.
Elle se tourna vers moi et m’embrassa sur les joues. Je n’ai rien dit mais ça m’a fait bizarre de me faire déposer la salive de mon copain sur la joue.
« Maigrelette », elle, a commencé par Bernard et puis a pris les fleurs que je lui destinais. Du coup j’ai eu droit à un « baiser-récompense-style-dernier-plan-du-western »...
On a traversé le salon, elles nous ont entraînés à la cuisine et nous ont mis dans les mains les assiettes et les couverts à poser sur la table du salon.
Le repas fut simple, constitué d’une salade composée de tout ce qui traînait dans le réfrigérateur. « Boulotte » alla chercher un dessert composé de quelques éclairs et d’une bouteille de Coca. Mon pote et « Boulotte » se jetaient des regards ardents. Plus ils étaient ardents, plus « Maigrelette » semblait mal à l'aise. Nous avons discuté un moment puis la conversation s’est mise à languir. « Boulotte » s’est levée, nous l’avons aidée à débarrasser la table dans une ambiance d’attente puis d'un coup elle a attrapé Bernard par la main et l’a traîné dans une autre pièce dont elle a fermé la porte. Je me suis assis sur le divan qui occupait un mur et « Maigrelette » s’est assise à côté de moi, un peu raide.
Dans la pièce à côté, d’après ce qu’on entendait, ils faisaient plein de trucs que j’avais dans l’idée de faire aussi.
On a commencé à s’embrasser mais quand j’ai voulu glisser une main sous son chemisier, elle m’a donné une superbe tape sur la main.
- Aïe !!! Mais qu’est-ce qui te prend ?
J’ai râlé un peu et j’ai vu qu’elle avait dans le regard quelque chose comme de la peur.
Ça m’a calmé tout de suite. C’est là que j’ai vu que c’était mal parti.
J’allais devoir rembourser les sous de la peau de l’ours…
Elle a bien voulu que je l’embrasse encore mais c’était cassé. Elle ne voulait pas plus. Alors nous sommes partis. Arrivés dans la rue elle m’a dit :
- Tu m’en veux ?
Que vouliez vous que je disse, lectrices chéries ? J’ai dit :
- Non, pourquoi t’en voudrais-je.
- Ben… Tu vas me prendre pour une allumeuse…
- Mais non, voyons ! Ai-je menti.
On s’est assis au square Saint Lambert, elle s’est mise dans mon bras et m’a dit :
- Je ne suis plus... Bon, mais je ne voulais pas aller jusque là. Ça ne me disait plus rien.
J'ai été un peu, non beaucoup, vexé mais j'ai quand même fait bonne figure.
- C’est la vie... Et t’as oublié tes fleurs.
Elle a souri, rassurée.
- T’es un copain, un bon copain tu sais…
N’empêche, ce jour là, je suis reparti avec mon machin sous le bras... Et tout seul en plus.
Comme ça, Liliplume sait comment j’ai connu le square Saint Lambert.
Mais quelle veste, quand même !
Heureusement que, comme beaucoup de jeunes gens en 1967, j'avais l'habitude...
06:40 | Commentaires (12)

