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jeudi, 26 juin 2014

L’idole déjeune

Vous dites toutes, lectrices chéries, que Merveille me mène par le bout du nez.
C’est faux !
Enfin presque…
C’est surtout parce que mon nez n’a pas de bout. Juste une grosse boule, là, en bas…
J’arrive très bien à résister.
Même en fin d’après-midi, quand les problèmes de communication entre Heure-Bleue et Manou nous conduisent à prendre le bus hâtivement.
Même dans le cas où la faim tenaille Merveille, n’allez pas croire que je cède.
Non mais ! D’accord, elle est « bien élevée » et il n’est pas question  de céder sur les formules de politesse.
Cela dit, passer de la fin du déjeuner à quasiment l’heure du dîner avec une petite fille « picoreuse » n’est pas si simple.
La faim la rend parfois (un peu) hargneuse et ça force son Papy préféré à l’envoyer vérifier que l’herbe est plus verte ailleurs que sur ses genoux.
Nanmého ! Comme disent d’autres blogueuses.
Certes, Merveille est une petite-fille assez gentille, bien élevée et plutôt timide et j’ai constaté qu’avec Heure-Bleue comme entremetteuse, elle peut même se lier avec d’autres enfants.
Suivre leurs jeux –ben oui...- m’a permis de constater que Merveille n’est pas aussi douce qu’espéré et surtout qu’elle veut le faire croire. Notamment à son papy préféré.
Ainsi, après une heure passée à jouer avec une Carmen absolument charmante mais de caractère plutôt affirmé, j’ai constaté que les relations se sont tendues rapidement. Eh oui... C'est ce qui arrive quand une « Mademoiselle J’ordonne » -j’ai nommé Carmen-  joue plus de dix minutes avec une « Mademoiselle Je-n’obéis pas » plus connue sous le nom de Merveille…
L’après-midi a ainsi passé, lentement, jusqu’à ce que nous allions chez l’Ours ramener une progéniture qui commençait à avoir faim.
Alors que nous étions dans le bus, Merveille devint mutique et de plus en plus pâle.
Pâle, ma foi, sa peau diaphane ne m’étonnait pas outre mesure. Mutique avec son Papy préféré, en revanche, m’inquiéta sérieusement.
C’est là que Merveille m’a poussé à faire quelque chose dont je ne me serais jamais cru capable
Elle était assise à côté d’Heure-Bleue et face à moi.
J’étais assis, quant à moi, à côté d’une jeune femme africaine qui donnait des « doughnuts » à son fils, un garçon de l’âge de Merveille.
Je vis Merveille regarder, les yeux pleins d’envie et encore plus pâle que d’habitude, la boîte de gâteaux de la jeune femme.
J’ai tapé légèrement sur le bras de la jeune femme en lui disant « regardez la petite fille en face de moi… Voyez comme elle regarde vos gâteaux… »
Elle a tourné le regard vers Merveille et m’a dit « Elle est mignonne, mais qu’est-ce qu’elle a ? » Je lui ai dit « Je crois qu’elle meurt de faim… »
La jeune femme a fondu, a tendu la boîte de « doughnuts » à Merveille qui s’est emparée d’un « doughnut » au chocolat déjà entamé d’une bouchée telle la première Sahélienne venue. La jeune femme lui a tendu une lingette que Merveille a prise non sans avoir remercié la dame comme il se doit.
Franchement, faire la manche dans le bus pour un gâteau, à part Merveille, qui peut me pousser à ça ?
Même Heure-Bleue n’ose pas…

mercredi, 25 juin 2014

« Papyoutai »

Hier soir nous sommes rentrés assez tard tous trois, Heure-Bleue, Merveille et votre serviteur.
C’était la fête de fin d’année à l’école de Merveille.
Ça eut pu se passer un peu mieux parce que laisser à un Goût, tout seul et musclé comme un lapin de trois semaines, le soin de défendre une table et six chaises de hordes de parents bien décidées à les lui arracher n’était pas très futé.
Oui, elles sont comme ça les filles de la famille. JJF, Manou et Heure-Bleue sont allées admirer l’Ours devant un barbecue fumant et surtout parfumant tout le quartier.
Enfin, je dis seul…
Avec la garde non seulement de la table mais celle de P’tite Sœur et de deux sacs à mains. L’enfer vous dis-je.
Elles sont enfin revenues, sentant le graillon. JJF avait eu une « perm’ » de deux heures pour venir voir sa fille, elle était heureuse d’être venue en « moto-taxi ».
J’ai vu l’engin, un vrai plumard, ne manquait que la couette…
Le casque blanc va très bien à JJF. J’ai un instant imaginé JJF arrivant chez son grand couturier, échevelée et sentant la merguez cramée.
Assez soudainement les choses se sont animées. Le stand de la FCPE s’est peuplé, j’y suis allé voir ce qu’on y proposait. Bon, comme d’habitude, on y parlait de lendemains qui chantent. La sono, d’une qualité entre déplorable et immonde s’est mise à hurler « On demande la petite Sahira à l’accueil du centre de loisirs ! »
Je me suis retourné vers le podium situé à deux pas du stand de la FCPE.
Une dame qui n’avait vraiment pas l’air d’avoir inventé le fil à couper l’eau chaude a repris le micro et a hurlé de nouveau « On demande la petite Sahira ! » quelques instants ont passé puis elle a repris « On demande... » Bref silence puis « Ah… » et enfin «  Sahira, Sahiraaa ! Sahiraaa !!! »
Je me suis approché du podium et ai fait signe à la dame.
- Elle n’arrive toujours pas ?
- Ben non…
- Je la connais, je crois que son vrai nom, c’est « Carmagnole »
- Ah bon, merci.
Elle a repris son micro et, alors qu’elle le levait, le préposé aux manettes a tout foutu par terre en lui disant « Mais non ! Ah ça ira, ça ira ça ira, c’est une chanson, la Carmagnole… »
L’autre m’a fusillé du regard, vieille triste, va ! Alors je suis parti retrouver mon paquet de nanas.
Finalement, les merguez étaient bien cramées.
Tout aurait pu se passer parfaitement si Merveille n’avait tenu à m’entraîner au milieu des autres parents et des gosses pour danser avec elle sur « papaoutai ».
Elle m’a agoni de reproche « mais non papy, c’est comme ça ! » ondulait elle comme un serpent. « Non mais, Merveille ! Tu me prends pour David Guetta ? »
Bref, on s’est chamaillé comme des gamins. Après avoir marché encore des kilomètres, découragés par le temps d’attente du bus, nous sommes arrivés à la maison.
Être grand-père est un boulot épuisant…

mardi, 24 juin 2014

« Et merde ! » est un bon exemple de chorée du sud...

Vous souvenez vous, lectrices chéries, de « Marche à l’ombre » ?
De ce film me sont restées quelques phrases.
Je conviens, surtout à l’attention de celles qui tournent le nez en comparant le cinéma de Michel Blanc à celui d’Eisenstein, ce n’était pas le film du siècle.
Mais bon, on ne peut pas passer toutes ses soirées à regarder « Cuirassé Potemkine » non plus, hein ?
Mais pourquoi diable nous parle-t-il de « Marche à l’ombre » ce matin ? Vous demandez-vous, lectrices chéries.
Eh bien à cause d’une réplique qui convenait parfaitement à votre serviteur hier soir.
Quand Michel Blanc, suite à la fumette d’un pétard gros comme un « litre étoilé » ne se sent plus très bien et que Mimi Felixine va chercher Gérard Lanvin et lui décrit la scène d’un court mais explicite « Eh ! Ton pote, il est plus étanche ! » 
Après le repas un peu trop copieux du dimanche soir, celui d’hier soir, absorbé avec l’appétit d’un Somalien, eut sur moi l’effet du pétard sur Michel Blanc.
Comme lui, j’aurais pu dire « J’ai les dents qui poussent » et j’avais assez nettement besoin de « sirop contre les renards ».
Mais il y a matière à consolation dans les situations les plus désespérées.
Bien sûr, j’ai été trop occupé à gérer des évasions diverses pour regarder et surtout entendre avec toute l’attention nécessaire  « la dernière » de Guy Bedos.
Cela dit j’en ai tiré l’avantage d’avoir récupéré en une soirée un poids dévasté par l’abus des dîners chez l’Ours.
Quand je vous dis qu’à quelque chose malheur est bon…

 

lundi, 23 juin 2014

Je l’ai eu, l’appeau lys a marché…

Hier, alors que j’attends habituellement qu’Heure-Bleue soit prête pour aller faire quelques courses, ce qui nous amène au début de l’après-midi, je suis sorti en fin de matinée.
Seul.
La lumière de mes jours regardait, désenchantée, le bouquet de lys qui pourrissait lentement depuis neuf jours dans son vase.
J’avais déjà appelé le fleuriste qui m’avait assuré qu’il nous changerait le bouquet. Nous étions allés le voir et il nous avait alors dit « pfiouu… Mais ils vont s’ouvrir ! Si dans cinq jours y sont pas ouverts, pas de souci ! »
Dimanche matin donc, d’humeur guillerette car le soleil me fait cet effet et me rend primesautier –Heure-Bleue dit « plutôt emmerdeur »-  j’ai pris le bouquet et ai traversé la passerelle.
Arrivé sur l’avenue, j’ai vu le fleuriste arroser les fleurs et les plantes sur le trottoir en sifflotant. L’air de rien j’ai lancé, le bouquet derrière le dos :
- Aaaahhh ! Bonjour monsieur, ça a l’air d’aller ce matin, la forme ?
- Ah oui, il fait beau ! Et vous ?
- Ça va…
J’ai tendu les lys au fleuriste en disant :
- Mieux que les fleurs…
- Ah ça alors !
A-t-il dit, l’air faussement surpris mais toujours souriant.
Je lui ai souri, de ce petit sourire moqueur et agaçant qui donne à Heure-Bleue envie de me jeter toute la vaisselle à la figure.
Son sourire a jauni mais il m’a assuré, contemplant les lys, toujours fermés mais déjà pourrissants :
- C’est la première fois que ça arrive…
- Oh je suis sûr que non…
- Mais si, si ! Je vous assure !
- Non, non. Je crois plutôt que c’est la première fois qu’on vient vous les rapporter…
Il m’a laissé choisir un autre bouquet de lys.
C’est la première fois qu’un fleuriste m’offre des fleurs, lectrices chéries.
Et ces lys sont bien partis pour finir à la poubelle.
J’arrêterai là car 50% de remise me semblent acceptables pour des fleurs dont au moins une sent bon…
Mais ses pratiques viennent de lui faire perdre une cliente toujours friande de fleurs coupées.
Il ya des économies, comme ça, qui vous coûtent cent fois leur montant…

dimanche, 22 juin 2014

Une femme parmi nous. Et réciproquement…

Je suis scandalisé –oui, je sais, encore…- par une lectrice chérie qui prétend que je ne suis pas coquinet, ce qui est assez niais mais pas extraordinairement grave.
Oui Lili ! C’est de toi que je parle !
Tu vas jusqu’à prétendre, sans autre information que celle que je donne parcimonieusement ou qu’Heure-Bleue donne avec réticence, que je serais « un fieffé coquin » !
Alors qu’en réalité, si je suis un admirateur inconditionnel des femmes, comme en témoigne mon goût pour ce tableau qui lie si bien deux péchés indispensables : La Paresse et la Luxure et que j'insère à l'attention de Ckan qui semblait ne pas savoir de quoi il s'agit.

Le Sommeil.jpg
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Si donc je suis comme ça, ce n’est dû qu’à l'enthousiasme qui saisit normalement un élève qui fut passionné dès la première leçon.
Si assez tôt je fus un élève assidu des études de psychophysiologie, est-ce ma faute ?
Non ! Bien sûr les sujets d’études étaient particulièrement passionnants, attachants, intrigants.
Voyons, lectrices chéries, connaissez vous une discipline, un enseignement où les cours sont à la fois les cours et la récré ? Hmmm ?
Et puis, après tout, être prêt à tout pour faire des progrès dans un domaine est plutôt une qualité, non ?
Hier soir, justement, une des premières leçons m’est revenue à temps.
Elle me fut pourtant enseignée il y a longtemps. Très longtemps. Et durement. Très durement…
Hier soir donc, une Heure-Bleue en veine de « test à choix unique », bien plus délicat à manier que le QCM qui pourrit la connaissance et transforme une discipline en loterie, a soudain au détour d’une remarque demandé d’un ton doux que je ne lui connaissais pas et qui a illico attiré mon attention « C’est vrai ça ? Dis moi, mon chéri… »
La question s’était insidieusement introduite dans mon esprit perpétuellement embrumé jusqu’à ce que je m’aperçusse que ce n’était pas la question elle-même qui était le piège mais sa formulation.
Ce « Dis moi, mon chéri » m’a estourbi au point que j’ai regardé la lumière de mes jours, estomaqué.
- Mon chériiii ? !!! Tu déjantes !
- Ah quand même…
J’ai regardé la lumière de mes jours comme un enfant regarde son assiette la première fois qu’on y met des épinards. Avec méfiance et inquiétude.
- Jamais tu ne m’as appelé « mon chéri » ! Tu es malade ? Jamais, en plus de quatre décennies, tu ne m’as appelé autrement que « Minou », rarement « M’amour ».
- J’ai eu peur un moment. Je me demandais si tu ferais attention !
- Allons ma Mine, tu vois, je ne dis pas « mon amour », tu crois que j’allais tomber dans le piège ? Pfff…
Après des années d’enseignement, de leçons durement apprises, essayer de m’avoir de cette façon… Non, vraiment… « Mon chéri » je vous demande un peu.
Comme s’il y avait eu quelqu’un pour m’appeler « mon chéri » pendant des décennies…