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vendredi, 18 juillet 2014

L’aurore aux doigts de rosse…

Une main me secoue.
- Minou ? Je peux te réveiller ? 
- Tu m’as réveillé…
Elle est comme ça, Heure-Bleue. Elle vous secoue en plein sommeil pour vous demander « Je peux te réveiller ? »
Qu’elle soit soudain saisie et elle-même réveillée par une angoisse quelconque alors qu’avec moi à son côté, même un missile ne pourrait l’atteindre, elle me sort du sommeil.
Bon, si je suis enrhumé, je suis moins efficace…
Qu’elle soit, comme ce fut le cas cette nuit, atteinte d’une rage de dents, elle m'extirpe brutalement des bras de mon pote Morphée.
Bref, Heure-Bleue me réveille. Et de préférence la nuit. Et plus je dors profondément, plus elle me réveille avec énergie.
Heure-Bleue me réveille donc, la chambre est déjà éclairée, Heure-Bleue me renseigne.
- J’ai un abcès, Minou ! Tu ne veux pas regarder ?
J’allume la lumière de mon côté, mets mes lunette et regarde la mâchoire de la lumière de mes jours.
- Minou, j’ai mal…
- C’est normal, mon ange, tu as un abcès au collet de ta canine gauche. En bas.
Heure-Bleue se lève en disant :
- Je vais prendre un Dolimachin.
- Tu as les antibiotiques adéquats, prends en un maintenant, ce sera plus efficace.
Là commence une danse que je connais depuis des années. Heure-Bleue ne veut ni être malade ni avoir mal.
Je comprends ça très bien.
Seulement, j’aimerais tant que, quand il lui arrive d’être malade ou d’avoir mal, elle veuille bien faire quelque chose d’efficace pour que tout rentre dans l’ordre.
Hélas, trois fois hélas, Heure-Bleue, vous le savez déjà, lectrices chéries, des médocs elle évite les effets curatifs pour n’expérimenter que les effets indésirables…
Heure-Bleue ne veut ni être malade ni avoir mal ni faire quoi que ce soit pour que cesse la douleur ou la maladie.
Elle vit dans un état qui va de la crainte à la panique de réveiller une allergie jusqu'ici endormie.
Je la connais, si vous écrivez « Pénicilline » sur une boîte de M&M’s, elle étouffe d’un œdème de Quincke la première dragée à peine avalée…
Oui, elle est comme ça la femme de ma vie.
- Non Minou, je ne veux pas prendre d’antibiotiques la nuit, j’ai peur.
Je soupire… Que voulez vous que je fasse d’autre ?
Je sais que le matin, avec son petit déjeuner, je réussirai à lui faire avaler le premier cachet de la série d’antibiotiques qui vont bien.
Et à partir de ce moment, une bonne idée de l’enfer se fera jour.
Dès le second cachet, Heure-Bleue n’aura plus mal et chaque minute elle me demandera.
- C’est normal Minou ? J’ai le cœur qui bat…
- Ça vaut mieux, effectivement…
- Oui mais pas comme d’habitude. Je me demande si je ne commence pas à avoir mal à l’estomac…
- Mais non, déjà tu as moins mal aux dents, c’est déjà ça.
- Oui mais, je vais peut-être faire une allergie. Tu restes à côté de moi, hein, Minou ?
- Mais non, tu ne vas pas faire une allergie.
- Ça commence pas forcément à la première fois…
- Ce n’est pas la première fois que tu prends de la spiramycine.
- Oui mais quand même !
- Tu serais morte depuis longtemps d’un choc anaphylactique...
Je sais que d’ici ce soir, demain matin au plus tard, la femme de ma vie n’aura plus mal aux dents et j’espère que ça tiendra jusqu’à la mi-août parce qu’il y a pire que lui faire prendre un médicament : Lui faire voir un dentiste inconnu.

jeudi, 17 juillet 2014

Le rot marin...

Hier soir, comme tous les soirs, j’ai préparé le dîner. Dîner dit « plat unique ».
Heure-Bleue et moi, d’accord sur le menu, avons acheté de quoi faire la salade dite « salade paysanne à la bretonne » mise en image par une blogueuse.
Ne me demandez pas qui, lectrices chéries, je n’en ai pas la moindre idée.
L’ardente houri qui partage ma vie m’a seulement montré son écran, la voix cassée d’envie et les yeux aussi verts que fumants de gourmandise.
Mais que diable nous raconte-t-il ? Qu’avons-nous à cirer de ses histoires de dîner et de salade.
Ça y est ! Camarade Le-Goût est devenu fou !
Que nenni mes chéries, que nenni !
Il y eut hier soir une grande première dans notre salle de séjour !
Heure-Bleue, la fourchette méfiante, piqua d’icelle un petit morceau de pâté.
Elle le considéra d’abord avec la méfiance et la timidité de toutes les premières fois :
- C’est la première fois que…
Je m’apprêtai à sortir une gauloiserie quand elle termina :
- Je mange du pâté Hénaff.
- C’est vrai ? Tu n’avais jamais mangé ça ?
- Non, une fois j’ai mangé du « corned beef », c’était pas bon, mais ça, jamais.
- Et alors ?
- C’est bon ! Mais un peu trop salé, moi, à leur place…
La je l’ai arrêtée sur le champ.
- Ah non ma Mine ! Que je te dise ! Il y a des dogmes qu’on ne peut remettre en question !
- … ?
- Oui ! Le pâté Hénaff, dit « Le régal du marin », c’est comme le catholicisme ou l’islam, on ne peut rien modifier ! On ne touche pas à la recette du pâté Hénaff !
- Oh ! Mais c’est bon quand même.
Là, je dois avouer que c’est avec un sanglot d’émotion dans la voix que j’ai failli ajouter :
- Je me demande si le dicton « les pommes de terre pour les cochons, les épluchures pour les Bretons »  n’est pas la réalité cachée  qui donne son goût au pâté Hénaff…
Que les Bretons me pardonnent, j’ai entendu maintes fois dans mon enfance cet aphorisme aussi stupide que « Parigots tête de veau ! Parisiens têtes de chien ! » qui m’a fait échanger quelques horions vers la même époque.
Heure-Bleue, donc, mon Heure-Bleue perso –pourvu qu’elle ne me lise pas !- s’est honteusement gobergée de cette salade.
À tel point que j’ai tenté de la freiner de façon assez malhonnête.
Ce fut hélas inefficace car elle croyait autant en un dieu quelconque que dans la sincérité d’un homme politique.
J’ai tout de même essayé :
- Tu sais que le pâté Hénaff, c’est pas casher du tout ? Mais alors pas du tout ?
Éblouissante dans son rôle de théologienne improvisée, Heure-Bleue m’asséna :
- Ça devrait !
Je n’ai pu qu’acquiescer, persuadé que je fus sur l’instant que ça diminuerait l’antisémitisme dans de notables proportions.
J’en suis même sûr, mon expérience de certains mets ashkénazim, dont la lumière de mes jours se délecte, m’ayant souvent amené à penser que là était la vraie raison des pogroms…

mercredi, 16 juillet 2014

Les textes de l’oie…

J’ai fait un rêve, cette nuit.
Un rêve étrange et pénétrant.
Mais non, pas ça. J’ai assez d’ennuis comme ça. J’ai rêvé que je commençais à écrire un roman. Je n’avais pas fini le premier chapitre qu’Heure-Bleue commençait à me chercher des histoires sur ce que j’avais écrit. Pourtant ça se présentait bien. Et puis le soleil est apparu et m’a tiré des bras de Morphée.
Mon roman est sorti de mon esprit, remplacé par la préparation des petits déjeuners, la mise en marche des PC de la maison et l’écoute des informations.
Informations du matin, c’est comme les araignées du matin : Chagrin.
Tout ceci fait, la vaisselle essuyée, un chapitre de mon bouquin lu en prenant mon café, j’ai vu apparaître la matutinale vision d’Heure-Bleue (presque) nue et « belle, sans ornement, dans le simple appareil d’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil ». Pas vraiment arrachée mais suffisamment réveillée pour dire « Minou ? Qu’est-ce que tu fais debout à cette heure là ? »
J’ai donc apporté le petit déjeuner à la lumière de mes jours.
Et ai voulu faire un tour sur vos blogs, lectrices chéries.
J’ai été arrêté en plein vol par une envie de rire irrépressible.
La photo ci-dessous vous montre pourquoi.

 


FR_helen4wochen.jpg

Une « journaliste » a testé « pour nous » la « super cure venue d’Amérique » combinée avec un « nettoyeur de colon » (sic) – elle devrait vendre ça aux colonisés, ça leur ferait plaisir-  pour que nous puissions « vérifier par nous-mêmes de quoi il s’agissait ».
Je passe sur le côté fantaisiste de l’écriture, qui est en soi une bonne raison de se faire planter au bac, pour m’intéresser à la photo car un détail m’a sauté immédiatement aux yeux.
Mais oui, lectrices chéries, vous savez bien que dès qu’on me montre des photos de femmes en tenue légère, les détails incongrus me sautent aux yeux comme un pavé dans la gu… d’un flic.
Et que vois-je ?
A ma gauche, la censément « journaliste ». Une quarantaine d’années, assez replète, après une semaine de « régime ».
A ma droite, une jeune femme de moins de trente ans prétendument celle de gauche mais trois semaines plus tard.
Hélas, trois fois hélas, un autre détail fout par terre cette brillante démonstration.
Non seulement cette « super cure venue d’Amérique » vous fait gagner une bonne quinzaine d’années en trois semaines mais si vous y regardez de près, non contente de vous « nettoyer le colon », la « cure » vous fait pousser les cheveux de dix centimètres dans le même temps.
C’est quand même autrement efficace que le centimètre mensuel accordé par la nature…
Ne me dites pas, lectrices chéries, qu’il peut se trouver des filles assez cruches pour plonger dans un truc qui vous fait perdre plus facilement mille €uros que dix kilos !
Même « Nan mais allo quoi » n’est pas assez bête pour ça…

mardi, 15 juillet 2014

J’ai des origines en glaise.

Comme Adam, en somme…
Par ce matin exceptionnellement ensoleillé, je regardais la biographie de feue Nadine Gordimer sur Wikipedia.
Je cherchais quel livre d’elle nous avions lu, Heure-Bleue et moi.
Je pense que c’est « Un caprice de la nature »
Ça m’a dit quelque chose, c’était l’époque où nous étions jeunes. Enfin plus qu’aujourd’hui. Nous étions encore animés par l’ardeur révolutionnaire et l’engagement d’une Sud-Africaine blanche et blonde contre l’apartheid nous avait séduits.
C’était l’époque où le passage par un « endroit calme et arboré » ne nous avait pas encore amenés à regarder avec intérêt cette idée d’apartheid que nous avons un instant envisagée avec sérieux dans certains coins du XXème.
Oui, il y a des moments comme ça où on se sent devenir fasciste sous la pression des évènements…
Heureusement, ça ne dure pas et à part la tentation de raser certaines cités de la périphérie en oubliant d’avertir leurs occupants, ça n’alla pas plus loin.
Évidemment, leurs provocations incessantes et leur manque criant d’éducation nous avaient conduits à nous moquer de ces petits couillons dotés difficilement de quatorze mots de vocabulaire dont huit sont des insultes.
Cette Nadine Gordimer donc, était intéressante.
C’est là que je me suis aperçu que l’injustice était criante et répandue dans le monde.
Même dans les sphères où on ne s’attendrait pas à la trouver.
La lecture de cette biographie me mena à la fin vers quelques citations de la dame.
Une d’entre elles me convainquit justement de l’injustice ambiante dont je vous entretenait il y a à peine deux phrases, lectrices chéries.
J’y lis
« Chacun naît seul et meurt seul quelles que soient la nature et l'intensité des relations qu'il tisse avec les autres, conjoint, enfants, amis »
Et c’est justement ce qui m’amène a me demander pourquoi votre serviteur, qui s’est aperçu de cette douloureuse réalité il y a bien longtemps et vous en a fait part dans au moins une note, n'est pas au moins aussi célèbre que Nadine -tu permets que je t'appelle Nadine, Nadine ? 
Franchement, lectrices chéries, ne méritais-je pas autant de me voir décerner
moi aussi le prix Nobel de littérature ?
Ah la la, ces blondes Sud-Africaines ! Elles ont sans doute un sens de la communication qui me fait cruellement défaut…

lundi, 14 juillet 2014

Aba, aba, lama sabactani ?

Quand je pense qu’on m’a saoulé avec les dix commandements.
Quand on m’a parlé de ces commandements, ça m'a coûté cher mais j’ai bien fait de me méfier.
On m’a demandé de croire en un dieu que personne n’a jamais vu. On en a juste entendu parler par des gens qui en avaient juste entendu parler, un peu comme l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours.
Après on m’a dit « Tu ne jugeras point ». Ceux qui m’ont demandé ça n’ont eu de cesse de me juger dans mes moindres actions. S’ils avaient su ce que je pensais…
Puis on m’a dit « Tu ne tueras point ». Même la loi qui l’interdit expressément est régulièrement bafouée. Souvent même par ceux qui la disent.
On en arrive enfin, après un tas de billevesées du même genre, d’excellents conseils piétinés par ceux qui les donnent, au fameux « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Ce comminatoire et délicieux conseil, qui remplit si bien les plumards et si mal son rôle, est certainement le moins suivi de la liste.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Bon, à la condition tout de même qu’il soit exactement comme toi-même quand même.
S’il est juif, communiste, arabe, tout ça, ou pire encore, Noir, là c’est pas pareil du tout.
Quelqu’un comme ça c’est pas mon prochain.
C’est l’autre.
Que dis-je, c’est l’Autre !
Autant dire une m…
Du coup, sur le chemin de la manif censée protester contre les missiles qui tuent des petits Palestiniens, si on croise une synagogue, hein…
Après tout, ces fausses églises que c’est même pas des vraies mosquées sont quand même pleines de juifs.
Et esquinter un juif n’a jamais été un péché, c’est bien connu.
Même à Paris. Ça s’est fait si souvent, c’est carrément un must, comme baffer un bougnoule au retour d’une manif contre l’avortement ou savater un homo un soir de picole…
Après tout, c’est même pas des chrétiens.
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C’est sûrement pour ça que ce type en keffieh manifeste vers la synagogue de la Roquette.
Il a peut-être cru qu’elle s’appelait comme ça justement à cause de ce qui se passe à Gaza…
Mais depuis quand, le conflit Israélo-palestinien couche-t-il en France ?
Je n'ai pas souvenir d'avoir vu des Américains attaquer un restaurant vietnamien à Paris  avec des cocktails Molotov...