mardi, 21 mars 2017
Ni vieux ni maître.
Hier on est allé tous les deux au Bon Marché, échanger le bouquin que la lumière de mes jours m’avait offert et que j’avais déjà en grand format.
Malgré la remarque d’une lectrice chérie, j’ai sacrifié quatre tickets pour me rendre au Bon Marché.
Je la rassure néanmoins.
Grâce à une gestion du temps précise, les deux tickets de l’aller nous ont amenés Porte de Champerret, puis le 92 jusqu’à la place Pereire, nous avons déjeuné chez Lina’s et les mêmes tickets nous ont amenés au Lutetia.
J’ai trouvé savoureux que cet hôtel magnifique qui avait servi de QG des services secrets allemands soit devenu la propriété d’un groupe israélien…
Avant d’échanger le livre, Heure-Bleue m’a emmené voir la fameuse « marinière à 690 € ».
Je dois avouer qu’elle est magnifique.
« Quand même, c’est un peu exagéré ! » a dit une dame.
Heure-Bleue a renchéri.
J’ai remarqué qu’on était moins volé à payer ce prix là dans un vêtement de cette qualité qu’en mettant 90 € dans un T-shirt payé 1 € à une usine bangladaise.
Nous voyant converser devant le portant de ces vêtements superbes, un homme s’est avancé.
- Avez-vous besoin de quelque chose ?
- Non merci.
A dit la lumière de mes jours.
- De rien, merci.
A dit la dame.
- D’argent.
Ai-je dit.
J’ai su que c’était un gros mot car il m’a jeté un mauvais regard et est parti.
Même son dos était plein de réprobation.
- Mais que tu es ch…!
A dit Heure-Bleue.
J’étais content.
Nous sommes allés boire un café au premier étage, c’est bien.
Le plafond de ma carte Visa étant proche, selon un mail de la banque, j’ai essayé de voir si on l’atteindrait cette fois ci avec quelques achats.
Eh bien non.
Je ne l’ai pas atteint.
La lumière de mes jours craignant de voir le funeste « paiement refusé » s’afficher sur le terminal, a été inquiète presque tout l’après-midi.
A part ça, on a passé une bonne journée.
On a dîné de la suite du sauté de veau à la crème et aux champignons que j’avais préparé dimanche.
C’est trop pour nous deux mais c’était bon.
09:48 | Commentaires (10)
lundi, 20 mars 2017
La comédie humaine…

- Salope ! Traînée !
- Mais Madame…
- Tais-toi !
- …
- Avec mon fils ! Tu as couché avec mon fils !
- Mais non Madame !
- Tu crois que je ne t’ai pas vu jouer ta mijaurée !
- Je n’ai…
- Tais toi ! Je sais que tu veux mettre la main sur l’héritage de la famille !
- Mais non, je vous jure !
- Ne jure pas ! Tu crois que je ne sais pas que tu couches avec mon fils ?
- Mais pas du tout madame !
- Je le sais ! Ne mens pas !
- Mais je ne couche pas avec votre fils, enfin !
- Menteuse !
- C’est avec votre mari !
- Deeeehooooors, putain !
Elle se défend, la vieille...
Bon, va falloir que je change de bled, il faut que j’en trouve rapidement un autre parce que je commence à me faner.
Dix-neuf ans, ça commence à être usagé pour agripper un vieux.
Plus ils ont de pognon, plus ils les veulent jeune.
Bizarre quand même qu’ils soient si vifs d’esprit quand ils pensent à des dollars ou des contrats et si bêtes quand ils pensent à des fesses ou des seins…
08:47 | Commentaires (14)
samedi, 18 mars 2017
L'homme de Cro-Mignon...
Hier, j’ai mis mon caban car le blizzard s’est de nouveau abattu sur mon coin avec des températures sibériennes, genre 14°C.
En mettant dans une poche la liste de courses, un petit quelque chose a glissé sous mes doigts.
J’ai ressorti un petit caillou.
Je l’ai parfaitement reconnu.
C’est le petit caillou que j’ai dégagé mercredi après-midi sur la demande pressante de P’tite Sœur.
Elle me l’avait donné.
Puis repris.
Elle l’a sans doute glissé dans ma poche quand on est arrivé à l’autre jardin.
Je sais que comme sa sœur et sa grand’ mère paternelle, elle a une mémoire infaillible pour les détails sans importance.
Le genre de mémoire qui, au hasard d’une phrase mal choisie vous fait jeter à la figure des bêtises que vous avez faites il y plus de trente ans…
Pour éviter des histoires avec P’tite Sœur, je l’ai donc dès le retour à la maison, posé à côté du même petit caillou mais donné par Merveille au square des Batignolles un matin de printemps de l’an de grâce 2010.
A côté de ceux donnés en 2011.
Sur le bord d’une des étagères de la bibliothèque, il y a côte à côte six petits cailloux ramassés par deux petites filles qui ont un jour fait un cadeau à leur papy.
07:35 | Commentaires (13)
vendredi, 17 mars 2017
C'est Saint Patrice, j’ai l’ire landaise…
Je sais, Mab, j’ai honte…
Mais aujourd’hui, c’est ma fête.
En plus ma cuisine est quasi neuve.
Je n’ose même pas faire cuire un œuf dur de peur de laisser sur la plaque une trace de tartre impossible à retirer sauf à laisser une rayure sur le verre encore impeccable.
Pareil pour le four.
J’y ai fait le week-end dernier, cuire un poulet.
Je me suis échiné, le four à peine froid, à chasser la moindre gouttelette susceptible de cuire et recuire et laisser ainsi un four quasi centenaire en trois poulet et deux gratins.
Tout est encore bien propre.
Mais pour combien de temps ?
La vie avec la lumière de mes jours est émaillée, depuis que je suis maître-queux, de réflexions sur les traces de thé qui ressortent sur un plan de travail mélaminé « comme le bon dieu a fait les bossus », à vue de nez.
Oui lectrices chéries, la mode est à « l’agglo mélaminé » plutôt que « formicaté ».
L’avantage ? C’est moins cher !
L’inconvénient ? C’est poreux.
Pour un plan de travail, c’est grave...
Une tache ?
Un coup d’éponge.
Dix minutes passées ?
Réapparition quasi magique de la tache.
La lumière de mes jours, qui avait vu la tache, repasse une demi-heure plus tard et la voit de nouveau. Alors :
- Minou ! T’es crade ! Tu aurais pu nettoyer la tache !
- Mais enfin, je l’ai nettoyée !
- Naaaan !!! Pfff… Vraiment…
Elle prend le produit qu’elle pense magique.
Frotte.
Refrotte.
L’appartement empeste le vinaigre, ça me rappelle le Boul’ Mich’ de mai 1968, ça pique les yeux et le nez.
- Regarde Minou ! Tu vois bien que ça s’en va ! Pfff…
Je ne dis rien, c’est comme la pièce « Patate », au moins trois mille représentations, toujours un succès.
Une heure après, Heure-Bleue repasse devant le plan de travail.
- Miiinoouuuu !!!!
- Ma Mine ?
- T’as refait une tache de thé !
- Je n’ai pas encore fait le thé…
- Alors t’as mal nettoyé la dernière fois.
Je ne dis pas que « la dernière fois » c’est justement qui fait que l’appartement empeste.
Comme c’est le même film depuis octobre 2014, je renonce.
Je viens de décider que jusqu’à notre prochain déménagement, les repas seront composés exclusivement de sandwiches au « jambon dégraissé découenné », une vraie m…, et d’un grand verre d’eau du robinet.
Nous ne boirons du café qu’au Bistrot Vivienne.
Nous ne boirons du vin qu’au restaurant.
Nous ne mangerons « d’entrecôte marchand de vin » - le truc qui tache bien- qu’au restaurant.
Tout comme le clafoutis aux cerises ou le fondant au chocolat.
Ne reste plus qu’à convaincre Heure-Bleue du bien-fondé de cette approche destinée à conserver une propreté clinique à un plan de travail mal foutu.
Bref, c’est le 17 mars.
C’est la Saint Patrice…

09:16 | Commentaires (14)
jeudi, 16 mars 2017
Tandis qu'elles, m’émerveillent…
La journée fut fatigante.
La matinée pour cause de démontage de meuble dit « meuble four » et montage du nouveau meuble dit « meuble four ».
L’après-midi pour cause de petites-filles.
Quand l’heure est arrivée d’aller chercher de quoi parfaire l’épuisement, j’ai laissé le four par terre au milieu de la cuisine et la table vitrocéramique en appui contre un meuble.
J’ai pensé naïvement « tiens, ça va me reposer de mon boulot de déménageur depuis deux jours… »
Je t’en foutrais, moi, du repos !
Je suis allé récupérer P’Tite Sœur à la maternelle.
Elle m’a d’abord montré son « cahier de réussite », avec un dessin très figuratif mais dont je ne sais toujours pas ce qu’il figurait.
Puis, tout le long du chemin qui mène à « la grande école » elle a causé, ri et dansé.
Rien qu’à la regarder j’avais déjà les genoux usés.
Mais où prend elle tous ces kWh ?
J’ai soupiré de soulagement en arrivant à l’école de Merveille.
Heure-Bleue et le père d’une autre enfant attendaient derrière la grille.
Je suis entré dans l’école et j’ai failli tomber à la renverse parce qu’en la prenant à la sortie de la classe elle m’a fait un bisou.
Un truc comme ça devant ses camarades de classe ne pouvait signifier qu’une chose :
J’étais à la fois bien peigné et j’étais habillé comme il lui plaît.
Cela dit, elle a illico commencé à faire la gueule…
Alors nous sommes tous partis « au Chinois d’à côté ».
Ça s’est un peu arrangé jusqu’à ce que nous allions au jardin près du restaurant.
Merveille a eu alors cet air, ce petit quelque chose qui fait qu’on comprend pourquoi il y a des enfants martyrs.
La lumière de mes jours l’a emmenée ailleurs chercher des sous au distributeur et ça a pris des heures.
Heures où j’ai dû servir d’esclave à P’Tite Sœur ravie d’être sans sa sœur.
Eh bien, c’est pareil que quand Merveille était petite : C’est la mine.
Elle ramasse les petits cailloux, les compte, me les montre.
Il m’a fallu me mettre à genoux pour décoincer un petit caillou entre deux planches.
J’ai réussi.
Elle me l’a donné.
Elle me l’a repris.
Heure-Bleue et Merveille sont revenues juste avant que je ne sois tenté de vendre P’Tite Sœur à un pédophile.
Merveille a « rechougné » nous sommes partis vers un autre jardin.
Merveille m’a alors raconté tous les malheurs qui frappent une petite fille de dix ans.
De sa mère qui l’inquiète, de son père qui l’énerve, de son petit camarade de cœur qui n’est pas là, de copine avec qui elle se fâche régulièrement, qui essaie de lui piquer son dessert ou son fromage.
Elle m’a très longuement parlé de sa copine, de ses reproches, de ce que la copine reproche à ses parents et à elle.
Je connais la copine, elle est très boulotte et je sais qu’elle envie un peu Merveille parce qu’elle la trouve belle et mince et qu’elle voudrait être comme elle.
La vie de petite fille de dix ans en 2017 n’est décidément pas plus facile que celle de petit garçon de dix ans en 1959…
10:10 | Commentaires (10)


