lundi, 27 mai 2019
quand la cane va, la cane tond...
Trois canes dans un pré.
Les canes, ça cancanne...
Elles sont trois, ce sera donc le sujet à trois "personnages".
Ces trois canes ne m’inspirent pas.
Quelle idée as-tu eu, Maîtresse Lakevio, de nous donner un devoir sur trois canes qui cancanent ?
Tu devrais savoir car nous nous connaissons depuis… bien avant la retraite…
Tu devrais donc savoir que la seule chose qui me vient à l’esprit quand je vois des canes, ce sont les navets, les oranges, les magrets et les cous farcis !
Pour ce qui est de cancaner, point n’est besoin de canes, il suffit de tendre l’oreille où que l’on soit.
Un voyage en bus ou une visite à la première boulangerie venue vous dit des tas de choses dont vous n’avez cure sur des tas de gens qui vous ne connaissez pas.
Ah si ! Une chose a souvent frappé mes oreilles : Il est rare d’entendre dire du bien ou d’entendre un compliment sur quelqu’un.
Enfin, très souvent.
Je me rappelle avoir entendu dans le 95 une dame dire beaucoup de bien d’un jeune homme, bon élève et toujours prêt à rendre service.
Surpris, j’ai été plus attentif à ce qu’elle disait.
Après quelques phrases j’ai eu quelques précisions sur l’objet de son admiration.
Il s’agissait évidemment de son fils…
J’ai repris ma lecture, sachant que d’ici quelque temps, le même fils aurait commis un crime terrifiant à ses yeux : Il aimerait une femme.
Pire, il la lui préférerait…
C’est pour ça que j’aime prendre le bus, j’y entends des tas de choses.
Le plus gênant étant le smartphone car il me manque toujours la moitié de la conversation.
De plus, beaucoup semblent penser que le téléphone est un porte-voix.
Ça m’empêche de lire et là, les mots de l’autre interlocuteur manquent cruellement.
Au point que, quand je suis d’humeur taquine, je vais jusqu’à demander de mettre le haut-parleur.
C’est efficace, la conversation cesse assez rapidement.
Mais bon… Lakevio, ne sois pas fâchée, sachant les seules canes que je vois sont bêtement plumées et pâlichonnes sur les étals des volaillers, comment veux tu que je te parle de cancaner ?
Je n’entends cancaner que des gens.
Les seules bêtes censées cancaner, je ne les connais que dans un four, entourées de navets…
Tu m’as donc condamné au hors-sujet…
11:17 | Commentaires (12)
samedi, 25 mai 2019
La nuit des morts vivants...
Hier était un mauvais jour…
Hier j’ai mal dormi d’un sommeil rempli de rêves démoralisants.
Deux personnes y revenaient régulièrement.
Un collègue, mort de vieillesse depuis, à qui j’avais il y a au bas mot quarante ans, rendu visite à l’hôpital où il essayait de se sortir d’un crabe intestinal.
Un autre, de la même boîte, avec qui j’étais ami depuis 1973.
Il m’a téléphoné hier pour m’annoncer qu’il venait de passer deux semaines à l’hôpital pour un problème de polype intestinal.
Ce sont des choses qui arrivent…
Là où il m’a inquiété c’est quand il m’a dit « j’y retourne début juin, il paraît que j’en ai un autre à retirer… »
Tout serait passé aussi normalement que je le lui ai dit :
- Ouais, tu verras, tu vas encore emmerder le monde quelques décennies, t’es comme les poux, si on ne te tue pas tu ne meurs jamais…
- Bon, j’espère mais je ne suis pas sûr, le mec m’a dit « va peut-être falloir retirer un morceau ».
- Un morceau de quoi ?
- De mon boyau, je vais me retrouver avec une poche…
- Et ?
- Et ben je flippe ma race !
Du coup, je suis resté songeur jusqu’au coucher.
J’ai mal dormi d’un sommeil plein de ces deux là, un qui a mal fini et l’autre qui a peur de mal finir.
Alors je me suis levé gravement malade.
Mais si, vous savez bien, un de ces mauvais jours où vous n’avez pas mal dans le dos, non, c’est un cancer du poumon.
Hier était donc un de ces jours où j’avais des super maladies de partout.
La plus bénigne était un cancer du rein qui me reste.
Heure-Bleue m’a promené vers l’Opéra, emmené à la Fnac acheter un livre puis chez Lafayette Gourmet, histoire de me remonter le moral.
Ça a marché moyen.
J’ai préparé le dîner.
Ce qu’on avait acheté m’a consolé.
Un peu…
Il faisait très chaud alors Heure-Bleue s’est mise en tenue plus légère.
Elle a de très jolies jambes que les années n’entament pas.
J’y ai jeté un regard intéressé comme je le fais depuis toujours.
Enfin, toujours... Depuis 1971.
- Non mais tu rêves, là Minou !
- M’enfin ma Mine, tu ne ferais pas ça alors que je meurs ?
- Ben voyons…
- Tu me priverais même sur mon lit de mort ?
- Si c’est sur ton lit de mort, ça ne va pas te manquer…
La garce !
Moi qui comptais mourir en état d’épectase, je mourrai en état de manque...
On est trahi que par les siens, me reste qu’à rêver…
07:36 | Commentaires (11)
jeudi, 23 mai 2019
Le chat de la voisine...
Pivoine, une de mes lectrices chéries d’autant plus chérie qu’elle rit facilement à mes bêtises, posait une question « Comment s’appelle-il ? »
Elle parlait là du greffier fainéant au point de miauler devant l’ascenseur jusqu’à ce que quelqu’un veuille bien l’amener au troisième étage.
Ce chat, donc, est une chatte.
Avec un manque d’imagination désolant, elle fut appelée « Minouche ».
Histoire d’y ajouter un peu de parfum d’aventure, quelqu’un, on ne sait qui, transforma « Minouche » en « Minouchka ».
Peut-être quelqu’un qui venait de reposer « Michel Strogoff » s’il était jeune, « Les frères Karamazov » s’il était plus vieux.
Oui Pivoine, le greffier est une greffière qui s’appelle « Minouchka ».
Ça semble compliqué comme ça.
Ça l’est beaucoup moins que l’origine de ce chat roux très affectueux mais rancunier qui fut le nôtre jusqu’à notre départ en Israël.
Ce chat roux devint celui de l’Ours qui le garda longtemps, jusqu’à ce qu’un matin, nous revînmes, lui et moi, les yeux pleins de larmes de chez le vétérinaire mais sans le chat.
Pour en revenir à son nom, nous l’accueillîmes, tout juste sevré.
Ce greffier poil de carotte fut sur le champ « le rouquin » le temps de lui trouver un patronyme plus reluisant.
Comme tout rouquin, un nom de la légendaire Albion lui sembla d’entrée destiné.
On l’appela donc Arthur.
Arthur, au fil du temps, devint de mon côté « Tutur », voire « bagnole » de temps à autre .
Heure-Bleue, plus douée pour les diminutifs au premier abord l’appela « Arthurou » puis « Turou ».
Hélas, les années passant car Arthur vécut près de vingt ans, « Turou » devint « Pupuce » à force de vivre avec l’Ours.
Passant souvent chez l’Ours, « Pupuce », sous l’impulsion d’Heure-Bleue, devint évidemment « Puçou ».
« Arthur » naquit « le rouquin » et mourut « Puçou ».
Le nom de ce chat me fait irrésistiblement penser à « Jacques a dit » qui transforme n’importe quelle fable de La Fontaine en un roman d’espionnage du XXème siècle.
Je suis heureux de vous avoir fait part de cette histoire absolument sans intérêt mais que voulez vous, la discipline, c’est ça aussi…
11:31 | Commentaires (10)
mercredi, 22 mai 2019
Beaucoup de bruit pour rien...
Il était près de vingt-trois heures.
J’avais fermé les rideaux et je lisais.
Heure-Bleue avait éteint son ordinateur et prenait son livre.
Un bruit persistait, gênant si on n’aime pas lire au son d’une batterie.
Puis les rires et les chants sont arrivés.
Heure-Bleue et moi nous sommes dit « Nooon ! Pas un mardi ! »
J’ai ouvert la porte et j’ai été surpris malgré tout qu’un tel vacarme vint de l’immeuble.
Alors je suis descendu.
Arrivé au premier étage, une porte ne parvenait pas à arrêter le bruit.
J’ai sonné.
En vain…
J’ai tapé du poing sur la porte qui s’est ouverte sur une jeune femme absolument ravissante.
Si j’avais eu quarante ans de moins je lui aurais dit « J’étais descendu pour vous engueuler mais vous avez des yeux magnifiques, ça a cassé mon élan, si vous avez une minute je vais essayer de trouver une remarque spirituelle… »
Hélas, me croisant assez souvent dans la salle de bains, j’ai laissé tomber l’idée et me suis contenté de dire « Dites, vous avez une idée de l’heure ? »
La jeune femme s’est confondue en excuses et a dit « On va se calmer, je vous assure… »
J’ai cru bon d’ajouter « À vos âges, vous pouvez jouer à des tas de choses moins bruyantes… »
Elle m’a jeté un regard soupçonneux alors j’ai ajouté « Le scrabble, les échecs, la lecture… »
Alors elle a souri et m’a souhaité une bonne soirée.
Quand je suis arrivé à la maison il n’y avait plus de bruit alors la lumière de mes jours et moi avons pu reprendre notre lecture…
C’est juste parce qu’il faut bien que quelque chose se passe pour servir de support à mon exercice quotidien.
Heureusement, c’est comme cette vieille publicité des années soixante-dix « Il se passe toujours quelque chose » sauf que ce n’est plus « à la Samaritaine. »
08:19 | Commentaires (6)
mardi, 21 mai 2019
C'est arrivé près de chez nous...
Et même chez nous...
Hier, on a frappé à la porte de la maison après le dîner.
J’ai ouvert la porte.
Une bouffée d’éther a envahi l’entrée et mes narines.
Je l’ai regardée, une jeune femme l’air indécis était sur le palier.
Assez mignonne, une peau très blanche, avec une bouche amincie par un rouge à lèvres d’un rouge très vif, des cheveux raides châtains et des yeux clairs.
L’air un peu égaré, elle m’a demandé :
- Je suis au niveau -3 ?
- Euh… Non, ici c’est +3.
Là, je me suis dit « tiens, elle s’est fait un sucre… »
Oui, parce que ne pas s’apercevoir si un ascenseur monte ou descend, hein…
Elle a demandé :
- Et le chat ?
- C’est celui des rockers.
- Ah ? Il a pris l’ascenseur avec moi…
Elle avait la voix aussi peu assurée que le regard et la position.
J’ai dit :
- Oui, elle prend toujours l’ascenseur…
- Ah ? Pourquoi ?
- Parce qu’elle n’est pas assez forte pour ouvrir la porte…
- Ah bon…
Je me suis dit qu’il fallait quand même faire quelque chose.
- Vous allez au studio d’enregistrement ?
- Oui…
- Vous avez la clef ?
- Ouuuuiiii…
- Vous la mettez et vous appuyez sur « -3 ».
- Merci…
Un silence, un arrêt, puis :
- Et le chat ?
- Ne vous inquiétez pas, il sait, il attend ses maîtres.
- Bonsoir…
La lumière de mes jours a dit, depuis la salle de bains :
- Pfiouuu ! Ça sent l’éther !
- Oui, c’est une nana qui s’est « fait un sucre »…
Heureusement que nous ne faisons pas partie de ces non fumeurs toujours prompts à la fatwa qui enverraient au massicot les imprudents qui clopent en leur présence.
J’imagine cette fille adepte de l’éther, face à une de ces « récemment pures », de celles qui abandonnent le trottoir pour le « prie-Dieu » quand les années rendent les affaires aléatoires…
La pauvre… Elle aurait fini clouée à une porte de grange comme la première chouette berrichonne venue.
Cela dit, ça a chassé efficacement l’odeur du poulet que j’avais fait au gril pour la « salade César » du dîner…
10:30 | Commentaires (6)




