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mardi, 27 novembre 2012

C'est Mozart qu'on assassine.

Voilà pourquoi, lectrices chéries, la vie de votre écrivain de luxe est si animée.
Vous n’êtes pas sans ignorer ce qui se passe dans l’huis clos de notre chambre.
Vous n’êtes pas sans savoir itou qu’Heure-Bleue n’est pas une compagne de tout repos…
Néanmoins, ma douce ( !) moitié, cette Heure-Bleue qui anime ma vie, parfois furieusement, le plus souvent très vivement, vous a touché deux mots de ce qui advient par moment dans la vie d’un couple.
Non ! Heure-Bleue n’est pas, contrairement à ce qu’elle tente de faire accroire dans sa dernière note, quelqu’un de soporifique.
Non, Heure-Bleue est plutôt quelqu’un qui empêche de dormir.
Pire, elle ne vous empêche pas de vous endormir, elle vous sort d’un profond sommeil en vous posant des questions ou en vous donnant des conseils.
Elle fait semblant de ne pas remarquer que votre serviteur a la chance de s’endormir sans problème et de n’ouvrir les yeux que huit heures plus tard avec l’impossibilité de rester sans rien faire dans un lit.
Les médicaments qu’elle prend lui causent quelques troubles du sommeil.
A chaque fois je pense naïvement qu’elle déborde d’amour au point de me réveiller pour en profiter.
Hélas, trois fois hélas, elle me réveille pour me dire « Dors gentiment, Minou , tu m’embêtes. Et ne me colle pas ! ».
Quand l’évènement advient plusieurs fois dans la nuit, elle réussit à me tenir éveillé pendant une bonne heure.
Heure qu’on aurait pu mettre à profit pour faire autre chose.
Dormir, par exemple.
Vous pensiez à quoi ? Bande de…
Au réveil, évidemment c’est autre chose.
Surtout les jours où nous devons aller quelque part dans un but précis.
Elle n’admet toujours pas que je suis frileux comme un chat.
Je n’ai toujours pas saisi de sa bouche l’expression « bon, on s’en va, je suis prête » alors qu’en fait il lui reste deux mille choses à faire.
Pour ajouter la touche d’imperfection qui la rend si attachante, il me faut dire qu’elle commet par instant des erreurs d’appréciation.
Elle est allée récemment jusqu’à me comparer à la statue du Commandeur.
J’ai toujours eu un mal fou à lui faire comprendre Mozart.
La preuve, elle a cru un instant être la compagne de la statue du Commandeur alors qu’elle est mariée avec don Giovanni, son époux préféré.
C’est dire…
J’en aurais été mortifié si une bonne dose d’optimisme et de confiance en soi ne m’avait été allouée par une éducation féroce chez les Maristes.
Ils avaient raison, ils étaient juste un peu plus cinglés que les Jésuites…

Sacrée télé...

Tu as un « pré-cancer ».

Tu as un « cancer ».

Tu as un « post-cancer ».

Bon, en fait ça veut dire

« Tu es morte ! »

Ah... Les infos...

Heureusement, après demain j'emmène Merveille au Palais de la Découverte.
Je l'emmène voir l'exposition "Bêtes de sexe"…

Histoire qu'elle ait une idée plus précise de la façon de s'y prendre sur les manèges du Jardin d'Exploitation...

Ne tournez pas le nez, lectrices chéries.
Vous avez aussi commencé sur les manèges.

Non ?

 

lundi, 26 novembre 2012

Les désarrois de l’élève Le-Goût…

Heure-Bleue m’effraie parfois.

Chez elle l’Heure est Bleue mais en aucun cas exacte.
Son PC et sa montre prennent du retard à une vitesse jamais vue tandis que les miens restent obstinément d’accord avec l’Horloge Parlante…

Heure-Bleue, donc, entretient des rapports conflictuels avec la ponctualité.
A chaque rendez-vous à prendre, pas de problème, du moment que ce n’est pas le matin.
Entendez évidemment par « matin », quelque chose comme « pas avant quinze heures ».
C’est au moment de s’y rendre que les ennuis commencent et il arrive parfois qu’ils finissent en dispute.
Votre serviteur, lectrices chéries, est un homme ponctuel, pas en avance, non, ponctuel. Simplement ponctuel.
L’amour de sa vie est plutôt une « retardataire compulsive ».
« Ça fait une moyenne ! » me direz-vous.
Eh bien non, « ça ne fait pas une moyenne ». Voyez les stratagèmes et toutes les excuses avancées pour être « à la bourre ».
La « retardataire compulsive » avance toujours le bien connu « de toute façon il y aura du monde avant moi » ou le plus célèbre encore « Tu la connais, elle ne sera pas à l’heure ! ».
Quand sera venu le moment de ma fin, je l'enverrai chercher la mort.
Je devrais bien gagner un sursis de quelques années...
 
Je me demande ce qui se passe quand deux personnes systématiquement en retard ont rendez-vous l’une avec l’autre.
Chacune comptant sur le retard de l’autre…
Arriveront-elles à seulement se croiser ? Rien n’est moins sûr.
L’expérience m’a montré récemment, lors d’un rendez-vous entre ma plus jeune sœur, Heure-Bleue et moi qu’on peut obtenir des résultats extraordinaires.
 Rendez-vous était fixé à treize heures au métro Porte de Champerret.
L’une, ma moitié, au moment de lever le camp, annonce « bon, il faut que je trouve mes chaussures et que j’aille faire pipi ! ».
Ce n’est que le début de la scène habituelle des départs.
« Minou, où as-tu mis mes ballerines ? » ose-t-elle avec un culot de commissaire politique, sachant très bien qu’elle ne se souvient plus de l’endroit où elle les semées en rentrant la veille.
Puis, très souvent suit,  lors de la séquence pipi, « Minou ! Tu veux bien m’attraper un rouleau de papier ? Je suis assise et trop petite ! »
Ces habituelles demandes suivies rapidement par « Tu as déjà ta veste ? Mais tu me stresses à toujours courir comme ça ! On va finir par être en retard à cause de toi ! » termine-t-elle dans un sublime accès de mauvaise foi.
C’est pour ça que je l’aime.
Mais c’est aussi pour ça que nous n’avons pas d’armes à la maison, la possession  d’un de revolver pourrait s’avérer fatale.
C’est surtout pour ça que quand j’entends « Minou » une vague d’angoisse me submerge…
La suite est à l’avenant, ma petite sœur qui a, comme Heure-Bleue, tendance à arriver essoufflée, une tonne d’excuses indéfendables en réserve, téléphone, une demi-heure après l’heure du rendez-vous pour dire « tu ne vas pas me croire ! Un éléphant s’est perdu sur les voies du métro et ils ont tout arrêté ! C’est dingue, hein ! Ça n’arrive jamais, eh bien c’est tombé sur moi ! » ment-elle effrontément.
Nous avons donc passé l'après midi sans « petite sœur chérie »...
Vous commencez, lectrices chéries, à saisir l’essence de l’existence du Goût-des-autres ?
Existence faite d’angoisse, d’attente, d’espoirs déçus.
Heureusement, il y a de bonnes nouvelles de temps à autre, Heure-Bleue est arrivée à l’heure chez le dermatologue.
Bon, comme c’était sérieux, elle m’avait suivi sans discuter à propos de l’horaire prévu…

 

samedi, 24 novembre 2012

Bande décimée…

Jeudi, jour béni des écoliers de ma génération, Heure-Bleue, une blogueuse qu’on aime et moi sommes allés voir l’expo « Les Bohèmes ».
Le rez-de-chaussée était consacré aux bohémiens.
C’est sans doute pour flatter leur goût d’être prêt à lever le camp qu’on à placé l’exposition, à eux consacrée, plus près de la sortie.
C’était très chouette, à quelques détails près.
Le pire détail étant la musique, choisie avec un goût qui va du pas terrible à l’épouvantable en passant par le « hors sujet ».
Leur histoire tourmentée nous était joliment contée.
La chanson s'était évidemment trompée...
Quand Dalida nous hurle « D’où viens-tu Gitan », pas question de répondre « Je viens de Bohème ». Aujourd’hui, il vient du métro ou du commissariat.
En revanche à « Où vas-tu Gitan », ça marche, il peut répondre sans sourciller « Je vais en Bohème », en avion en plus…

Le talent des peintres n’est plus à démontrer. Ils ont saisi l’image, certes, mais aussi l’âme bohémienne.
Clairvoyance entachée des préjugés habituels.
Si les peintres de l’époque revenaient aujourd’hui, aucun doute qu’ils nous feraient de magnifiques toiles, toiles montrant de jolies bohémiennes captant l’attention du benêt opulent tandis qu’une vieille bohémienne lui étoufferait son i-Phone…
J’ai remarqué aussi, en lisant les commentaires et explications fournies, que la route est droite, comme dirait Raffarin, et tous les chemins mènent au Rom.
Je n’ai pu qu’admirer la perspicacité de Confucius à propos de cette vieille histoire de lanterne et d’expérience.
Il semble en effet que les mêmes politiques soient appliquées, de Louis XIV à Manuel Valls.
C’est sans doute à cela que l’on reconnaît la « France terre d’accueil »…
Le second étage était, lui, consacré à « la bohème ».
J’ai été estourbi d’entrée par la kitschitude des décors.
Un misérabilisme surjoué qui a semé le doute dans mon esprit.
M’étais-je trompé d’expo ? Etais-je entré par mégarde dans une de ces associations qui veulent faire le bonheur des pauvres en leur montrant combien ils ont de la chance de vivre dans des galetas insalubres mais « so romantic » ?
Il semblait toutefois que le décorateur avait fait attention à ne pas choper des maladies en poussant trop loin la vraisemblance.
Le papier peint était déchiré avec un soin jaloux, histoire de laisser dans la mémoire du mécène le souvenir d’un « architecte d’intérieur » plein de talent et qu’on pouvait payer une somme rondelette sans regretter ses sous.
Cela mis à part, j’ai été ravi de constater que la rue du Chevalier de la Barre n’avait pratiquement pas changé entre l’an 1900 et mes années de lycée.
Je l’avais reconnue sur le champ.
Aujourd’hui il y a juste un peu plus de boutiques.
Les marchands se sont déplacés du Temple au Sacré-Cœur…
J’ai voulu voler le manuscrit de « Ma Bohème ». Pas moyen, malgré la fatigue évidente des gardiens –supporter la musique hors de propos pendant des heures doit être épuisant- ils semblaient avoir l’œil.
Pas vu le célèbre « Melancholia » de Verlaine. Béatrice A. avait dû faire du charme au commissaire pour en interdire l’exposition, servie par l’exemple d’un mari évaporé qui l’avait bien eue avec cette histoire de « qui m’aime et me comprend » mais qui, malheureusement n’était justement « ni tout à fait la même ni tout à fait une autre »…
Bref, votre scribe préféré, qui n’était pourtant pas allé là pour avoir quelque chose à vous raconter, a passé trois heures délicieuses, si délicieuses que, comme les dix-huit jours de Juliette Gréco, « finalement ça m’a semblé court »…

 

mercredi, 21 novembre 2012

Rêve parti…

Aujourd’hui, on a visite au Monop’, histoire que vérifier que les pauvres dont me parle Heure-Bleue ne vont pas gaspiller les sous de l’aide sociale en achetant du vin.

Nous voici donc au premier étage, celui du « schmattes », placé là pour éviter que les pulls en cachemire ne sentent le saucisson ou le pâté.
Ma douce moitié chérie –ces temps-ci, j’ai intérêt à être un peu faux-cul suite à l’édition de quelques notes sur ma jeunesse folle, Heure-Bleue n’est pas une mégère mais on ne peut pas dire non plus qu’elle soit apprivoisée…- me dit « Ah ! Il faut absolument que je t’achète des T-Shirts ».

- Pourquoi ça, ils sont très bien mes T-Shirts !
- Ils sont devenus gris et troués de partout !
- Et alors ? Sous la chemise, ça ne se voit pas !
- Et aussi parce que je viens encore de transformer un de tes T-Shirts en chiffon à poussière.
- Qu’est-ce qu’il avait ?
- Des trous sous les bras qui descendaient à mi-torse.
- Ouais mais ils sont vachement doux !
- Tu ne ressembles à rien avec ça !
- Tu veux simplement supprimer chez moi ce côté « bête sauvage » qui plaît tant aux femmes…
- Non, je veux surtout éviter de mourir de honte quand on ira chez le médecin…

Mais où est donc passé le bon vieux temps où l'épouse jurait « amour, fidélité et obéissance », surtout obéissance, à son seigneur et maître ?
Tout fout le camp...