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jeudi, 24 juillet 2014

Le livre des Merveille…

Tout s’effrite…
Cet après-midi, déjà, malgré des câlins et des protestations d’amour inconditionnel, surtout, pour ce que j’ai constaté,  emmerder Mamie, j’ai bien senti que notre amour avait du plomb dans l’aile.
Tout foutait le camp.
Alors qu’en l’amenant sur l’aire de jeux d’un espace vert du coin, elle avait attrapé des noisettes, Heure-Bleue avait jeté en la voyant m’offrir une petite branche de noisetier avec trois noisettes vertes :
- Voici des fruits, des feuilles… 
Et le Goût, emporté par son élan :
- Et des branches…
Merveille :
- Quoi ? Qu’est-ce que vous dites ?
Et moi de déclamer, magnifique de stupidité, dans un élan sublime, assis sur un banc, entre un toboggan et un petit autocar :

Et puis voici des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous,
Ne le déchirez pas entre vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux, l’humble présent soit doux


Œil inquiet de Merveille, qui se tourne vers Heure-Bleue et demande « Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’il a, Papy ? »
Heure-Bleue de répondre :
- C’est rien, Merveille, c’est de la poésie.
Là, Merveille m’a jeté un regard plein de commisération et à dit à Heure-Bleue :
- Aaaahhhh… Oui… Ah bon, d’accord…
D’un air de dire « Papy est salement déjanté ».
Merveille tient manifestement de sa grand’mère. La poésie ne la branche pas et elle semble maintenant d’un pragmatisme féroce.
J’en eus la preuve vers la fin de notre promenade.
Alors que je lisais, assis sur le banc tandis qu’Heure-Bleue accueillait Manou, une petite fille est venue me voir. Je me suis vu  papoter avec deux petites filles et leurs mamans, une blonde enceinte jusqu'aux dents et une femme assez petite aux cheveux châtains et à la peau claire..

Heure-Bleue s’est approchée, Manou aussi.
Heure-Bleue s’est alors écriée, alors qu'elle sait pourtant que je suis d'un caractère sociable :
- C’est pas possible ! Déjà entouré de filles !

C’est à ce moment que j’ai compris que notre amour, à Merveille et moi, avait du plomb dans l’aile.
Elle a chuchoté quelques mots à l’oreille d’Heure-Bleue.
Sur le chemin du retour, alors que Merveille, Manou et P’Tite Sœur nous avaient quittés, Heure-Bleue m’a dit :
- Tu sais ce que m’a dit Merveille ?
- Non…
- Elle m’a dit « Papy, il est bien capable de tomber amoureux de celle qui n’est pas enceinte… Mais elle est trop jeune pour lui… »
La vache !  Elle a même remarqué ça.

mercredi, 23 juillet 2014

Goût du luxe.

La soirée eût pu être mieux « embringuée » n’eût été cette remarque sur le manque de clairvoyance d’Heure-Bleue à la sortie du Monop’…
Ça s’est quand même arrangé parce que nous ne nous jetons à la figure que des trucs très vieux, et seulement dans les cas graves, mais ceux qui surviennent dans la journée nous poussent plutôt à rire.
Comme un de ces soirs où, au sortir du Monop’, nous étions lestés, plutôt délestés, d’une addition à faire passer la dette publique pour une note de taxi.
C’est là qu’Heure-Bleue, oubliant qu’elle-même est un petit bijou aux frais d’entretien qui font tordre le nez de notre banquier, me jette, royale :
- Eh ben, je vais te dire, le problème, c’est que quand tu fais les courses, tu ne fais pas attention…
- Ah bon ? Et c’est quoi tous ces trucs, là ?
- C’est pas pareil ! Ça c’est pour Merveille et P’Tite Sœur ! C’est l’anniversaire de la petite.
- Ah ?
- Oui, on fêtera le mien en même temps, avec celui de JJF…
- Bon… Et c’est moi qui dois faire attention ?
- Oui, tu es dispendieux, Minou.
- … ?
- Tu sucres ton café avec du miel « bio », tu bois du scotch…
- Eh ! Pas si souvent !
- Oui mais quand même, c’est cher, moi je ne bois plus de scotch depuis des années.
- Pfff…
- Oui ! Tu coûtes !
- On dirait Marisol Touraine parlant des retraités !
- Ben oui ! Tu coûtes ! Ton whisky, ton miel « bio », ton « jamòn de Jabugo ».
- Et toi ? Avec tes entremets de bonne sœur qui coûtent un œil ? Tes tournedos de canard, ton saumon Kaspia, tout ça !
- Oui mais toi t’es cher !
C’est peut-être là que je n’aurais pas dû dire :
- Que veux-tu ma Mine, quand on prend un produit de luxe comme le Goût, faut assumer…
Bref, on a bien ri…
Pour autre chose aussi mais là, on n’ose pas dire. On se fâcherait avec quelqu’un.
Non, vraiment, ça on peut pas dire…
Et pourtant ça me brûle le clavier.
On adore dire du mal de…
Et pourtant je ne suis pas du genre à faire des histoires, hein.
Vous le savez bien, lectrices chéries…

mardi, 22 juillet 2014

Comme un pot de fraises…

Hier nous sommes allés à Paris.
Ben oui ! Où voulez vous qu’on aille, lectrices chéries ?
J’ai remarqué deux intermèdes qu’Heure-Bleue vous contera probablement et qui vous montreront que si l’emballage a une fâcheuse tendance à s’abîmer avec le temps, l’âme du paquet conserve l’éclat du neuf…
Une assez longue promenade nous a amené du Marais à côté de Saint-Augustin.
Je trouve que ça fait mieux que « on a marché trois mille neuf cents mètres pour aller de chez le médecin à la gare »…
Nous sommes arrivés à la maison, pile poil pour entendre des nouvelle du Tour de France, comme ça j’ai pu éteindre la radio tout de suite. Entendre ces couillons essoufflés me dire « que du bonheur ! » m’agace… Mais bon, vous avez le droit d’aimer le vélo, hein… Après tout, chacun s’abîme comme il peut.
Au cours du dîner, après avoir vu que le monde ne s’était pas assagi pendant notre absence, Heure-Bleue et moi avons papoté.  Elle m’a parlé du bouquin qu’elle lit en ce moment, « La première chose que l’on regarde », de celui qui a écrit il y a quelque temps « La liste de mes envies ». D’un coup elle me lâche :
- C’est bien un bouquin de mec, ça…
- Mmmmh ?
- Oui, je ne comprends même pas pourquoi Scarlett Johansson a fait un procès… D’abord, ce type, là, Jamain…
- Samain, le poète.
- Ouais ben, tu sais que la poésie, moi… Bon, il le cite tout le temps, il est pédant.
- C’est son truc, tu verras, l’objet du bouquin, ce n’est pas ça, c’est l’erreur que le mec a commise, bien présentée par le poète. Tu vas voir…
- Bon, je n’aime pas, il aurait pu éviter de dire ça… Et ça aussi.
Je me suis gardé de dire que « Monte Cristo » pourrait aussi bien se résumer à « il s’est évadé et il s’est bien vengé. » Je connais un peu mon amazone.
Elle a réfléchi un instant et me jette :
- Finalement, tu aurais peut-être dû être aimé par deux femmes.
J’ai gardé un silence prudent. On ne sait jamais où peut mener une sortie comme ça.
Elle a insisté :
- Oui, moi, plutôt pragmatique, et une plus douce, une qui aime la poésie…
J’ai attendu, méfiant.
- Oui, une plus douce, une un peu nunuche quoi... U
ne comme Dulcinée, tu vois…
Sans doute pour l’étriper plus facilement.
J’avais bien fait de me taire. C’était la première fois qu’Heure-Bleue envisageait un truc genre bigamie avec elle dans l’équipe.
J’imaginais mal la chose, Heure-Bleue n’aime déjà pas prêter ses affaires et savoir qu’elles avaient un peu servi avant ne lui plaisait pas plus que ça.
Alors, imaginer qu'elle puisse partager ses affaires avec une autre...
C'est un coup à se retrouver émasculé en deux tours de cordelette à rosbif.

lundi, 21 juillet 2014

Scène de ménage…

A la lumière des commentaires sur ma note d’hier, un petit quelque chose me turlupine…
Vous connaissez toutes, lectrices chéries, ces magazines genre « Oh ça ? Je l’ai lu chez le coiffeur ! » mais que personne n’a jamais acheté.
Il m’avait déjà frappé que Voici ou Gala, ces revues que personne n’achète, étaient néanmoins,  sous le regard jaloux de la presse écrite quotidienne, vendus à une moyenne de trois cent mille exemplaires chaque mois si l’on en croit l’OJD …
Un peu comme Arte qui, avec ses 2% d’audience, est prétendument regardée avec attention par plus de téléspectateurs que TF1, A2, ARD et ZDF réunies.
Or donc, lectrices chéries, il semble en aller de même avec une émission à sketches qui fait tordre le nez de tout intellectuel qui se respecte, que personne ne regarde jamais mais est vue par tous.
Et c’est là que la traîtrise me frappe en plein milieu de l’écran et en plein front.
D’aucunes sont allées jusqu’à prétendre que je leur rappelais un certain « Raymond ».
Comme si je pouvais m’appeler Raymond…
D’autant que, pour avoir vu ce zèbre sur mon écran, même si je dois admettre que pour son âge canonique il semble avoir gardé une vivacité d’esprit remarquable, un petit quelque chose me gêne chez cet homme : Sa moustache.
Cette espèce de petite brosse me rappelle malheureusement l’inspecteur Pinaud, dit « Pinuche », ce qui lui retire tout le charme qu’heureusement Heure-Bleue me prête…
Bon, pas tous les jours…
Et puis, lectrices chéries, ce qui suit va vous montrer que si je n’ai rien de commun avec Raymond, il y a tout de même une « Huguette » dans notre séjour.
Oui, hier soir Heure-Bleue a frappé ! Telle une Huguette en plus jeune.

Nous regardions les informations à la télévision en dînant.
Un moment, je ne sais plus quel sujet était abordé quand Heure-Bleue me dit :
- Mais c’est dingue ! Tu l’avais inventé, tout ça ! Il y a des années ! Le pire, c’est ton copain, il t’a piqué tes idées, il se les est appropriées, t’as été bête…
Elle a ajouté, après un silence :
- C’est pour ça que la dernière fois qu’on l’a vu, il était tout péteux ! Tu aurais dû te méfier !
- Bof... Que veux-tu, je n’ai pas été élevé comme ça.
- Tu as été naïf, Minou !
- Mais non, j’ai juste été confiant, c’était un ami…
Elle a commencé :
- Oui, mais quand même, Minou ! Dans « confiant » il y a…,
Là Heure-Bleue m’a jeté un regard dans lequel il y avait quelque chose entre la désolation, la gentillesse, l’affection et la pitié.
Puis elle a repris :
- Oui, n’oublie pas Minou, dans confiant, il y a « fiant »…

Ce fut l'occasion d'un grand fou-rire.
A tel point qu'il faillit nous empêcher d'apprécier les petites crèmes à la vanille que j'avais particulièrement réussies selon les dires de la femme de ma vie..

dimanche, 20 juillet 2014

Faut r’connaître, c’est du brutal…

Plongée dans une actualité animée ces temps-ci, Heure-Bleue se délasse.
Après avoir pesté contre la partialité de l’information qui traite de « la situation au Moyen-Orient » –l’information est partiale quand elle n’est pas de notre avis- Heure-Bleue, lance une dernière remarque à propos « des deux-cent-soixante-quinze Syriens tués » dont on ne dit presque rien alors qu’on s’étale complaisamment sur « les onze Palestiniens tués. »
Je me garde bien de dire un truc du genre « où allons nous si on fait de la discrimination entre les différents types d’Arabes… » et je l’écoute.
Pour se changer les idées, elle se promène sur les « informations » proposées par Yahoo.
Et tombe en arrêt devant la nouvelle du siècle, celle qui devrait supplanter toutes les autres nouvelles. C’est effectivement autrement important que les étripages habituels en Asie-Mineure ou le dégommage d’un avion de ligne par des toxicos de la castagne.
- Minou ! Tu sais quoi ?
- Non…
- Tu sais pourquoi Sophie Marceau a quitté Christophe Lambert ?
J’ai pensé un moment qu’à force de vivre avec un type affligé d’un strabisme marqué, elle en avait marre de rentrer dans les murs, mais non…
- Alors ?
- Eh bien, il semblerait que Christophe Lambert souffre d’une addiction à l’alcool. Et ça ne doit pas être facile à vivre tous les jours.
J’ai failli tomber de ma chaise. Heure-Bleue, que je ne pouvais soupçonner de ça était devenue en douce une adepte de la « political correctness » !
- Eh ben, ma Mine ! Tu causes comme ça maintenant ? « souffre d’une addiction à l’alcool » ? Hé bé…
- Ben oui.
- Je me serais plutôt attendu à « Elle le plaque parce qu’il est alcoolique. » C’est court, clair et concis.
Et là, Heure-Bleue m’assoit.
Elle paraphrase « Les Tontons Flingueurs » d’un superbe élan.
Accompagnant le verbe du geste auguste du semeur, sur le ton de Bernard Blier s’adressant à la fille du Mexicain elle me jette,:
- Addiction à l’alcool… Addiction à l’alcool… J’ai dit « addiction » comme j’aurais aussi bien pu dire « y pitanche… »

Je n'ai pas d'idée pour la note du jour ?
Il me suffit d'écouter la lumière de mes jours.
Que voulez-vous, lectrices chéries, Heure-Bleue est ma muse.
Elle est mon inépuisable source d'inspiration...