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lundi, 02 octobre 2017

Avec ces lignes j’ai fait des touches…

Oui Mab, je sais…

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Ça a débuté comme ça.
Je l’ai vu se pencher et examiner cette petite lampe dans la vitrine.
Tout ça ne m’aurait pas troublé outre mesure si je ne l’avait vu soudain hoqueter.
Je l’ai regardé un moment, penché, immobile, quasiment une statue.
Il a été encore une fois secoué et je me demandais par quoi quand j’ai vu étinceler un reflet sur sa joue.
Puis la larme a coulé lentement et rejoint sa bouche où elle s’est accrochée un instant aux poils de sa moustache avant de tomber à ses pieds.
La porte de la boutique s’est ouverte et l’antiquaire est sortie.
Elle lui a posé la main sur l’épaule et dit « je sais bien, c’est dur, mais il faut vivre Monsieur Fadeuil… »
Il a hoqueté de nouveau, faisant de son mieux pour  ne pas éclater en sanglots sur l’épaule de l’antiquaire.
Elle a insisté « Vos enfants ont pensé que c’était mieux pour vous de vous éviter d’avoir sans cesse votre femme à l’esprit chaque fois que vous regarderez autour de vous… »
Elle ajouta doucement « Du courage Monsieur Fadeuil, ce n’est qu’un mauvais moment à passer… »
Il s’est secoué pour chasser la main de l’antiquaire et a voulu s’éloigner.
Il a eu un nouveau sanglot et s’est effondré sur le trottoir.
Cette petite lampe de Gallé à l’abat-jour rouge qu’il lui avait offerte avait eu raison de lui.
L’antiquaire appela les secours, une voisine se précipita.
- Madame Polant ! Qu’est-il arrivé à  Mr Fadeuil ?
- Il n’a jamais surmonté la mort de son épouse, j’ai peur qu’il n’ait eu une attaque.
- Il n’a pas de famille ?
- Il a des enfants mais ils sont loin. Qui va s’occuper de ce pauvre homme ?
J’ai poursuivi mon chemin, triste pour ce pauvre homme.
Je connaîtrai la suite quelques jours plus tard :
En fait, Madame Polant déléguée par la famille avait seule suivi le corbillard…

jeudi, 28 septembre 2017

La coupe dévisse…

Le tri des jouets s’est passé exactement comme prévu : On garde quasiment tout !
Ce qui est vieux parce que c’est là depuis toujours et que « quand même Mamie, j’étais petite ! »
Ce qui sert habituellement parce que justement ça sert chaque fois qu’elles viennent.
Ce qui est nouveau parce que « Mamie, on joue avec c’est tout neuf ! »
Quelques uns ont échappé à une vague conservatrice qui ferait passer Chateaubriand pour un progressiste échevelé.
Ils ne seront pas jetés, ils seront vendus lors de la prochaine brocante où JJF a décidé de tenir un stand.
Je la connais, ce n’est pas tant pour remplir la tirelire de Merveille que pour récupérer des mètres carrés dans la chambre des filles…
Bon, en vrai c’est pour la Caisse de l’École.
Nous voici donc avec un peu plus de bordel dans la chambre qu’avant l’arrivée de Merveille et P’tite Sœur.
Une Merveille dont je dois vous dire deux mots.
Elle a décidé unilatéralement qu’elle n’était plus une enfant mais une « préado ».
Dans mon esprit c’était la même chose mais il semblerait que non…
On n’en est pas encore à « d’abord je n’ai pas demandé à naître » proposé par Heure-Bleue.
On n’en est pas encore à « mais vous ne pouvez pas comprendre, vous ne savez pas ce que c’est » que j’ai proposé.
Néanmoins, selon une information recueillie des vermeilles lèvres de la lumière de mes jours, quelque chose me dit que les portes qui claquent, les « ça ne vous est jamais arrivé ! », les « Pfff… Vous ne pouvez pas savoir… » et les « personne ne me comprend ! »  approchent à pas de loup chez Merveille.
La preuve, elle arrive à agacer sa mère.
Et ça, c’est un signe qui ne trompe pas…
Ah, au fait ! Les cartons sont arrivés.
Il faut s’y coller…

mercredi, 27 septembre 2017

Le Grand Pardon…

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Aujourd’hui je suis heureux !
Heure-Bleue m’a dit « Minou ! Tu es trop mignon ! C’est pour ça que je t’aime ! »
Bon, en fait il n’était pas tant question de déclaration d’amour que de surprise devant ma confiance perpétuelle dans le genre humain…
Comme elle m’aime, dit-elle, elle n’a pas dit « naïveté » mais « confiance dans le genre humain »…
J’aime quand elle dit qu’elle m’aime.
Bon, comme je l’aime, ça tombe super bien.
Il semblerait toutefois que le choix du déménageur ne soit pas des plus judicieux.
À moins que ce ne soit la période…
Certes, je ne crois pas au Père Noël, mais depuis que j’ai grandi je vote.
Ce qui dénote une certaine tendance à l’aveuglement…
Ce brave déménageur est arrivé mercredi dernier, plein de sourires et de promesses.
Depuis nous attendons les cartons…
Ce matin, la banque m’a prévenu que le chèque d’acompte avait été débité.
Hélas, la semaine dernière, sa semaine a été raccourcie par « Rosh hashana », d’où l’absence de cartons.
Je crains fort que celle-ci ne soit sévèrement amputée car ce vendredi commence « Kippour »…
Ce qui risque de nuire à l’arrivée des cartons.
Connaissant Heure-Bleue et sa promptitude à se jeter dans la bagarre, le déménageur devrait se méfier car il risque d’avoir besoin de sa « ‘hatima tova » avant l’heure…
Je le sens néanmoins assez mal parti pour avoir « une bonne signature » dans le grand livre de la vie, celui qu’ouvrira Adonaï le jour du Jugement Dernier.
Nous verrons bien.
Ce qui m’inquiète bien plus que « le déménageur de stricte observance », ce n’est pas ce que je devrais entendre pendant des mois à propos de 420 €uros jetés par la fenêtre et du choix d’un autre déménageur.
Non, ce qui m’inquiète c’est de devoir procéder à l’état des lieux d’un appartement encore habité et meublé alors que l’appartement devrait être vide et nettoyé depuis une semaine…

mardi, 26 septembre 2017

Retour aux sources…

Devinez, lectrices chéries !
Nous préparons notre vingt-deuxième déménagement !
Nous allons habiter à Paris, dans le quartier des sculpteurs.
Le nôtre est moins connu que Carpeaux ou Eugène Carrière.
Mais il mérite d’avoir une rue à son nom.

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Nous avons les clefs depuis hier.
Nous allons enfin rentrer chez nous.
Évidemment, c’est hier que nous avons appris du jeune homme qui nous a donné les clefs qu’il avait, il y a peu, loué un appartement équivalent pour le même prix.
Sauf que c’était rue Lamartine.
Sauf que j’aurais tué pour habiter ce coin.
Prudent, j’ai évité de rêver à haute voix d’un vingt-troisième déménagement.
Mais c’était juste histoire de n’être pas poignardé sur le champ avec le stylo qui m’avait servi à remplir et signer d’innombrables chèques…
Nous avons aussi appris, mais seulement après la signature des chèques, prestement escamotés par l’agent, qu’il y en avait aussi dans le quartier de la Madeleine.
Nous avons donc raté de peu ce qui nous aurait enchantés.
Mais comme nous sommes dotés d’un heureux caractère, nous sommes déjà très  satisfaits de notre nouvel appartement.
Et ce n’est pas donné à tout le monde…
Dans le 95, qui nous ramenait à Saint-Lazare vers notre –déjà ancien- appartement, nous avons contemplé avec plaisir les rues de notre nouveau chez nous.
Nous étions déjà arrivés.
Nous étions déjà contents de ces nouveaux arbres, de ces rues, de cette lumière magnifique malgré le temps nuageux.
C’était déjà bien et ce sera encore mieux.
Bon, on va manger un sandwich chez Lina's et on se met aux cartons...

lundi, 25 septembre 2017

 Tuileries...

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Que les Tuileries sont belles sous le soleil d’automne !
Il fait frais mais pour une fois, ça me va.
Rien que l’idée de traîner les pieds dans les feuilles mortes de l’allée de Diane me ravit.
Et puis, les Tuileries…
Toutes ces allées, mille fois arpentées, mille fois parcourues.
Toutes ces fois arpentées, le désespoir accroché à l’âme.
Toutes ces fois parcourues, l’allégresse accrochée à la gorge.
Quand vous vous sentez si malheureux que ça vous étrangle.
Que vous n’osez plus dire un mot de peur d’éclater en sanglots.
Quand vous vous sentez si heureux que ça vous serre la gorge.
Que vous ne pouvez plus dire un mot, de peur de dire une bêtise qui va tout gâcher.
Dans cette lumière d’automne qui dore les feuilles et les allées, me vient une question.
Pourquoi parle-t-on toujours du cœur alors que ce n’est jamais là que ça se passe ?
Plus j’y pense, plus je me demande pourquoi c’est toujours la gorge ou le ventre qui semblent être les seuls aptes à transformer les sentiments en sensations…
Et je ne le sais toujours pas.
Mais d’aussi loin que je me souvienne, ce fut toujours ce que j’ai ressenti.
Des fois c’était bien.
Des fois c’était douloureux.
Mais toujours à l’automne.
Toujours dans ces grands jardins que sont les Tuileries, le Jardin des Plantes ou le Sacré-Cœur.
C’est peut-être bien à cause des bancs ou des chaises…