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samedi, 03 mai 2014

Pauvre cuisine...

Hier, Heure-Bleue a émis un souhait.
Elle en émet souvent, « Tu ne veux pas me laver les cheveux ? », « Mon PC rame, tu ne veux pas l’arranger ? », parfois elle va jusqu’à oser « c’est ton tour de changer l’enveloppe de couette ! » alors que c’est toujours mon tour.
Sauf quand j’ai envie de rire.
Hier, elle m’a surpris en réclamant « du steak haché avec des coquillettes ».
J’ai demandé quelques explications.
- Et comment tu le veux ?
- Revenu avec des oignons, le steak. 
- Et les coquillettes ?
- Ben… Cuites. Après tu les mets dans le steak et après tu mélanges.
- Où as-tu entendu parler de ça ?
- Je ne sais pas, c’est peut-être toi…
Il m’est revenu qu’à la maison, quand j’étais gamin, certains mois, environ onze mois par an, la fin du mois, arrivait plusieurs fois par mois, ma mère concoctait alors des choses de ce genre.
Elle envoyait une de mes sœurs ou moi, chez le boucher chercher de la « viande hachée », ce n’était pas de la viande pour animaux, non,  mais ne croyez pas que c’était du filet de bœuf…
Elle faisait cuire une louche de coquillettes qu’elle transformait en vingt minutes en honte pour la maison Rivoire et Carret. N’allez surtout pas croire qu’elle allait donner ses sous à des Italiens genre Panzani ou Barilla. Quand il y avait un bloc de colle à papier peint dans la gamelle, elle mettait une noix de margarine dans la poêle de tôle noire et faisait revenir la « viande hachée ». Elle y ajoutait un oignon émincé et quand la viande était, selon ses termes « décharpillée » et les oignons roux, c’était cuit.
Je  trouvais ça bon.
Que voulez vous, on avait faim. A ces âges là, on a toujours faim. Alors on trouve tout bon…
J’ai reconstruit la recette dans ma tête et m’y suis mis avec entrain.
J’ai pris du steak haché, un oignon, du beurre.
J’ai fait cuire les coquillettes. Cuire correctement. Puis j’ai fait cuire le steak , j’ai surveillé les pâtes pendant que les oignons friaient dans la poêle.
Quand tout fut prêt, j’ai fait le mélange adéquat.
Les produits étaient bien meilleurs. Il y avait eu aussi le soin apporté à la cuisson.
Heure-Bleue en a pris.
J’en ai pris.
Heure-Bleue en a repris.
Moi aussi.
Heure-Bleue a fini le plat.
J’ai regardé Heure-Bleue manger avec plaisir cette « cuisine de pauvre » en me disant bizarrement « quand même, de la cuisine de fin de mois en début de mois… »
Quant à moi, je pensais qu’il manquait quelque chose à ce plat.
Et puis j’ai compris.
Il ne manquait pas quelque chose.
Il y avait quelque chose en trop pour que ce soit aussi bon que quand j’étais gamin.
Quelque chose qui pèse.
Il y avait cinquante-cinq ans de trop dans la gamelle…

jeudi, 01 mai 2014

La cigarette des vrais tumeurs...

Pauvres vapoteurs.
La « cigarette électronique » est assaillie de toutes parts !

D’abord par les pouvoirs publics.
Ils lui reprochent ses maigres 20% de taxes, qu’ils comparent, avec des sanglots dans la loi de finances, aux 80% prélevés sur les cigarettes.
Je peux comprendre la déception de ces impécunieux perpétuels, éternellement à l’affut d’un moyen de récupérer des sous et sans cesse navrés que le contribuable trouve le moyen de ne les pas donner…
 
Ensuite par les plus craintifs acteurs de la santé publique.
Ces derniers craignent que les enfants, voyant les vapoteurs téter leur « e-cigarette » ne se précipitent illico sur un paquet de clopes. Eux sont carrément aveugles.
Malgré bien souvent un âge que seul le respect empêche de qualifier de canonique, ils n’ont pas encore saisi que les gamins font preuve d’une imagination débordante dès qu’il s’agit de faire des bêtises préjudiciables à leur santé. Il n’est qu’à voir les « soirées cartables » pour constater qu’ils sont tout à fait aptes à se défoncer sévèrement sans l’aide d’une « e-cigarette » quelconque et que les avertissements ne les retiennent pas plus que ça.

Puis par les plus intégristes des écologistes.
Ceux-là craignent de voir les vapeurs des « e-clopes » pourrir un environnement déjà largement salopé par des « écolo-carburants » qu’ils avaient appelés de leurs vœux et ne les émeuvent pas plus que ça bien que ça occupe des terres agricoles et pollue autant que la combustion du pétrole.
Mais bon, eux, on a l’habitude.

Aussi par des militants anti-tabac.
Braves cinglés pour qui, si tout se passait bien dans le meilleur de leur monde, il faudrait couper le pénis de tout mâle car sa forme, au mieux de sa forme justement, n’étant pas sans rappeler celle d’un cigare, est un appel à fumer. Que ce soit le « ninas » des uns ou le « Montecristo » des autres, tout cela a un parfum illégal de pipe…

Enfin par les inévitables moralistes qui sont prêts à interdire tout ce qui peut adoucir la condition humaine surtout si on peut en tirer un plaisir quelconque.
Pour ces derniers, l’idée même que la planète puisse être vue et ressentie comme autre chose qu’une géhenne particulièrement pénible de la naissance à la mort est insupportable depuis toujours.
Je dois avouer que tous me gonflent particulièrement…

mercredi, 30 avril 2014

Heure-Bleue vire adroite…

Les années passant, les choses changent, comme disent les politiciens, histoire de nous faire croire qu’ils ne sont pour rien dans nos misères.
Les draps surtout qui étaient changés plus souvent qu’à leur tour.
Oui, Heure-Bleue avait pris l’habitude de s’endormir en sursaut quand les vapeurs de Ricor la plongeaient dans le ravissement.
Ce qui n’allait pas sans dommage pour les draps qu’il fallait changer sur le champ…
Le matin, après avoir porté un petit déjeuner réclamé avec l’optimisme qui sied à celle qui pense être éveillée, il arrivait que je sois rappelé d’une voix angoissée par une Heure-Bleue réveillée brutalement par un bol de Rico absorbé, non par elle mais par les draps.
Seulement voilà, avec l’âge, à moins que ce ne soit avec la rareté des enveloppes de couette disponibles, Heure-Bleue est devenue plus adroite. La Rico prend le chemin prévu, sans ces détours gênants pour la literie et surtout la tranquillité de votre Goût adoré.
Bon, d’accord, changer seul une enveloppe de couette n’est pas l’épreuve du siècle.
Mais changer une enveloppe de couette trempée de Rico chaude alors que vous étiez en train de sombrer dans le premier sommeil, ça c’est une autre affaire.
Là, le vrai problème n’est même pas de changer cette p… d’enveloppe de couette de m… avec cette f… couette de remplacement à sortir du placard.
Non, le vrai problème, c’est de ne pas se précipiter à la cuisine pour s’y saisir de l’énorme couteau à rosbif pour transpercer le sein gauche de la lumière de vos jours en espérant qu’elle est fichue normalement.
C’est à dire avec le cœur placé justement sous ce sein gauche.
Puis, le cœur, le mien cette fois, ramené à ses 64 p/mn, un autre problème se pose.
Celui de ne pas éclater de rire en regardant la lumière de ses jours, trempée, affolée et gémissante.
Tous ces petits drames semblent faire désormais partie d’un passé révolu.
Il arrive encore, de temps à autre, une erreur d’azimut qui conduit Heure-Bleue à poser la tasse pile poil juste à côté de la table de nuit. Évidemment, sûre de ses capacités, elle n’attend pas la confirmation de la présence de la table de nuit et lâche de confiance la tasse.
Ce qui ne va pas sans dommages pour son bouquin, posé par terre à son chevet.
Mais même ça devient rare…
Alors, comme je sais qu’elle est de gauche tendance parfois féroce voilà quelque chose qui aurait plu à Heure-Bleue quand elle avait affaire à ses malfaisants…

mardi, 29 avril 2014

La presse peu pressée…

J’apprends ce matin avec stupeur que les greffiers sont en rogne par voie de grève depuis un mois.
Ce qui me remplit de stupeur ce n’est pas que les greffiers soient en grève, non, c’est que les journalistes, ce que j’ignorais jusqu’à présent, sont des intermittents du boulot.
Rendez-vous compte, lectrices chéries, que chaque jour apporte par leur voix des faits divers qu’on connaît en détail depuis trois jours car ils passent en boucle dès que vous ouvrez votre navigateur.
En revanche, un mouvement social qui met le doigt sur les inconvénients induits par une réforme « à la hache » de la justice ne semble pas intéresser ceux qui justifient tous leurs dérapages par « le public a le droit de savoir »…
A l’exception de son immatriculation, nous savons tout sur le scooter qui a permis au Président de la République de se livrer aux délices du « coup de canif » dans les draps d’une actrice.
Grâce à la merveilleuse rapidité des communications, nous savons qu’une touriste à partagé sa pizza avec Richard Gere, ce dont nous n’avons objectivement rien à cirer.
Mais que les actions engagées en justice n’avancent pas parce que les greffiers se sont mis en grève, ça nous ne l’apprenons qu’un mois plus tard.
Qu'une avalanche de fautes de français nous avertisse qu'un truand a été envoyé ad patres pour cause de concurrence féroce dans le commerce illicite nous garantit de longs développements à longueur de bulletins. Beaucoup moins longs que ceux qui vont s'étendre sur les départs en vacances et leur incidence sur l'économie hôtelière. 
Qu’un traité régissant les relations commerciales transatlantiques qui pourrait bien faire d’énormes dégâts en laissant aux entreprises le droit de battre en brèche des lois qui risquent d’obérer les profits attendus de leurs investissements ne tracasse pas trop nos journalistes non plus. Il faut qu’un opposant au traité TAFTA soit invité à la radio pour qu’on l’apprenne et que du coup on daigne enfin nous avertir que ce traité est en discussion depuis près de vingt ans.
Déjà, que des traités qui engagent deux continents se trament discrètement, soit. Que ce traité soit délibérément discuté sans que les citoyens de vingt-huit pays censément démocratiques ne sachent pas à quelle sauce ils vont être mangés est douteux.
Mais que les acteurs de la presse généraliste, si sourcilleux sur « le droit à l’information » se taisent pendant des années alors qu’ils nous abreuvent de faits divers sans intérêt est proprement scandaleux !
Heureusement que Closer nous avertira quart d’heure avant le lancer du premier missile que la guerre est déclarée…

lundi, 28 avril 2014

J’ai passé un dimanche serin.

En cage mais sans chanter…
Pour que je me sente bien, j’ai besoin de soleil, qu’il fasse beau.
Contrairement à Verlaine, le « doux bruit de la pluie, par terre et sur les toits » ne me transporte pas.
Surtout quand il faut aller chercher le pain…
Ce que je fais très souvent, Heure-Bleue n’étant en état de sortir, comprenez habillée, qu’à une heure où les restaurants songent à dresser les tables du dîner.
Le vrai, le repas du soir, pas le dîner des Suisses qui apparemment se couchent tôt puisque leur dîner se prend vers midi.
Comprenez moi bien, lectrices chéries. Il n’est pas question, à force de beau temps de voir notre pays transformé en désert sec comme un cœur d’huissier.
Non, non, non... C’est simplement que plus la température est clémente, plus j’ai le loisir de voir  autre chose que des nonnes.
Non que même très habillées, les femmes ne soient pas belles, Marlène Jobert dans « Le passager de la pluie » est tout à fait émouvante dans son imperméable blanc cassé.
Mais dans « Nous ne vieillirons pas ensemble » elle était si belle, émouvante aussi quand elle renvoie Jean Yanne à ses chères études…
Et pas qu'à cause de sa mini-jupe.
Bon, d’accord, encore une rousse aux yeux clairs me direz vous.
Que voulez vous, je suis comme ça. C’est comme les faux plis dans une chemise, quand ils sont trop vieux, on a beau les repasser, ils restent obstinément et se font remarquer à la première occasion.
Cette digression sans intérêt pour vous dire, lectrices chéries –j’ai abandonné l’idée d’avoir des lecteurs- qu’aujourd’hui encore il fait un temps de m… et que je commence à en avoir marre !