vendredi, 15 novembre 2024
200ème Devoir de Lakevio du Goût.
Je suis sûr qu’il y a chez chacune et chacun de vous une endroit qui, bien qu’il ait peu changé a subi un changement qui, pour petit qu’il soit, a modifié grandement votre perception de l’endroit où il a eu lieu.
Et je suis tout aussi sûr que vous mourez d’envie de le raconter.
Il en va ainsi chez moi du square Nadar, en haut de la Butte Montmartre, qui a vu arriver un élément de façon étrange depuis que je suis entré en sixième au lycée situé en bas de la Butte.
L’état de quasi ruine du lycée montre qu’on accorde plus d’importance à l’état d’un minuscule recoin d’un square inconnu que d’un établissement chargé d’amener les jeunes gens aux sommets des savoirs de l’humanité…
Bon, il faut admettre que le haut de la Butte est plus rentable grâce aux touristes que le lycée grâce aux élèves…
J’espère donc lire lundi « l’effet papillon » que de petits changements produisent sur votre vie…
11:35 | Commentaires (10)
mercredi, 13 novembre 2024
La réalité dépasse l’affliction.
Je me perds en conjectures.
Ouaip ! Je fais ça de temps à autre !
Deux commentateurs dont une commentatrice, viennent depuis des années agrémenter mon blog qu’un filet de fiel.
Et c’est là que ces fameuses conjectures, certainement labyrinthiques pour que je m’y perde, arrivent.
Et je me demande ce qui peut pousser quelqu’un à me dire qu’il ou elle me lit depuis plusieurs années et n’aiment pas du tout ce que j’écris.
Soit, mais pourquoi vient-elle ou vient-il ?
J’ai pris depuis longtemps l’habitude d’en supprimer les commentaires.
Non que j’aie la mauvaise habitude de censurer, je laisse volontiers exposer les désaccords, on en apprend toujours quelque chose, voire à changer d’avis, parfois, rarement à convaincre.
La raison en est « L’aspect corbeau » que revêt le commentaire quand j’ai manifestement affaire à quelqu’un qui se cache et préserve un anonymat de mauvais augure en passant par des sites comme Tor, en donnant des mails fantaisistes et invalides de sorte que toute tentative de lire un blog inexistant ou de répondre à un commentateur fantôme se solde par un échec.
Recevoir un jet de mauvais vinaigre sans savoir qui l’a envoyé est désagréable et signe à mon sens plus la pleutrerie et la volonté de nuire que la volonté de dialogue ou de discuter d’un désaccord.
Un peu comme ceux qui pensent « liberté d’expression » sur les réseaux sociaux et de fait se sentent le courage à l’abri de l’anonymat, d’insulter ou de faire preuve de racisme sans risquer un « coquard » de la part d’un « mauvais coucheur » peu apte au dialogue.
Le dernier commentaire du genre, arrivé hier soir, me faisait un reproche étrange où il était question d’obsession du sexe et d’absence de « l’esprit pur » qui devrait seul guider les actes et les pensées de votre serviteur et de sa moitié.
Oui, car il a mouillé la lumière de mes jours dans l’affaire, celui que San Antonio aurait traité de « jaloux des parties de jambes en l’air des autres ».
C’est là que m’est venue cette pensée.
Ces deux insatisfaits perpétuels de nos notes feraient-ils partie de ces frustrés permanents ?
Ceux que feu le commissaire San-Antonio, grand amateur de galipettes devant l’éternel et au vocabulaire riche et foisonnant d’images parlantes appelait, selon qu’il s’agissait de ce que masque les chapeaux « les empêchés du bulbe » ou s’il s’agissait de ce que masque les caleçons ou les culottes, « les empêchés de la chopote » ou « les coincées de la cressonnière ».
Au moins, ces empêcheurs d’écrire chiant auront eu le mérite de permettre un relâchement du langage qui a le mérite de me délasser et celui de la clarté.
Pour clore, une dernière grossièreté à leur attention : « J’emmerde les censeurs »
Sans parler de leur inaptitude à s’être aperçus que la nature, en créant les animaux et les plantes avait prévu la femelle et le mâle de chaque espèce de sorte que leur curiosité leur fasse remarquer tout ce que cette différence pouvait avoir d’intéressant.
Si ces purs esprits pouvaient enfin s’apercevoir qu’ils confondent le nombril etr le cerveau, ce serait moins pénible pour ceux qu’ils viennent agacer de leur inepties…
11:53 | Commentaires (9)
lundi, 11 novembre 2024
Devoir de Lakevio du Goût N°199
Je connais depuis longtemps cette toile d’Andrew Wyeth.
Chaque fois me vient une série de questions.
Souvent les mêmes questions…
Cette jeune femme couchée dans l’’herbe, qu’y fait-elle ?
Tente-t-elle de fuir ?
Est-elle surveillée par une marâtre ?
Veut-elle atteindre ou fuir la maison qu’on aperçoit au loin ?
Et si oui, pourquoi ?
Et si non, pourquoi ?
Faites part de vos conjectures et je vous ferai part des miennes.
À lundi…
J’essayais de passer inaperçue de façon à pouvoir approcher discrètement de la maison.
Maman à l’abri dans l’entrée de la petite remise à l’écart de la maison restait cachée des regards de papa.
C’était un de ces mauvais jours, ces jours où le temps était parti pour être épouvantable pendant assez longtemps pour pourrir la récolte.
Ces jours-là, papa était d’un humeur de dogue.
Ça se gâtait quand il jetait un mauvais regard à maman comme si elle était responsable du temps…
Le pire c’est quand il soupirait rageusement, s’asseyait à la table de la cuisine et tirait vers lui la bouteille de vin et commençait à l’approcher de sa bouche puis, la reposait soudain et réclamait un verre sur un ton comminatoire à maman.
Elle le lui tendait silencieusement et il le lui arrachait de la main et commençait à boire.
Là j’avais peur.
Maman restait là, observait la situation d’un air inquiet, attendant la suite, surtout qui serait l’objet de son attention.
Si c’était maman, ça allait à peu près, elle avait appris à éviter le « réflexe gifleur » car papa était persuadé qu’une bonne récolte était due à la qualité de son travail tandis qu’une mauvaise récolte ne pouvait être due qu’à la présence de maman.
Il y avait plus grave pour maman.
Les jours où elle était « indisposée » comme elle disait était ceux qui inquiétaient le plus maman.
Sans parler de moi qui devait sortir et aller me cacher.
La conjonction mauvaise humeur, risque de mauvais temps et maman indisponible rendait l’atmosphère proprement irrespirable.
Maman et moi savions ce qui passait par la tête de papa, surtout avec « un coup dans le nez ».
Jusqu’à présent j’avais échappé à ces appétits soudains mais aujourd’hui, il s’était levé avec l’idée bien arrêtée de parvenir à ses fins.
Maman connaissait bien ces levers toxiques mais là ça paraissait grave.
Elle me demanda de venir immédiatement avec elle, nous nous sommes levées et sommes sorties rapidement, courant vers la remise en espérant qu’il ne saurait pas où nous allions.
Nous l’entendions hurler, nous menaçait, de tuer maman et de me garder comme femme à sa place.
Un instant nous avons entendu des bruits de bris de verre.
Soudain le silence s’est abattu.
J’ai commencé à me glisser hors de la remise pour ramper vers la maison.
De loin j’ai entendu un dernier cri ressemblant à un fort râle d’agonie.
J’ai eu l’impression que même si la vie ne serait pas plus facile, elle serait enfin tranquille.
Mais une pensée me courait encore dans la tête : Les hommes sont ils tous comme ça où papa était ils simplement le mauvais numéro tiré par maman à la loterie de la vie…
10:53 | Commentaires (10)
dimanche, 10 novembre 2024
199ème Devoir de Lakevio du Goût.
Je connais depuis longtemps cette toile d’Andrew Wyeth.
Chaque fois me vient une série de questions.
Souvent les mêmes questions…
Cette jeune femme couchée dans l’’herbe, qu’y fait-elle ?
Tente-t-elle de fuir ?
Est-elle surveillée par une marâtre ?
Veut-elle atteindre ou fuir la maison qu’on aperçoit au loin ?
Et si oui, pourquoi ?
Et si non, pourquoi ?
Faites part de vos conjectures et je vous ferai part des miennes.
À lundi…
09:56 | Commentaires (3)
lundi, 04 novembre 2024
Devoir de Lakevio du Goût N° 198
Je suis tombé sur un dessin d’Alcide, artiste dont j’ignorais totalement l’existence.
Ce dessin, probablement inspiré par le risque de voir l’extrême droite arriver à l’Élysée m’a rappelé l’époque où les Algériens vivant en France étaient l’objet de remarques racistes quand ce n’était pas d’agressions ou d’accusations diverses.
Ce dessin m’a rappelé quelques scènes vécues dans l’enfance.
Mais à vous ?
Je sais que parmi les premières choses dont on avertit « l’étranger » qui arrive à la Gare du Midi à Bruxelles est souvent « Faites attention aux Marocains ».
Les saints étant une petite minorité de la population, il est probable que le dessin donne une idée de ce que risque de devenir la société sous peu, vu la façon dont s’étend la pensée qui a mené à ce dessin…
Que vous ayez été témoin ou qu’un souvenir plus ancien vous revienne, on verra bien lundi ce que vous en pensez…
Ce dessin me rappelle une discussion avec Bernard.
Je vous ai déjà parlé de Bernard, si je me souviens bien.
La scène que vous propose Alcide n’avait aucune chance de se produire car au moment où se passe la scène que je me rappelle, les filles « bien », entendez par là des « vraies Françaises » n’avaient déjà aucune chance de rencontrer un garçon à l’école, alors « un Arabe »…
Je vous ai aussi parlé de ma mère qui fut longtemps persuadée que « les Arabes » étaient une « engeance à éviter ».
Mon père avait beau lui expliquer que « les Arabes » étaient comme vous et moi mais en moins riche encore que nous, rien n’y faisait.
Néanmoins, elle se contentait d’en parler comme « les Arabes », n’utilisant jamais des appellations comme « bougnoule » ou « bicot ».
Bernard m’apprit un jour un autre nom, peu flatteur évidemment, au détour d’une conversation qui relatait une bagarre dans son école.
Il me dit propos de cette bagarre « Figure-toi que machin a collé un bourre-pif à un melon ! Heureusement que le pion ne regardait pas ! »
Placé par ma mère à l’abri de ces déviances langagières chez mes fondus du bon dieu, je restai interdit, assis à côté de lui sur un banc du square Clignancourt.
« J’ai rien compris à ton histoire… C’est quoi « un melon » ? Un « bourre-pif » je devine, un coup de poing, quoi. »
Bernard m’a regardé comme s’il avait engagé la conversation avec un Martien.
Il a soupiré et commencé « Un melon c’est un Algérien, un bicot quoi, tu vois ? »
Et je ne voyais pas…
Mais pourquoi « un melon » ?
« Tu vois, les bicots y z’ont toujours un béret sur la tête, et sur le dessus il y a cette petite queue qu’on dirait que ça leur fait la tête comme un melon, tu vois, là ? »
Je voyais…
Mais si jamais je disais ça à la maison, ma mère m’aurais dit « Tu crois qu’avec ton père on se saigne aux quatre veines pour t’envoyer chez les Frères pour que tu parles comme ces voyous de la Porte de Clignancourt ? »
Bien heureux si j’échappais à une taloche…
Maintenant que le racisme, est institutionnellement défendu par certains partis, on adoucit les mots mais la détestation, toujours là, elle, au lieu de frapper « les bougnoules », « les nègres », « les bicots », les « niakoués » ou les « rastaquouères » ne frappe qu’une catégorie : « Les immigrés »
Quand je pense que nous vivons dans un monde essentiellement peuplé d’étrangers alors que les vraies gens, nous, ne sommes que soixante millions, ça fait peur, non ?
Et encore, un parti clame qu’une part non négligeable d’entre nous ne sommes guère que « des Français de papier »…
Et les mêmes nous ressassent que nous sommes un pays chrétien.
Bon, le message du Christ semble avoir été un poil dévoyé.
Sans doute parce que le Christ était malgré tout un étranger, un Juif en plus, alors hein…
09:08 | Commentaires (13)