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mardi, 03 septembre 2019

sauterelle du soir, espoir...

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J’ai affiché la photo mais j’avais oublié d’adjoindre le texte.
Mais, comme nous le disent en d’autres termes « nozélites » attention lectrices chéries : « J’ai une excuse »
Ce matin, je m’apprêtais à vous régaler d’une de ces petites notes délicates que vous réclamez à hauts cris, une mission autrement importante m’échut alors.
Il me fallait aller urgemment chez notre apothicaire chercher les médicaments prescrits par notre médecin.
Depuis qu’Heure-Bleue a laissé tomber cette idée de cancer généralisé qui la taraudait depuis vendredi, elle s’est donc mise à prêter attention au monde qui l’entoure.
Hier soir donc, nous étions au lit.
Elle contemplait le plafond d’un air intéressé.
Mais non, nous ne… Bref, je l’écoutais et elle regardait le plafond en me racontant quelque chose.
Elle s’est soudain mise à crier « Mais-qu’est-ce-que-c’est-que-cette-é-nor-me-bête-au- pla-fond-Mi-nou-tue-la !!!! »
N’écoutant que mon courage et réprimant un soupir de lassitude, j’ai bondi.
Enfin… Je suis sorti du lit pesamment, flemmardement et suis allé chercher le balai dans la cuisine.
J’ai évidemment raté la bestiole qui s’est réfugiée, cette idiote, sur la porte blanche de l’armoire où, toute verte qu’elle apparut, on ne voyait plus qu’elle…
Je l’ai ratée de nouveau et elle est tombée sur mon oreiller puis s’est planquée.
Comme ce genre de chose ne m’empêche pas de dormir, j’ai passé une bonne nuit ce dont évidemment vous n’avez rien à cirer.
Ce matin, en ouvrant la fenêtre de la chambre, je vis la bestiole.
Elle dormait tranquillement au dessus de la fenêtre et je l’ai photographiée sur le champ.
Comme je suis curieux, savoir que c’était tout bêtement « une grosse sauterelle verte » ne me suffisait pas.
J’ai donc commencé par en mettre la photo sur le blog puis fouiné sur le Web en tapant « sauterelle verte » et j’ai fini sur Wikipedia où j’ai trouvé le vrai nom de la bestiole.
C'est une « Tettigonia viridissima ».
Ouais lectrices chéries, ça s’appelle comme ça, c’est beau hein ?
J’allais vous le déclarer quand il fut l’heure d’aller chercher les médocs de la lumière de mes jours.
En revenant j’ai pensé à autre chose jusqu’à ce que Fabie me demande si nous avions un nouvel animal de compagnie.
Alors, je vous le dis…

lundi, 02 septembre 2019

La fille du train...

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Quand elle est entrée dans le compartiment, j’ai levé la tête de mon journal et l’ai vaguement regardée.
Oh, discrètement, ce n’était que l’intérêt passager de quelqu’un que le bruit de la porte qui donnait sur le couloir avait distrait de sa lecture.
Puis, elle s’est assise en face de moi, a fouillé dans son sac et a pris un livre qu’elle a posé à côté d’elle presqu’aussitôt en plissant le nez.
Je me suis replongé dans la lecture de mon journal.
Après quelques minutes d’un silence troublé par les seules annonces qui arrivaient du quai, je l’ai entendue s’agiter.
Puis le train a commencé à rouler et en regardant par la fenêtre j’ai eu cette sensation bizarre que le quai partait en direction du boulevard.
Alors je me suis détourné de la fenêtre et j’ai remarqué alors qu’elle avait de beaux genoux, ce qui n’est pas la chose la plus courante qui soit…
J’ai vu aussi qu’elle avait remplacé le livre abandonné par un quotidien sans doute acheté au kiosque de la gare.
Elle gardait un « silence bruyant », un de ces silences dont on sait qu’ils ne demandent qu’à être rompus, fait de regards fugaces, de mains nerveuses quoiqu’apparemment immobiles, de jambes qui se croisent et se recroisent.
Quand elle a croisé de nouveau les jambes pour faire repasser sa jambe gauche par-dessus sa jambe droite, j’ai vu qu’elle n’avait pas que les genoux de jolis…
J’ai haussé le regard vers son visage, vaguement gêné par cet instant d’intimité impromptue.
J’ai tenté de reprendre ma lecture mais cette fois j’étais détaché des nouvelles.
Où allait-elle ? Pourquoi ?
Je jetais de temps à autre un regard à ma voisine de compartiment.
Assez souvent pour voir que les cheveux qui dépassaient de son chapeau, en boucles désordonnées avaient une teinte claire, entre blondeur et rousseur.
J’ai vu aussi et qu’elle avait une carnation délicate et un visage assez doux pour que son air préoccupé ne le rendît pas renfrogné.
Intérieurement, je pariai aussitôt qu’elle avait les yeux bleus.
À l’instant où je levai de nouveau le regard un cahot probablement dû au passage d’un aiguillage la fit sursauter.
Perdu ! Elle avait les yeux verts !
C’est là que j’ai su qu’elle aussi me surveillait.
Du ton de qui est un peu timoré mais ne veut pas le laisser paraître elle demanda :
- J’ai du noir sur le nez ?
Charmé par sa voix je ne pus que répondre :
- Un peu mais ça vous va si bien…
Elle soupira de soulagement et sourit.
Elle reprit son journal, le reposa et dit :
- À quel arrêt descendez-vous ?
J’aurais volontiers répondu « là où vous descendrez… », seulement voilà, désespérément « bien élevé » je me suis contenté de dire :
- À M. et Vous ?
- Moi aussi.
- Le travail ?
- Non, je vais me marier.
- Tous mes vœux  de bonheur ! Quelle chance il a…
- « Elle » a, c’est ma compagne.
- Soyez heureuses !
Nous avons alors papoté tranquillement de choses et d’autres jusqu’à M.
Aucune arrière-pensée n’est venue troubler la conversation…

vendredi, 30 août 2019

Devoir de Lakevio du Goût N°6

compartiment_c_voiture_293_Hopper.jpg

C’est la rentrée.
Même pour Hopper qui dans ce tableau a l’air de nous poser des questions étranges et indiscrètes.
À quoi peut-elle penser qui lui donne cet air ?
Je n’en sais rien mais je compte sur vous pour le dire lundi.
Après tout, c’est aussi la rentrée pour vous et moi…

Dans les mailles de l'inspecteur Mylan...

Elle a téléphoné à l’Ours.
Elle est malade.
Gravement.

Je lui ai dit « tu as déjà eu ça, tu as les médicaments qu’il faut pour soigner ça... »
La confiance que m’accorde la lumière de mes jours s’étiole de jour en jour…
Je l’ai senti quand elle m'a jeté à la face « Et si je fais un œdème de Quinck ! Hein ? Tu y as pensé ? »
Bref, elle souffre.
Elle souffre atrocement.
Évidemment, quand elle souffre c’est « atrocement », elle ne peut pas tout bêtement « avoir mal ».
Ça, ça n’est tout simplement pas possible.
Mais il y a quand même un léger progrès.
Auparavant, en cas de bénignité de l’affection, elle se contentait d’être « un bloc de souffrance »…
Aujourd’hui, c’est autrement grave car c’est « atrocement ».
Elle a tout ce qu’il faut pour se soigner mais comme elle subodore un cancer généralisé qui se sera déclaré entre la fin du petit déjeuner et le déjeuner, elle préfère se confier au médecin le plus reconnu de la famille.
Elle a donc appelé l’Ours.
L’Ours l’a aussitôt rassurée mais lui a recommandé de prendre le médicament adéquat.
Elle lui a donc jeté l’antienne qu’habituellement elle me réserve :
« Tu sais bien que je n’ai pas peur des médecins mais des médicaments ! Et si je fais un œdème de Quinck ? »
Elle a ajouté imprudemment « en plus avec celui là, je vais pourrir la vie de ton père pendant six jours ! »
J’ai alors laissé échapper « Bof… C’est comme ça depuis près de cinquante ans, alors je ne suis plus à six jours près… »
Assez étonnamment, ça l’a fait rire.
Elle ne mourra donc pas cette semaine.
Tout n’est donc pas perdu.
Tant que je réussis encore à faire sourire Heure-Bleue, la vie est belle…

jeudi, 29 août 2019

Ce n'est pas une création d'Otto Preminger

Le monde compte une merveille de plus.
Bon, j’eus préféré l’apprendre autrement qu’en étant arraché des bras de Morphée à six heures et vingt-trois minutes ce matin.
Mais la joie explique sans doute la chose.
À moins que, le connaissant comme je le connais, il n’y ait derrière cette annonce a priori heureuse, une volonté de me faire sursauter en plein sommeil.
Oui lectrices chéries, mon ami, celui avec lequel je ne suis d’accord sur rien sauf les vinyles des années soixante, mon ami donc a été transformé en grand-père cette nuit.
Il m’a envoyé une photo de sa fille, que j’ai connue étudiante en médecine et qui est maintenant médecin et aujourd’hui a gagné le droit d’être patiente pour une bonne vingtaine d’années…
C’est une petite fille dotée d’un très beau prénom qui vient d’arriver.
D’après la photo, cette petite est douée pour dormir.
Ses paupières n’ont pas un pli disgracieux.
« En même temps », comme dit un président, ça me donne un peu de répit dans la réalisation de la bidouille que je concocte pour cet ami.
Bref, elle est belle.