jeudi, 28 mars 2019
C’est ma rédac du jour…
C’est la note d’Adrienne qui m’inspire aujourd’hui.
Elle y parle de son rêve de passer un moment dans un hôtel de luxe.
Je me rappelle être allé au « Peninsula » à Hong-Kong.
Je n’avais pas vraiment les moyens mais mon employeur les avait, ce qui me suffisait.
J’allais tout de même très loin de chez moi pour travailler.
D’abord je ne savais pas encore que si je l’avais demandé, l’hôtel aurait envoyé une Rolls-Royce me récupérer à l’aéroport.
Ça ne m’a pas manqué parce que j’étais déjà monté dans une Rolls-Royce, une vraie, une vieille…
Arrivé dans la piaule, car n’allez pas imaginer des trucs, lectrices chéries, même dans un hôtel de luxe on ne loue que des chambres.
Ouais ! DES-CHAM-BRES !
Grandes et confortables certes, mais des chambres.
Je suis donc entré dans cette piaule, il y faisait un froid de gueux.
« Chambre froide » était le terme tout à fait approprié !
De fait je suis entré dans un réfrigérateur ! S’il faisait 10°C, c’était bien tout.
Alors j’ai bu un verre d’eau.
Puis j’ai lu l’affichette collée au mur de la salle de bains, juste au dessus du lavabo.
Elle me disait « don’t drink directly from the tap, ask room service for mineral water ! »
Une autre affichette me disait, trop tard hélas, que je risquais des maladies épouvantables mais que l’hôtel n’était pas responsable en cas de… etc.
Soit « sur-tout-ne-pas-boire-l’eau-du-ro-bi-net ! »
Donc, après avoir bu l’eau au robinet puis lu l’affichette et dit « et merde ! », j’ai ouvert la fenêtre pour permettre au vacarme de Tim-Sha-Tsui et aux 35°C de l’extérieur d’entrer dans la chambre.
Et c’est là que ça se gâte.
Parce que quand tu fais des choses comme ça, lectrice chérie, eh bien tu trouves sur ton lit un mot du service d'étage parce que tu as ouvert les fenêtres et éteint la climatisation car il fait 10°C dans la piaule alors qu'il fait 35°C dehors.
Je déteste qu’il fasse froid dans ma chambre, alors j'ouvre les fenêtres et j’amène le réglage de la climatisation, à côté de la porte, au minimum...
Pendant deux semaines, chaque fois que je suis revenu du siège de MTR, j’ai trouvé ce mot sur mon oreiller, la fenêtre fermée et la climatisation à fond…
13:34 | Commentaires (7)
mercredi, 27 mars 2019
Le clavier bien tempéré...
Mais si ! C’est Paris !
Vous savez quoi ?
Il faisait beau.
Très beau.
Alors nous sommes sortis.
Je pressentais un temps plutôt frais, conforté par une météo comme toujours approximative.
À peine dehors, bien que nous fussions à l’ombre, Heure-Bleue annonça « Je n’aurais pas dû mettre ce coupe-vent, j’ai déjà chaud… »
Quand nous avons atteint le pont qui surplombe le cimetière de Montmartre, le soleil était éclatant et, arrivés au boulevard de Clichy, nous avons été déçus par le comportement de gamins près à en découdre violemment.
Certains sortaient du lycée Jules Ferry, d’autres d’on ne sait où.
Un vieux c… a commencé à draguer Heure-Bleue avec des remarques façon Le Pen sur ces jeunes gens.
Je vous laisse imaginer ses chances de succès…
Il a fait la tête quand je l’ai dérangé dans ses travaux d’approche et a changé sinon de cible du moins de trottoir.
Il m’a remonté le moral car je me sentais vieux et l’examiner, pas très net, chauve et laid, ça m’a rajeuni des vingt ans de trop qui me pesaient depuis le matin.
Oui, lectrices chéries, c’était un de ces matins détestables où on a un cancer de tout ce que l’on regarde ou touche.
Un de ces matins où il vaut mieux ne rien dire à la lumière de ses jours si on ne veut pas s’entendre jeter à la figure « ben t’as qu’à mourir, au moins ce sera fait… ».
Je fus donc content et rajeuni.
Bras-dessus bras-dessous nous sommes descendus jusqu’à Saint Lazare et ne nous sommes arrêtés pour boire un café que dans le bas de la rue de Rome.
Nous avons flâné jusqu’à la Madeleine.
Nous y allions acheter le remplaçant d’un élément indispensable à mes causeries avec vous.
Le magasin en question est accueillant comme un bureau du KGB.
On y accède en descendant dans ce qui fut un parking, il en a gardé l’aspect rebutant.
On est bien loin du luxe de nombre des boutiques de la place de la Madeleine.
Nous sommes retournés avec joie à l’air presque libre de la place et repartis tranquillement, faisant du « lèche vitrine » et regrettant que la cagnotte du Loto ne nous échoie jamais.
Heure-Bleue devant la boutique Guerlain, moi devant la boutique des charcuteries corses de la rue des Mathurins, chacun guidé par son envie du moment…
Peut-être que si nous jouions…
10:28 | Commentaires (13)
lundi, 25 mars 2019
Ils ont discuté le bout de Graal...
Ouais, bon, après tout c’est l’histoire d’un type qui se fait appeler Arthur...
Luce appelle Francis.
Nous ne connaissons que les réponses de Francis.
A vous d'imaginer et d'intercaler ce que raconte Luce,
connue pour être très bavarde en toutes occasions,
et surtout au téléphone.
Lucie et Francis ont au téléphone parfois de ces jeux un peu lestes.
Lucie n’est finalement pas très bavarde mais est néanmoins très expressive…
Bon, c’est le printemps, hein…
- Oui ?
- Non, pas là…
- Non.
- Si, c’est mieux mais si tu voulais bien…
- Mais, comme tu veux !
- Aaahhh… Oui !
- Ah bon !
- Enfin…
- Mais non !
- Ce que tu peux être maladroit !
- Non
- Si !
- Pas cette fois.
- Encore plus que d’habitude !
- Pourquoi pas.
- Parce que ça ne me plaît pas comme ça, c’est tout !
- Ah, non !
- Ben si ! Essaie plutôt comme ça, là.
- En effet.
- Ah tu vois ?
- Peut-être.
- Continue…
- Fais pour le mieux.
- Ne t’en fais pas, je fais, tu as compris au moins ?
- Oui.
- Je vois… Ooohhh ! Tu as trouvé, làààà…
- D’accord.
- Oui, continue.
- C’est ça.
- C’est exactement çaaaaaaa !
- A tout à l’heure.
- Non ! Maintennnn… Ooohhh…
09:29 | Commentaires (15)
samedi, 23 mars 2019
Aucune raison de Mallarmé…
Ouais, ça fait ça quand mon âme de poète prend le dessus.
Hier, avec un ami, on est allé se promener.
Il était temps, on commençait tous à rouiller à force de rester coincés à la maison, à ne sortir que pour faire les deux kilomètres quotidiens nécessaires pour le ravitaillement.
Ça faisait longtemps que lui n’était pas allé du côté de Montmartre.
Nous avons, après avoir déjeuné d’un « sandwich döner » qui était loin d’être aussi bon que le « döner » de notre Anatolien de prédilection, nous avons remonté la rue Lamarck jusqu’au métro Lamarck-Caulaincourt.
Comme prévu, les ascenseurs de la station, censés reprendre du service le 19 octobre 2017 sont toujours en travaux…
J’ai passé donc hier un après-midi délicieux.
J’ai reculé jusqu’en 1964 à un moment en passant sur la place Constantin Pecqueur.
Après le café, nous sommes entrés au cimetière Saint-Vincent.
Je n’y étais pas retourné depuis 1966.
Il a été repavé.
Pas entièrement.
Marcel Aymé y repose, comme Utrillo et d’autres.
Même Harry Baur que j’ai vu pour la première et dernière fois un jeudi en pension, dans « Les misérables » où il était Jean Valjean.
C’est dire le modernisme échevelé des Frères ! Un film de 1934 (je viens de vérifier…) !
Heure-Bleue et notre copain ne connaissaient que l’existence du cimetière.
Je pense qu’ils furent charmés.
Un moment, je suis passé en flânant devant une tombe ensoleillée.
Une femme me regardait depuis un médaillon de bronze.
J’ai survolé la légende qui entourait le médaillon et j’ai souri à la lecture de « Amore per angusta » ce qui prouve que j’ai mauvais esprit.
J’ai lu la légende intégralement qui disait « Amore per angusta vitae ad augusta mortis » ce qui est moins drôle…
Soit, grosso modo « de l’amour par les voies étroites de la vie aux grandes destinées de la mort. » « Dame Marthe » me corrigera si un contresens traîne car elle sait, elle, c'est son job…
Ce qui est assez nunuche, je dois dire.
Ce petit cimetière par un temps printanier donnerait envie de mourir à n’importe qui.
Enfin, n’importe qui de vieux…
Nous avons ensuite flâné lentement jusqu’en haut de l’avenue Junot.
Nous avons croisé une dame, une de celles qui font beaucoup plus jeune à la télé que dans la rue, la pauvre…
Quand je pense que la chirurgie est censée réparer des ans l’irréparable outrage et qu’en réalité ça le souligne.
Nous avons été bien contents de ne pas y faire appel, au moins ça nous évite d’ajouter le ridicule aux années.
Ce fut donc à la fois heureux et soulagés d’avoir économisé des sous que nous aurions lâché dans une clinique de charlatans que nous avons repris un café sur la rue Caulaincourt et sommes revenus à la maison.
C’était bien…
10:41 | Commentaires (11)
vendredi, 22 mars 2019
J’ai vu les nabis, là.
Ouais, non, mais à l’eau…
Nous sommes allés au musée du Luxembourg voir l’exposition « Nabis et le décor ».
Je préfère Bonnard au musée d’Orsay mais bon…
Nous y sommes allés avec une amie.
Enfin, je dis une amie alors que si ça se trouve c’est même pas vrai, d’ailleurs on n’est même pas ami sur FB, ça ne peut donc pas être une amie…
On la voit rarement mais on ne regrette jamais la voir.
Elle, je ne sais pas…
Mais l’important n’est pas là.
Elle a mal.
Elle a mal tout le temps et ça se voit.
Alors je suis souvent gêné d’avancer car j’ai mal pour elle.
Heureusement, si l’on peut dire, Heure-Bleue à mal aussi.
Très souvent mal.
Elle a mal au dos, comme notre amie mais aussi aux pieds.
Je me demande tout le temps s’il n’y a pas quelque chose d’efficace, non pour supprimer la douleur, mais quelque chose pour guérir la maladie plutôt que soigner les symptômes.
Je me demande tout le temps si je prends assez soin d’elles.
Après un certain temps j’ai un peu honte d’avoir mal nulle part et de me balader sans autre gêne que les voitures qui m’empêchent de traverser les rues là où j’ai envie de le faire.
Malgré tout, à la sortie du musée notre promenade fut assez gaie.
Une chose nous amuse tous dans le quartier du Sénat, en dehors de Saint Sulpice qui n’est pas drôle du tout, ce sont les agences immobilières.
Il y en a quelques unes qui valent le détour.
Notamment une près de la place Saint Sulpice.
Parmi les choses assez drôles, il y a les prix d’appartements qui défient l’imagination et justifieraient n’importe quelle jacquerie.
Des appartements, certes très beaux mais à trois ans de SMIC le mètre carré j’ai eu beau regarder les photos, pas une seule cuisine pavée d’opale ou carrelée d’améthyste.
Mais le plus drôle n’est pas ça.
Le plus drôle reste le personnel de l’agence.
Ces gens qui traversent le local, un « open space », allant d’un bureau à l’autre d’un pas altier, l’air important.
Un air de propriétaire, en somme…
À les voir passer comme ça, je me suis dit que peut-être « il y a des œufs par terre ».
Ces aimables farceurs regardent le monde qui s’arrête devant leur vitrine en oubliant par moment qu’ils ne sont que les commerçants chargés de vendre un stock qui ne leur appartient pas.
Au moins ça semble avoir eu l’avantage de faire oublier un moment sa douleur à notre amie comme à Heure-Bleue.
Nous avons laissé notre amie à la Station Luxembourg et avons traversé la place pour prendre un café en attendant le 21 qui allait nous amener à Saint Lazare.
Comme dit la lumière de mes jours
« C’était bien »…
10:46 | Commentaires (9)