mercredi, 27 août 2014
Je suis serin…
Vous avez vu ce temps, lectrices chéries ?
Un temps à se foutre dans la Seine ! Le SAD va frapper fort ces temps ci…
C’est un temps à se laisser embarquer dans les souvenirs, ça.
Et à se retrouver avec des histoires. Le problème, c’est que les rues de Paris que je parcours régulièrement sont pleines de souvenirs, que beaucoup de celles qui ne me rappellent rien de particulier sont les rues d’arrondissements qui ne me plaisent pas.
J’ai bien un souvenir dans la rue Raffet, plus précisément la portion de cette rue bien pensante entre la rue Jasmin et la rue de la Source, tout près de l’avenue Mozart.
C’est bien le seul souvenir agréable que j’ai du XVIème arrondissement. Cet arrondissement m’a toujours semblé profondément ennuyeux, tout comme le XVème m’a toujours semblé assez tristounet.
Mais le XVème, c’est sans doute parce qu’une amourette, hélas frustrante, m’a fait apprécier modérément le square Saint-Lambert.
Que voulez-vous, lectrices chéries, il y a les jours à pelle, les jours à tarte et les jours à râteau.
Et pour ce que je constate, pour être aller retrouver mini-néphro à l’Hôpital George Pompidou, le XVème n’a pas changé.
On dirait bien qu’une part de Paris a vocation d’être ennuyeuse.
Et si, pour le XVème, j’ai écrit « tristounet », ce n’est pas par goût de l’euphémisme. C’est parce que là, même la tristesse a un côté ennuyeux.
Ce n’est pas la tristesse, la mélancolie qui peut vous saisir quand vous traversez certaines rues quand le temps est à l’unisson, quand Léo Ferré parle de « ce mal qui nous fait du bien ». Ce sentiment qui fait qu’on s’y complairait presque, si on avait des tendances masochistes. Non, non, cet arrondissement là est seulement ennuyeux et j’ai, hâte d’en sortir.
Ah ça ! Ce Paris là n’a rien de commun avec la ville, la vraie ville. Ce Paris dont j’emprunte les rues avec délices. Bon, il y a eu quelques modifications, surtout du côté des Halles mais tout de même, si vous aviez connu les rues Tiquetonne et Rambuteau, pas loin de là où est mort Gavroche, c’était quelque chose. Maintenant, évidemment, Gavroche est devenu un nom de gargote pour touristes et la rue Rambuteau n’a plus rien de commun avec ce qu’elle était avant les années 1970 et la construction du musée Pompidou et du Forum des Halles.
Mais je vous en dirai plus demain.
Ou après demain…
10:59 | Commentaires (11)
mardi, 26 août 2014
T’as de beaux vieux, tu sais…
En juillet 2012 , Mab m’avait laissé un commentaire disant « Plus on avance en âge et plus l'enfance est présente, c'est ainsi que je vois les choses. En tous cas c'était bien agréable. »
Puis, en janvier 2014 , elle a insisté, lâchant imprudemment « A 86 ans maman disait souvent que dans sa tête elle était toujours la jeune fille de 15 ans et plus ça va plus je suis d'accord avec cette façon de nous voir. »
Pourquoi cette accroche ?
Parce que je cherchais sur mon blog, pour répondre à une réflexion de la Tornade, quelque chose qu’aurait dit Heure-Bleue.
J’ai donc remonté le cours passionnant des bêtises que je vous ai racontées pendant deux ans, lectrices chéries.
Et je suis tombé justement sur ces deux commentaires de Mab.
Et là, un douloureux doute m’étreint…
Mais je suis plein de doutes.
Si plein que je ne me rappelle plus lequel…
10:24 | Commentaires (7)
lundi, 25 août 2014
Elle a ce qu’Ulysse, qui m'intéresse…
Et qu’il m’arrive d’envier, a…
Samedi, je ne me suis pas contenté d’être agacé par l’affiche d’un film qui va me faire économiser une dizaine d’€uros.
Je suis allé, avec Heure-Bleue et la Tornade, faire un mélange de deux périples que j’ai faits il y a peu.
D’abord un remake de « Frogs & Rosbif » mais en croisant le « club sandwich » et le « fish n’ chips ».
Autant dire que ce fut exactement le déjeuner de la veille.
Puis, après avoir traîné jusqu’à la rue Elzévir, nous sommes entrés dans le musée Cognac-Jay. Nous y avons, comme chaque fois, papoté avec un gardien très au fait de ce que comportait son musée. Ce n’était pas le même gardien que lors de notre précédente visite. Évidemment, les avis des deux divergeaient salement sur Guardi et Canaletto.
Malheureusement pour nous, ce musée fermera bientôt jusqu’au mois de novembre.
Malgré nos demandes pressantes, « ils » n’ont pas voulu abriter leur unique Rembrandt chez nous. Nous ne le proposions pourtant que dans le but de le protéger des plâtriers.
Cela dit, j’ai repéré quelque chose dans une des pièces, une chambre.
Derrière le lit, un petit tableau rappelant avec acuité les dures réalités qui frappent parfois sous le baldaquin comme sous la ceinture.
Ce charmant petit tableau, montre un homme légèrement, très légèrement, dépenaillé sur un fauteuil, et debout à ses côtés, une femme l’air presque satisfait.
Le cartouche au bas du cadre indique au passant que le peintre, dans un accès de réalisme désolé, a appelé son œuvre « Le carquois épuisé »…
C’est merveilleusement autant que délicatement explicite, non ?
06:40 | Commentaires (9)
samedi, 23 août 2014
Nos étoiles contraires.
Cette affiche m’énerve.
Je la vois chaque fois que je vais prendre le train ou que je vais au Monop’.
Ce soir, en revenant de Paris avec Heure-Bleue et la Tornade, elle me saute de nouveau à la figure.
Pour le peu que j’en ai appris, il s’agit d’une histoire genre « Love Story » - Ce truc beuglé par Mireille Mathieu il y a plus de quarante piges- mais en « politiquement correct ».
Là, c’est sûrement pour des raisons de respect de la parité que les deux ont un crabe. C’est pas comme dans « Love story » où un fils de banquier s'amourache de la fille d'un pâtissier. Dans « Love story » il n’y a eu que la fille qui s'est retrouvée avec une leucémie mais l’ordre naturel des choses l’emporte : C’est elle la pauvre, donc elle meurt et c’est normal alors que lui, fils de banquier s’en tire avec seulement un gros chagrin et récupérera la thune de papa.
Là, c’est un peu pareil mais il est probable qu’ils vont tous deux lâcher la rampe.
Mais bon, si vous avez moins de seize ans ça peut marcher.
Lui, gamin à qui il manque une jambe.
Elle, jeune fille avec un respirateur à oxygène dans le nez.
Il m’est venu à l’esprit qu’après tout, « pas de pattes » versus « pas d’éponges » ça peut marcher.
Je me suis fait regarder de travers quand j’ai remarqué que « Finalement, il a une patte en moins. Comme il ne peut pas courir les filles, il s’est rabattu sur une qui n’avait pas de souffle… »
Je suis sûr qu’ « on » a pensé que j’étais sans cœur.
Alors que c’est même pas vrai…
19:16 | Commentaires (12)
vendredi, 22 août 2014
Le pantalon.
Une inconnue qui signa « Dé dit casse » un commentaire me demandant de raconter mes jeudis
« En galoche, bermuda et bretelles, genoux écorchés, lance pierre a la main a guetter les filles derrière les buissons »
se trompe lourdement.
Ou elle est trop jeune, ou sa mémoire lui joue des tours.
Le bermuda et le lance-pierre ne coexistent pas.
Le lance-pierre et le matage de filles derrière les buissons non plus.
Le bermuda était, à l’époque de mes jeudis, un attribut de gosse de petit bourgeois.
Le lance-pierre couchait mal avec les allées du parc Monceau.
Et quand on en était arrivé à regarder les filles, l’outil prévu n’était pas le lance-pierre…
Que je te dise, « Dé dit casse », les bermudas, je n’ai jamais porté.
Les lance-pierres, contrairement aux filles, c'est pas mon truc, .
En revanche, la culotte courte de velours côtelé, j’ai eu une longue, bien trop longue expérience de la chose. Un long martyre pour moi qui ai toujours été frileux.
Ma mère, encore elle, avait rapidement tranché entre les degrés dont j’avais besoin et les francs dont elle avait besoin.
Jusqu’à mon entrée en sixième, j’ai donc dû porter ces culottes courtes qui me couvraient, certes, mais de honte car les autres portaient des pantalons. Au moins l’hiver.
Quand je suis entré au lycée, mon père, qui ne sortait pas du même milieu que ma mère, savait bien, lui, combien il est important de paraître appartenir au milieu qu’on aborde. Il convainquit ma mère, à coups d’arguments d’abord, d’heures supplémentaires ensuite, qu’il me fallait un pantalon pour aller au lycée, ce repaire de bourgeois. Les arguments la laissèrent froide. Les heures supplémentaires ne la poussèrent qu'à remarquer que ça permettrait de mettre des sous de côté.
Mon père, qui la connaissait lança « Ma poule ! Tu ne veux pas que ton fils ait honte de ses parents ! Qu’il pense « maman ne m’aime pas » non ? »
Pour vicieux qu’il fût, l’argument porta et ma mère se rendit à ses raisons.
Sa vengeance à elle fut aussi vicieuse que l’attaque de mon père. Elle m’emmena « Au Chic Parisien », Porte de Clignancourt et, après moult essayages, jeta son dévolu sur un pantalon gris-bleu, rêche comme une brosse de chiendent, dix fois trop long et de deux tailles trop grand. Elle vérifia soigneusement à mes regards qu’il ne me plaisait pas du tout pour l’acheter quand même. Dans son esprit, elle ne devait accorder à mon père que des demi-victoires. Elle devait penser que l’avoir laissé lui faire trois enfants était largement suffisant comme victoire…
Ce pantalon, non seulement ne me plaisait pas mais, à côté de celui de mes camarades de classe qui n’étaient pourtant pas des , il me donnait un côté clochard peu seyant. Les revers en étaient quatre fois trop épais, tous ces tours auraient permis de l’allonger jusqu’à mon service militaire.
La ceinture me serrait assez pour que je ne perdisse pas mon pantalon trop large.
Ma mère s’était vengée de la maigre victoire de mon père en me transformant en clown. Elle ne manquait pas chaque soir de lui faire remarquer que « quand même, en culotte courte, il est bien plus beau ! Des pantalons, à cet âge là… »
Je ne suis pas sûr du tout que pour elle j’étais autrement élégant.
Et madrée comme elle était, elle avait soigneusement écouté mon père.
Elle n’avait acheté qu’un pantalon…
Les récréations des enfants d'une dizaine d'années étant ce qu’elles sont, pendant encore au moins un trimestre, je dus porter deux semaines sur trois, cette culotte courte en velours qui me râpait le haut des cuisses et laissait passer des courants d’air désagréables. Mon père dût encore se battre sévèrement contre l’inertie maternelle pour que je pusse enfin aller au lycée tous les jours en pantalon…
10:38 | Commentaires (12)

