lundi, 12 mai 2014
Ces cocottes sont parfois attachantes.
Je ne voudrais pas avoir l’air de dire mais…
C’est à propos de cocotte.
De cette histoire de cocotte.
Non, pas de celles à qui l’on s’attache mais de celles qui attachent, lectrices chéries.
Je sais bien que dès que je parle de cocotte vous me pensez tombé dans des rêvasseries salaces.
Il s’agit de la cocotte, la vraie, celle qui parfume, pas celle qui se parfume.
La cocotte en fonte, celle qui permet de réussir des « ragougnasses », dixit mère-grand-à-moi.
Celle qui permet d’oublier totalement qu’une poule ne se trouve pas qu’au bois de Boulogne et même que ça a pu avoir des plumes et courir partout en caquetant.
Naturelles, les plumes et poussées toutes seules sur le croupion, pas ajoutées de main de maquerelle.
D’écrire ça pour être sûr d’être clair me fait comprendre avec acuité pourquoi on appelle « cocottes » les dames qui vivent de leur croupion justement.
Bon, revenons à celle que j’ai achetée chez Leclerc. Non, il ne s’agit pas d’accuser ce géant de la grande distribution de maquereautage.
Quoique le magasin où nous sommes allés soit quand même assez bordélique.
J’avais donc traîné Heure-Bleue dans ce super-souk pour y trouver une sauteuse pour remplacer celle dont le revêtement avait disparu au fur et à mesure des lavages. Cette sauteuse, « la poêle qui n’attache pas » selon la marque qui la fabrique, attachait, était venu le temps de la remplacer.
Ce supermarché, où mon Ours m’avait une fois traîné, me semblait abondamment fourni en ustensiles de cuisine et les proposait à un prix raisonnable.
Nous voici donc, Heure-Bleue et moi, bras dessus, bras dessous, déambulant dans les allées de ce Leclerc à la recherche de la gamelle adéquate, que dis-je, idoine.
Je furète, regarde les gamelles, en vérifie la qualité du revêtement, hésite entre le téflon, sujet à rayures qui rendent la gamelle attachante dans le mauvais sens du terme, et la céramique, remarquable invention d’un type du CNRS probablement parti vendre ailleurs son talent car méprisé chez nous comme d’habitude.
Je soupèse, j’exagère un peu nos moyens pour l’occasion.
Bref, je me casse la nénette pour trouver l’outil qui ira bien.
Hélas, trois fois hélas, la lumière de mes jours, qui se pique parfois de connaissance ébouriffante en métallurgie s’est mêlée de l’affaire.
Et a jeté son dévolu sur une gamelle.
Cette gamelle eut l’heur de plaire à Heure-Bleue pour cause de passage par une période « design campagnard vintage ».
La gamelle « a-do-ra-ble » est une gamelle en tôle à ferrer les ânes.
Elle est émaillée comme savent émailler les industriels d’Extrême-Orient, toujours à la recherche de la roupie ou du yuan qui les rendra milliardaires et moi agacé.
Il faut avouer que son couvercle équipé d’une poignée qui permet de se brûler jusqu’à l’os quand on veut vérifier la cuisson, était charmant.
Le corps de la gamelle était lui émaillé d’un beige doux, agrémenté de poulettes sur tout le tour.
Ça vous avait un côté champêtre qui vous rappelait votre grand’ mère.
Comme je ne sais pas résister à la lumière de mes jours, j’ai reposé ma gamelle à revêtement de céramique.
Mais que voulez-vous, c’est comme ça.
Cette gamelle, dès la première utilisation a montré d’excellentes dispositions.
Elle a la particularité d’attacher immédiatement, quel que soit le produit que vous y mettez.
Sauf, l’eau, soyons honnêtes…
07:31 | Commentaires (7)
dimanche, 11 mai 2014
Veau de ville...
Messieurs Darlan, Pucheu et Laval nous avaient donné le fâcheux exemple d’inviter die teutonne polizei à patrouiller sur nos parisiennes avenues.
Nous avons aujourd’hui, dans un but différent je l’espère, un nouveau ministre de l’Intérieur qui semble prendre lui aussi le chemin d’aïeux dont on se serait bien dispensé…
Vlàtipas qu’en ouvrant mon navigateur ce matin, je suis avisé que désormais, sur invitation de notre ministre, la police chinoise est invitée à courir sus aux malfaisants qui arpentent nos avenues.
Bon, renseignement pris, la Chine semble croire que l’envoi de huit pandores suffira à rassurer ses congénères.
Il semblerait bien que les hordes de leurs compatriotes venues tranquillement dévaliser les grands magasins du boulevard Haussmann soient à leur tour dévalisées par des hordes de va-de-la-gueule.
Hordes, aux dires de certains, venues elles aussi de l’étranger.
Et parmi elles, le bruit se fait insistant, des hordes venues de Chine elles aussi.
Attirées sans doute par la réputation de laxisme répandue par la droite dès qu’elle est dans l’opposition, ces hordes, censément venues d’une Blanche Cathay où on ne rigole pas avec les délits de droit commun, viennent récupérer dans la poche du touriste ce qu’elles n’ont pu obtenir du même, patron dans leur pays, sur leur fiche de paie.
La grandeur de la Chine, qu’on espère débouché prometteur pour nos marchandises, suscite l’intérêt de nos grands bourgeois.
Pourvu qu’on n’ait pas droit à « Mieux vaut Xi Jingping que le Front de Gauche », remake du célèbre « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire ».
Nous avons déjà des milices fascisantes dans le métro, qui cherchent à se faire bien voir du futur client en s’accoutrant d’un coupe-vent jaune.
Ces croisades anti-racaille fleurent bon la ratonnade car ces couillons vont, comme d’habitude, « punir » un vieil Arabe qui rentre du boulot, bien moins risqué à emmerder qu’une bande jeunes bandits habitués aux horions.
On ne sait jamais où peuvent mener l’appétit de « compétitivité » et le goût de « l’Ordre »…
Quelqu'un devrait quand même prévenir nos émules de Darnand que sur Terre il n'y a que soixante millions de Français.
Je les entends s'esbaudir d'ici, nos thuriféraires de Bousquet bas de plafond « P... ! Il y a sept milliards d'étrangers ! Eh ben ! On a du boulot ! »
Il y a des jours, comme ça, où la marche du monde semble avoir changé de sens.
10:01 | Commentaires (4)
samedi, 10 mai 2014
Qu’importe le teint quand l’or y est…
J’ai écouté André Manoukian hier matin.
Une chose me frappe tout à coup, ce type a dû piquer ça en espionnant à la maison.
Je suis sûr qu’il a planqué des micros dans ma lampe de chevet ou la suspension du salon, comme dans « Le grand blond avec une chaussure noire ».
Oui, André Manoukian parle comme Heure-Bleue.
Déjà, Heure-Bleue « parle fille », cette langue non enseignée, au vocabulaire et à la grammaire approximatifs mais répandue on ne sait comment, est peu accessible au commun des mortels. Du moins la partie mâle.
Mais le « parler fille » d’Heure-Bleue a des particularités qui expliquent sans doute que je sois resté à ses côtés et parfois plus près, depuis… Depuis longtemps.
A écouter André Manoukian, une explication à la longévité de notre vie commune se fait jour petit à petit.
Cette explication risque de vous choquer, lectrices chéries.
Je pense cette longévité est due au fait que je ne comprends pas Heure-Bleue.
Voilà, c'est dit.
« Oui mais ça, c’est normal ! » Vous écrierez-vous.
« Si un homme comprenait les femmes, ça se saurait. » insisterez-vous.
Même si vous êtes marié avec ?
« Raison de plus ! » Me jetterez-vous.
Alors ? Et le rapport avec André Manoukian ? Hurlez-vous, dévorées d'impatience que vous êtes, lectrices chéries, .
J’y viens.
J’écoutais donc Dédé quand ça m’a frappé.
Il cause comme Heure-Bleue, ce langage si particulier qui a réussi à garder à la lumière de mes jours l'aura de mystère qui fait son charme.
Ces phrases qui commencent avec énergie, s’étiolent en milieu de proposition, qu’elle soit principale ou subordonnée.
Les points de suspension qu’elle sait si bien dire se prolongent.
On ne sait pas où elle voulait en venir mais elle reprend et, une proposition incomplète plus loin, change de sujet et lance la suite d’une phrase dont la longueur rappelle Proust mais n'a rien à voir avec le début.
On attend, plus exactement j’attends.
La suite, la vraie suite, celle du début, n’arrive jamais.
Et Dédé cause comme ça, comme la ravissante rousse qui partage ma vie, il fait des phrases « multi-objets » avec cette caractéristique si particulière qui m’émeut ou m’agace, selon les circonstances.
Oui, Dédé et Heure-Bleue ont ceci de commun, ils font des phrases qui n’ont pas de chute.
Comment voulez vous qu’on se comprenne ? Sans même parler de se disputer.
Et pourtant on y arrive…
Mystère… Mystère… Comme disait, avec une voix d’outre-tombe, l’indicatif d’une émission aujourd’hui disparue de la grille de France-Inter.
07:06 | Commentaires (7)
vendredi, 09 mai 2014
J’ai fait du beau avec du lait.
Avant de vous relater un truc aussi passionnant que la réalisation d’un entremets « caramel au beurre salé » à 1,47 € il me revient la question d’une lectrice chérie.
A la suite d’une note, celle-ci m’a écrit un truc du genre :
« Naaaaannn !!! C’est pas vraiiii ! C’est vraiiii ? Tu vas aller voir un psyyyyy ? »
Meuh non, voyons, lectrice chérie ! Ça ne m’est jamais venu à l’idée.
Du moins récemment.
Pourquoi diable irais-je expliquer à quelqu’un qui va, au mieux, lâcher un « Hmmm… » deux fois dans les quarante-cinq minutes de la consultation et ne m’adressera la parole qu’à la fin d’icelle pour marmonner en lisant mon chèque « Hmmbbll cent quarante euros… Hmmm… » et ajoutera d’une voix claire « Eh bien, c’est parfait ! La semaine prochaine, même jour même heure ? »
Hein ? Pourquoi ferais-je ça, lectrice chérie ?
Revenons à mon entremet.
J’ai donc, hier soir, commencé la préparation du dîner par celle de l’entremets promis à Heure-Bleue.
C’est vachement fastoche, il n’est pas même question de se souvenir de la technique maternelle dans la préparation Francorusse.
Même pas besoin.
Même pas besoin.
Bon, là je mens car j’ai tout de même regardé au dos de l’enveloppe les « conseils de préparation » pour constater qu’il en allait en 2014 comme en 1954.
Il suffisait de délayer le contenu du sachet dans un demi-litre de lait, d’amener le tout à ébullition puis de touiller ça feu doux pendant trois minutes avant de le répartir dans des coupes et les mettre au réfrigérateur.
Ne râlez pas, lectrices chéries ! Je vous avais prévenues que ce serait particulièrement inintéressant !
Mais ne pleurez plus, séchez vos larmes, votre tourment touche à sa fin.
Comme pressenti par tout mari maqué depuis des décennies avec une houri certes ardente mais qui déteste le lait, le résultat ne s’est pas fait attendre.
- C’est trop sucré !
- Ah ?
- Oui, et ça a trop le goût de lait…
- Bon…
Je me doutais bien du résultat.
Alors j’ai tout bouffé.
Un demi-litre d’entremets.
Tout seul. Oui, tout seul.
Je sors de la salle de bains.
Il m’a semblé entendre la balance ricaner sur mon passage…
08:16 | Commentaires (8)
jeudi, 08 mai 2014
Chez Mango j’ai ri…
Bon, je sais, ça ne tombe pas tout à fait juste et nous ne sommes pas encore en été.
Cela dit, hier après-midi j’ai accompagné Heure-Bleue à la poursuite de son diamant vert, l’entremet à la pistache des bonnes sœurs de je ne sais quelle congrégation.
En réalité ce qui branchait la lumière de mes jours c’était l’entremet au caramel au beurre salé mais il n’y a pas de film qui s’appelle « A la poursuite du diamant jaune » alors, hein…
Nous sommes donc allés boulevard Haussmann, chez Lafayette Gourmet.
My god ! C’est l’endroit de toutes les tentations !
Oui, toutes les tentations car même les misses de l’entrée sont mignonnes…
Rien qu’à passer devant les rayons, j’ai senti mon foie fabriquer des triglycérides en pagaille !
Nous étions partis avec l’idée de nous contenter de cet entremet. Claquer 1,47 € nous paraissait raisonnable.
Heure-Bleue semblait heureuse de son entremet.
Comme je suis plutôt gentil, je me suis bien garder de dire que je me demandais si les bonnes sœurs avaient vraiment la veine écolo prétendue.
Parce que franchement, vous avez déjà fait de la poudre de beurre, vous ?
Pendant que j’imaginais toutes les opérations chimiques à réaliser pour faire un sachet de poudre capable de gélifier un demi litre de lait et lui donner le goût de crème caramel au beurre salé en quelques brèves minutes, nous parcourions des allées pleines de choses délicieuses.
Et inabordables…
La somme de 1,47€ s’étant transformée en plus que ça, nous sommes sortis avant d’être complètement ruinés et repartis vers Saint Lazare.
Et c’est sur le chemin que je suis resté estourbi par une monstruosité dans la vitrine de mon titre.
Un costume était si curieusement taillé que le mannequin, apparemment de mensurations normales, semblait être devenu la statue de Scarron.
C’est quand j’ai vu combien la boutique comptait tirer de cette horreur que éclaté de rire et que m’est venu le titre de cette note.
Il m’est aussi venu à l’esprit que pour oser proposer de telles guenilles à un tel prix, il fallait non seulement être doté d’un culot d’acier et d’un fournisseur particulièrement laxiste sur les procédures de contrôle en fabrication mais aussi avoir la chance insigne d’avoir une clientèle aussi myope qu’aisée…
Comment ce quartier, si plein de boutiques de luxe dont aucune vitrine n’aurait osé, il y a seulement cinq ans, afficher un vêtement mal taillé a-t-il pu se laisser aller ainsi ?
Encore un petit effort et, grâce à la croissance qu’on nous promet depuis quelques décennies maintenant, le VIIIème arrondissement sera une copie de la Goutte d’Or…
08:02 | Commentaires (8)

