samedi, 07 décembre 2013
En panne des sens…
Je n’ai pas plus de choses à vous raconter qu’Heure-Bleue.
Et ce n’est certainement pas la publicité qui précéde la météo hier soir qui va doper mon imagination.
« Eveillez votre corps à de nouvelles sensations » m’incite une voix féminine tout à fait convaincante.
Intéressé, vous me connaissez, lectrices chéries, j'ai levé la tête vers la tentatrice.
Et là, je reste baba !
Vous savez quoi ? comme disent les djeun’s.
Eh bien tout ce qu’on me propose pour « éveiller mon corps à de nouvelles sensations », je vous le donne en mille, qu’est-ce que c’est ?
Une bagnole ! Oui, lectrices chéries, une-ba-gnole !
Voilà ce qu’on propose à votre Goût adoré pour éveiller ses sens !
Je me demande dans quel monde de « jackys » sans cervelle vivent ceux qui nous concoctent ces campagnes publicitaires.
Ces derniers jours déjà, pour compenser la vacuité du journal télévisé, un autre fabricant de voitures semblait persuadé qu’il allait nous intéresser, grâce à l’image d’un bras féminin et d’une voix doucereuse prétendant « réduire la distance entre votre peau et la route ».
La première idée qui vient à quelqu’un de sensé à entendre cette ânerie, c’est que le bagnolier a encore réduit l’épaisseur de la tôle et qu’au premier accroc vous êtes bon pour la chirurgie réparatrice.
10:39 | Commentaires (5)
vendredi, 06 décembre 2013
Ma plus belle histoire d’amour…
Non, je ne vais pas me relancer dans la narration de l’adolescence sentimentale du Goût ni vous chanter la chanson de Barbara.
Non, rien de tout ça.
Barbara est morte et les récits de mon adolescence, à défaut de me rajeunir, m'ont donné quelques sueurs froides…
D’abord, lectrices chéries, si vous voulez éviter les déconvenues, évitez de poser à votre camarade de vie cette question aussi stupide que risquée.
Ce truc qui arrive comme un cheveu sur la soupe, pile au moment où votre camarade de jeux est en état de faiblesse voire quasiment en train de mourir.
Quand il a un rhume par exemple.
La question qui tue.
« Au fait, ta plus belle histoire d’amour, c’est qui ? »
Alors, camarades de jeux de mes lectrices chéries, lisez bien ce qui suit.
Rappelez-vous qu’il y a des choses à éviter absolument.
La première, la plus importante, c’est l’hésitation.
Si vous semblez « trébucher de la mémoire », vous-êtes-fou-tus !
Surtout, n’hésitez jamais ! Répondez illico « Qu’est que je ferais là ? Hein ? Dis-moi ce que je ferais là avec toi ! Hein, dis-le moi ! Tu as de ces questions ! Pfff...»
Moitiés de lectrices chéries, ne rêvez pas, vous n'êtes pas quittes pour autant.
On vous jettera alors à la face « Mais alors ? Et celle-là ? Hein ? Finalement, c’était quoi ? Hein ? C’était quoi ? »
Répondez alors, avec une mauvaise foi consommée « M’enfin ma chérie ! Celle-là c’était avant ! Je ne savais même pas que tu existais !Tu aurais préféré me déniaiser ? »
Là, vous la jouerez fine. Ce sera insuffisant à coup sûr mais vous êtes sûr que seul le silence vous répondra.
Oui, le silence, car la réponse de la plupart des femmes étant à la fois « Oui » et « Non », elle se la feront évidemment in petto…
Je suis sûr que vous savez déjà que ce qu’elles ont toujours souhaité, c’est que le mec qu’elles veulent doit avoir la science infuse.
Il doit connaître l’essentiel -la patience et un minimum de connaissances en sciences naturelles - et ce, en n’ayant jamais eu l’occasion de vérifier si ses connaissances sont à jour.
Et j’ai bien dit « à jour », pas « à jours » ce qui montrerait que vos connaissances sont pleines de trous…
Elles veulent des jouets qui marchent parfaitement sans avoir jamais eu besoin de vérifier leur fonctionnement, sans avoir jamais servi ni aucun besoin de rodage.
Donc, camarades de jeux de lectrices chéries, vous êtes mal partis.
Et ne vous lancez surtout pas dans des considérations oiseuses sur les bienfaits de la variété.
Même pas si « c’était avant, voyons ! » car ça risque d’ouvrir des horizons à la lumière de vos jours.
En plus, si vous commencez à parler de jouet en bon état, vous allez inévitablement vous fourvoyer dans des histoires de « piles à recharger ».
Histoires qui vont inévitablement attirer des questions suspicieuses sur la nature du chargeur.
Questions vicieuses qui vont à leur tour entraîner des explications vaseuses où il est question de « carburant nouveau». « Carburant » dans lequel vous vous noierez.
Bref, vous êtes foutus !
Alors si votre élue vous demande « Ta plus belle histoire d’amour, c’est qui ? » , Rappelez-vous bien que vous n’avez pas droit à une seconde d’hésitation avant de répondre « Mais c'est toi ma chérie ! »
06:40 | Commentaires (12)
jeudi, 05 décembre 2013
On est jamais trahi que par les siens…
Hier, après le déjeuner, comme prévu par Heure-Bleue et Merveille, nous nous sommes préparés pour aller au square des Batignolles voir ces fichus canards.
Il a fallu, comme chaque que fois qu’Heure-Bleue dit « On s’en va ! », attendre qu’elle ait fait un détour par la salle de bains, ait trouvé ses chaussures et ait enfin choisi la pelure qu’elle mettra pour sortir.
Profitant des quelques secondes de patience, genre deux mille nécessaires à la mise d’Heure-Bleue, Merveille se précipite sauvagement sur moi et s’accroche à mon bras.
Comme je n’apprécie ni la brutalité ni que les petites filles se conduisent comme des « zyvas », je dis à Merveille :
- Je te déteste quand tu fais des choses comme ça ! Limite je vais te haïr !
Car je n’hésite jamais à en rajouter dans l’indignation.
- Mais non, mon Minou, c’est juste qu’elle ne se rend pas compte que tu n’es plus jeune !
- Ah ! Ça c’est un compliment, papy !
Lance Merveille.
- Faux-cul ! Lui dis-je.
- Mais non papy, ça veut dire que tu n’es pas vieux !
Et nous voilà partis, votre serviteur requinqué pour deux ans.
Enfin, deux minutes…
Et arrivés au square des Batignolles, je me suis fait avoir.
Comme d’habitude, Merveille a envie de faire pipi. Et je dois l’y emmener. Je lui trouve des toilettes dans le square. Propres, les toilettes.
Toujours comme d’habitude, elle n’a pas de kleenex.
Donc, que fait Merveille ?
Eh bien, comme toujours elle a besoin de papy. Comme elle a grandi, je la laisse se débrouiller mais lui confie le mouchoir propre que j’ai toujours sur moi.
Erreur tragique !
Je l’entends crier depuis les toilettes « Oh ! Pardon papy ! J’ai jeté ton mouchoir dans les toilettes ! J’ai oublié que c’était un vrai mouchoir ! »
J’ai eu droit à des excuses et des bisous mais cette enfant m’aura dépouillé de tout.
Pire encore, croyant me flatter elle me dit en rentrant à la maison « Tu sais, papy, ça ne se voit pas que tu es vieux. »
Il y a des compliments, comme ça, avec un arrière-goût de fiel assez prononcé.
Heureusement qu’elle a vraiment le sens de l’humour, sinon…
Pour finir une journée dure pour votre serviteur, cette gourgandine, regardant la publicité pour le téléthon qui arrive, me jette un coup d'œil et dit « Je sais, on va dire que j'ai un cœur d'artichaut... Mais quand même, Patrick il est beau... »
06:46 | Commentaires (7)
mercredi, 04 décembre 2013
Le jour le plus long…
Ce matin, je m’en vais tôt de la maison, j’ai des choses à faire à l’extérieur.
Je ne sais pas quand je rentrerai. Ce que j’ai à faire n’est pas drôle mais bon.
Je dois d’abord aller voir mon Trésor, qui porte bien son nom tellement il me coûte cher. Genre une danseuse fin du XIXème siècle…
Puis, des choses que je dois faire, absolument faire.
Cela dit, dimanche soir, j’ai cru que j’allais apprendre quelque chose sur Heure-Bleue.
Quelque chose que j’ignorais.
C’était finalement quelque chose dont je me doutais et que j’aurais dû savoir depuis longtemps.
D’autant que je suis largement mouillé dans cette affaire.
Les enfants étaient passés à la maison en fin d’après-midi.
Dimanche soir donc, nous regardions la télévision. Les informations. Enfin, si l’on peut dire.
L’invité du journal était Dubosc, Franck Dubosc.
Heure-Bleue me dit soudain, en regardant Franck Dubosc :
- Il ne me plairait pas, cet homme…
- Hmmm ?
- Tu trouves que JJF est une mate ou une claire ?
Je sors de mon wagon de pommes à grand’peine mais réponds tout de même.
- En tout cas, l’Ours est sensiblement plus clair que JJF.
L’Ours, quoi que n’ayant pas la peau diaphane de sa mère est plutôt un clair aux cheveux châtains, pas du tout un mat aux cheveux noirs.
Je demande à Heure-Bleue :
- Pourquoi ça ?
- Je ne trouve pas Dubosc attirant. Il est trop clair.
- Il faut dire que le seul « clair » que tu aies trouvé attirant, c’est Paul Newman. Mais la moitié femelle de l’humanité a craqué pour lui, même les claires…
- Oui mais j’aime mieux Patrick Bruel. Patriiiiiick !!!! –oui elle a fait ça…-
- Ouaip, tu as toujours préféré les mats.
- Tu as raison, quand même j’aime mieux le « genre arabe », enfin « le type méditerranéen »…
Je n’ai rien dit, j’ai juste pensé que ça m’avait bien arrangé à l’époque où j’étais moins pâle et plus brun de cheveux.
C’est là que j’ai appris une chose que je soupçonnais depuis longtemps : Heure-bleue aime bien les gens d’où qu’ils viennent.
Mais à condition qu’ils viennent plus de certains pays que d’autres…
08:50 | Commentaires (9)
mardi, 03 décembre 2013
On ne vit pas seulement de pain. Beaucoup de vain, aussi…
Vous ne savez pas, lectrices chéries ?
Eh bien je deviens insupportable.
Non que je me sois soudain mis à badiner avec toute femme qui commet l’imprudence de m’adresser la parole, ça je l’ai toujours fait.
Non, il ne s’agit pas de ça.
C’est bien plus embêtant que ça.
Je vous ai avoué, il y a quelques années, que la Faculté avait décidé que j’avais des pièces en trop et que d’autres déconnaient sévèrement.
Forte de ça, Madame Sécu a décidé que je toucherai chaque mois une misère, à condition que je respecte son ukase « Ne travaillez pas ! »
Du coup, abandonnant l’idée de me reposer moyennant finances dans une entreprise, je me suis mis à faire bénévolement des tas de choses à la maison.
Enfin… Des tas… N’exagérons rien.
En réalité, je fais surtout ce qui ne me dérange pas.
J’ai toujours haï le bricolage, toujours meurtrier pour les ongles et le bout des doigts de gauche quand les doigts de droite tiennent un marteau.
En revanche, j’aime bien « bidouiller », faire les commissions, la banque et la cuisine.
Il y a aussi le lit mais ça donne régulièrement lieu à des dissensions à propos de choses bizarres comme l’ordre des oreillers et leur position.
Mais je le fais quand même. Des années d’entraînement chez les Frères ont fait de moi un champion du « lit au carré ».
Depuis longtemps maintenant, j’ai laissé Heure-Bleue se dépatouiller avec les oreillers lors du changement des draps et des taies.
Je persiste néanmoins (rappelez-vous, instits chéries, « on met toujours un « m » devant « m, b, p » sauf dans « néanmoins, bonbon et embonpoint ») à mettre la « capote à couette » pour éviter diverses sortes de mort à Heure-Bleue.
Oui, elle risque, à chaque tentative de :
- Mourir étouffée dans l’enveloppe.
- Mourir d’un infarctus causé par l’énervement de cette « s… de couette qui se tirebouchonne ».
- Mourir d’une fracture du crâne en tombant sur le coin du lit en s’emmêlant les pieds dans « cette s… d’enveloppe » toujours.
Donc, pour être sûr que mes chemises seront repassées, je prends soin d’éviter un trépas aussi dramatique que précoce à la lumière de mes jours.
Depuis que ma moitié a fait connaissance avec ce courant problème dit « L5-S1 », il m’arrive souvent de lui laver les cheveux.
Avec parfois des erreurs d’approvisionnement dans le matériel dont je vous ai déjà parlé.
Du coup, moi qui avais déjà « un avis sur tout » selon des mauvaises langues bien informées –je sais maintenant qu’il y a une traîtresse à la maison-, eh bien j’ai aussi un avis sur le soin du cheveu.
Hier, donc, Heure-Bleue me dit « il faut que je me lave les cheveux ce matin ».
Comme une andouille, au lieu de dire « Bien chef ! » et d’éviter de constater à haute voix que ce « je » veux dire « tu » je réponds, hâtivement hélas, « Ah oui, avec l’après-shampooing ! Tu avais dit « une fois par semaine », tu te rappelles ? ».
Et la voilà partie…
- Non, non, ces trucs-là, ça ne lave pas ! En plus ça ne se rince pas ! Au shampooing !
- Mais, ma mine, tu m’avais dit…
- Mais arrête ! Pfff… Tu as un avis sur tout, tu m’agaces !
- Bon…
Ai-je clos, me disant que j'avais eu de la chance de ne pas me faire jeter à la figure « Je ne savais pas qu'en plus tu étais expert chez Carita, Minou ! »
Puis je suis allé voir si une de mes lectrices chéries avait laissé un compliment chez moi, pour changer…
Evidemment, ça n’a pas raté.
Au bout de quelques minutes un appel est venu de la salle de bains.
« Minouuuuuu !!!! Tu veux bien me rincer les cheveux ? »
Il n’empêche que je devrais me cantonner à sortir et me balader en faisant les courses parce qu’à force de faire tous ces petits trucs tous les jours, je deviens vraiment insupportable.
Si ça continue, je vais bientôt expliquer à Heure-Bleue comment attacher son soutif…
08:49 | Commentaires (10)

