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lundi, 06 janvier 2014

Amor, amor..

Lectrices chéries, mes amours, je suis dans une mauvaise passe.
Et une mauvaise passe, c'est un peu comme une femme amoureuse.
S'il est aisé d'y entrer, on a du mal  à en sortir...
Oui lectrices chéries ! Je suis une victime expiatoire du mimétisme conjugal.
Au début du mois d’avril 2014, il y aura longtemps maintenant –elle ne veut pas que je parle d’années…-  que mon regard qui, à l’époque était d’onyx, a croisé le regard d’Heure-Bleue qui, à l’époque était d’émeraude.
Que croyez vous qu’au cours de ces nombreuses années il arriva ?
Que celle qui vient de murmurer dans le fond « des kilos ! » sorte immédiatement, avoir raison n’est pas suffisant !
Donc, disais-je, qu’arriva-t-il ?
Eh bien, alors que j’ai pourri la vie de ma moitié à coups d’aventures plus ou moins fumeuses, de déménagements foutraques, d’idées bizarres mais surtout, surtout en la faisant me plaindre –je ne vous connaissais pas encore- pour cette affection gravissime chez l’homme, plus en tout cas que chez la femme : Le rhume !
Eh bien, vengeance mesquine du destin, le rhume qui la terrasse aujourd’hui a sur elle l’effet qu’il a habituellement sur moi.
C’est dire si elle est chiante depuis ce matin…
Dès le premier raclement de gorge et le rappel d’un déjeuner récent, bien qu’elle n’eût pas cité de nom, j’avais cru déceler quelques réflexes de haine à l’attention de Liliplume.
Mais bon… Vous savez bien que je ne suis pas le genre à chercher des histoires, hein ?
Donc, pour en revenir à cette affaire de rhume, vous savez maintenant, lectrices chéries qu’Heure-Bleue enrhumée est au moins aussi emmerdante que le Goût dans le même état.
Mais moi c’est normal…
Qui c’est le chef ? Hmmm ?
Cela dit, je vais devoir désormais me charger de toutes les corvées pour la semaine qui vient.
Et m’écraser car une idée lui est venue, après avoir eu la même réaction à une réflexion d’un nul à ch… au journal de vingt heures.
Nous nous étions exclamés à l’unisson « Non mais quel c… ! » quand ce nul s’est étonné que des femmes puissent faire leur boulot même quand elles ont des enfants.
Du coup, il est venu à l’idée d’Heure-Bleue des trucs genre « Mais c’est pas possible, on peut pas vivre l’un sans l’autre ! »
J’ai acquiescé, mais prudemment…
Elle a insisté, disant :
-  Mais si ! Je ne pourrais pas vivre sans toi ! Il faut que nous mourions ensemble ! Absolument ! Comme le couple du Lutetia !
- Oui mais…
- Si si Minou ! Ensemble !!
- Il va y avoir un problème…
- Quoi ? A-t-elle dit, inquiète d’un coup et surtout prête au combat.
- Si tu meurs la première et que je n’ai pas envie de te suivre, enfin, pas tout de suite, il y a toutes ces histoires de repassage, tout ça, dont je ne saurai me dépêtrer…
Là, notre amour a pris du plomb dans l’aile.
Une attirance qui avait tenu plus de… Bref,  longtemps, a craqué.
Et pourquoi ?
Pour ne pas repasser mes caleçons.
Vraiment, l’amour quand on y regarde de près, c’est très surfait…

dimanche, 05 janvier 2014

Le pays bas, c’est les dames ou les échecs ?

Le pays bas, c’est les dames ou les échecs ?
Maintenant que je suis (à peu près) réveillé, je vais enfin pouvoir faire part aux foules avides d'avoir de mes nouvelles, de ce qui m'use les oreilles depuis quelque temps.
Oui, malgré l'Epiphanie, on dirait bien que c'est la galette qui va manquer le plus...
Il ne pouvait venir qu’à un esprit « formaté HEC », c'est-à-dire acquis à tout sauf l’intérêt général que la seule politique à appliquer était la « politique de l’offre ».
Sous le prétexte qui ne s’est jamais vérifié que « la production fait la demande de produit » et donc ne pouvait que créer de l’emploi.
Cette méthode qui a enrichi les traders et les banquiers depuis Reagan n’a concouru aux dernières nouvelles qu’à remplir les guichets de Pôle Emploi.
Même si la « politique de la demande » initiée par Keynes s’est essoufflée, elle a permis de vérifier que pour embaucher, les entreprises n’ont pas besoin d’argent mais de commandes et de clients.
Evidemment qu’elles accepteront tous les sous qu’on leur proposera ! Mais elles n’embaucheront pas pour autant, faute de clients solvables.
Je suis effondré de voir  les « Reaganomics » appliqués férocement par un gouvernement socialiste alors que les USA pratiquent un « keynésianisme » à peine déguisé.
Déjà que sous prétexte de « réduire la précarité de « l'emploi des jeunes », il a été rendu inexistant selon la logique imparable sortie d’un cerveau d’Enarque : Pas d’emploi donc pas de précarité d’emploi !
On ne parle pas de l’emploi des pas jeunes puisqu’à partir de moins de cinquante ans, vous êtes trop vieux…
Restait le problème de l’emploi des moins jeunes : Il est toujours trop cher.
Le CDI est donc devenu un frein à l’emploi, selon nozélites écoutant un patronat qui prétend continuellement que « si on avait le droit de virer –qu’il a- on créerait des emplois ». Depuis 1980 on a pu constater exactement l’inverse….
Ça me rappelle un temps où, pour nos gouvernants, il s'agissait d'abreuver de subventions des agriculteurs qui avaient la chance d'être surreprésentés à l'Assemblée.
Aujourd'hui, une autre classe tout aussi minoritaire est l'objet de toutes les attentions et grâce à un lobbysme effréné est en état de surreprésentation. Le cas rêvé, celui du pouvoir réel mais sans comptes à rendre aux électeurs.
Ceux de cette classe obtiennent des diminutions de « charges », acceptent toutes les aides destinées à diminuer le chômage et prennent toutes les subventions proposées.
Avec nos sous, ils financent les délocalisations car ils se sont aperçus que l’esclavage sera toujours moins cher que le salariat...
Alors avant les élections municipales, histoire de rappeler que le pays n'est pas constitué que de requins sachant naviguer entre les aides, les subventions et les diminutions de charges, je trouverais assez normal qu’une manifestation soit organisée.
J’adorerais voir le réveil en sursaut de ceux dont Beaumarchais disait « vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus. »
Nous devrions pouvoir leur montrer que si cinq mille manifestants ne dérangent que les manifestants, cinq millions de manifestants signaleraient efficacement que les manifestants sont aussi des électeurs...
Et que les élections ne sont jamais qu’en mars 2014.
Donc pas très loin…

samedi, 04 janvier 2014

Des chaussons aux paumes...

De tous les personnages qui meublaient le voisinage de mon enfance, deux ou trois restent gravés dans ma mémoire.
Un type notamment, un nommé Maillot.
C’était un suppôt actif de la classe ouvrière.
Non qu’il travaillât beaucoup mais il manifestait souvent. Il tirait parti d’une ressemblance frappante avec le général de Gaulle au point que les agents en pèlerine ne l’interpellaient que quand il ne pouvait plus marcher.
En fait quand ils devaient le ramasser dans le caniveau.
Il était si souvent à quatre pattes que les jeunes gens du coin lui conseillaient de se mettre des chaussures aux mains…
Les jours de grande forme, il arpentait le début de la rue Championnet. Il titubait de « l’Ecole de Jeunes Garcons » qui jouxtait « L’Ecole de Jeunes Filles » jusqu’à la place Albert Khan en hurlant « De Gaulle au poteau ! De Gaulle au poteau ! ». Il était grand, comme son célèbre sosie, affublé du même appendice Cyranobergeracien et d’une grande gueule qui réveillait le quartier dès potron-minet car il avait la cuite matutinale.
Quand il avait le petit déjeuner mauvais, il descendait de chez lui et arpentait la rue en zigzagant et en hurlant un mécontentement  qu’il attribuait immanquablement à « Mon Général » et à sa politique en Afrique du Nord.
A croire que tous ceux –dont ma mère- qui trouvaient qu’il y avait trop d’Algériens dans le quartier finançaient son vin à la tireuse.
Ce « vin à la tireuse » était la boisson commune des gens du quartier car le « vin en bouteille » était réservé aux jours de cérémonie ou aux réceptions d’amis ou de la famille.
Pour en revenir à Maillot, j’avais une douzaine d’années quand, en revenant du lycée, j’appris la nouvelle.
« Maillot a dévissé ! »
Une voisine de ma mère, « Française de souche » comme on dit aujourd’hui au FN, malgré tout fâchée avec certaines locutions de sa langue maternelle, particulièrement « se rendre compte », lui asséna ce jour-là « Non mais vous vous rencontrez, madame S. ? Maillot est mort ! »
Oui, à l’époque, on ne nous quittait pas, on ne disparaissait pas, on mourait, tout bêtement. Ma mère, pragmatique, maugréa « il est tombé, la tête sur le bord du trottoir ? »
Madame M. la renseigna, ce qui n’était pas si aisé car Maillot avait à peu près trois résidences. Souvent le commissariat du XVIIIème, parfois les urgences de l’Hôpital Bichat et plus normalement un des nombreux galetas du quartier. Il n’en sortait que pour boire et hurler après le monde.
Madame M. s’étendit un peu plus sur les circonstances de la fin de Maillot.
Il était paraît-il tombé dans l’escalier en sortant de chez lui. Ma mère, craignant le fait divers horrible, me mit la laitière dans les mains et m’envoya sur le champ chercher le lait à « La Laiterie Parisienne ».
C’est là que j’appris les circonstances de la mort de Maillot.
Son voisin, à qui une cliente venait de dire « Il a fini par mourir de trop boire ! » a pris sa défense.
« Ah mais non Médèèèème –il parlait « précieux » aux dames mariées - il est tombé dans l’escalier en s’enfuyant pour échapper aux pieuvres qu’il y avait chez lui ! C’était pas la première fois qu’il y en avait ! »
Et l’autre de répondre « Bref, il était encore bourré et il s’est cassé la gueule… »

Exit Maillot…

vendredi, 03 janvier 2014

L'employé de bourreau

Hier, nous sommes allés à Paris.
Oui, je sais, lectrices chéries, ne hurlez pas  « encore ??? »
Nous avions dans l’idée d’aller déjeuner au restaurant et d’emmener Tornade au musée Carnavalet où l’expo « Roman d’une garde robe » qu’elle tenait à voir se tenait encore.
Pour éviter de mourir juste à l’entrée d’un restaurant car Tornade marche d’un bon pas –genre Paris-Strasbourg à pied – Heure-Bleue et moi avons traînassé, la laissant prendre de l’avance.
Notre système est assez au point : Tornade avance, s’arrête devant une vitrine cinq cents mètres plus loin et nous la rejoignons.
Parfois ça se corse, elle dépasse de trois pâtés de maisons notre destination et se perd…
Mais nous flânons avec plaisir devant des vitrines parfois surprenantes.
J’en ai repéré une rue du Temple absolument stupéfiante de vulgarité.
J’ai même failli écrire « stupé fiente » tellement c’était merdique.
Il ne manquait pas une seule faute de goût. Tout était à ch…, d'un mauvais goût très sûr...
Puis nous avons continué à avancer.
Mes deux comparses se sont arrêtées devant une boutique de fringues.
- Oh regarde ! A dit l’une.
- Ouaiiis c’est « vintage » ! A dit l’autre.
C’est quand j’ai dit « ouais, la vendeuse aussi est vintage… » qu’on m’a regardé de travers.
J’avais oublié que je ne me baladais pas avec des gamines, quoi qu’on pût penser de leur comportement.
Nous sommes finalement arrivés au BHV.
Avant de nous y rendre, Heure-Bleue, de faible contenance vésicale, a tenté d’aller aux toilettes.
J’ai atteint quant à moi, mon but sans problème tandis que pour les dames, ce fut dantesque.
Heure-Bleue a laissé tomber et nous sommes allés déjeuner.
Je me suis alors lancé dans des spéculations et me suis dit pifométriquement  que bien qu’il y ait, dans le BHV, quatre femmes pour un homme et que les femmes semblent pisser quatre fois plus souvent que les hommes, il y avait quelque chose de pourri au royaume du shopping.
Je me suis mis à supputer, comme toujours, m’évadant de ce monde cruel en rêvassant à des problèmes de toilettes et cherchant le pourquoi d’une file d'attente trois fois plus longue qu’habituellement.
Après le repas Heure-Bleue à retenté d’accéder aux toilettes.
Et nous avons eu l’explication, nettement moins poétique que celles imaginées par votre serviteur : Plus de la moitié des cabines étaient hors service…
Bon, d’accord, ce n’est pas passionnant mais ça m’a occupé pendant que Tornade et Heure-Bleue se chamaillaient à propos de sashimi, de yakitori et autres japoniaiseries.
Rien donc de bien marquant.
Du moins jusqu’à ce que, revenant du musée, je m’arrête à la boutique d’un caviste pour acheter du vin.
J’ai attendu qu’une dame, en pleine discussion, avec son secrétaire disait-elle, ait fini de négocier le vin qu’ils prendraient pour la soirée.
Elle aussi était « vintage »…
Et elle regardait son « secrétaire » d’une façon qui m’a incliné à penser que plutôt qu’un secrétaire, c’était un bonheur du jour…

mercredi, 01 janvier 2014

Blood, sweat and tears...

Je n’ai pas écouté le « président de tous les Français » hier soir.
Surtout que j’apprécie assez peu qu’il soit avant tout le président de « tous les Français qui ne manquent de rien ». Français qui répugnent par conséquent à verser la contribution correspondante au Trésor Public.
J’avais une idée de ce qu’il allait nous raconter et comme le précédent nous avait déjà dit la même chose le 31 décembre 2011 je n’ai pas jugé utile de conforter les présidents dans leur habitude de radoter.
Cela dit, avant de passer à autre chose, l’allocution, pour courte qu’elle fut, m’a laissé entendre des nouvelles peu réjouissantes.
J’ai pensé un moment que j'aurais aimé que le pouvoir mît autant d'ardeur à récupérer les sommes résultant de l'évasion et de la fraude fiscales qu'il en met à grappiller cet argent dans la poche des moins bien lotis.

J’ai aussi pensé que les sommes de cette évasion nous sont ensuite prêtées et concourent à augmenter notre dette alors qu'elles devraient en réalité concourir à la diminuer.
J’ai surtout pensé que ça semble échapper à cet homme pourtant allé à l’école pour de longues études. Notamment dans le domaine économique…
Du coup je me suis demandé qui nous gouverne.
J’ai d’abord pensé au MEDEF.
Puis, comme j’ai lu il y a quelque temps que la majeure partie des patrons de France, ceux qui font bosser les Français, sont traités par les grosses boîtes comme eux-mêmes traitent leurs smicards, je me suis dit que non, c’est pas le MEDEF.
Alors j’ai pensé aux banques.
Puis, après avoir lu des trucs là-dessus, j’ai vu que non. Bon, les banques se font un blé monstre dont la moitié provient de toutes les petites merdouilles qu’elles nous facturent rien que pour risquer nos sous sur les marchés spéculatifs. Mais finalement, elles ne nous gouvernent pas, juste elles nous piquent des sous indûment. Ben oui parce que nous appliquer un taux de 16% sur le découvert autorisé, de l’argent que la BCE leur a prêté à 0.25%  me paraît une pratique d’usurier.
Du coup je me suis dit que c’était « la Bourse ».
Et puis, en y regardant d’un peu plus près,  j’ai vu que non, enfin plutôt de façon indirecte, un effet secondaire en quelque sorte.
J’en suis arrivé à la conclusion que celui qui nous gouverne, c’est plutôt l’actionnaire.
Il a bien changé l’actionnaire en moins de quarante ans.
Avant, s’il ne connaissait rien, il faisait confiance à son banquier, lequel se servait grassement sur les plus values et laissait un peu de sous à son client, ravi du moment que c’était plus que le livret A.
Puis, les banques et les actionnaires avertis se sont avisé que spéculer sur la capitalisation des entreprises était hyper rentable.
Pas forcément pour les entreprises parce que qui peut croire que des sous qui sont entrés et sortis du capital de l’entreprise quatre ou cinq fois dans la journée lui ont permis d’investir, hein ?
Du coup, à s’amuser comme ça, les actionnaires ont acquis un poids délirant dans la marche des entreprises.
Ils se sont mis à en choisir les dirigeants, puis à dépecer les entreprises, puis à force, se sont aperçus que le chantage à l’emploi augmentait vachement la rentabilité de leurs placements.
Au point que l’annonce de plans de licenciement suffit à augmenter les dividendes proportionnellement au nombre de gens virés.
Et ça fait grimper la Bourse et donne au président des idées sur la façon de diminuer les dépenses publiques.
Ce qu’il nous a promis hier soir...