vendredi, 05 juin 2020
42ème devoir de Lakevio du Goût
10:17 | Commentaires (5)
jeudi, 04 juin 2020
Les « chaussures de sept lieux »
Un jour, il y a longtemps…
Enfin, le 4 mai, après beaucoup d’hésitations de « Procrastinette » comme j’appelle parfois la lumière de mes jours, j’ai pris la décision de commander ces chaussures dont elle me parlait depuis des jours.
- Minou ?
- Hmmm ?
- Qu’en penses-tu ? Elles semblent confortables.
De fait, on eut dit des « chaussons de sortie » et d’une souplesse que j’eusse aimée dans le caractère de la lumière de mes jours…
Les atermoiements durèrent ainsi plusieurs jours au point qu’un matin, j’ai acheté « en ligne » ces chaussures.
Le 4 mai dans l’après-midi.
Lesdites chaussures, censément en provenance de la perfide Albion, car je n’hésite pas à user d’un cliché quand l’occasion se présente, furent payées sur le champ et devaient arriver quarante-huit heures après dans notre boîte aux lettres.
Du moins celle réservée au « courrier volumineux ».
Le 5 mai au matin, la banque m’avisa que le paiement avait été prélevé.
Sachant que l’état du compte auquel j’ai accès est celui de la veille à minuit, je me suis dit « Mazette ! Ils doivent payer les chaussures « au cul du camion » pour débiter si vite ! »
Le 6 mai, point de chaussures.
Le 8 mai, férié, pas de courrier et pas plus de chaussures.
Le 10 mai, j’écrivis au marchand pour lui faire part de ma surprise.
Il me raconta en un français approximatif que les chaussures souffraient du coronavirus et que ça influait sur le délai de livraison.
Le 13 mai, un poulet me parvint comportant un lien menant à un transporteur qui m’informerait de l’état d’avancement de la livraison.
Ledit lien m’avisa que les chaussures de ma bien-aimée venaient d’arriver à l’aéroport où elles partiraient pour la France.
Je m’aperçus alors que ces chaussures avaient des vertus inconnues même de l’inventeur des « bottes de sept lieues ».
Elles avaient ramené le marchand avant 1997.
Ces chaussures venant censément d’Angleterre arrivaient de… Hong-Kong, terre britannique jusqu’en 1997.
À pied sans doute car les semaines passèrent sans plus de nouvelles.
Jusqu’hier après-midi.
Nous apprîmes avec stupeur que faute d’une boîte au lettres « aux normes » les chaussures seraient disponibles au bureau de La Poste de l’avenue dès aujourd’hui.
Il a fait un temps magnifique pendant les mois du confinement.
Évidemment, le jour où on doit aller à la Poste, il pleut…
Il fait frais, et ça plaît à la lumière de mes jours.
Alors c’est bien aussi…
10:47 | Commentaires (13)
mercredi, 03 juin 2020
Convalescence…
Hier on s’est baladé du côté de la Madeleine.
On est aller acheter une chose indispensable chez Ikea : Une gourde !
À l’aller nous nous sommes arrêtés à la terrasse d’un café.
C’était agréable.
Heure-Bleue, victime d’étourdissement devant tant de liberté et de soleil, a bu un café – mauvais - et bu un verre d’eau.
Comme toujours, j’ai pris un « diabolo fraise », j’aime bien cette boisson acidulée, somme toute surprenante du hiatus entre la douceur de sa couleur et l’acidité piquante et légère de son goût.
Une partie de la promenade fut épuisante.
N’eut été la possession de la carte attestant de ma « bancalitude », la queue quasiment Kroutchevo-moscovite devant le magasin nous aurait dissuadé d’y entrer.
Si entrer ne fut pas difficile, et même agréable à voir la moue envieuse voire offusquée de tous ceux qui attendaient sagement leur tour, la suite fut plus délicate.
Imaginez un peu Ikea, coincé entre la nécessité de respecter la « distanciation sociale », les « gestes barrière » et autres précautions et la nécessité d’éviter la faillite, a concocté un labyrinthe qui aurait fait pâlir Thésée d’angoisse et usé jusqu’au dernier centimètre tout le fil qu’Ariane aurait fabriqué.
Heure-Bleue commit deux erreurs.
Elle pris une gourde sans le fameux « code barre ».
Elle oublia sur le champ où elle avait trouvé cette gourde.
Tandis que je laissai à l’abandon une autre babiole à la caisse je perdis facilement un quart d’heure à tenter de remonter « à rebrousse-poil » le chemin qui menait au rayon adéquat.
Après maints allers, maints retours, maintes erreurs de trajet, je parvins enfin à trouver la gourde convoitée équipée de son étiquette salvatrice, celle qui permettrait de la payer.
Je me contentai ensuite de faire fi de tous ces chemins tortueux et passai sous les bandes qui interdisaient d’emprunter le chemin qui menait à la caisse abandonnée.
Nous sommes sortis enchantés de retrouver l’extérieur et désolés de voir que le café Pouchkine n’avait pas jugé bon de participer à la liesse de la réouverture des bistrots.
Nous avons donc repris le chemin du retour.
Cette fois, ce fut l’envie de faire pipi qui nous fit nous arrêter à une autre terrasse.
Je repris un « diabolo fraise » tandis que la lumière de mes jours, soucieuse de préparer le prochain arrêt prenait un Perrier.
Comme à l’aller, je constatai que « un mètre cinquante » ne comportait pas le même nombre de millimètres selon que l’on est mastroquet ou ministre de la Santé…
Le mètre de mastroquet représente tout juste la distance qui permet de passer entre deux tables sans renverser les verres d’une table ou l’autre.
Ça ressembla assez à la première sortie de convalescents après un séjour à l’hôpital.
Mais c’était bien comme dit la lumière de mes jours.
PS : J’ai oublié. Heure-Bleue m’a bien eu cette fois : C’est moi qui ai changé le tube de dentifrice...
11:09 | Commentaires (7)
lundi, 01 juin 2020
Devoir de Lakevio du Goût N°41.
IIIème Guerre du golf…
Ne dites rien, lectrices chéries, je sais…
Elle, d’un swing magistral, avait envoyé la balle exactement là où elle voulait qu’elle allât.
Je la connaissais, je savais aussi qu’elle avait des vues sur John.
Je le connaissais, je savais donc qu’il avait une conception des liens du mariage qui lui faisait mettre son alliance dans sa poche quand il repérait une femme à son goût.
Hélas, quand John voyait une femme à son goût, c’était rarement celle qu’il avait épousée…
Phoebe pestait régulièrement quand nous prenions le thé.
Elle disait, à trop haute voix à mon goût, « Il est encore parti chez une… Une… » puis, s’étouffant d’indignation elle finissait par cracher, assez fort pour que les autres clients se retournassent vers elle « Bref, il est encore parti sauter une de ces s… au ventre plat ! »
J’étais toujours étonné qu’elle soit surprise de son comportement.
Il avait toujours été comme ça, laissant l’addition à son convive pour suivre une femme qu’il estimait plus tentante que la suite du repas avec sont commensal.
Depuis plus de vingt ans qu’il était marié avec Phoebe, elle aurait dû l’interdire de golf !
Outre que la cotisation coûtait une fortune, il jouait mal.
Ce qui n’aurait pas été bien grave si cet idiot ne « frimait » pas avec son « Quatre sous le par » dès qu’il était question de golf.
Et l’autre jonquille sur le « green », savait bien ce qu’avait dévoilé son « swing » quand elle avait levé les bras si haut qu’avaient été révélés bien d’autres attraits.
Magistral à plus d’un titre, ce « swing »…
Où qu’il aille, quel que soit le temps, John allait, sa casquette vissée sur le crâne.
Je les connaissais tous deux. Même mieux qu’ils ne le pensaient.
Je l’avais prévenue des risques, pires aujourd’hui que d’habitude.
Comme d’habitude, il finira « double bogey » et je ricanerai.
Phoebe serait vexée, son amour-propre griffé par les défaites de John supportait mal de le voir perdre régulièrement tous ses tournois.
Elle qui aimait être « la meilleure ».
Ou, à défaut, « être avec le meilleur ».
Poussée par moi, prudente cette fois-ci, elle était venue assister au tournoi.
Inutile de dire que quand elle avait vu l’autre, avec sa robe jaune, harponner John, elle avait compris où était le vrai piège du golf.
Le vrai piège du golf, c’est l’habituée de pelouses.
Celle qui l’avait justement harponné et n’était venue que pour ça.
Celle qui fait dire à juste titre « le vrai piège du golf, c’est le dix-neuvième trou »…
Persuadée, « la jonquille », qu’était célibataire celui sur qui elle avait jeté son dévolu.
« Jonquille » ne connaît pas Phoebe…
« Jonquille » a peut-être le ventre plat mais elle va avoir les yeux violets.
Surtout autour…
Ce que je préfère, dans le golf, c’est le spectacle.
Il promettait d’être grandiose.
« Phoebe pas partager son quatre-heures !!! » comme dit Joe dans la célèbre série « Friends » à propos de son manger.
08:22 | Commentaires (27)
dimanche, 31 mai 2020
Promenade
Hier nous avons fini par refaire la promenade de 2.450 m que nous faisons régulièrement.
Avec les mêmes arrêts devant deux librairies.
Une librairie « classique » tenue par une jeune femme accueillante où nous avons acheté il y a peu un opuscule nous proposant des « promenades à moins de 100 km autour de Paris sans voiture ».
Une autre librairie, dans le haut de la rue et pas loin de la place Constantin Pecqueur, est « moins classique ».
Trois vieux y vendent les bouquins aussi vieux qu’eux.
Le laisser-aller de ceux qui n’ont rien à faire du virus, des consignes sanitaires et, j’en suis sûr, de tout ce qui vient d’un gouvernement et peut s’apparenter à des consignes.
Pas de masque, quarante centimètres au mieux entre ces trois vieux que je pressens atrabilaires et hargneux.
Ils vendent, plutôt tentent de vendre, des livres d’occasion, de vieilles bandes dessinées.
Leur boutique est jaune, c’est ce qui me frappe quand je passe devant.
Cette impression de jaune qui se dégage de tout le magasin.
Tout est jaune, même les trois vieux.
Même les bouquins sont jaunis.
Encore cinquante ans et la boutique elle-même sera parcheminée…
Je n’aime pas cette boutique.
Je la pressens tenue par de vieux « anars » qui, l’âge venant et les années passant passent de « vieil anar » à « vieux facho ».
Le genre qui n’aime Desproges que quand il dit « On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle » ou « Pour un Arabe, il est bien »…
C’est assez courant pour que je me demande pourquoi ça me surprend chaque fois.
Je suis presque sûr qu’en tendant l’oreille assez longtemps devant la vitrine, j’entendrai l’un d’eux dire « Il est bien Bedos, pour un pied-noir quand il parle des Marocains, dommage qu’il soit né en Algérie… Enfin… Personne n’est parfait… »
L’autre répondra sans doute la minute suivante « Ah ? J’ai toujours cru qu’il était juif… Il paraît que non mais va savoir, dans le show-biz ils le sont tous… »
À rêvasser comme ça, nous sommes arrivés sur la place après être passés devant cet immeuble magnifique où, hélas, nous n’habiterons jamais.
Alors nous sommes redescendus vers chez nous en passant par la rue Caulaincourt jusqu’au cimetière de Montmartre.
Je suis passé devant des rues que je connais comme ma poche qui restent collées à ma cervelle comme le sparadrap du Capitaine Haddock.
C’était chouette.
En plus il faisait beau…
10:40 | Commentaires (7)