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mardi, 19 juin 2012

Le tyranneau sort…

Depuis quelque temps, une dent de sagesse me tyrannisait.
Ne semblez pas surpris, je le suis déjà.
Comment ? Moi ! Votre serviteur, que dis-je, votre modèle !
Celui en qui chacun de vous s’accorde à reconnaître un phare de l’humanité.
Comment donc, puis-je voir cette immense sagesse remise en cause par le biais d’une dent, dite justement dans mon cas, de sagesse ?
Ce tyranneau, bien calé au fond de ma bouche, assez grande pour en caser quatre –à ce moment du récit, il est bien vu d’éviter les réflexions désobligeantes à propos de grandes gueules…-, se mit à faire des siennes.
Depuis plus de quarante cinq ans, je n’avais pas eu de souci de dents.
Jusqu’à ce qu’un médecin de l’hôpital Tenon décide qu’il me fallait des médicaments pour avoir un cholestérol de nourrisson et une tension d'élève de maternelle pendant la sieste.
Là, les effets secondaires frappent parfois durement. A commencer par la carie dite « carie médicamenteuse ».
Donc, cette dent de sagesse se caria et se mit à me donner, outre une haleine de chacal, des douleurs bien connues.
Force me fut donc d’aller à l’hôpital de l’AP-HP de mon coin, pourvu d’une école dentaire réputée de qualité.
On y pratiqua une extraction peu agréable.
On m’y apprit aussi qu’au cours des âges, le nombre de racines des dents de sagesse et des molaires diminue.
Compris entre deux et cinq, il a tendance à se situer en moyenne entre deux et trois pour les dents de sagesse et à deux pour les molaires depuis quelques millénaires.
On m'avait déjà extrait deux pré-molaires équipées de trois racines il y a longtemps 
La dent extraite hier de mon admirable clapoir avait cinq racines…

Donc, malgré le haut degré de civilisation de votre blogueur chéri, on me dit que j’étais doté de ce métabolisme bien étudié chez l’homme de Cro-Magnon, ce métabolisme de l’homme des cavernes, parfaitement adapté à la vie troglodyte et la chasse au mammouth.
Bon, ce matin, je n’ai plus mal.
C’est bien aussi, non ?

vendredi, 15 juin 2012

Le dépité de ma circonscription…

Ben voui, c’est moi…
Non que celui qui sera élu dimanche me déplaise.
Il s’agit d’autre chose.
J’écoute, depuis trop longtemps maintenant, la façon dont on essaie de nous vendre une arnaque plutôt que nous convaincre d’une idée.
Le manque d’argent de l’électeur n’a rien à envier au manque de talent de l’aspirant député.
J’en veux pour preuve la façon dont s’exprima Madame Morano, piégée par un imitateur.

Je ne vous relaterai pas son propos, digne de ce qu’on entend autour des comptoirs les plus mal fréquentés, les media s’en chargeront sans doute avec moult commentaires.

(Si ça vous intéresse, c'est et c'est édifiant.)

Je me contenterai de remarquer combien, sur un peu plus d’un siècle, l’expression politique s’est dégradée.
Il fut un temps où, à la « Chambre des Députés » qui n’était pas encore devenue « l’Assemblée Nationale », on pouvait entendre, aussi bien à droite qu’à gauche, des orateurs et cultivés et de talent.

Enfin, chaque époque a ses talents.
On n’a guère que ceux qu’on mérite.
Ceux d’aujourd’hui me semblent très mal placés pour faire la leçon aux « zyvas » de leur coin.
On eut droit à Victor Hugo, Lamartine, Jaurès et autres Malraux.

Aujourd’hui on a Nadine Morano…

Et on s'étonne de voir des gamins avec un T-Shirt « No Future ».

jeudi, 14 juin 2012

Ah… S’échouant là…

À la demande générale d’une seule blogueuse –ce qui en dit long sur la réalité de l’affection que vous me portez, mes chéries- je me remets à tordre mon unique neurone pour vous donner une de cette notes pleines d’esprit, de culture et de don de soi qui caractérisent mes écrits.

Bon, pour être franc, nous n’avions pas disparu, Heure-Bleue et moi sommes allés chez un ami.
(Clair, s’il te plaît, tu évites de me démentir, c’est extrêmement désagréable en public.)
Manque de chance, cet ami, eh bien oui : Il habite Cholet !!!
Et c’est là qu’on comprend d’un seul coup, d’un seul, pourquoi Cholet est devenue pour un temps la capitale mondiale du mouchoir.

J’ai dû moi-même me retenir pour ne pas pleurer.
Ce n’est pas tant l’accueil de mon ami, non, il fut parfait.
C’est celui de la ville.

Et je dois dire que quand on est habitué à respirer l’air normalement gorgé d’essence de Paris, l’overdose d’oxygène surprend.
Pire encore, l’absence de bruit fait tinter les oreilles du Parisien.
Les oreilles du vrai citadin, celui qui habite dans une vraie ville, une qui sent l’essence, pas une agglomération calme qui s’est attribué indument le titre de ville.
L’absence d’humains arpentant les rues du pas pressé de celui qui doit courir pour ne pas tomber a quelque chose d’inquiétant.
Votre serviteur fut donc saisi d’angoisse.
Quelque part au fond de son cerveau, votre serviteur, toujours lui, toujours à l’affût d’une méchanceté, voit fleurir la réponse à la question précédemment posée : Mais pourquoi Cholet est-elle devenue La Mecque du mouchoir ?
Eh bien parce que, d’après moi, à Cholet, à part pleurer, on ne peut rien faire !

Heureusement, mon ami m’a convié à faire fonctionner sa chaîne hi-fi de façon plus satisfaisante.
Perspective d’autant plus enthousiasmante qu’il a su trouver des arguments convaincants.
En fait, un seul argument emporta la décision.
Un de ces « single malt » dont l’Ecossais a le secret.
Un de ces breuvages qui font comprendre que le même Ecossais ait une solide réputation de pingrerie.
Et je le comprends, un truc pareil ne se partage pas.
(j’allais écrire « il se boit en Juif »…)
C’est sans doute pour cela que l’Ecossais, pour chrétien qu’il soit, est protestant  plutôt que catholique.
Je soupçonne que le schisme qui déchira le catholicisme est dû au fait que la Réforme est nettement moins stricte en matière de partage et de don que Rome…
Tout ce verbiage pour vous dire que non, Cholet n’est pas l’Enfer.
Ce n’est pas non plus le Paradis.
En fait, ce sont les « Limbes ».
C’est ça ! Le côté cotonneux, humide et inanimé de Cholet fait penser à ces fameuses « Limbes », ce garage à âmes dont dieu ne sait pas trop quoi faire sur le coup et qui les pose sur une étagère en attendant de les classer.

Sans la présence de mon ami et des ses filles, la visite eut été rapide.
Le temps de passer de la sortie « Chemillé » à la sortie « Pouzauges » en allant aux Sables d’Olonne…

 

mercredi, 30 mai 2012

Des lys de Capoue…

Là je vais pouvoir enfin m'endormir dans le calme trompeur de la victoire, tel Hannibal ayant collé une rouste aux Romains et profiter de la senteur des lys qui embaument les pièces de la maison.

Vous rappelez-vous, il y a peu, cette superbe pancarte rouge qui recommandait d’attendre les jours et heures ouvrables pour agir en cas d’extrême urgence ?

 

urgence_relative.JPG

 

« On » m’a dit qu’il n’y avait pas de panneau digne d’un malade sorti du casting de « Le Christ s’est arrêté à Eboli » (non, n’y voyez pas un rapport avec le récent séisme à la Mirandola, je n’ai pas écrit « Le Christ s’est arrêté à éboulis »), avertissant dès l’entrée du Monop’ par l’étage supérieur qu’on risquait les foudres du tribunal si un pot de moutarde nous glissait des mains.
J’y suis retourné, pensant que, passé l’un des quatre accès décrits par « On », seule une aberration de l’esprit maladivement gauchiste de votre serviteur avait pu transformer l’entrée « mode » du Monop’ en propagande mussolinienne.

Eh bien non.
Notre malade de la supériorité de l’huissier sur le quidam, notre siphonné de « la Révolution Nationale », promoteur (peut-être) involontaire de la francisque, a bel et bien réussi à convaincre le syndic qu’il était indispensable de menacer l’imprudent acheteur d’une paire de chaussettes …

Contrairement à ce que prétend Heure-Bleue, je supporte très bien d’avoir tort.

Mais quand j’ai tort…

Sinon, la preuve que je n’ai pas forcément tort est là…

Le cadre:

 

entrée_du_Monop.JPG

Le détail, pour ceux qui ne sont plus myopes mais passé du stade casse-c... à celui de presbyte:

 

pancarte_Monop.JPG

 

 

Franchement, est-ce qu'un texte comme ça est sérieux ?
Surtout si on n'a pas un manteau de cuir sur le dos et un béret de la Milice sur la tête.
Je me demande s'il n'y a pas sur cette esplanade un repli du continuum espace-temps coincé au début des années quarante...
Du coup, je me suis demandé ce que risquait l’imprudent qui échappait une bouteille de lait, ou pire, de vin, en sortant avec ses achats.
J'a expliqué à Heure-Bleue que par les temps qui courent, elle n'avait pas besoin d'un cache-col mais plutôt d'un cache-nez. On ne sait jamais...
Bon, on pourrait sans doute demander l’indulgence du jury pour peu que le rédacteur, manifestement humaniste, du texte affiché soit absent.
Mais, si le rédacteur était membre du jury,  je ne parierais pas ma chemise sur l’indulgence d’un type dont je ne suis pas bien sûr que son doberman n’ait pas pris possession de son maigre cerveau…
je vous l’ai dit : « A chien méchant, maître con »…


mardi, 29 mai 2012

Les « coaches » nous poussent à cavaler.

J’adore la mode du « coaching ».
J’écoutais, il y a trois ou quatre jours, de toutes mes oreilles, ma radio qui me cause de « coaching ».
J’écoute avec attention l’argumentation de l’invité qui s’échine à nous expliquer qu’il sert à autre chose qu’à nous piquer beaucoup de sous pour nous resservir les quelques conseils de bon sens que notre mère nous a déjà donnés.
Ce nouveau commerce absolument génial tente de nous faire croire qu’il y a des recettes infaillibles pour devenir un « winner ».
Le bon « coach » va nous enseigner, telle madame Soleil, la « bonne méthode » pour apprendre à jouer à coup sûr au Loto.
Expert dans l’art de gâcher les meilleures perspectives, je me rappelle toutefois que Madame Soleil avait tout prévu sauf le contrôle fiscal qui la mit sur la paille…
Je me demande donc comment ce type ose prétendre qu’on peut devenir un «winner » en l’écoutant.
Il me raconte grosso modo ce que ma mère m’a servi mille fois.
Du coup je me demande comment mes parents ont pu gâcher ainsi ma vocation de fils de riches…
Il va nous dire comment gérer votre temps de façon efficace et rentable.
Evidemment, il ne vous dira pas que c’est efficace et rentable surtout pour lui…
Il se trouve même des « coaches » qui prétendent qu’il vous faut procéder fissa, via leur entremise bien sûr, à l’évaluation de votre futur écolier, celui qui, en juin, quittera l’école maternelle.
Comment ce petit garçon doit apprendre incessamment qu’il lui faut absolument piétiner ses copains pour arriver dans la vie.
Déjà, il y a foison de ces « consultants » (quand le niveau social s’élève, on n’a plus un « coach », on a un « consultant »).
Parmi les plus frappants, les pas encore trentenaires qui se chargent de vous expliquer comment élever votre enfant dès la maternelle me surprennent le plus.
Ils sont néanmoins les plus faciles à faire taire.
J’aime leur silence quand, en matière de références, on a l’outrecuidance de leur demander « combien d’enfants avez-vous amenés à l’âge adulte ?».
Leur air con fait plaisir à voir…
(J’ai fait ça une fois dans un square, en plus ils n’ont pas d’humour…)
D’après ces gens, il faut évidemment que la maîtresse de maison sache comment mener sa famille et sa maison comme une entreprise.
Surtout ne pas s’en occuper ! La gérer !
Ils n’osent pas encore nous le dire, mais je les entends penser de chez moi « la gérer pour qu’enfin le chez-soi soit rentable ! ».
Heureusement pour l’habitant du foyer, quel qu’il soit, l’affaire DSK à calmé pour quelque temps chez le « coach » l’idée de rentabiliser le foyer.
Sinon, ils nous conseillaient tout de go d’envoyer la mère passer ses soirées dans les allées du Bois de Boulogne !
Voire de louer nos gamins pour des soirées peu avouables.
Il n’est toujours pas arrivé au cerveau du « coach » que si les entreprises gagnent de l’argent, c’est d’abord parce que les foyers le dépensent…
Et que si tout le monde gagne de l’argent et que personne ne le dépense, il va y avoir un grave problème de coincement économique sous peu.
Je vois bien une façon de ne pas claquer inutilement de l’argent qui pourrait être mis astucieusement à profit par les ménages.
Pour en assurer le mieux être par exemple.
Virer les « coaches » me semble être une méthode efficace et rentable qui ne nécessite pas autre chose que deux sous de jugeote…
Et si vous avez tendance à vous arracher les cheveux à la première difficulté ménagère, appelez votre mère.
Elle vous saoulera probablement, mais au moins elle ne vous fera pas payer…