lundi, 06 décembre 2021
Devoir de Lakevio du Goût No 107
J’aime cette toile de Valloton dite « Intimité ».
Elle m’inspire des tas de choses.
J’espère qu’à vous aussi.
Ce qui serait vraiment bien c’est que votre histoire, car j’espère que ce sera une histoire, c’est qu’elle commençât par « Flotte très lentement couchée en ses longs voiles »
et qu’elle finît par « C’est qu’un matin d’avril ».
Je sais, c’est tiré de quelque chose de connu mais que j’espère, vous aimez autant que moi.
À lundi…
« Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles »…
C’est ce vers qui lui était venu à l’esprit en regardant Ophélie languissamment installée dans le fauteuil.
Il lui posa la main sur l’épaule et la serra légèrement pour qu’elle lui laissât un peu de place à côté d’elle.
Il aimait beaucoup l’idée qu’ils fussent serrés l’un contre l’autre dans ce fauteuil.
Elle se poussa sans attendre et l’attendit.
Ce fauteuil était étroit.
Vraiment très étroit…
Elle se leva alors et lui fit signe de prendre place dans le fauteuil.
Il s’exécuta avec un peu de regret puis, voyant la façon dont elle tenait le bord de sa robe, avec empressement.
Elle arrangea les plis de son vêtement, s’assit sur ses genoux et l’enlaça.
D’abord prudemment car lui aussi ne savait pas trop quelle posture adopter.
Puis avec plus de fougue quand elle entendit le « ssshhsss » qu’il eut du mal à retenir.
Elle avait manifestement posé son séant sur un endroit sensible…
Elle aimait bien l’idée que lui aussi fût si sensible de l’endroit.
Après quelque désordre, elle se dit que finalement, la sensibilité était une grande qualité par moment…
Elle se dit qu’elle avait bien eu raison de mettre en position délicate ce beau cavalier pâle qui bientôt se transformerait en un pauvre fou muet assis à ses genoux.
Lui, se remettant peu à peu de la tempête qu’il venait de vivre se dit que c’était le printemps, qu’après tout « c’est qu’un matin d’avril… »
09:20 | Commentaires (19)
vendredi, 03 décembre 2021
107ème devoir de Lakevio du Goût
J’aime cette toile de Valloton dite « Intimité ».
Elle m’inspire des tas de choses.
J’espère qu’à vous aussi.
Ce qui serait vraiment bien c’est que votre histoire, car j’espère que ce sera une histoire, c’est qu’elle commençât par « Flotte très lentement couchée en ses longs voiles » et qu’elle finît par « C’est qu’un matin d’avril ».
Je sais, c’est tiré de quelque chose de connu mais que j’espère, vous aimez autant que moi.
À lundi…
07:55 | Commentaires (7)
jeudi, 02 décembre 2021
Humour Noir…
Aujourd’hui est mon jour « politically incorrect ».
Hier on est allé à la mairie du XVIIIème.
Le but initial et officiel était pour moi d’accompagner la lumière de mes jours se faire injecter la troisième des probables deux-mille-huit-cent-seize doses de vaccin contre « le » ou « la » Covid-19.
Pour ma pomme personnelle, la mienne, en vieux chat gourmand de saletés, c’était de récupérer deux boîtes de chocolats offertes par la mairie du XVIIIème à ses administrés près de « lâcher la rampe ».
Ce dernier objectif fut le plus rapide et le plus aisé à atteindre.
Faire vacciner la femme de ma vie fut en revanche moins aisé.
Afin que les choses fussent exécutées dans l’ordre et la justice, un ticket était tendu à chacun pour qu’il pût s’asseoir et attendre l’appel de son numéro.
Les tickets étaient dans la série des trois cents.
Celui de la meilleure moitié de moi-même était 310.
Et c’est là que ça a commencé à dérailler…
La préposée à l’autorisation d’entrer dans « la salle des piqûres » a commencé à appeler « Trois-cent-deux ! »
Une dame s’est levée et est entrée dans la salle.
Puis « Trois !!! »
Personne n’a bougé.
Nouvel appel, crié cette fois « Zéro trois !!! »
De nouveau, personne ne bougea.
J’ai dit assez fort « Trois-cent-trois ! »
Une dame s’est levée et est entrée dans la salle…
À « zéro quatre » il m’a fallu recommencer.
La dame qui appelle est alors sortie dans le couloir et a harangué la foule en articulant fortement « zéro cinq !!! »
Les gens semblèrent alors avoir compris le mécanisme.
Il y eut une autre hésitation et la préposée à l’appel ressortit vivement.
C’était une jeune femme, une Africaine ou une Martiniquaise, de grande taille.
Elle toisa la foule de toute sa taille et avec l’autorité de la guichetière de l’Administration.
J’allais dire quelque chose.
La femme de ma vie a dû sentir qu’une énormité allait m’échapper car elle m’a dit « Tais-toi ! Tout le monde n’a pas le sens de l’humour… »
Plus tard, une fois piquée et après avoir patienté histoire d’être sûr qu’elle n’allait pas se rouler par terre en proie à un œdème de Quinck carabiné, elle m’a dit « Alors ? Qu’allais-tu dire ? »
L’air penaud j’ai avoué avoir ri sous cape à l’idée de dire « Franchement ! Non mais qui commande ? On se demande vraiment qui est le Blanc ici ! »
La lumière de mes jours m’a dit, la voix pleine de commisération « T’as vraiment le fond chiant… »
Alors que je sais bien que je ne suis pas raciste.
Le seul Noir que je déteste, à part feu Bokassa et Omar Bongo, est ce petit couillon qui vandalise les « Vélib pour venir embêter les gosses à la sortie du collège en face.
10:10 | Commentaires (5)
lundi, 29 novembre 2021
Devoir de Lakevio du Goût N° 106
Mais que diable fait cette barque vide au bord de l’eau ?
Au moins ça m’inspire…
Mais vous ?
J’espère que lundi vous aurez dit quelque chose sur cette embarcation mystérieuse.
La veille, le bruit nous avait réveillés en sursaut, celui d’un petit groupe qui marchait dans la nuit, parlant doucement, trop fort pour que ce soit un chuchotement.
Le bruit de pas sur la route, accompagné de celui d’une charge qu’on traînait, nous a inquiétés.
J’étais alors allé à la fenêtre, je l’avais ouverte et m’étais penché.
Des bribes de conversation dans une langue inconnue parsemée de mots d’anglais m’arrivèrent aux oreilles.
Ce n’était pas la première fois, je me suis alors tourné vers la femme qui partage ma vie et ai dit « Ce sont encore ces pauvres gens, ils tentent de partir « en face », tu verrais leur bateau… Une barcasse qui ne tiendra pas deux encâblures… »
Elle a tapoté l’oreiller pour me faire revenir et m’a dit « Ces malheureux vont encore payer pour des évènements et des décisions dans lesquels ils ne sont pour rien. C’est désespérant… »
Elle avait soupiré tristement et clos sur « Allez, reviens te coucher… »
Puis elle s’est rendormie.
Cette nuit, je ne sais pourquoi, je me suis réveillé.
Il était trop tôt pour me lever, trop tard pour me rendormir, ce moment où on est encore fatigué mais où dormir est impossible.
Alors je me suis levé précautionneusement, ai refermé la porte de la chambre, me suis rhabillé et suis parti vers la mer.
Elle était belle et beaucoup plus calme que la veille.
Je suis descendu vers la plage.
La barque que j’avais entendue, traînée sur la route par la petite troupe de malheureux, était là.
Échouée.
Apparemment vide.
J’ai regardé la plage et la mer.
Rien, seuls le bruit du ressac et la lumière chiche de la Lune meublaient la nuit.
Je me suis approché quand j’ai entendu un vague bruit venir de la barque.
Un vagissement plutôt.
Je me suis penché.
La barque était presque vide.
Presque, un bébé vaguement emmailloté d’un bout de couverture, agitait les mains en tétant dans le vide.
Qu’auriez-vous voulu que je fisse ?
Je l’ai ramassé et suis revenu à la maison.
Ma femme m’a accueilli en disant « Où étais-tu passé ? »
Je lui ai tendu le bébé :
- On a un bébé, c’est le seul survivant du groupe qui est passé la nuit dernière…
On s’est trouvé dans une triste situation.
Celle où on ne peut pas le garder car on n’a pas le droit.
Ce gosse me semble mal parti car si on le garde, les flics le prennent et si on le leur porte, ils vont le donner à la DASS et il finira encore plus mal.
Alors on a choisi de risquer la prison pour le délit « d’aide au séjour d’un immigré en situation irrégulière ».
On l’a gardé et on va l’élever.
On a juste à déménager…
09:22 | Commentaires (22)
dimanche, 28 novembre 2021
Un monde de voyeurs.
J’écoutais à l’instant les « informations » qui sortaient de mon petit paquet de composants électroniques.
J’entends parler de Covid-19, de migrants qui se noient, et de Joséphine Baker.
Et là je sursaute !
Qu’ouïs-je ?
Qu’entends-je ?
Que parvient à mes esgourdes ?
Qu’est-ce qui submerge mes portugaises déjà ensablées ?
Eh bien, j’apprends quelque chose que toute personne adulte est censée savoir.
Que Joséphine était une femme, une femme noire de surcroît, qu’elle avait adopté nombre d’enfants dont elle s’occupait avec tout le soin requis, qu’elle fut une résistante courageuse, une chanteuse de talent et…
Et ?
Et une chose dont personne n’a normalement rien à cirer, surtout qu’elle est morte depuis bientôt dix lustres.
Voilà ce qu’on hurle à la face des auditeurs : Joséphine Baker était « bisexuelle ».
Et là, je m’envoie mon café sur les cuisses !
Mais qu’est-ce qu’on peut bien avoir à faire de ce que Joséphine faisait dans son lit, comment et avec qui ?
Quelle andouille a trouvé un rapport quelconque entre ses galipettes privées et la raison pour laquelle elle sera admise au Panthéon ?
Mais qu’est devenu ce monde où le souci principal semble être non pas le sort de son voisin mais avec qui il couche ?
Je me demande si les « informations » dont on nous abreuve ne sont pas recueillies en furetant dans les buissons du Bois de Boulogne…
Je trouve absolument indigne de se mêler de ce que font les gens dans leur lit tant que les deux ou plus qui s’y agitent sont tous d’accord entre eux.
Et je trouve scandaleux de le divulguer sur les ondes.
J’ai de plus en plus le sentiment que, de même que le pouvoir tend vers l’abus de pouvoir, la presse tend vers la presse de caniveau…
D’ici qu’on découvre, avec stupeur quand même, que le président de la République a le zob vert fluo, qu’il s’en sert pour arroser son jardin et qu’on l’annonce par voie de presse, il n’y a pas loin.
Bref, on en sait bientôt plus sur ce qui se passe dans les sous-vêtements de ceux qui nous gouvernent que dans leurs cervelles où naissent des décisions qui nous concernent tous…
10:33 | Commentaires (8)






