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lundi, 06 septembre 2021

Comment passionner les foules avec une nouvelle sans intérêt...

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Vous ai-je dit, lectrices chéries que quand nous étions un jeune couple de trentenaires, la lumière de mes jours et moi avions connu un jeune couple de trentenaires mais d’ailleurs ?
Ils venaient de Pologne.
Elle était professeur d’anglais, il était avocat.
Ils venaient passer un moment en France.
Elle préparait des choses qui manquaient cruellement en Pologne, la Pologne de Henryk Jablonski.
Il faisait des travaux de Portugais dans des appartements français pour ramener un peu de l’argent qui manquait aussi cruellement en Pologne.
Il pensait aussi à des choses auxquelles ne pensait pas forcément son épouse.
Les lames de rasoir…
Il me faut vous dire que la description du rasage au moyen de lames « made in Polska » avait quelque chose d’effrayant pour le Français du début des « eighties » habitué aux produits de Mr Gillette, faits d’aciers de qualité, fabriqués avec soin et diffusés après un contrôle sévère de la qualité.
L’avocat, remisait alors ses truelles et ses pinceaux, allait au BHV et en ramenait des paquets de lames Gillette.
La professeuse d’anglais remplissait la valise de collants, de produits de maquillage et d’autres produits féminins bien plus doux et discrets que ceux disponibles en Pologne.
Ils arrivaient vacanciers, repartaient colporteurs…
Pourquoi je vous raconte ça ?
Eh bien parce que, partant pour quelques jours à Trouville, dans la trousse de toilette fut mis un rasoir jetable dont j’ignorais qu’il en restât un seul dans la maison.
Un de ces rasoirs achetés, il y a au moins deux ans, dans un « Carrouf » où c’était le seul type disponible du moment.
J’en avais utilisé un.
Après m’être arraché la figure le matin suivant l’achat, j’avait regardé l’emballage du rasoir.
Le sigle « Carrouf » apparaissait en gros, un examen plus attentif me permit de lire, écrit en petit, « Fabriqué en Pologne ».
J’ai remisé les lames, les ai oubliées, en ai acheté d’autres.
Jeudi matin, dans la chambre de l’hôtel, j’ai fait ma toilette.
Et, « Ô surprise ! » comme écrivent les théâtreux, je me suis arraché la figure comme l’ouvrier des chantiers de Gdansk de 1981.
J’ai regardé le rasoir.
Me suis rappelé qu’il était « fabriqué en Pologne ».
J’ai soudain compris le martyr du Polonais qui, non content de supporter Jablonski, puis Jaruzelski, avait dû se martyriser la figure chaque matin pour ressembler à un être humain.
Alors ce matin, lectrices chéries, je me dis que les « cost killers » de « Carrouf » ont réussi à obtenir un bon prix des stocks de rasoirs rescapés de l’effondrement du communisme et que les Polonais eux-mêmes n’arrivaient plus à vendre chez eux...
Vous pensiez bien que j’allais vous faire part illico de cette nouvelle retentissante !

samedi, 28 août 2021

Amis poètes, bonsoir...

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Chouette vendredi où nous avons accueilli Tornade avec qui nous partirons à Trouville pour quelques jours.
Nous sommes allés l’attendre dans un restaurant à Montparnasse.
Avec un autre de nos amis communs nous avons déjeuné dans ce restaurant vietnamien accueillant et aux plats délicieux.
Passionnant, non ?
Puis, nous sommes partis en chœur pour la promenade qui nous amènerait à Saint Germain Prés, là où « il n’y a plus d’après, plus d’après-midi, plus d’après-demain, il n’y a qu’aujourd’hui… »
C’est là que la lecture des murs m’a conforté dans l’idée que Paris sera toujours la ville des poètes…
Cette dédicace élégante, fut sans doute écrite par un gamin de quatorze ans pour qui, je parie que « la vieille » devait atteindre ses vingt-cinq ans dans l’année suivante.

Ah ! La délicatesse de l’invite !
Ah ! Tout cet amour promis, manifestement plein de l’entrain et de la vivacité de la jeunesse prête à la découverte de l’amour !
J’en ai été ému…
D’ailleurs, admirez la calligraphie de cette « Invitation au voyage »
« Volupté » peut-être, « Ordre et beauté, luxe, calme » c’est une autre affaire.
D’émotion, je me suis arrêté chez Nicolas pour acheter une bouteille de vin pour le dîner.
Nous sommes arrivés devant l’église Saint Germain des Prés.
La foule qui se pressait nous a dissuadés d’aller aux Deux Magots et au Café de Flore.
Le Bonaparte nous a accueillis, la matraque à la main.
Je peux vous renseigner, le budget consacré à deux boules de glace, deux cafés et un « café liégeois » suffirait à tirer l’Éthiopie de la misère pour trois ans…
Bref, ce fut vraiment une chouette journée.
Aujourd’hui nous allons traîner ailleurs, invités que nous sommes chez d’autres amis du XXème arrondissement.
Et il faut que je trouve des « supions », des poivrons, des tomates et des oignons ainsi que quelques épices pour préparer le plat de dimanche soir…
Juste avant de partir à Trouville.
Bref… On survit.

vendredi, 27 août 2021

Ben non...

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Pas de devoir...
On va partir quelques jours.
Navré.

 

jeudi, 26 août 2021

Un après-midi sans Heure-Bleue.

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Ça arrive deux ou trois fois par an.
C’est rare donc je vous le raconte...
Hier, je suis allé déjeuner avec un ami que je n’avais vu depuis cinq ans.
Comme un autre ami que je n’ai pas vu depuis un peu plus d’un an, celui-ci est un ami avec qui je ne suis pas d’accord.
Nous échangeons régulièrement des courriels et nous nous voyons rarement car il habite à l’autre bout du pays.
Il habite sur « La côte d’azur » ce veinard.
Nous ne sommes pas d’accord depuis que nous nous connaissons, c’est-à-dire plus de vingt ans.
Nous discutons donc depuis tout ce temps, au cours de déjeuners animés, suivis de cafés ou de diabolo pour moi et de « demi » pour lui.
Ces suites nous occupent le reste de l’après midi et nous repartons enchantés de notre journée.
Il arrive que je me rende à ses arguments.
Il arrive qu’il se rende aux miens.
C’est là qu’on s’aperçoit que la droite et la gauche, quand il s’agit de gens un peu raisonnables, ne sont pas forcément incompatibles et sont simplement deux des mille et une façons de voir le monde et la vie.
Nous ne la voyons pas de la même façon.
Et on en parle chaque fois.
Il est terriblement pragmatique.
Il me dit détaché des réalités.
Je le traite de « comptable ».
Il me traite « d’intello ».
Nous ne voyons pas la même chose dans une scène sur le trottoir qui borde la terrasse où nous buvons nos cafés.
Bref, nous ne sommes pas d’accord depuis toujours.
Mais c’est toujours avec plaisir que nous passons l’après-midi ensemble.
C'est l’intérêt de parler avec des gens un peu raisonnables, on peut n’être pas d'accord sans s'insulter ni se fâcher, chacun oppose ses arguments, tous sont discutés et défendus âprement.
Il est toujours agréable de constater qu’on peut être adversaire dans une joute sans être ennemis sans merci.
Ça ne change pas le monde et ça nous occupe...
Ce chien est plus grand et plus jeune que moi mais une chose me console : Il ne rajeunit pas.
Je l’ai connu blond.
Il a les cheveux tous blancs.
Il m’a connu très brun.
J’ai encore des cheveux bruns.
Moins, certes mais encore bruns même si des cheveux blancs arrivent.
Hélas, lui comme moi n’aurons jamais ces fameuses « tempes argentées » qui font tomber les filles à la renverse…
Nous en parlons aussi avec une once de regret dans le ton...

lundi, 23 août 2021

Devoir de Lakevio du Goût No 95

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Il s’en va.
Mais où ?
Pourquoi ?
Si vous avez une idée, faites en part lundi…

J’étais déjà passé trois fois la semaine dernière.
Je passais là depuis si longtemps, depuis tant d’années…
Toujours elle m’avait accueilli.
Toujours avec le même sourire.
Toujours avec le même regard.
Toujours elle m’avait ouvert les bras.
Toujours elle m’avait pris la main et emmené.
Trois fois j’étais passé.
Trois fois j’avais sonné.
Trois fois le silence m’avais répondu.
Pas un pas, pas une fois je n’avais entendu ce « C’est toi ? » chuchoté d’une voix douce derrière la porte.
Aujourd’hui je suis repassé.
Je ne repasserai plus jamais.
J’ai remercié la voisine.
Quand elle m’a entendu, la voisine a ouvert sa porte.
C’était une vieille dame à l’air gentil et un peu triste.
« Monsieur ? » Je me suis tourné vers elle, l’interrogeant du regard.
« Vous êtes le monsieur qui passait chez elle depuis longtemps n’est-ce pas ? »
Je me suis tu, une boule énorme dans la gorge…
J’ai fini par demander « Qu’est-il arrivé ? »
La vieille dame baissa les yeux, me posa la main sur le bras.
« Venez… » dit-elle, m’invitant à entrer chez elle.
Puis, les yeux brouillés, je descends pour la dernière fois les marches mal éclairées par une fenêtre donnant sur la rue étroite.
La voisine m'a raconté.
Maintenant je sais sur quelle tombe aller pleurer…