jeudi, 02 octobre 2014
Un navet et trois patères...
Hier, nous sommes allés au cinéma.
J’en ai retiré que Sophie Marceau est gaulée comme une déesse mais aurait pu faire l’économie de la retouche de trop à une bouche qu’elle avait fort joliment dessinée.
Mais bon, c’est une jolie femme.
Même une très jolie femme.
Pas comme Patriiiickkk, qui non seulement n’est pas une très jolie femme mais devrait éviter le régime « c’est bon comme là-bas, djiiis ! »
Il s’est entrelardé. Non seulement le lard n’est pas casher mais là où il est placé, ça nuit à son charme.
Bon, ce n’est pas le film du siècle mais ce n’est pas non plus le navet haut de gamme annoncé par Télérama.
Et Télérama ferait bien de s’écraser car je me souviens du petit bonhomme pleurant quand Rambo est sorti et du même trépignant de joie à la réapparition en salle du même Rambo. Alors hein…
Trois autres films ont attiré mon attention dont seuls deux semblent obtenir les suffrages d’Heure-Bleue. J’irai seul voir le troisième…
Cela dit, Tonie Marshall a fait un film qui me fait penser à une femme que je connais.
Quand on regarde les pièces une par une, c’est impeccable, une peau de rêve, de belles jambes, une belle poitrine, un joli nez, de beaux yeux, etc.
Tu prends le tout et, une fois monté, le résultat est très quelconque. Un peu comme un kit mal étudié, quoi..
Vous voyez ce que je veux dire, lectrices chéries ?
Nous sommes restés jusqu’à la fin, c’est déjà ça. En revenant, nous sommes passés au nouveau magasin de bouffe des Galeries Lafayette.
Ouais, je sais, c’est mal.
Cela dit, le rez-de-chaussée affiche des prix compris entre inabordable et exorbitant, grâce aux étiquettes de Mr Petrossian, pas réputé pour la modicité du prix de son caviar.
Têtus comme nous sommes nous avons insisté et sommes allés au sous-sol qui propose les mêmes produits que précédemment et au même prix, c'est-à-dire pas donné mais pas plus qu’au Monop’.
Nous en sommes sortis avec un melon et du pain. Les deux melons corrects que nous avons mangés cet été venaient tous deux de là et étaient moins chers que dans le premier carrouff venu, alors…
Comme toujours, nous avons traîné jusqu’à la gare Saint Lazare, le nez au vent, avec un arrêt à la feunaque où nous avons trouvé un bouquin chacun.
Arrivés Cour de Rome, une jeune fille nous a accostés.
La présence d’Heure-Bleue m’a un peu gêné dans mon numéro mais bon, on ne fait pas toujours ce qu’on veut, vous le savez bien, lectrices chéries…
La jeune fille nous a proposé d’assister à une conférence.
- Quelle conférence ? A demandé Heure-Bleue.
- Une conférence sur les émotions… A dit la jeune fille, pensant avoir ferré deux auditeurs.
Aïe ! Elle ne savait pas...
- Ça existe, ça ? A dit Heure-Bleue.
- Oui ! Bien sûr ! A dit la jeune imprudente qui s’est alors tournée vers moi avec un regard interrogatif, l’air de dire « Hein ? Franchement, c'est pas vrai ? »
Je l’ai trahie :
- Une émotion ? Qu’est-ce que c’est ? Exactement ?
- Euh… Rire… Pleurer…
- Tss. Tss… Ça, ce ne sont pas des émotions. Alors ? Qu’est-ce que c’est exactement ?
Elle a perdu pied, son bac n’était pas loin mais elle avait déjà tout oublié.
Comme je suis gentil, je lui ai dit :
- Laissez tomber, avec des gens comme nous vous n'allez pas vous en tirer.
Mais elle était gentille et mignonne.
Je suis sûr qu’on lui a plus demandé son numéro de portable que son prospectus...
14:07 | Commentaires (8)
mercredi, 01 octobre 2014
Nue, t'es là ?
Je cuisais doucement derrière la vitre et en me demandant quand une nue se pointerait dans mon ciel trop bleu.
J’écoutais distraitement la radio quand j'entendis Lilian Thuram nous parler de ce qu’il écrivait, de ce qu’il avait vécu, de ses visites dans les écoles, tout ça.
Cet homme me semblait sensé quand il y eut ce dérapage.
Il évoqua un match dont j’ignorais jusqu’à cet instant qu’il existât et surtout le voisinage d’une de ces stars universelles qui me poussent à éteindre la radio quand je les entends.
Quand le petit haut-parleur de mon menteur personnel eut fini de me susurrer tout le bien que le footballeur pensait de Beyoncé, ce dernier aborda des sujets plus sérieux.
Comme le racisme.
Je savais bien qu’il était nettement mieux placé pour en parler qu’Heure-Bleue avec son teint de Gauloise de l’Est.
Quoiqu’elle fut traitée un jour de « sale Française », ce qui prouve qu’elle était plutôt bien intégrée.
Lilian Thuram, donc, aborda le thème du racisme avec la légèreté du militant convaincu. Pas autant, bien sûr, qu’un militant communiste en 1965 mais quand même.
Et il asséna avec sérieux « C’est sûr que l’enfant qui a lu « Tintin au Congo » va garder de sa lecture des images et des idées qui vont le suivre toute sa vie. »
Comme je n’étais pas d’accord, j’ai dit à Heure-Bleue « Si un enfant garde toute sa vie les idées qu’il a lues dans « Tintin au Congo », eh ben c’est qu'il est con ! »
J’ai lu « Tintin au Congo » et je ne suis pas devenu raciste pour autant.
Je n’appelle « nègres » ni les Africains ni les Antillais. Bon, il m’arrive de dire « kinf » ou « karlouches ».
Mais pas « nègres ». Non, jamais.
Et ce n’est pas que parce que j’ai peur de me faire casser la g…, c’est aussi parce que je ne suis pas raciste.
Et ce n’est pas toujours facile.
Parce que j’en connais dont il m’arrive de regretter qu’ils n’aient pas coulé entre Ceuta et Gibraltar…
Mais c’est juste personnel.
C’est seulement que j’aimerais bien que mon voisin du quatrième n’invite pas des perruches qui gloussent d'un rire de filles chatouillées passé cinq vodka-orange et deux heures du matin et dont les mégots finissent sur mon balcon. Je suis sûr qu'on les entend jusqu'à la gare...
J’espère qu’il est prudent avec elles mais je dois admettre qu'il m’arrive de penser certains soirs que ce sont ses parents qui auraient dû avoir un rapport protégé…
13:00 | Commentaires (7)
mardi, 30 septembre 2014
L’heure de la retraite sonne…
Je viens d’apprendre de façon impromptue que j’étais riche.
Subsiste un problème, je ne suis pas sûr de l’être suffisamment pour acheter la pique qui me permettrait d’embrocher un ministre qui vient de m’annoncer que vu ma fortune, je devrai laisser tomber l’idée d’un taux réduit de CSG.
Ouaip ! Du haut de l’ISF qu’elle est censée payer –je ne suis pas sûr qu’elle n’ait pas trouvé un moyen de le faire baisser, contrairement à mon impôt à moi…- elle trouve que je touche trop de sous !
La radio m’annonce donc que la –minuscule- revalorisation de ma retraite en 2015 sera bouffée cinq fois par l’augmentation de la CSG.
Si je résume, grâce à un gouvernement « de gauche » les résultats sont les suivants :
- Les entreprises ont hurlé assez fort pour éviter de verser la part de nos salaires dévolue à notre protection sociale. Et ce à hauteur de cinquante milliards d’€uros.
- Les impôts d’Heure-Bleue et moi ont augmenté.
- Nos retraites sont si élevées que nous allons payer la CSG « plein pot ».
- Nos retraites ont été revalorisées de 0%, limite on nous a expliqué qu’on avait gagné en pouvoir d’achat car les prix n’ont pas augmenté.
Évidemment, ce n’est pas étonnant. Pour les gens qui ne paient pas, les prix n’augmentent pas…
Je m’attends rarement à des miracles de la part du corps politique.
Il m’est arrivé de rêvasser que la gauche diminuerait un peu les revenus des plus riches pour que les plus pauvres soient moins démunis.
Je dois dire que je ne sais plus vraiment pour qui j’ai voté.
Je vois un premier ministre qui tient le discours de Brice Hortefeux, qui proteste de son humanisme mais, à l’Intérieur, râlait « Ô Roms, uniques objets de mon ressentiment ! » limite raciste et qui, Premier Ministre applique une politique qui aurait fait passer Sarkozy pour un dangereux socialiste.
Je vois un Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et du Droit des Femmes qui massacre allègrement les revenus des trois branches dont elle a la charge. Elle-même redevable de l’ISF, elle ne voit pas trop pourquoi on se plaindrait.
Du côté de la Famille, elle vient de faire des économies qui vont coûter évidemment aux plus mal lotis.
Du côté de la Santé, elle trouve qu’on est de santé fragile et que la piqûre est une solution à envisager, mais pour l’instant, c’est seulement à huis clos.
Quant aux droits de la Femme, elle les piétine avec constance et une hypocrisie confondante. Elle tente même de nous faire croire que c’est dans un souci d’équité qu’elle divise par deux le congé parental des femmes. Elle qui n’a probablement aucune idée du contenu des couches de ses enfants trouve sans doute que les autres n’ont qu’à faire comme elle. Les confier à d’autres. Qu’ils se débrouillent pour payer.
Cette pauvresse n’ayant aucun mal à ne pas payer ce qu’elle consomme vu que c’est à nos frais, estime donc que ma retraite est assez opulente pour qu’elle tape dedans.
A écouter les promoteurs de la chose, je comprends d’un coup pourquoi les pharmaciens et autres font grève.
Vous saviez que le but était d’ouvrir le capital des ces professions libérales aux investisseurs, français ou étrangers ?
Inutile de vous dire que si la pharmacie de votre coin voit arriver un fonds de pension et que ce dernier l’estime insuffisamment rentable, il va la dépouiller et la fermer.
Avec cette politique, on va se retrouver avec la pharmacie, la médecine, la rédaction d’actes et les dentistes comme dans l’alimentation, avec trois ou cinq géants qui tiendront le marché. Et qui feront comme pour la bouffe : Ils vous vendront ce qu’ils veulent vous vendre, pas ce que vous souhaitez ou ce dont vous avez besoin.**
Au bout d’un moment, je me dis que la seule chose qui m’empêche de courir sus avec une hache à ces escrocs qui ne manquent de rien et comme tous ceux de leur espèce trouvent que les autres ont trop, c’est le manque de souffle. Pas la rage.
Je dois avouer que j'en ai un peu assez de tous ces gens qui ne paient rien, vivent, et largement, depuis leur fin d'études de l'argent du contribuable et qui passent l'essentiel de leur temps à nous expliquer que ce que nous avons est superflu.
Le superflu, le vrai, celui qui coûte et dont on pourrait se passer, je me demande si ce n'est pas eux...
**
D'après Mr Macron, que je viens d'entendre, il n'est pas question d'autoriser des investisseurs à entrer au capital des professions libérales, « contrairement à ce que certains ont prétendu »
10:44 | Commentaires (14)
lundi, 29 septembre 2014
L’essoufflé est soufflé par ses soufflets pas par ses soufflés.
Quand nous sommes allés au musée Rodin, samedi, parmi les choses qui m’ont semblé belles, il y eut cette main aimée.
Comme vous le voyez, Heure-Bleue est très attachée à l’argent, son poignet en est la preuve.
La diaphanéité de sa peau m’a frappé une fois encore au point que j'ai portraituré sa main sur l’instant de son apparition dans la lumière d’automne.
Ce matin, l’esprit vide, je n’ai rien trouvé de digne d’être soumis à votre jugement, lectrices chéries.
Puis, en mettant un peu d’ordre dans tout ce qui s’entasse sur mon écran, je suis tombé sur cette photo prise samedi après-midi.
Et ce qui a aussitôt affleuré à la surface de ma mémoire, remontant du fond d’icelle, c’est ce dont fut capable en pleine nuit cette main.
J’ai ainsi le souvenir d’une gifle magistrale, administrée avec une sûreté de geste étonnante de la part d’une belle endormie qui ne sortait pas d’un bouquin de Kawabata.
A y repenser, si je trouve la peau de cette main si douce, c’est sans doute que j’oublie chaque fois qu’une main, c’est comme la langue d’Ésope.
La meilleure et la pire des choses…
14:45 | Commentaires (10)
dimanche, 28 septembre 2014
Une rose d’automne.
Est plus qu’une autre exquise…
Hier, le temps était beau.
Alors nous sommes allés à Paris, au musée Rodin. Nous n’y étions pas allés pour les sculptures que nous avions déjà vues maintes fois. Nous sommes quand même passés dans les salles du rez-de-chaussée assez longtemps pour constater qu’Auguste se débrouillait mieux avec un ciseau qu’avec un pinceau…
Après avoir sacrifié au dieu Gelati, pas bon du tout pour ce qu’on a, j’ai pu donner libre cours à ma curiosité vis a vis d’un couple assis à côté de nous.
Oui, une dame très claire de peau, de cheveux et d’yeux, faisait des efforts démesurés pour passionner un jeune homme très mat, sombre de cheveux et d’yeux qu’Heure-Bleue a trouvé très beau. La dame, lui expliquait que vraiment, il lui plaisait bien, dans trois langues et lui en aurait volontiers donné la preuve avec la sienne s’il y avait eu moins de monde. Nous avons fait semblant de rien. Le jeune homme, lui, se laissait déposer quelques baisers sur les lèvres mais sans enthousiasme débordant. J’hésitais sur ses préférences sexuelles, que je situais entre métro et homo. Heure-Bleue m’ayant dit que « métrosexuel » n’était plus à la mode, je me suis dit que la dame n’était pas près de meubler son dimanche avec un « bonheur-du-jour »…
Nous nous sommes levés à regret et promenés dans le parc. Nous avons apprécié la caresse du soleil rasant. Je me suis dit que la lumière d’automne dans ce coin de Paris était une vraie merveille. Assis sur un banc à une place stratégique, j’ai admiré le haut de la Tour Eiffel et le dôme des Invalides dans la trouée du feuillage.
Et bien entendu regardé les gens déambuler.
Heure-Bleue m’a montré un couple de deux jeunes femmes se tenant par la main en disant « C’est quand même plus facile maintenant. »
Moins optimiste j’ai remarqué que c’était facile à Paris mais que si elles faisaient ça à Saint-Denis ou La Courneuve, ça allait moins bien passer…
Puis nous sommes sortis et avons rejoint le quai Anatole France. En passant devant l’Assemblée Nationale, protégée d’on ne sait quoi par des policiers qui s’ennuyaient ferme, une Heure-Bleue prête à rejouer 1789 a remarqué aigrement « les vieux qui coûtent, c’est eux ! »
Si on était passé devant le Sénat, elle aurait foutu le feu…
Nous avons pris le bus que j’ai attendu en rêvassant, le regard fixé sur le jardin des Tuileries, de l’autre côté de la Seine.
Après quelques courses au Monop’ de la rue de Courcelles, nous avons rejoint la porte de Champerret à pied dans la douceur du soir.
C’est là que sur un mur, Heure-Bleue a vu ça :
Ce qui correspondait tout à fait à l’impression du moment...
10:31 | Commentaires (7)

