Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 11 juin 2020

L'Antiracisme politique est un autre racisme !

lycee-colbert.jpg

Hier, sidéré je fus par une nouvelle !
La statue d’Edward Colston a été déboulonnée.
Colston, marchand, mécène et esclavagiste du XVIIème siècle contribua à la richesse de Bristol.
Ce marchand et mécène ne se comportait pas au XVIIème siècle comme on se comporte au XXIème siècle.
Il fut donc puni post mortem.
Une autre statue fut déboulonnée il y a peu aux États-Unis pour des raisons similaires aggravées par le fait que des femmes souffrirent des recherches du Dr James Sims.
Ce médecin, père de la gynécologie dont bénéficient aujourd’hui tant de femmes, ne se comportait pas, XIXème siècle oblige, comme on se comporte au XXIème siècle.
Il fut donc puni post mortem.
D’autres « indignations après coup » survinrent, me plongeant dans des abîmes de perplexité.
Tous ces juges, fervents partisans d’un « hygiénisme historique » m’abasourdissent !
Aucun ne semble se souvenir de ce précepte largement enseigné dans nombre de disciplines qui veut que « On ne peut juger les mœurs d’une époque selon les critères d’une autre. »
La lutte contre le racisme fait fi et surtout fait les frais de l’ignorance de ce précepte.
Je vais jusqu’à penser qu’une mode courante ces temps-ci est plus raciste que le racisme qu’elle prétend combattre.
Je pense à nombre de romans ou d’opéras « retraduits » si ce n’est « réécrits » car incompatibles avec la « political correctness » ambiante.
Pourquoi diable, Leo Muscato, metteur en scène, a-t-il fait flinguer Don José par Carmen ?
Si Prosper Mérimée, Meilhac et Halévy avaient voulu que Carmen tue Don José, ils l’auraient écrit ainsi !
Je pense aussi à la volonté de transformer des héros comme 007, « l’homme au permis de tuer », Bond. James Bond, qu’on veut voir incarné par un Noir.
Ce qui me gêne n’est pas que James Bond soit noir.
C’est que si Fleming avait voulu, il pouvait le créer Africain, il l’a fait Anglais et Blanc.
Je trouve cette approche plus raciste que le racisme prétendument dénoncé.
C’est comme si on expliquait à l’Afrique « ces pauvres nègres n’ont pas de héros dignes de ce nom, on va peindre quelques-uns des nôtres en noir et vous les prêter. »
Au même moment on oubliera que l’Othello de Shakespeare n’était pas plus blanc-bleu que le Bug-Jargal de Victor Hugo.
Pendant ce temps là, un tas d’ânes veulent faire un autodafé de « Autant en emporte le vent ».
Je devrais peut-être leur rappeler de brûler aussi « La case de l’Oncle Tom » et déboulonner la statue de Mme Harriet Beecher-Stowe...
C’est le nec plus ultra du «politiquement correct».
Toutes ces conneries bien-pensantes et surtout qui ferment les yeux sur la réalité m’énervent.
Ça évite aussi de remarquer que la discrimination sociale est un racisme aussi meurtrier qui ne concerne pas que l’ethnie mais inclut l’état de fortune, l’endroit où l’on vit, la couleur de sa peau et le nom que l’on porte.
Avant la décolonisation, il y a eu Banania, les Noirs étaient un maillon entre le singe et le Blanc, Sepulveda avait convaincu l’Espagne et le Portugal que les Indiens d’Amérique latine n’avaient pas d’âme et pouvaient être esclaves.
Je m’attends donc à ce que, sous peu, on déboulonne la statue de Colbert, débaptise la rue Colbert et qu’on abatte le lycée Colbert, magnifique...
Pas de raison ! Il a écrit le « Code Noir ».
Le monde était féroce, raciste et chacun était convaincu de sa supériorité sur son congénère.
Aujourd’hui, c’est toujours aussi féroce mais il faut l’habiller de mots doux.
L’esclavage et le racisme ne sont autorisés qu’au nom du dividende et à condition de n’être pas colorés.
On tente de gommer dans les lieux, les musées et les bibliothèques ce qu’il faut cacher de nos actes anciens pour éviter que ceux d’aujourd'hui ne changent réellement.
Et ça m’agace.
En fait, on fait ce qu’on reproche à Big Brother dans 1984: On réécrit l’histoire.
Juste pour oublier qu’elle n’est pas flatteuse pour l’espèce.

AA7V4Xz.jpg

mercredi, 10 juin 2020

L’âge de déraison…

Je pensais qu’il était bien suffisant d’avoir l’âge de ses artères.
Lundi, on m’a quasiment expliqué que j’avais l’âge de César Frank…
Après être partis presque joyeux claquer le budget Culture de l’Autriche au Monop’ du coin des enfants, je me sentais presque à l’abri.
Heure-Bleue était la cible de la mauvaise humeur adolescente de Merveille.
J’étais donc tranquille.
Jusqu’à ce qu’on passe devant une nouvelle boutique dans la rue qui mène au Monop’.
Cet ancien bureau d’études d’architectes était devenu une boutique aux buts commerciaux assez flous.
J’ai regardé la vitrine et dit à Merveille, qui faisait la gueule « C’est devenu une boutique pour Africains… »
Elle a pris son élan et m’a débité le discours bien-pensant habituel sur les méfaits du racisme, la honte d’avoir un papy comme ça, etc.
Bref, j’ai laissé dire jusqu’à ce qu’elle soit à court de manque d’arguments sensés.
Peu inquiet car je la sais foncièrement honnête.
Elle a fini par me dire « Et puis d’abord, qu’est-ce qui te fait dire que c’est une boutique pour Africains ? Hein ? Vas-y ! »
- Tu n’as qu’à regarder la vitrine, il y a peu de produits, rien que des guichets.
- Et alors ?
- C’est écrit sur la vitrine : Que des compagnies de transfert de fonds et des téléphones prépayés.
- Et c’est pour les Africains ?
- Tu sais de quoi vivent beaucoup de pays africains ?
- Ben… Pas trop…
- Ils vivent beaucoup de l’argent que leur envoient ceux qui ont émigré vers des pays riches. Tous les mois, ils envoient au bled une grande partie de leurs sous, ça leur permet souvent de manger…
C’est là que j’ai aimé que Merveille soit foncièrement honnête.
- Excuse moi Papy, je n’avais pas pensé à ça, en fait tu n’es pas raciste…
Elle s’est ravisée un instant et a ajouté :
- Sauf avec les Roms, des fois…
- Ah ! Mais ils m’ont coûté beaucoup plus cher que les Africains…
- Rhooo !!! Papyyyy !!!
Nous sommes entrés dans le Monop’ où P’tite Sœur aurait volontiers acheté tout le rayon des jouets.
Merveille m’a dit :
- Papy, Maman ne voulait pas venir, elle m’a dit de ramener des Always, celles bleues, ou vertes, enfin un bleu « chelou », un que je ne connais pas.
- « Turquoise » ?
- C’est ça !
Elle est ensuite partie avec Heure-Bleue dans une autre boutique tandis que P’tite Sœur me donnait la main et que je me débrouillais tout seul pour trouver ces fichues « Always turquoises ». 
C’est peu après leur départ que l’on m’a ramené à la triste condition de « vieux ».
J’ai acheté un cadeau à P’tite Sœur, une bouteille de « pousse au crime » et j’ai cherché les fameuses « Always turquoises ».
Une dame dans mes âges m’a dit avec un gentil sourire :
- Vous semblez chercher quelque chose…
- Oui, merci, les protections féminines…
Au premier abord, à voir le sourire de la dame, je me suis dit, tel Bedos « Vas-y Jeannot ! C’est dans la poche ! Accroche-toi ! »
Hélas, elle m’a dit :
- C’est à l’étage, là ils ont beaucoup de choses pour les personnes âgées…
Non mais quelle s… !!!
Elle a ajouté facile soixante-dix ans à ma cervelle de piaf !
Elle n’a pas gâché ma promenade avec les petites mais c’est passé près…

mardi, 09 juin 2020

Devoir de Lakevio du Goût No 42

devoir de Lakvio du Goût_42.jpg

Qui est-elle ?
Existe-t-elle ?
Que fait elle là ?
À vous de le dire lundi…


Il a sifflé comme un voyou et j’ai entendu ensuite un ton enjoué constater « Pas mal la rouquine ! »
C’est ce qu’a dit le type en passant devant ce vasistas derrière lequel je n’avais jamais vu âme qui vive.
J’ai regardé plus attentivement le vasistas où une vitre manquait, alors que le type regardait encore, intéressé.
Rien, il n’y avait rien.
Ou le type rêvait à haute voix ou il pensait à autre chose.
Nous sommes entrés ensemble dans la boucherie.
Comme d’habitude, à cette heure-ci il n’y avait que la vieille de la petite maison de ville du coin de la rue, la femme-du-boucher-caissière-chroniqueuse-du-quartier et le boucher, tourné vers son étal .
Comme toujours aussi, le type salua à haute voix et réclama, encore comme toujours, « Deux entrecôtes ! Et des bien, hein ! Des entrecôtes de deux cents grammes quoi… »
Il demandait toujours la même chose.
Tous les jours.
Plus exactement six jours sur sept car le dimanche matin il demandait « Quatre entrecôtes ! Et des bien, hein ! Des entrecôtes de deux cents grammes quoi… » parce que la boucherie était fermée le lundi.
Le type mangeait quatre cents grammes de bœuf chaque jour et ça se voyait.
Il était rougeaud au point que je me demandais s’il ne faisait pas passer ses entrecôtes avec du pastis…
Il demanda donc ses deux entrecôtes et, pendant que le boucher les lui préparait, il déclara à la cantonade « Tiens, dans la boîte plus haut, il y avait une super nana à la fenêtre ! »
Avec un petit rire graveleux, il ajouta à l’attention du boucher qui ne broncha pas « Un buste, je ne vous dis que ça… Nom de dieu ces nichons… »
La femme-du-boucher-caissière-chroniqueuse-du-quartier pâlit, hoqueta et partit vers l’arrière-boutique.
- Qu’est-ce qu’elle a ta femme ?
Demanda le type.
Le boucher ne répondit pas et se contenta de hausser les épaules.
La vieille répondit à sa place :
- C’est rien, c’est juste que depuis que l’usine a fermé il y une soixantaine d’années, la légende court…
- Quoi comme légende ?
- La femme du patron, une rousse magnifique, aurait été tuée en passant trop près d’une machine, le patron s’est suicidé, l’usine a fermé et on dit que celui qui voit la femme à la fenêtre voit sa fin prochaine.
- Pfff… des conneries tout ça !
La vieille protesta :
- Moi je dis ce qu’on m’a dit !
- J’ai jamais cru aux fantômes, je vais pas m’y mettre maintenant…
J’ai pensé « tu devrais faire gaffe parce que là, tu creuses ta tombe avec tes dents, mon gars… »
Le boucher tendit le paquet d’entrecôtes au type, annonça « dix-sept euros Lucien ! »
Comme toujours Lucien dit « Quoââ !!! » d’un air scandalisé.
Il commença à tendre la main pour attraper le paquet quand il donna l’impression d’avoir reçu un coup de bélier.
Il porta ses deux mains à la poitrine et s’effondra d’un coup.
Le boucher appela le 18.
La vieille se contenta de dire « C’était tout même pas si cher pour quatre cents grammes d’entrecôte. »
J’ai renoncé à mon steak et me suis accroupi pour commencer un massage cardiaque que je savais inutile…

dimanche, 07 juin 2020

Les jolies colonies de vacances…

bisous.jpg

J’ai entendu hier matin quelque chose d’étrange.
Il était question de « colonies de vacances apprenantes ».
Quoique cela veuille dire, ça allait signifier au moins une chose : Les gosses allaient partir en vacances avec l’entrain qui menait l’ouvrier qui « allait au charbon »…
Puis, une autre raison de pourrir ces « colonies de vacances apprenantes » se fit jour au fur et à mesure que le journaliste égrenait « les précautions indispensables à la sécurité » des enfants.
Ceux qui auraient la chance – deux cent cinquante mille enfants tout de même- de « profiter » de ces « vacances » se trouveraient masqués, leurs moniteurs itou.
Les repas les verraient soumis à la « distanciation sociale », comme si elle n’existait pas dans leur monde habituel.
Ces pauvres enfants, eux que l’on envoyait autrefois « en colo » pour soulager leurs parents et leur apprendre que les vrais arbres n’ont pas de grilles de fonte autour du tronc, pour leur apprendre aussi que les relations sociales doivent être empreintes de solidarité, de camaraderie et de bien d’autres choses allaient déchanter sous peu.
À écouter ce chantre de l’hygiénisme, je me suis dit soudain que le premier baiser de ceux qui auraient normalement dû avoir la chance de le voler allait avoir un drôle de goût…
D’un seul coup, ça m’a gâché leurs vacances.
Pauvres gosses…
Non seulement ils ont raté l’école mais en plus on leur aura pourri l’école buissonnière…

PS :
Nous partons chez les enfants et nous ne reviendrons que lundi soir.
Ergo, je vous lirai seulement mardi...

samedi, 06 juin 2020

Exit...

coupette.jpg

Lectrices chéries ! Vous souvenez-vous de Léontine ?
Mais si… La dame charmante qui habitait au-dessus de chez nous quand nous habitions près du Père Lachaise, juste de l’autre côté du « Mur des Confédérés ».
Eh bien, au début du mois d’avril j’avais tenté de l’appeler dans sa maison de retraite pour lui souhaiter son anniversaire.
Léontine semblait tenir le coup.
Léontine, l’amatrice de champagne, celle qu’on allait voir, qu’on emmenait au café boire « son petit demi du dimanche ».
Léontine, qu’on raccompagnait chez elle, nous faisait entrer et nous offrait un « coupette de champagne », son péché mignon et qui finissait, de « coupette » en « coupette » avec un sévère coup dans le nez.
Léontine est née en 1925 et semblait oubliée par le temps.
Elle avait commencé à avoir peur de sortir après qu’on l’eut opérée d’un genou.
Elle avait mal au genou et sortait boire une bière avec son amie ou bien avec nous qui  l’emmenions au café « siroter un petit demi ».
Rentrée de l’hôpital, ce fut fini, elle s’étiola, tomba et finit à l’hôpital.
Où, vu l’exigüité  du placard où on l’avait collée elle ne put que rechuter.
Sa fille finit par la placer dans une maison de retraite.
J’ai donc appelé, vous ai-je dit, Léontine avril pour lui souhaiter son anniversaire.
La maison de retraite ne répondit pas plus que le studio de Léontine.
Elle mettait quelques minutes à me reconnaître mais y parvient toujours.
En fait elle ne perd pas la mémoire, elle est seulement « dure de la feuille »…
Heure-Bleue remarque que Léontine a toujours plus facilement reconnu les hommes que les femmes…
Cela dit, Léontine était la seule vieille plante que je connaisse qu’on ait pu changer de pot sans qu’elle meure en quelques mois.
Inquiet tout de même, nous avons cherché Léontine.
Puis j’ai fini par appeler la fille de Léontine.
Léontine est morte peu après son quatre-vingt-quinzième anniversaire.
Léontine fut victime d’un effet collatéral du coronavirus.
Elle n’est pas morte d’une maladie pulmonaire.
Ni d’une maladie physiologique quelconque – increvable vous dis-je-…
Léontine est morte d’une maladie de l’âme.
Léontine est morte de chagrin.
Les « gestes barrière » ont eu la peau de Léontine.
Elle est morte de ne plus voir sa fille qui venait régulièrement.
Dès qu’un confinement sévère fut mis en place pour « protéger » les pensionnaires des maisons de retraite, ils se sont mis à éviter le Covid-19 pour mourir de « syndrome de glissement ».
Avouez que « syndrome de glissement » ça vous a une autre gueule que « mourir de chagrin »…
Ce que je me rappellerai de Léontine, c’est sont regard malicieux quand elle me demanda d’écrire une lettre à ses voisins du dessus au câlin expansif, et son faux air de « chien battu » quand elle tendait sa flûte pour « allez, une dernière petite coupette »…