samedi, 10 novembre 2007
Endormissement impromptu...
Au fait, je ne vous ai pas dit ?
L'aventure de la semaine est arrivée ! Une chose rarissime ! Une chose qui n'arrive que dans les bandes dessinées !
Vous n'êtes pas sans savoir que, contrairement à ce que prétend Douce Moitié, je suis un ange de douceur (et surtout de patience).
Or donc, comme chaque matin, en mari aussi dévoué qu'aimant, je prépare le peti déjeûner des mes deux quémandeuses. D'abord le chat qui est encore plus exigeant que Douce Moitié, puis Douce Moitié.
Je m'acquitte de cette tâche avec le sérieux qui sied à celui qui sait que le moindre faux-pas, erreur sur la température de la Ricoré, qualité du pain, quantité de beurre, peut amener Douce Moitié au bord de l'évanouissement.
Vous ai-je déjà décrit Douce Moitié le matin ?
Belle, sans ornements, dans le simple appareil
D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil ?
Mais surtout mal réveillée...
Eh bien, imaginez Douce Moitié, mangeant délicatement sa tartine, allongée languissamment dans son lit. L'esprit tout encombré encor des brumes du sommeil comme dit le poète.
Tandis que, tout occupé que je suis à lire vos notes, je me crois naïvement en paix pour quelque temps je suis donc, d'un seul coup, d'un seul, sorti de ma lecture par des appels au secours.
N'écoutant que mon courage, je me précipite dans la chambre qui retentit des cris de Douce Moitié. Et que vois-je ? Un désastre ! Douce Moitié s'est endormie en sursaut !
Le plateau du petit déjeûner s'est renversé et, toujours en sursaut, mais réveillée cette fois, Douce Moitié pleure, et sur la perte du petit déjeûner et sur l'obligation de se lever pour changer le lit, tout détrempé qu'il est de Ricoré, du dessus de la couette au dessous du matelas.
Et faire lever Douce Moitié avant qu'elle l'ait décidé est une entreprise risquée.
Du coup elle a décidé depuis deux jours que je suis grognon...
16:50 | Commentaires (20)
mardi, 06 novembre 2007
Le dessert des barbares
Il y a un certain nombre de sentences mal comprises dans les Ecritures.
Bon, je n'épiloguerai pas sur "Tu ne tueras point.", conseil avisé qui est tombé en désuétude depuis la nuit des temps.Je voulais m'attacher à une sentence des plus mal comprises: "Malheur à celui par qui le scandale arrive."
Il est vrai que la tournure est assez ambiguë pour donner raison aux deux interprétations qui lui sont habituellement données: Tandis que le justiciable de base pense naïvement que la sentence vise le coupable d'acte scandaleux, le dépositaire de la parcelle d'autorité pense, lui, que la sentence vise essentiellement celui qui le dénonce.
Ce qui est plus gênant, bien sûr, est que c'est systématiquement la seconde qui gagne...
Néanmoins, il arrive que le culot de certains coupables de conduite scandaleuse nous laisse pantois, j'en veux pour preuve la plainte déposée par un édile suite à l'aventure que je m'en vais vous conter.
Un gamin de quelques semaines, un de plus, se trouve sommé d'expliquer à un juge les raisons de sa présence sur le sol de la France, Patrie des Droits de l'Homme, et ce sans les papiers prouvant à l'autorité compétente qu'il en a bien le droit. Mutisme du gamin, à l'exception de quelques pleurs. Relaxe du gamin et des parents. Commentaires acides du juge qui ira jusqu'à parler de "traitement dégradant" au grand dam du préfet qui aurait bien aimé ajouter deux ou trois petites croix à sa liste, histoire d'approcher le score de 25.000 exigé par son patron à look IIIe Reich, modifié 2007 (on retire la casquette et le manteau de cuir mais on garde le reste).
Une conseillère générale remarque aigrement dans un canard que le rapport de gendarmerie indique clairement que c'est le maire de xx...(je ne tiens pas à moisir sur la paille humide des cachots pour avoir dénoncé une infamie), Loiret, qui a courageusement balancé la petite famille à la maréchaussée et, candide, ajoute "Le fait qu'un maire puisse user de la délation avec un tel cynisme m'écoeure littéralement." sans se douter un instant que sa remarque va la rendre célèbre dans les tribunaux...
Ledit édile du Loiret (ça devient une habitude depuis Jargeau et Beaune-la-Rolande), vexé comme un milicien pris la main dans le sac d'un réfugié a eu l'audace de porter plainte pour... diffamation !!!
Il faut avouer qu'il faut un culot de candidat à la présidentielle pour prétendre être diffamé quand on se fait gauler à pratiquer une chose qui, il y a quelques décennies, eût valu à plus d'une d'être tondue.
10:05 | Commentaires (12)
vendredi, 02 novembre 2007
Le diagnostic est bon.
Mais le traitement inadapté...
D'ailleurs je ne me donne même pas la peine de rédiger une note que quelqu'un d'autre a si bien rédigée à ma place.
"Dans les banlieues déshéritées, règne une terreur molle. Quand trop de jeunes ne voient poindre que le chômage ou des petits stages au terme d'études incertaines, ils finissent par se révolter. Pour l'heure, l'État s'efforce de maintenir l'ordre et le traitement social du chômage évite le pire. Mais jusqu'à quand ? Aucun désordre n'est à exclure quand les rapports sociaux se tendent.
Ne laissons pas notre pays éclater en classes et en castes, avec des dignitaires arrogants, des parias désespérés et un peuple déresponsabilisé"
Jacques Chirac, janvier 1995, in " La France pour tous ".
On aurait dû l'élire Président, on n'en serait sûrement pas là...
12:10 | Commentaires (9)
mercredi, 31 octobre 2007
Charité bien ordonnée...
Douce Moitié est ravie.
Elle sait que son sacrifice ne sera pas vain.
Asthmatique qu'elle est, elle sait que le demi €uro quelle paiera en plus sur les 5 boîtes de médicament mensuelles de son traitement ne sera pas versé en vain.
Elle contribuera pour 2.5 € mensuel au démantèlement de la solidarité nationale.
Bon, à dire vrai elle apprécie modérément que son obole serve en partie à financer le passage de 6.000 à 19.000 € mensuels du traitement présidentiel.
Mauvaise langue qu'elle est, elle va même jusqu'à remarquer aigrement qu'il ne lui faudra guère, à lui, que 48 heures pour obtenir une augmentation mensuelle équivalente à 13 mois de salaire net du Smicard de base alors qu’il lui faudra, à elle, un an pour obtenir une augmentation mensuelle équivalente à 2 heures de salaire brut du même Smicard.
Décidément, ce type aime trop le fric et le paraître pour être un homme d'état crédible.
Je sens venir les ennuis...
10:50 | Commentaires (9)
vendredi, 26 octobre 2007
pour passagère.
N'y voyez rien de personnel mais je me chamaille avec une copine..
A mon tour de jouer...
Je ne suis pas aussi affûté que Schleuder en droit constitutionnel mais j'ai néanmoins appris quelques trucs sur ce qui nous sera proposé le 29 Mai.
Après la lecture d'un roman absolument ébouriffant, "Le Traité établissant une Constitution pour l'Europe", 576 pages de récit épique, retraçant les chamailleries de 25 pays pendant une bonne cinquantaine d'années pour que chacun puisse continuer dans son coin à faire ce qu'il faisait avant mais sans se faire la guerre.
Méthode économiquement intéressante parce que les guerres coûtent cher et philosophiquement astucieuse parce que ces mêmes guerres ne resolvent généralement pas les problèmes qui en sont la source.
De cette lecture il ressort que 6 traités furent signés en 50 ans, le traité Paris en 1951, le traité de Rome en 1957, l'Acte Unique en 1986, Maastricht en 1992, Amsterdam en 1997 et Nice en 2000.
Six traités sans se foutre sur la gueule !
Certes, ces traités prennent grand soin de ne fâcher personne, surtout pas les plus hargneux, et permettent aussi bien au touriste hollandais de manger les sandwiches qu'il apporte avec lui de peur d'être intoxiqué dans nos restaurants (fumier de Hollandais !) qu'au plombier polonais de bidouiller nos robinets (salaud de Polonais !) tandis que les frais émoulus de nos universités vont bosser dans des labos anglais qui, eux, les paient (sales traîtres).
Bref, comme dans toute nouvelle communauté, on passe son temps les uns chez les autres et on s'aperçoit que les autres sont aussi fûtés que nous (c'est dégueulasse !) et aussi retors que nous (c'est encore plus dégueulasse), quand ils ne sont pas aussi grands et généreux que nous (c'est un scandale)...
A la lumière des réponses fournies par les tenants du "OUI" et par les tenants du "NON", outre le fait qu'ils sont aussi malhonnêtes les uns que les autres -les uns mentent par omission, les autres aussi- j'ai surtout constaté que les uns et les autres n'avaient manifestement pas lu intégralement le roman en question .
Les tenants du "OUI" n'ont lu que les deux premiers chapitres tandis que les tenants du "NON" n'ont lu que le troisième.
Les tenants du "OUI" ont tout intérêt à éviter de parler du toisième chapitre, peu enthousiasmant pour les gens sensibles à la chose sociale tandis que les tenants du "NON" on tout intérêt à s'écraser sur les deux premiers qui consacrent des principes avec lesquels tout un chacun est d'accord, sauf Staline, Mao et leurs successeurs.
En y regardant de plus près, il y a un détail qui devrait mettre tout le monde d'accord:
- Si la réponse des pays européens est "OUI", les chapitres I et II, qui concernent les droits fondamentaux s'appliqueront, ainsi que la partie III.
- Si la réponse est "NON", seule la partie III continuera de s'appliquer.
Je trouve assez emmerdant de constater que je vote "NON" à cause de la partie III et que ce sera la seule appliquée si je l'emporte...
En fait si la question posée au référendum était " Voulez-vous que l'Acte Unique (1986, qui consacre la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux) ne s'applique plus ?", le "OUI" l'aurait emporté avec un score soviétique...
Alors ?...
21:05 | Commentaires (12)