vendredi, 11 octobre 2013
Non, rien de rien...
Noooooon !!!
Lectrices chéries !
Noooooon !!!
Non mes amours ! Refermez tout de suite ces fenêtres par lesquelles vous vouliez vous jeter par dépit !
Je sais que mon absence fut cruelle.
Mais tout de même, elle fut brève, même si elle vous fut douloureuse.
Sachez que votre désespoir est désormais sans objet ! Votre souffrance prend fin !
Votre Goût adoré, la lumière de vos jours est enfin de retour !
Avouez ! Vous n’y croyiez pas ! Vous n’y croyiez plus !
Vous me pensiez perdu dans les limbes des « data centers » de ces monstres de FAI.
Mais non...
Après moult discussions avec des gens qui se fichent complètement de votre sort, de vos larmes, de vos manques et de vos souffrances, la lumière a enfin surgi (du bout du tunnel, la lumière comme toute lumière doit le faire, sinon ce n’est qu’une loupiote qui s’allume, hein ! Et ça, ça ferme d’un claquement sec la boîte à clichés...)
Eh bien, me revoilà, je vous sens déjà consolées, lectrices chéries. Revenez vers vos PC chéris, tapez cette adresse qui vous fait rêver depuis des années et jouissez de l’existence simple de l’heureux mortel qui ne sait pas encore qu’il l’est, ignorant la taxe d’habitation qui va arriver incessamment dans sa boîte et qui va lui tuer le moral jusqu’à mi-novembre.
Oui, lectrices chéries, remettez-vous de mon absence, aussi brève que fortuite mais nécessaire pour échapper aux malfaisants qui auraient poussé Heure-Bleue au meurtre.
Avec préméditation, le meurtre.
Voyons, vous savez bien, lectrices chéries que je vous vous abandonnerais que pour un long, très long séjour dans un endroit « calme et arboré ». Genre cimetière, quoi...
Mais d’ici là, « là » que j’espère lointain, je ne serais jamais à court de l’ânerie qui va égayer votre matinée.
J’allais même écrire « votre mâtinée », c’est dire...
17:09 | Commentaires (12)
lundi, 07 octobre 2013
Démon et Merveille...
Il y avait Superman, l’homme qui vole plus vite qu’un pickpocket.
Il y eut Wonderwoman, la femme qui fait du tort aux « prim’holstein »
Il y a maintenant Super-Flemmarde en la personne de Merveille.
Samedi nous sommes allés chez les enfants après avoir récupéré les clefs de notre nouveau chez nous.
Merveille, très fière, a tenu à me montrer ses cahiers d’écriture, de lecture, etc. truffés de « TB » et de « bravo ! »
C’est dire l’indulgence du corps enseignant...
Elle s’est assise sur mes genoux, m’a dit « je sais écrire tout l’alphabet » et a pris une feuille pour me prouver qu’elle savait en écrire les lettres.
Ça donné ça :
- en cursive ou en capitales ?
- Pfff... Mais Paaaapyyyy... C’est « en attaché » ou « en script » !
Genre « Pauvre andouille, t’es bon pour la piqûre... » mais elle m’a quand même fait un bisou, histoire de m’habituer à l’idée de ma mort prochaine.
J’allais écrire « on a commencé à se chamailler », en réalité elle a commencé à m’engueuler quand, arrivée à la lette « c », la liaison avec la lettre « d » était mal embarquée et que je lui ai dit « il y a un sens pour commencer les lettres, Merveille, tu as choisi le mauvais... ».
Elle est tout de même arrivée au bout et je me suis écrasé en me rappelant la superbe collection de pâtés que je faisais à son âge, peu adroit dans la calligraphie...
Puis Merveille a continué « je vais te montrer mon cahier de lecture »
Et a commencé à « lire ». Si je ne la connaissais pas, elle m’aurait grugé.
Manifestement, elle récitait un cahier qu’elle connaissait par cœur.
Elle a hélas voulu m’éblouir une fois de trop avec une page qu’elle n’avait pas encore vue.
Ça commençait très bien, trop bien. Avec un début de phrase déjà vu sur une page précédente.
C’est quand elle a dit je ne sais plus quoi au lieu de « se transforme » que j’ai été certain qu’elle essayait de me gruger.
Gruger un papy qui avait subi les mêmes tentatives du père de Merveille... Voyons Merveille...
- Dis-moi, beauté, tu ne prendrais pas papy pour une andouille ?
Regard angélique de Merveille.
- Mais non papy !
Avec bisou hypocrite à la clef et début de « chougnage ».
- Qu’est-il écrit ici ?
Et là, passant le doigt sur le mot et marmonnant, finit par dire « Oh que je suis bête ! C’est « se transforme » pfff... »
Non mais, elle ne connaît pas papy cette petite...
Et du coup, je sais maintenant qu’elle sait lire.
Et que ça ne date pas d'hier.
J’ai même vérifié qu’elle comprenait ce qu’elle lisait en lui posant quelques questions, histoire d’être sûr qu’elle ne se contentait pas de déchiffrer des mots sans faire de lien entre eux.
Ça ne l’empêche pas hélas d’être aussi fainéante que la lignée mâle et paternelle de la famille.
C'est bien aussi quand les filles ont les mêmes défauts que les garçons.
Ça rassure sur l'idée de justice...
10:12 | Commentaires (13)
samedi, 05 octobre 2013
Le papy ruse...
Merveille, avec un mauvais goût très sûr, pique les vannes les plus nulles de son papy préféré et semble se les rappeler très bien.
Mieux, c'est à ça qu'on repère la future intellectuelle, elle les ressert à bon escient.
Il y a quelque temps, plus de deux ans, elle avait à peine quatre ans et, en veine de prouver sa vivacité, avait décidé de mesurer ma résistance aux coups. Evidemment, elle s’est fait mal en me donnant un coup sur la poitrine.
Heureusement qu’elle n’avait pas tenté l’estomac car mes abdos ont été remplacés par un coussin... Sensible le coussin...
En bon papy, pas avare d’ânerie je lui avais alors dit « T’as vu ça, Merveille ? C’est froid l’acier, hein ? »
Puis nous sommes passés à autre chose.
Il y a environ deux semaines, nous sommes allés chez les enfants en sortant de chez le dentiste.
Merveille, histoire de me faire oublier qu’elle avait désormais une petite sœur voleuse de parents normalement rien qu’à elle et bien décidée à conserver votre serviteur pour elle toute seule, m’a traîné dans sa chambre pour me montrer je ne sais plus quoi et a commencé à m’embêter.
Quand j’ai pensé que ça avait assez duré, le lui ai dit « Merveille, ça suffit ! »
Vous savez bien, lectrices chéries, que si les enfants étaient aussi opiniâtres dans leurs études que dans l'art d'agacer, nous aurions au moins vingt prix Nobel par an en France.
Merveille a donc continué jusqu’à ce qu’exaspéré, après huit mille avertissements, je lui donne une légère tape sur une fesse.
Et là, si je ne l’avais pas été déjà, Merveille m’aurait assis.
Oui ! Elle m’a jeté fièrement « C’est froid l’acier, hein papy ? »
Cette petite me fait peur, elle a non seulement l’art de taquiner mais semble avoir aussi été dotée du genre de mémoire qui cause bien des problèmes à l’école et ailleurs.
Cette caractéristique vient de quitter la lignée paternelle de la famille pour aller faire un tour du côté des filles.
J'en connais deux qui ne vont pas s'amuser tous les jours...
« Papa, tu te rappelles que l'année dernière tu m'avais dit que... »
« Maman, tu te rappelles que quand j'étais petite tu m'avais promis que quand j'aurai treize ans j'aurai le droit de... »
Je le sais, j'ai fait pareil...
Et l'Ours m'a fait tourner en bourrique avec des trucs comme ça.
Je leur souhaite bien du plaisir...
09:49 | Commentaires (12)
vendredi, 04 octobre 2013
Les vieux s’attrapent
Il est temps que nous partions d’ici. Plus qu’une semaine.
Vous savez, lectrices chéries, que votre Goût adoré est plutôt zen et de caractère aussi sociable que taquin.
Ces temps-ci, ma patience a tendance à s’émousser plus vite que je ne le souhaiterais et je me mets à me chipoter dans le bus pour des riens qui ne m’auraient pas fait lever un sourcil il y a encore trois semaines.
J’en veux pour preuve cette petite chamaillerie d’avant-hier avec une emmerdeuse qui eut la mauvaise idée de prendre le même bus que moi.
Rappelez-vous la note d’Heure-Bleue, nous revenions du Printemps avec un bol –qu’Heure-Bleue avait décidé d’acheter en me faisant porter le chapeau nostalgisant- puis du Monop’ avec le lait chargé de remplir ce bol.
Nous attendons le bus – huit minutes, de coiffeur les minutes- qui finit par arriver bondé.
Nous y montons, suivis par quelques inconscients à moins qu’il ne s’agît d’optimistes béats. L’allée centrale est visqueuse de foule et je tente de suivre Heure-Bleue. Soudain une voix de rogomme peste derrière moi :
- Laissez-moi passer ! Je suis handicapée !
- J’essaie, mais je ne suis pas tout seul.
- Mais laissez-moi passer ! Je suis handicapée j’vous dis !
- Ça ne vous dispense pas d’être aimable !
- Laissez-moi passer ! Je suis malade !
- Ouais... De la tête... Dis-je moins aimable.
Heure-Bleue, à ce moment, vole au secours de son Goût –Oui lectrices chéries, elle veille jalousement sur moi, très jalousement...- et dit « Mais lui aussi il est handicapé ! »
- Arrête de dire à tout le monde que je suis bancal !
Et l’autre hargneuse de jeter d’une voix mauvaise :
- Moi j’ai un cancer !
- Pfff... C’est d’un commun ! Tout le monde a un cancer de nos jours.
Heure-Bleue de mettre son grain de sel :
- Moi j’en ai eu deux sur le nez !
Si ça continue elle va avoir un nez de goy...
Et l’autre :
- Oui mais le mien... C’est pas juste...
Et votre Goût, en veine de méchanceté a jeté, avec un regard mauvais :
- Oui, je sais, c’est une maladie injuste, elle n’emporte pas toujours ceux qu’il faudrait...
C'est là que j'ai constaté que les gens ne sont pas si gentils qu'ils en ont l'air. Les deux jeunes femmes assises à côté d'Heure-Bleue ont ri, les mauvaises...
L’une a dit à sa fille, toujours en riant « n’écoute pas ce que dit le monsieur, ce n’est pas bien. »
Je ne sais pas avec quoi l’autre soignait son moral mais il me faut vous dire que quand cette dame parlait dans ma direction, je risquais de perdre et l’équilibre et le coma éthylique...
Il est vraiment grand temps que nous partions.
Non mais, quel faux-cul je peux être. On pourrait croire, à me lire que je regrette d'avoir été méchant.
Mais pas du tout ! Pas du tout !
C'est pourquoi il est vraiment grand temps que nous partions.
Avant que je ne devienne aussi mauvais que les autres.
07:50 | Commentaires (14)
mercredi, 02 octobre 2013
Un petit coup de « Rouge » le dimanche...
Ah ! Ils sont bien dans l’esprit qui sévit depuis les années quatre-vingts, ils ont pris « les bonnes techniques de management » nos candidats.
Résultat, comme n’importe quel boss dans l’air du temps, ils réussissent surtout à démotiver ceux qu’ils devraient entraîner...
Leur technique d’approche est transparente.
Certains sont même prêts à piétiner leurs principes pour être élus.
Presque tous en fait...
Un faux centriste – Un vrai centriste est un type de droite avec un masque, un faux centriste est un mec d’extrême-droite avec un masque un peu plus épais- ce faux centriste donc, m’explique avec sérieux que « Marine Le Pen fait partie du jeu démocratique et qu’elle est une voix dans le concert des partis »
Quand je lui dit « ah bon ? », il me dit « économiquement, son programme ne se tient pas. »
C’est apparemment tout ce qu’il a retenu du discours du FN.
A ma question « Et fonder un discours politique sur la détestation d’une catégorie de Français à cause de leur teint ou de leur religion, c’est républicain ? » cette aimable, dangereuse et opportuniste andouille me sort la bêtise du siècle « Toutes les opinions sont respectables ! »
Je passe mon chemin et vais parler un moment avec mon papy de Lutte Ouvrière, celui qui nous recommande très sérieusement « Votez pour nous ! Nous au moins, on fera pas de conneries ! On n’est jamais élu... »
C’est un « Rouge » lui, un vrai.
Un qui me dit à chaque fois « Tu vois, les élections c’est des conneries ! A chaque fois on est b... ! Fallait écouter Arlette »
Un qui verrait bien un retour de Staline...
Ce papy de quatre-vingt-un ans, me raconte régulièrement son premier licenciement. En 1957 il s’est fait virer de sa boîte de toitures ondulées pour insolence.
Je dois avoir entendu son histoire au moins trois cents fois depuis 2003.
Mais que voulez-vous, il est resté coincé au boulot depuis 1992. Il n’a jamais quitté l’usine.
Il la raconte tous les dimanches sur le marché de la Réunion à qui veut bien l’écouter.
Il place « Lutte Ouvrière », et pour un €uro, je l'amuse quand je lui dis « Finalement, à vendre comme ça, vous favorisez non seulement la survie mais l'expansion du capitalisme ! »
Immuablement il me répond « Ah ah ! Pfff... T'es pas con toi ! »
Il me raconte un pays disparu...
Et apparemment, le « c’était mieux avant », c’était pas mieux partout...
13:43 | Commentaires (12)

