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jeudi, 13 novembre 2014

Le domaine des dieux…

Aujourd’hui je vais faire court.
En 2004, j’étais très occupé par des problèmes de télécommunications entre de petits automates indiscrets, du genre de ceux qui, quand vous passez devant vont piocher votre adresse, qui vous êtes et ce que vous faites dans une base de données située à des kilomètres et le site de cette base de données.
J’avais néanmoins été ébloui par le côté rêve d’enfant qui m’avait saisi quand j’avais appris qu’on lançait la sonde Rosetta et qu’elle allait parcourir des milliards de kilomètres.
Et pas pour aller se poser bêtement sur la Lune ou une planète comme Mars ou Vénus.
Non ! Pour aller se poser là sur quoi nos politiques tirent des plans depuis la première révolution de palais.
Une comète ! Oui, le but de ce voyage était une comète !
Dix ans ont passé et j’avais presqu’oublié qu’un engin fabriqué par l’homme allait atteindre enfin son but après une décennie de voyage dans un vide proche de celui du crâne de Mickael Vendetta et d’une température proche du QI du même.
Vous vous rendez compte, lectrices chéries ?
Cinquante cinq ans après que votre Goût adoré ait lâché un œil dans sa tentative de faire la même chose il a fallu que plusieurs pays s’allient pour parvenir à le faire.
Là où le voyage de votre serviteur s’était limité à deux ou trois kilomètres, Rosetta a parcouru sept milliards de kilomètres.
Là où il semble impossible à la Poste de trouver ma boîte à trois cents mètres de chez elle pour y poser un pli de vingt grammes, l’Agence spatiale européenne à déposé une cuisinière d’une centaine de kilos à cinq cents millions de kilomètres sur un astre grand comme le XXème arrondissement.
Évidemment, il a fallu que quelque chose rate.
Cette cuisinière, pompeusement appelée Philae, a évidemment atterri dans le bac à sable d’un square du quartier, compromettant la réussite de la mission.
Je suis néanmoins époustouflé par la performance scientifique réalisée, quasiment dans le même état qu’en juillet 1969 quand les Américains sont arrivés sur la Lune.
Pourtant, à l’époque, cette nuit là j’étais tiraillé entre deux tentations également passionnantes. Ce premier homme sur la Lune et une copine qui tenait absolument, à propos de lune justement… mais c’est une autre histoire.
J’en ai entendu rechigner à considérer le coût de cette mission en période de crise.
C’est seulement qu’ils ne savent pas compter.
Elle a coûté un milliard de dollars de l’époque, soit environ sept cents millions d’€uros.
Vous rendez vous compte, lectrices chéries, qu’après sept milliards de kilomètres de voyage, ça représente dix cents du kilomètre parcouru ?
 Rapprochez donc ça des cinquante €uros de livraison qu’on vous réclame pour livrer un frigo de quarante kilos qui se trouve à cinq kilomètres de chez vous…
Vous allez vous apercevoir avec stupeur que le kilomètre Terre-Tchourioumov-Guérassimenko est cent fois moins cher que le kilomètre Paris-Argenteuil...

mercredi, 12 novembre 2014

Une récré en enfer.

Ouaip ! Aujourd'hui, Arthur c'est moi.
Mab, qui ces temps-ci est ma muse, me rappelle une récréation catastrophique.
Vous vous rappelez sûrement, lectrices chéries, des conditions quasiment concentrationnaires dans lesquelles fut menée l’éducation de votre Goût adoré.
L’apprentissage de la survie en milieu hostile me conduisit, après quelques écarts qui me coûtèrent des week-end en prison, à acquérir un entraînement à la faux-culterie assez convaincant pour que les week-end passés chez les Frères ne soient dus qu’à des accrocs à la discipline.
J’avais laissé tomber les questions qui faisaient de moi, selon les termes de Mab, un « ergoteur » et un « mauvais esprit ». Si la bibliothèque de l’école était assez riche en ouvrages édifiants, elle était extrêmement pauvre en ouvrages capables de répondre aux questions que je me posais. Ce lundi, après avoir écrit la « pensée du jour » sur le tableau, avec les pleins et les déliés, tout ça,  le Frère qui devait nous enseigner la meilleure façon de gravir les durs chemins de la morale, demanda « qu’avez-vous lu dimanche, messieurs ? Tiens, justement, vous monsieur S. ! »
La semaine commença mal.
Ma grande sœur venait de terminer « Le livre de mon ami » et, innocent comme l’agneau qui vient de naître, avec un joli titre comme ça, l’œuvre ne pouvait m’être que profitable.
Si elle le fut plus tard, elle le fut moyennement sur le champ…
J’annonçai donc au Frère « j’ai commencé « Le livre de mon ami », d’Anatole France. »
J’eus l’impression que le Frère titubait sous un coup que je n’avais pas vu.
Un ange passa.
Il s’envola avec mon dimanche d’après.
Partant du principe que « Nul n’est censé ignorer la loi », il me punit pour avoir ignoré que, comme Pif le Chien et Vaillant, Anatole France était « à l’Index ».
Après avoir expliqué combien cet auteur mécréant était nocif pour nos jeunes âmes pures, le Frère continua.
J’oubliai rapidement la mésaventure, aidé par une tendance forte à la rêvasserie quand les cours m’ennuyaient.
Le Frère continua donc ses interrogations et la récré arriva enfin.
Mon caractère me portait à la moquerie mais pas à la détestation. Néanmoins ce jour là, je me pris à détester ma grand’ mère.
On entreprit, plus exactement les plus influençables, de m’apprendre qu’on ne lit pas des « écrits interdits par dieu » le dimanche ni les autres jours.
Ceux qui deviendraient plus tard, j’en suis sûr, des bigots moralisateurs, sans doute des hypocrites qui pécheraient avec autant d’entrain que moi, avaient décidé que je méritais une leçon.
J’avais beau ne pas reculer devant la castagne, je ne me sentais pas à l’aise ce jour là.
J’ai effectivement pris une volée malgré un entraînement soutenu.
Il se trouve qu’elle eût été moins sévère si ma grand’ mère n’avait pas tricoté mes chaussettes.
Elle faisait ça plutôt bien, avec quatre « aiguilles à deux pointes » et si j’admirais habituellement son habileté, je l’ai détestée ce lundi là.
Le problème résida, je l’ai su plus tard, dans la laine détricotée et retricotée mille fois, dans l’élastique de récupération qui ne retient que l’attention et dans la baisse de la vue grand-maternelle.
Avez-vous tenté une bagarre, lectrices chéries, en plein hiver et avec des godillots qui « avalent » des chaussettes que l’élastique ne tient pas ?
Je ne vous le conseille pas. C’est la raclée assurée.
Je le sais, je sens encore mon œil enfler…

mardi, 11 novembre 2014

Le Goût perd ses verres…

Je ne voudrais pas avoir l’air de dire mais…
Cette histoire de lave-vaisselle et de vaisselle semble mettre mes lectrices chéries en émoi.
Je ressens du coup une pointe d’envie envers Mab qui sait apparemment mieux que moi émouvoir les lectrices…
Et une pointe de désenchantement envers celles qui pensent que je ne sais pas faire d’omelette sans casser des verres.
J’étais prêt à entamer une plaidoirie à laisser coi maître Badinter.
Une plaidoirie propre à émouvoir la plus terre-à-terre de mes lectrices chéries.
Le stylo levé, plus exactement les doigts prêts à plonger sur un clavier qui n’en attendait moins de moi, les mots commençaient à affluer dans ma cervelle pas encore en cafouillon, décidés à se mettre en bon ordre pour susciter chez vous ce réflexe de compassion tant attendu.
Et c’est là que tout a dérapé.
Au lieu du discours qui vous aurait fait frissonner, peut-être même amené quelques larmes au bord des yeux, que m’est-il venu à l’esprit ?
Un souvenir des temps heureux où Heure-Bleue et moi étions jeunes et insouciants.
Un temps où pour être précis, j’étais jeune et insouciant.
Heure-Bleue était jeune aussi mais moins insouciante. Elle avait un Ours d’environ six ans à maintenir en bonne forme, ce qui n’est pas une mince affaire.
Tout allait pour le mieux. François Mitterrand serait élu dans quelque trois ans et il allait, disait il, nous changer la vie.
Notre vie allait effectivement changer mais pas comme prévu.
Nous allions devoir sous peu faire un réassortiment de vaisselle.
C’est vers cette époque que la lumière de mes jours a commencé à me menacer de me faire manger dans de la vaisselle en carton.
A y regarder de près mais surtout honnêtement, l’idée n’était pas idiote qui était soulevée après une bavure de votre serviteur.
Vous savez bien, lectrices chéries combien mon esprit est encombré, par les soucis, par les rêves, par les idées et plus souvent encore par les bêtises.
Ce midi là, alors que le week-end s’annonçait beau et agréable, nous venions de déjeuner, Heure-Bleue, l’Ours et moi, dans note cuisine fraîchement repeinte en couleur super « flashy » par le compagnon de feue la cousine d’Heure-Bleue.
Les couleurs, pour violentes qu’elle étaient avaient cessé de nous faire cligner des yeux ou soupirer de désespoir.
Le repas fut agréable, à peine arrosé car à cette époque nous buvions si peu que le samedi nous voyait vider dans l’évier la bouteille entamée le dimanche précédent.
La fin du repas arrivée, je fus invité à débarrasser la table.
J’ai empilé les assiettes, mis dans la pile de porcelaine les couverts et me suis retourné.
Emporté sans doute par une de ces brillantes remarques qui font mon charme, je ne prêtais pas autant attention que souhaité à ce que je faisais.
D’un geste auguste, j’ai jeté la vaisselle dans l’évier situé à plus d’un mètre et demi derrière mon siège.
La vaisselle s’accommoda assez mal d’un atterrissage brutal sur un évier de grès…
Heure-Bleue m’a sévèrement fait remarquer que c’était la seconde fois que je me livrais au lancer de vaisselle.
La première fois, c’était dans notre pigeonnier.
Mais c’est sa faute aussi. Si j’avais passé moins de temps à la regarder, ça ne serait pas arrivé.

lundi, 10 novembre 2014

Défonce passive.

Je me mets au coal pour vos beaux yeux.
Ouais… Je sais…
J’aime Mab.
Non, je mens.
J’aaa-doooo-re Mab !!!
Et pourquoi ça ?
La culture, lectrices chéries, la culture !
Mais non, pas celle de son jardin dont elle nous entretient longuement tout au long de l’année.
Jardin qui me fait craindre chaque fois qu’elle n’arrive trop tard chez le pharmacien pour sauver un doigt salement entaillé par son sécateur.
Non, pas cette culture là sorte d’agriculture à minuscule échelle.
Un genre d’« agriculture jouet » car Mab n’est pas très grande.
Non. L’autre culture, la Culture, « die Kultur ».
Les notes de Mab, mine de rien, plutôt mine de peu, me font, les jours où le climat s’y prête, penser aux films qu’on voit en fin de soirée sur Arte.
Mais si, ces films, que je dirais un peu « évanescents », où l’on regarde un arbre pousser sans trop savoir où ça va nous mener.
De ces films japonais en VO, sous-titrés en hébreu.. Le gosse dont on voit à peine remuer les lèvres sans que du téléviseur ne sorte d’autres sons que ceux du vent et du commentaire en voix-off en polonais.
Ces films dont le sens nous échappe au premier abord et dont, « au deuxième rabord » on pense qu’on n’y a rien compris.
Arrive évidemment le moment où on s’aperçoit qu’il n’y avait rien à comprendre.
Juste à lire et regarder.
Comme la visite d’une expo dans un de ces recoins de l’art qui nous est étranger.
Un peu comme Duchamp, vous voyez ?
Sauf que là, il s’agit d’un lave-vaisselle…
 

 

dimanche, 09 novembre 2014

Les jeunes filles, le garçon jeûne…

Un message de Livfourmi posant une question à propos de remise des prix m’amène à fournir quelques renseignements à celles qui sont allées en classe avec des garçons dès le primaire.
Autant dire des gamines.
Avant la loi Haby de 1975, la plupart des écoles et lycées étaient des « lycées de garçons » ou des « lycées de jeunes filles ».
Il n’y avait pas de « lycée des deux »…
Avant d’être des « jeunes filles », les filles n’étaient que des filles pour les « écoles de filles »

A peine la moitié des classes de lycée sera mixte en 1968…
Le lycée Lamartine ou le lycée Jules Ferry par exemple étaient des lycées de jeunes filles.
Je le sais bien, à la limite on connaissait mieux leurs abords que ceux du lycée Jacques Decour, « lycée de garçons »…
Si les propos que je rapporte dans la note ou je parle de distribution des prix font tiquer Livfourmi, c’est parce qu’elle ignore que le port du pantalon sera interdit aux filles dans l’enceinte de l’école ou du lycée jusqu’au milieu des années 60 et que le port du soutif n’y sera pas plus encouragé que le maquillage.
Oui, dans les « écoles de jeunes filles », selon les rêves de la directrice de l’école de ma grande sœur,  la « vraie jeune fille » était aux filles ce que la limande est au poisson-lune…
Le seul pantalon autorisé aux filles sera le « pantalon fuseau » et encore, porté sous une jupe, uniquement en hiver et par un froid rigoureux si ce n’est lié à l’arrivée de chutes de neige.
A propos de maquillage, Heure-Bleue, le jour où elle sera décidée, pourra vous conter une sombre histoire de démaquillage féroce dans les lavabos du lycée…
Non, Heure-Bleue n’a pas toujours été l’ange qu’elle était persuadée être.
Tout ça pour te dire Livfourmi, que même en 1958, la directrice de l’école de ma grande sœur n’ignorait pas que les plus vieilles de ses élèves, pour bien élevées qu’elles fussent, étaient attirées par « le soutien-gorge pigeonnant » et le maquillage.
Si je n’en savais rien moi-même, la directrice savait évidemment que ces « vraies jeunes filles » n’allaient pas se précipiter en foule dans un couvent la porte de l’école à peine franchie.
D’ailleurs, ma mère remarquait déjà que ma grande sœur ferait bien de se tenir à l’écart de certaines qui avaient « mauvais genre ».
Le genre « fille de la Porte de Clignancourt ».
A y réfléchir, je me demande si je n’aurais pas gagné du temps à connaître des « filles de la Porte de Clignancourt ».
Il y a des âges, comme ça, où on est pressé d’apprendre dans des domaines super intéressants mais où les grands vous mettent sans cesse des bâtons dans les roues…
Ouaip ! Voilà comment c’était.
Mais finalement,  c’est devenu un peu comme « La lettre volée » d’Edgar Poe.
On ne remarque plus ce qu’on a sous les yeux.
Alors que quand c’est caché ailleurs, ça laisse tellement plus de place à la surprise, la curiosité, la découverte…
J’en entends une penser d’ici « Tiens, le Goût vient de nous faire son numéro de vieux... »