Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 24 septembre 2019

Péchés capiteux…

7 péchés capitaux.jpg

Non, non, ce n’est pas une faute d’orthographe.
Je vous ai déjà dit que s’il n’y avait pas le péché, les religions n’auraient pas de clients.
On ne dira jamais assez le parfum capiteux du péché, celui qui vous fait perdre la tête.
Et pas que.
Mais que voulez vous, quand la victime est si belle et le péché si doux…
Après avoir lu le commentaire d’Adrienne chez moi hier matin, j’ai refait le parcours de vos devoirs, lectrices chéries.
Eh bien, je dois avouer que même la liste des sept péchés capitaux m’a semblée un poil brève…
J’y ai néanmoins trouvé :
- La colère chez Adrienne.
- L’envie chez Sylvie.
- La luxure chez Alainx.
- L’orgueil chez Gwen
- La gourmandise chez Val.
- L’avarice chez Le-gout-des-autres
- La paresse chez Colombine.
Je ne vous parlerai pas d’autres péchés, en dehors du « péché de chair » si cher à mon cœur et du meurtre que Sylvie décrit si bien.

lundi, 23 septembre 2019

Le fil d’Ariane…

devoir de Lakevio du Gout No9.jpg

« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. »
J’ai ouvert brièvement les yeux de peur de trébucher dans la salle de bains tandis qu’elle me tenait serré, m’entraînant dans une valse impromptue qu’elle chantonnait les lèvres closes.
En levant les yeux un instant, je nous ai vus dans le miroir.
Et c’est cette phrase de « Belle du seigneur » qui m’est venue aussitôt à l’esprit.
Mon dieu ce dos !
Et cette nuque…
Tout ce que je voyais n’avait été fait par la nature que pour être aimé, caressé, embrassé, admiré, regardé.
Je sentais déjà mes doigts dévorés par une attirance sans cesse renouvelée.
Dans un accès de jalousie rétrospective d’autant plus stupide que je la connaissais depuis quelque temps, je me suis demandé combien d’autres doigts, d’autres lèvres, avaient déjà parcouru ce cou et ce dos.
Elle a dû le sentir car elle arrêta immédiatement sa danse, ouvrit les yeux et dit :
- Qu’est-ce que tu as ?
- Rien…
- Mais… Mais… Tu es jaloux !!!
J’ai rougi.
- Mais non…
- À quoi as-tu donc pensé ?
- Mais rien, je t’admirais, simplement.
- Ne me prends pas pour une idiote, ou alors fais ça plus discrètement…
- Bon, je me demandais si…
- Je te connais, tu ne te demandais même pas « si » mais « combien », c’est ça ?
- Euh…
- Mon dieu que tu es bête !  Tu en es encore là ?
- Ben…
Elle s’est secouée sèchement pour sortir de mes bras et m’a poussé hors de la salle de bains.
Elle en est sortie un moment plus tard, murée dans le silence, sa pochette de produits de beauté à la main.
Elle est allée dans la chambre, en est ressortie en tenue de ville, mon sac de voyage dans une main, son sac-à-main dans l’autre.
J’ai compris qu’il valait mieux ne pas lui faire remarquer que c’était mon sac…
Elle, s’est dirigée vers la porte et l’a claquée en disant « Imbécile… Pauvre imbécile… »
Je me suis assis par terre avec l’envie de me gifler tellement j’ai été stupide, incapable de me contrôler au point d’étaler des préjugés d’un autre âge.
Non mais quel crétin !
Je m’accrochais à l’idée qu’elle ne m’avait pas dit « Adieu » et que tout n’était pas perdu mais qu’elle m’avait exilé à coup sûr.
Ça m’a évidemment rappelé ces deux vers de Verlaine…

...
«
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila. »

samedi, 21 septembre 2019

Histoire d'eau...

Je sais, mais c'est samedi...

soupe à la grimace.jpg

C’est en lisant cette note d’Adrienne que ça m’est revenu…
J’étais assis sur le coffre, dans « la grande pièce ».
À ma droite, coincée entre « la petite armoire » et moi, ma petite sœur, dite « Riboulika » pour son goût marqué pour la castagne.
Elle était mise là car c’était celle qui avait le plus de mal à se tenir tranquille.
À ma gauche, à un bout de la table, ma grande sœur.
Ma mère lui avait attribué la place pour éviter les accidents car derrière elle, pas très loin il y avait le poêle.
Face à moi, mon père et à sa gauche ma sœur cadette dite « Souricette » car elle couinait beaucoup…
À l’autre bout de la table, du côté du boyau baptisé pompeusement « la cuisine », ma mère.
Ces places étaient immuables tout comme les saisons, les récriminations de mon père après le général De Gaulle et celles de ma mère après les communistes.
Nous étions tous les six à table ce soir là, un soir d’hiver.
Enfin presque, ne manquait que ma mère qui arrivait, tenant le plat habituel des soirs d’hiver : « La soupe ! »
Quasiment tous les soirs d’hiver se jouait le même drame.
À peine servie, Souricette disait « j’aime pas la soupe ! » et commençait à trier, les carottes ici, les morceaux de poireau là, les petits dés de pomme de terre sur un autre côté de l’assiette, etc.
Quand ne restait dans le creux de l’assiette que quelques cuillérées d’eau trouble, elle commençait à renifler et deux larmes coulaient sur ses joues.
Ma grande sœur profitait d’un moment d’inattention de ma mère pour mettre les carottes dans son assiette, je piquais les morceaux de poireau pour les mettre dans la mienne et « Riboulika » –la petite - qui les aimait se dépêchait de manger les pommes de terre.
Mon père faisait semblant de ne rien voir, disait « c’est bien ma fifille »
Souricette séchait ses larmes, avalait une mini cuillérée d’eau tiède et disait « j’ai fini ! »
Ça ne se passait hélas, pas toujours aussi bien.
Ma mère, pas si souvent dupe qu’on l’espérait et persuadée que seule la soupe et « le pain d’hier » faisaient grandir harmonieusement les enfants,  surveillait sérieusement celle qu’elle appelait –sauf ces soirs là- « la prunelle de mes yeux ».
De temps en temps, principalement quand on aurait aimé avoir un peu de calme, le dîner se terminait comme les pièces de Racine mais avec juste les cris et les larmes, pas les morts partout.
Alors que mon père commençait à montrer des signes d’énervement, que nous avions englouti l’entremet « Francorusse » au chocolat ou à la vanille –j’aimais bien celui à la pistache, tout vert avec un goût marqué de je ne sais quoi- Souricette restait la seule avec une assiette de soupe froide, la tiédissant de ses larmes et nous saoulant de ses gémissements d’enfant martyre.
Il y eut des soirs, comme ça, où l’idée de Caïn estourbissant Abel ne paraissait plus si monstrueuse…
Ma mère abandonna l’idée de faire avaler sa soupe à Souricette quand celle-ci, un matin, au moment d’aller à l’école, se leva et voyant l’assiette de soupe à sa place sur la table, retourna se recoucher.
Ma mère, désespérée par ce gaspillage matinal, jeta la soupe, embrassa Souricette et laissa tomber l’idée de lui faire manger sa soupe.
Mes deux autres sœurs et moi fûmes scandalisés par ce favoritisme éhonté mais comme nous aimions bien la soupe de ma mère, on a juste été jaloux…

vendredi, 20 septembre 2019

Devoir de Lakevio du Goût N° 9

devoir de Lakevio du Gout.jpg

Racontez-nous lundi un conte qui commencera par cette phrase du grand Albert :
« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l
’autre, soigneux, profonds, perdus. »
Conte qui se conclura par ces mots du familier Verlaine :
« 
Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila. »
J’ai hâte d’être à lundi, lectrices chéries...

jeudi, 19 septembre 2019

L’été indien…


Au moins une bonne nouvelle : L’été ne cessera cette que le vingt-deux septembre !
C’est toujours ça de pris.
Confiant comme toujours dans des informations données par des scientifiques, des vrais, pas des économistes, je fus heureux de l’apprendre hier soir avant d’éteindre le PC qui me permet d’avoir vent des mensonges qui courent le monde.
Mon enthousiasme fut douché dès que je mis le pied par terre.
Que je vous dise, lectrices chéries : Ce matin je me suis levé comme tous les matins d’été, plein d’enthousiasme.
Je me suis précipité, mais lentement car il est quand même tôt, dans la cuisine avec l’idée d’admirer une fois encore le ciel du matin dans ce coin de Paris scandaleusement doté de cette lumière magnifique qui attira tant de peintres.
Hélas, nous laissons la fenêtre ouverte la nuit et en me penchant sur l’évier pour regarder le ciel, j’ai eu l’impression effrayante  de plonger par inadvertance dans la mer de Barents au large de Mourmansk !
C’est là que l’expression « être saisi » prend tout son sens.
C’est l’été et il fait un froid de gueux dans la cuisine.
J’ai eu l’impression de rajeunir de plus de soixante ans.
Non par un renouveau d’enthousiasme face à la nouveauté et la beauté de la vie, pas du tout !
Je me suis juste « racorni des bourses » sous l’effet du froid.
Même mon caleçon s’est fripé d’émotion !
Ce rajeunissement est allé jusqu’à rendre son aspect enfantin à un outil ramené à sa fonction primitive : pisser !
Bref, j’étais gelé, contrairement à la promesse du calendrier « L’été ne cessera que le vingt-deux septembre ! »
J’ai rapidement préparé le petit déjeuner de la lumière de mes jours.
Fait chauffer le lait de mon petit déjeuner en me demandant pourquoi, à mon âge, la production de lactase qui permet de le digérer est restée élevée.
C’est peut-être parce que je répugne à grandir, allez savoir…
Ne me reste qu’à espérer que « l’été de la Saint Martin » sera clément.
Ce qui est souvent le cas jusqu’à ce qu’un journaliste de la radio se montre surpris d’une chose aussi régulière et annonce fièrement, cet idiot, « mais c’est carrément «l’été indien ! » ce qui entraîne immédiatement des averses et des gelées pour les semaines qui suivent…
Au fait, lectrices chéries, que je vous avertisse tout de même : Contrairement à une rumeur répandue depuis des décennies, Joe Dassin ne fut pas marié avec Marie Laurencin.
D’ailleurs sa tombe au Père Lachaise ne mentionne nullement la présence de Joe Dassin à ses côtés…