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lundi, 27 octobre 2014

Aaahh… Être… On rit quand on est…

Samedi, je suis allé participer à une réunion de locataires.
On avait prévu ça depuis quelques semaines.
Le but ? Énoncer toutes les doléances que nous adresserions collectivement au syndic de l’immeuble.
Quand je suis arrivé chez la voisine qui accueillait la réunion, un profond silence régnait, peu de monde était arrivé et l’ambiance était un peu guindée.
La voisine, une quinqua sympathique malgré le silence ambiant, m’ouvrit la porte.
Je l’avais déjà croisée avec Heure-Bleue et nous avions échangé quelques banalités.
Nous sommes très forts en banalités, nous autres.
Elle m’a ouvert et j’ai dit, car je suis parfois bien élevé :
- Bonjour, je m’appelle Patrice. 
- Bonjour, je suis Sylvie.
Elle m’a fait entrer dans le séjour et j’ai dit « Mon dieu, à vous voir, je n’aurais jamais pensé à un intérieur aussi… sérieux ! Vous êtes si « square » que ça ? »
Et elle m’a dit qu’elle avait une maison, une grande, avec un jardin, elle m’a fait asseoir et a continué « j’ai divorcé il y a trois ans, j'ai deux enfants et… » etc.
Une des personnes présentes a dit « Ah bon ? Vous avez divorcé ? Vous avez aussi des enfants, vous ne nous aviez pas dit que... »
Pfff... Il aurait dû se taire, elle en aurait sûrement dit plus.
Pour savoir, faut écouter, pas parler... Bon sang !
Mais bon… On n’était pas là pour ça.
Enfin, d’autres sont arrivés.
L’un d’eux, Achille de son prénom est arrivé et a commencé.
- Bonjour, je m’appelle Achille et je suis locataire…
- Bonjour Achille.
Ai-je dit à la manière de l’accueil chez les AA.
Seuls lui et Sylvie ont ri.
Je savais que dans toutes les réunions, il y a « l’autoproclamé rédacteur de procès verbal » généralement un type chiant.
Il y en avait un. Et je m’étais trompé.
Celui là était finalement, un fois la glace des premiers instants brisée, plutôt sympathique, simplement un peu timide.
Il y avait aussi une jeune femme, rousse, teint pâle, yeux bruns, éphélides.
Oui, je sais…
Elle notait avec application et ne disait que très peu de chose et d’un air très sévère.
Un moment, j’ai demandé :
- Dites moi, jeune fille… Oui vous là-bas.
- Monsieur ?
- Que faites vous ?
- Je note…
- Non pas ça, votre job, qui êtes vous, dites nous ça…
Elle a rougi, ce qui lui allait bien, puis a repris un air « bon élève »
- Je suis avocate et je suis arrivée dans cet immeuble il y a quinze jours.
On a tous bu du café, tout le monde s’est détendu, sauf Achille et moi qui l’étions déjà.
Ma crève, du coup, je me demande si ce n’est pas Ebola.
Oui, Achille est noir…

samedi, 25 octobre 2014

Quoi ? tandis que Néron s'abandonne au sommeil, Faut−il que vous veniez attendre son réveil ?

« Je répondrai, Madame, avec la liberté
D'un soldat qui sait mal farder la vérité. »
Ouaip ! Je vais faire ça. Faut pas croire que seul Racine sait faire !

Je vous avais déjà parlé de la répugnance d’Heure-Bleue à voir son sommeil troublé.
Si, si, lectrices chéries, c’était .

Dans cette historiette, d’autres l’avaient sortie des bras de Morphée.
Cette nuit, j’ai par inadvertance commis le même crime.
Le « sommeillicide involontaire ayant entraîné le réveil sans intention de le causer » comme dit le code pénible.
Cette nuit, donc, le restant d’éponges déchiré par une quinte de toux épouvantable, votre Goût préféré a été réveillé en sursaut.
Par la toux ?
Que nenni !
J’ai été réveillé par une Heure-Bleue vengeresse qui me jette à la figure :
- Tu as le rhume mal élevé ! Le rhume de la rue ! 
Et votre Goût ensommeillé :
- Hmmm ?
- Oui ! Déjà tu parles en dormant, en plus tu as le rhume… Le rhume plébéien !
Pour le coup, ça m’a réveillé complètement. Il était 3 H 12 exactement.
Plébéien ! Moi !
- Ah oui ? Parce que toi, qui as le nez bouché, as le ronflement patricien peut-être ?
On s’est un peu chamaillé.
Là où ça a failli dégénérer, c’est que j’ai toujours froid et elle toujours chaud.
Alors je veux mettre les bras sous la couette.
Sous la couette il y a Heure-Bleue.
Elle me prend les mains et veut les mettre au dessus de la couette.
Comme si… Des fois que… Par hasard…
Ça finit par faire des histoires.
Mais ça finit par s’arranger.
On s’endort…

vendredi, 24 octobre 2014

Horaires divers

Vous savez toutes, lectrices chéries, l’appréhension qu’éprouve Heure-Bleue dès qu’il est question d’horaire.
Une exception toutefois existe.
Alors que huit Français sur dix sont exaspérés à l’idée de changer d’heure dès qu’arrive la fin du mois d’octobre, Heure-Bleue, elle, est ravie de « gagner une heure ».
J’ai renoncé, depuis que Giscard a sorti cette ânerie, à expliquer à Heure-Bleue qu’on ne lui « vole » pas une heure au printemps pour la lui rendre en automne.
J’ai tenté un moment de lui dire que non, on pouvait manipuler à peu près tout, les foules, les comptes publics, les témoins, tout ça, mais pas ça, pas le temps. On ne pouvait pas encore décaler le monde d’une heure dans l’avenir.
J’ai aussi argumenté pour lui faire admettre que si on pouvait ramener le monde au Moyen-Âge et que ça se faisait dans certains pays et que c'était en bonne voie ici, on ne pouvait pas le faire reculer d’une heure.
« Mais si » qu’elle m’a dit une fois.
« Mais non » que j’y ai dit.
« Et pourquoi ça ? On vient de dire à la radio que ça permettait d’économiser à cause de l’éclairage ! » qu’elle m’a dit.
C'est juste nous prendre pour des c...
On nous dit depuis le début que « ça économise près de trois cent mille tonnes de pétrole » ce qui est quand même une vaste foutaise parce que ça représente un tanker, soit ~0.3% de notre consommation de pétrole.
Comme, à trois ou quatre tankers près, personne n’ a jamais été fichu de nous dire combien venaient déverser leur pétrole chez nous, cette affaire prend un côté farce.
On sait bien compter les tonnes de pétrole quand elles arrivent sur une plage, mais pas aussi bien quand elles arrivent dans les raffineries…
Je ne sais quelle idée a pu traverser l’esprit de nozélites quand ils ont pondu cette faribole. A force de se partir « se ressourcer » sous des climats enchanteurs, généralement près de l’équateur, ils ont oublié que, quelle que soit la façon de s'y prendre, par ici le jour dure moins de six heures en hiver et plus de seize heures en été...
Alors le coup de l’économie à cause de l’éclairage est une carabistouille d’autant que l'éclairage intervient pour moins de 2% dans la consommation d'énergie.
Cette histoire est juste une vaste arnaque pour éviter de faire passer la France pour un ramassis d'andouilles car nous avons réussi à amener l'Europe à adopter ce truc débile.
C'était déjà un truc allemand et ils avaient perdu la guerre, alors, hein...
Une idée pareille ne pouvait sortir que du cerveau d'un enarque né en Allemagne.
Ce fut le cas...
C'est un truc débile qui, j’en suis sûr, se contente de pourrir la vie du citoyen et coûte en termes de santé publique plus que ce qu’il ne rapporte pas en termes d’économies d’énergie.
Et paf ! Pas de raison qu’il n’y ait que la radio, la télé et la presse à avoir ses « marronniers ».

jeudi, 23 octobre 2014

La flore et l’aphone…

J’ai hésité pour le titre de cette note dont je n’ai à l’instant aucune idée du contenu.
J’ai failli choisir « Le roi se meurt » mais dans un accès de modestie, louable pour ceux qui me connaissent, j’ai préféré faire plaisir à Mab.
Je sais qu’elle prête plus attention aux titres de mes notes qu’au notes elles-mêmes…
Je me suis même demandé si je devais écrire aujourd’hui.
Je me suis aperçu incidemment que je devrais m’abstenir en regardant l’état de mon blog vu par Blogspirit.
Il appert que j’ai nettement plus de visiteurs quand je n’écris pas que quand j’écris, d’où l’idée de faire exploser les compteurs en m’absentant quelque temps.
Mais vous me manquez, lectrices chéries, alors je me mets au charbon pour vos beaux yeux.
Cela dit, un doute m’étreint.
A survoler la blogosphère et regarder l’audience de certains blogs grâce à « ebuzzing », j’ai peur.
C’est autant pour ça que pour vous régaler d’anecdotes sans intérêt je me remets à écrire.
Ce site d’évaluation de l’audience des blogs m’a fait toucher du doigt une réalité désolante : L’audience est inversement proportionnelle à l’intérêt du blog.
Un souvenir de cours de physique m’a rappelé que la qualité première du vide est d’aspirer.
Que ce soit la cervelle ou la poussière ne change rien. L’important  c’est que ce soit léger.
Bon, revenons à ce cas qui doit retenir l’attention du monde : Moi.
Comme l’avaient prévu Lili, Emilia-Celina, Brigitte , Praline et toutes ces lectrices chéries qui me souhaitent du mal dès que je me moque d’Heure-Bleue, « elle » me l’a refilé.
J'ai mal à la gorge, ça me déchire les éponges et ma voix ressemble à celle de Claude Brasseur.
Mes gestes déjà peu sûrs me poussent même à dire « Je meurs ou je me tache. »
Un peu comme on parle du lierre dans le « langages des fleurs ».
Pour celles qui ne connaissent pas le langage des fleurs, le lierre est censé signifier « Je meurs ou je m’attache ».
Ne ricanez pas, lectrices chéries, on voit bien que vous n’avez pas connu ma grande sœur à son adolescence.
On trouvait partout dans la maison, plus exactement sous les lits et dans les interstices des coussins du divan, des bristols couverts de sa jolie écriture minuscule.
Tous contenaient une liste qui commençait par « amarante » et finissait par « zinnias ».
C’était immuable. La colonne de gauche énumérait les fleurs, celle de droite leur signification. Un « GPS du Tendre » en somme.
Ça ne parlait que d’amour.
Il était ardent, discret, éternel, pur ( ?).
L’immortelle, évidemment, c’était « l’amour immortel ».
Ma mère n’est heureusement pas tombée sur toutes ces listes que ma grande sœur éparpillait. Quand ça arrivait. Même les M. et Mme B. du troisième étaient au courant…
Et tous les enfants de l’immeuble savaient immédiatement qu’il y avait des « mon amour » qui n’étaient pas tombés dans les bonnes oreilles…

mardi, 21 octobre 2014

Toux ou rien…

Je suis allé chez le médecin avec Heure-Bleue.
Apparemment, quand on est une claire à peau et yeux clairs, on peut tousser dans le train. Il n’y a pas de reflux de passagers craignant d’être « Ebolisé » en allant au boulot.
Le médecin, qui connaît Heure-Bleue depuis des années, a lâché platement « Virus…  On peut rien faire…»
Le même, qui me connaît depuis longtemps, s’est ensuite précipité sur moi à peine entré dans son cabinet avec son sphygmomètre, m’a saisi le bras et a continué à papoter avec moi.
Il a eu un air vaguement déçu en m’annonçant « 14/7, faut surveiller, hein… »
Alors qu’il sait très bien qu’attraper un patient en marche et le faire parler tout en lui prenant la tension est un excellent moyen d’avoir des chiffres alarmants.
Et moi aussi...
Tout comme je sais que mon éreinteur m’a balancé car c’est en ma présence qu’il avait enregistré son compte-rendu destiné à mon « médecin référent » et avait dit « a cessé tout traitement excepté le citrate de potassium ».
Bon, globalement, même si je sais que c’est d’un intérêt très relatif, nous mourons chaque jour, lectrices chéries, mais pour l’instant il n’y a pas d’accélération sensible du processus.
En sortant de chez le médecin, nous sommes passés au Monop’ de la République pour y acheter un poireau et une branche de céleri.
La lectrice chérie qui vient de marmonner « la suite est aussi passionnante que le début… » est priée de se taire.
Du coup, je me suis intéressé à d’autres choses.
Notamment à la façon de s’exprimer, parfois ambiguë, de la lumière de mes jours.
Dans le bus qui nous menait à Saint-Lazare, nous étions en train de papoter de choses et d’autres quand soudain, la femme de ma vie m’a regardé de son doux regard de myope vaguement voilé par le rhume.
C’est là que j’ai eu l’esprit traversé par un vague espoir.
- Je vais éplucher ton poireau pendant que toi tu me feras chauffer le machin…
Évidemment, j’ai pensé « Tiens, elle va vraiment mieux… » mais quand j’ai eu ce sourire en coin qui l’agace au plus haut point elle a dit :
- Oui… Je sais… Tu es bien comme ton père et ton fils !
Mais à quoi avait-elle donc pensé ?
A rien, et quand on le lui demande, elle hausse les épaules.