jeudi, 27 septembre 2012
Ma creve familiere...
J’ai fait cette nuit un reve etrange et penetrant.
Mais non, pas d‘une femme inconnue et que j’aime et qui m’aime.
Et qui a chaque fois doit meme etre la meme et surtout pas une autre.
Sinon Heure-Bleue m’etripe…
Non, en fait je vais faire comme Heure-Bleue qui adore se plaindre car je me trouve dans une situation que connaissent quasiment tous les epoux a un moment ou un autre.
Meme Mab, qui m’a vu dans cet etat a fait semblant de compatir, c’est dire l’importance de la pathologie qui me frappe.
Aujourd’hui, lectrices cheries,
je veux qu’on me plaigne !
Je veux que vous vous penchiez avec attention, compassion, douleur et si possible affection, voire amour sur ce pauvre petit etre qu’est un homme gravement atteint dans ce qu’il a de plus cher au monde : son sommeil.
En deux mots, votre scribe prefere a un rhume !
Ce n’est pas etonnant dans un pays ou la pluie surprend quelques heures par an. Par son absence…
D’ailleurs, c’est surement tres grave puisqu’aujourd’hui la Tornade a prevu de nous faire visiter un cimetiere.
Preparez votre voyage, lectrices cheries.
J’adore l’idee de me voir accompagner a ma derniere demeure par un long, tres long, cortege de pleureuses.
Le plus tard possible tout de meme, mais vous pouvez m'accompagner des maintenant, du moins si Heure-Bleue regarde ailleurs…
PS : Comme prevu, il fait un temps de m…
09:18 | Commentaires (13)
lundi, 24 septembre 2012
Soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
Depuis hier, j’ai l’impression que mes pieds ont perdu environ trois centimetres d’epaisseur rien qu’a arpenter les kilometres de couloirs de Hampton Court.
Aujourd’hui c’est relache. Nous nous contenterons de prendre le bus pour aller chez “Wait Rose” et ramener de quoi manger correctement. Les rayons du Lidl d'ici sont a peu pres aussi enthousiasmants que ceux qu’on trouve at home…
Heure-Bleue et Tornade m’epuisent. En plus je suis quasiment interdit de badinage alors que c’est le seul sport que je pratique de bonne grace.
A Hampton Court il y a quelque chose que je trouve tres agreable, c’est de croiser des gens habilles comme on l’etait au XVIeme siecle. Vous allez voir comment sont mes deux commensales.
Comme beaucoup de visiteurs, j’ai voulu –et reussi a- photographier une dame assez mignonne en ses habits “henrihuitesques”.
La chose faite, la dame s’enquiert “is it OK ?”. Votre serviteur, emporte par un élan comprehensible lui repond “don’t worry, miss,you look prettier than Ann Boleyn !”. L’une m’a gentiment souri. La Tornade m’a traite de faux-cul et Heure-Bleue m’a jete un regard assassin en me traitant de “vieux mastic”.
Voila, lectrices cheries comment on me traite au pays de Barbe-Bleue…
PS: Je hais ces claviers non accentues.
Mais bon, ca permettra a Mab de se venger...
10:51 | Commentaires (10)
mardi, 18 septembre 2012
Bye bye...
Eh bien mes chéries, c'est le cœur dévasté que je vous abandonne pour une dizaine de jours.
Nous allons à London, London, pêcher les petits poissons (Copyright Petula Clark).
Sachez néanmoins que je penserai à vous tous les jours.
Aux retraitées, malmenées par un mari qui exigera des frichtis variés tous les jours.
Aux travailleuses, que je supplie de continuer à s'échiner pour cotiser grassement afin de maintenir le niveau de ma retraite.
Je penserai tous les jours à toutes celles qui me font l'honneur et surtout le plaisir de lire mes écrits.
Je penserai à vous dès le réveil, en allant chercher du lait chez « Sainsbury », puis changeant d'avis et me contentant de prendre un journal chez WH Smith et me décidant à traîner Heure-Bleue chez « Purple » pour prendre le petit déjeuner.
Une Heure-Bleue du matin, chagrin, qui trouve toujours que les matelas sont vraiment collants quand elle est dessus.
Je penserai à vous dès que je passerai devant chez Harrods.
Je penserai à vous en buvant un thé chez Fortnum & Mason.
Et surtout je penserai à vous en voyant que London, qui était si dépaysant il y a trente ou quarante ans est devenu si ordinaire.
D'ailleurs je pense déjà à vous, rien que d'y penser...
Heureusement, il reste David Cameron et consorts pour nous faire prendre conscience qu’il reste des gens assez bien nés et fortunés.
Et surtout convaincus que dispenser le mépris libéralement sur ceux qui les nourrissent de leur travail est dans l’ordre des choses.
J'aurai sûrement plein de méchancetés à vous raconter au retour…
16:40 | Commentaires (19)
lundi, 17 septembre 2012
Promenade
Les gens de la boîte sont très gentils. Ils ont décidé de faire une sortie pour accueillir Heure-Bleue. Ce côté scout mâtiné patronage me surprendra à chaque fois.
Notre CEO, plus connu sous le nom de Ran, a décidé de faire plaisir à son CTO/CSO préféré, c'est-à-dire Le-Goût, en accueillant dignement Heure-Bleue.
La veille, déjà, tandis que je méditais sur la meilleure façon de piéger l’ours prématurément vendu, il était venu me voir et m’avait rassuré « Ta femme va bien, on l’a vue, elle sortait du Centre Dizengoff les bras chargés de paquets… »
Une sortie est donc prévue. On ira dans le nord du pays, en Galilée. Une promenade est programmée avec un guide –ils sont très didactiques dans ce bled- puis un repas prolongé et allongé sous une tente, chez les Bédouins.
L’inévitable séance d’Histoire suivra, émaillée d’anecdotes plus ou moins saintes.
Le pays est riche en personnalités célèbres, leurs noms émaillent la Bible. J’ai personnellement une grosse préférence pour David. Ce roi querelleur, précurseur de Robin des Bois, musicien, poète, surtout cavaleur et pour tout dire infernal a tout pour me plaire.
La promenade commencera par transformer Heure-Bleue en nounou dégoulinante. Pendant une grande partie de la promenade elle portera Lior, un bébé tout neuf que sa mère est très contente de voir dans les bras de quelqu’un d’autre.
Je surprends ma moitié, qui est victime de plusieurs « fractures de l’œil » à contempler Tomer, un jeune homme de trente et quelques années que la moitié des femmes de l’assistance regarde comme un gâteau.
Il faut dire que ce pays est beaucoup plus jeune que la France et plein de jeunes gens et de jeunes filles. Ce qui présente l’indéniable avantage de rendre l’œil de votre serviteur particulièrement exercé.
Au cours de cette promenade, le guide discourra abondamment sur de petites fleurs blanches sans aucun intérêt. D’après lui, elles ont acquis cette couleur virginale le jour où Adam à croisé Eve –dite Ava en hébreu, ce qui a donné « ahava », l’amour. Vous dites que je ne pense qu’à ça. Je vous prouve à l’instant que depuis le début, l’humanité entière ne pense qu’à ça.
Il nous cause de choses comme ça pendant qu’Heure-Bleue, n’ayant pour se mettre à l’ombre que le bébé de quelques mois qu’elle a dans les bras, commence à fondre…
Il n’y a qu’un seul autre participant qui semble dans le même état. Sharon, un jeune homme clair de peau, d’yeux et de cheveux. Ce pays a été manifestement choisi non parce que c’est le berceau des trois « religions du Livre », non.
Il a été choisi pour emmerder les askenazim, ces juifs d’Europe de l’Est qui grâce à un effort soutenu des cosaques et autres barbares du coin à contribué à éclaircir le peuple hébreu dispersé par Rome.
Heureusement pour moi, les spharadim, mélangés uniquement avec des arabes supportent très bien le climat.
D’ailleurs, l’histoire juive la plus courte que je connaisse est « C’est un juif, il rencontre un autre arabe… ».
Les ashkenazim préfèrent répandre le bruit que les spharadim sont des bougnoules de confession mosaïque…
Ça donnerait presque raison à ceux qui disent qu’Israël n’existera que quand tous les juifs seront enfin unis. On a le temps…
Revenons à notre promenade. Nous commençons à avoir faim et les voitures des uns et des autres nous emmènent vers un village arabe dans lequel elles seront garées.
Nous marchons un moment et arrivons sous une tente immense où nous attendent nos hôtes. L’odeur est puissante. La tente sent le mouton, la chèvre, la sueur, les épices et les fruits. En moins de cinq secondes, nous avons déjeuné avec le nez. Mais nous ne sommes pas rassasiés. Nous allons manger ce que ça sent.
Nous serons vite rassasiés cette fois. Du moins Heure-Bleue et moi.
Nous avions l’habitude du couscous de mon père ou de celui de « Chez Omar ».
Ce couscous là nous fait d’un seul coup fait comprendre pourquoi les arabes sont fâchés avec quasiment tout le monde…
09:29 | Commentaires (10)
samedi, 15 septembre 2012
L'arrivée du printemps...
Il est temps qu’Heure-Bleue arrive, la contemplation de « harutz esrim vé shtaïm » chaque soir commence à être pesante.
« harutz esrim vé shtaïm » est l'équivalent d'Arte, où on parle hébreu comme les speakers des années cinquante parlaient le français à la radio, lentement et correctement. Ça aide énormément pour apprendre.
J’ai beau faire l’effort de mettre la table et préparer un frichti histoire de ne pas vivre comme un clochard, les heures ne passent pas.
Surtout, éviter de manger à même la boîte que l'on rincera pour y mettre le café le lendemain matin. Si on n'y prend garde, on tourne vite SDF avec DF...
Hier, coup de téléphone à ma mère, ça a tourné court.
Ma mère a un sens de l’humour limité. Quand elle a décroché, par réflexe j’ai dit « bonsoir maman, tu vas bien ? », pour la première fois depuis au moins quarante ans elle a dit « oui, ça va ! ».
Je n’ai pas pu m’empêcher de dire « Oh excusez-moi madame, je me suis trompé de numéro !» et j'ai raccroché.
Il a fallu attendre deux jours avant de pouvoir lui parler.
Il faut dire que ma mère ne va jamais.
Elle ne dort jamais, sauf quand on sonne chez elle et que du coup elle n'ouvre pas.
Elle ne mange jamais, sauf quand on arrive à l’improviste et qu’elle engouffre les pots de 250g de riz au lait, elle a du diabète mais se suicide au riz au lait...
Elle ne respire pas mais est intarissable et ne manque jamais de souffle quand il s’agit de médire de Heure-Bleue.
Bref, ma mère est infernale.
Mais comme on n'en a qu'une, je fais avec...
Aujourd’hui, est un grand jour, c'est celui tant attendu où il me faut aller chercher Heure-Bleue à l’aéroport Ben Gourion à Lod.
La température est douce et la soirée agréable. Le taxi m’a raisonnablement volé à l’aller « meter be va kasha ! » - « le compteur, s'il vous plaît ! »- est l’injonction obligée et souvent peu suivie d’effet. Au retour, bien que surveillé comme le lait sur le feu par la police de l’aéroport, le chauffeur m’a encore grugé mais je m’en moque, Heure-Bleue est là.
Elle a, comme d’habitude trop chaud mais elle supporte la douceur de la soirée. Ses bagages posés, nous allons dîner chez « mi vé mi », probablement le meilleur filet de porc que nous ayons jamais mangé…
« Tu n’élèveras pas de porc sur la Terre d’Israël » a enjoint Adonaï un jour où il avait envie de donner une occasion supplémentaire de pécher.
Grâce à Lui, Adonaï, censément omniscient, n’avait pas prévu la dalle de béton qui permet d’élever les porcs localement sans enfreindre la « halakha », du moins la lettre.
De toute façon, s'il y a quelqu'un avec qui on peut prendre des arrangements sans risque, c'est bien Adonaï...
Le dîner fut délicieux, la soirée plus encore, la vraie surprise fut pour le lendemain…
La température était d’environ 25°C le soir.
Le lendemain midi, elle atteignait 45°C.
J’admirais Heure-Bleue qui n’a pas fondu mais a néanmoins réussi à trouver suffisamment d’énergie pour pester après ce climat dont la température étouffante lui fait dire qu’il lui donne une idée de ce que devaient ressentir les « Sonderkommandos »…
09:59 | Commentaires (12)

