jeudi, 25 juin 2020
Fais moi un cygne...
Je ne sais pourquoi aujourd’hui je repense à ce film, « Le cygne ».
Ah si, c’est parce que j’ai lu une vague accroche sur le prince Albert.
Pas celui de la reine Victoria.
Non l’autre, le faux, celui de Monaco, le frère de « Steph’ de Monac’ »
Alors, évidemment, j’ai pensé à Grâce Kelly.
Et de fil en neurone puis de neurone en souvenir je me suis rappelé un film qui a marqué l’histoire du cinéma par son insignifiance…
Un copain, un vieux genre douze ans, m’avait dit « tu verrais, Kelly comme elle est belle ! »
Encore un copain que ma mère trouvait trop « déluré » comme elle dit mais de toute façon, pour ma mère, les garçons étaient toujours tous « trop délurés ».
Alors j’ai attendu que le film passe à l’Ornano 43.
Je ne sais pas si je vous déjà ai parlé de ce film.
Heure-Bleue m dit que oui, donc je radote…
Je vous ai donc déjà parlé du film.
Du cinéma à coup sûr, j’y suis allé si souvent…
Je l’ai attendu longtemps ce film, des mois…
Des mois je l’ai attendu et chaque dimanche je tâtonnais au fond de ma poche les pièces qui paieraient le ticket d’entrée.
Pendant des mois, chaque dimanche et chaque jeudi je suis revenu à la maison, déçu.
Puis j’ai vu le bandeau sur les photos qui invitaient à voir le film « jeudi prochain : Le cygne ! »
Le film que j’attends depuis si longtemps est là !
Lui l’avait vu dans un cinéma du côté du boulevard Montmartre, un cinéma mieux que par ici.
« Il passera, tu vas voir, c’est super chouette ! Elle est belle ! »
Alors j’ai attendu.
Et aujourd’hui, dimanche, il est à l’affiche.
« Le cygne » il s’appelle.
J’ai traversé le boulevard et ai gravi la volée de marches qui me mènerait au paradis ce dimanche-là.
J’ai la main serrée sur mes pièces.
J’ai la somme exacte dans la main.
L’homme grisonnant qui tient la caisse est là, comme tous les dimanches.
Je ne l’aime pas, il a l’air mauvais, pas comme celui du jeudi.
Peut-être qu’il n’aime pas travailler le dimanche.
Mais je m’en fiche.
Je vais enfin le voir, ce film.
Et la dame m’a pris par la main pour m’amener à la rangée où je devais m’asseoir.
Elle m’a indiqué le fauteuil. Juste à côté du sien, au bord de l’allée, tout près de la porte.
Je l’ai regardée. Elle était belle. Elle avait des cheveux blonds bouclés, des yeux bleus et une robe noire à la taille serrée par une ceinture de cuir vernis.
Ce qui m’a beaucoup plu, c’est son cou, mince et orné d’un petit col blanc à coins arrondis.
Ma mère m’a dit que ça s’appelait « un col Claudine ».
C’est très joli je trouve.
Je l’ai trouvée si belle que je crois que je l’ai plus regardée que le film.
Pourtant, dans le film, mon copain me l’avait dit, c’était Grace Kelly et elle était belle aussi.
En vrai, elle était belle mais pas aussi belle que la dame qui, une fois le dernier spectateur placé, s’est assise à côté de moi.
Je suis sûr maintenant que je l’ai plus regardée que Grâce Kelly…
10:30 | Commentaires (3)
lundi, 22 juin 2020
Devoir de Lakevio du Goût N° 44
Du rififi chez les dames ou autre chose ?
Cette toile de Jack Vettriano amène tant de questions…
Qu’en pensez-vous ?
« Houla ! C’est mal parti… »
C’est ce que je me suis dit en remettant les clefs dans ma poche…
Bon, je n’étais pas frais.
Elle non plus.
En plus c’est la première fois depuis des années que je la voyais fumer une cigarette.
Quant au verre de vin, là ça m’a vraiment inquiété.
Il nous arrivait de boire du vin mais jamais, au grand jamais, je ne l’avais vue boire un verre de vin seule.
Ni un verre de vin ni de quoi que ce soit d’alcoolisé.
Du moins seule.
Ça n’allait pas.
Mais alors pas du tout…
À la voir comme ça, à califourchon sur sa chaise, accoudée au dossier, je la trouvais extrêmement désirable.
Ça lui donnait un faux air de « femme de mauvaise vie » mais pas trop, plus le genre à se fourrer dans des situations délicates, comme celles qui font appel à Mike Hammer ou Philip Marlowe.
Je tentai un « Bonsoir ma chérie » qui sonnait faux.
Elle tira sur sa cigarette et ne dit pas un mot.
Elle n’avait pas besoin… Son silence était parlant.
Et il avait le goût des mauvaises nouvelles.
Le goût de la « convocation à un entretien préalable avec un représentant du personnel en vue d’un licenciement ».
La présence d’un représentant syndical n’est manifestement pas prévue.
Même un ami aurait été accueilli fraîchement…
J’insistai et demandai, comme si je ne le savais pas « Quelque chose ne va pas ? »
Un vrai « faux-cul » en somme…
Elle ne tourna pas même le regard vers moi.
Seuls me répondirent ces quelques mots jetés sèchement « Ce n’est pas la peine de fermer la porte, je fermerai derrière toi. »
Ils m’indiquèrent clairement la direction.
Celle de la sortie de sa vie.
Je savais bien ce que j’avais fait.
Mais elle ? Comment le savait-elle ?
Je n’ai rien dit et suis allé dans la chambre.
Ma valise était là, sur le lit, ouverte.
Mes habits jetés pêle-mêle dedans débordaient.
Un pantalon maintenant réduit en chiffons, déchiré jusqu’aux revers était jeté en travers.
Posée dessus, la note d’hôtel injustifiable que j’avais oubliée dans une poche…
07:52 | Commentaires (23)
dimanche, 21 juin 2020
Assentiment, aaahhh… sentiments… Assortiment ?
Rien ne va plus entre Heure-Bleue et moi !
Plus exactement, rien ne devrait plus aller !
Pire encore, rien n’aurait jamais dû aller !
La nouvelle n’est pas encore « la nouvelle qui affole le Web », selon la formule consacrée par les aboyeurs du Net mais ça ne devrait pas tarder.
« Mais alors ? De quoi s’agit-il ? » Vous demandez vous, lectrices chéries ?
Voire « Ciel ! Leur amour a du plomb dans l’aile ! ».
Les plus pessimistes iront jusqu’à dire « C’est y pas dieu possib’ que c’coup’ fusionnel y s’défasse après tant d’zannées ! »
Bon, on n’en est pas encore là mais la douleur de la séparation nous pend au nez.
Oui, elle « nous pend au nez comme un sifflet de deux sous » selon l’expression grand-maternelle quand j’avais fait une bêtise.
Oui, lectrices chéries, le Net me l’a appris il n’y a pas quatre matins alors que je cherchais une imprimante que j’ai fini par acheter et qui me fut livrée hier matin.
L’habitude de « digresser de la recherche » m’avait fait « cliquer » sur une image.
Et je suis tombé sur un article qui demande en substance « Qui aime quoi ? » et « Pourquoi ? » selon votre date de naissance.
Bon, il prouve d’abord que celle qui a commis cet articulet est assez jeune pour n’avoir pas compris que si on se demande pourquoi on aime quelqu’un, c’est mal parti car sous peu on va savoir pourquoi on ne l’aime pas…
J’en ai retiré que les signes du zodiaque ont une certaine propension à se mélanger n’importe comment.
Résultat ?
Heure-Bleue et moi sommes les plus mal assortis du monde.
La lumière de mes jours est née sous le signe du Lion.
Eh bien figurez-vous, lectrices chéries, que ce qui devrait coucher le mieux avec un Lion, plus exactement avec ma Lionne, c’est un Sagittaire.
Délaissant un instant l’imprimante, j’ai vérifié chez Sagittaire où j’apprends que le lion n’est pas ce qui ira le mieux avec un Sagittaire, mais alors pas du tout…
Quant à moi, vous savez toutes car je m’en suis longuement plaint ici, que je suis né sous le signe du Capricorne.
Signe honni des dieux car après Noël et le Jour de l’An, il n’y a plus une thune à la maison pour mon anniversaire.
Il ne vous étonnera pas non plus que, d’après l’article, je doive rester seul car ce qui couchera le mieux avec moi sera le Capricorne.
Je devrais donc coucher avec moi, peut-être quelqu’un d’autre mais en aucun cas une Lionne.
Voilà, lectrices chéries notre désespoir à Heure-Bleue et moi.
Nous couchons ensemble depuis longtemps alors que nous devrions nous jeter dans d’autres bras.
Pas de doute, il va être temps d’y songer…
En attendant je vais tenter de connecter cette imprimante toute neuve au réseau de la maison…
10:12 | Commentaires (11)
samedi, 20 juin 2020
Michou a échappé au confinement.
Enfin, si l’on veut…
Hier on est allé au cimetière Saint Vincent avec un ami.
J’aime beaucoup ce cimetière que je connais depuis toujours.
Bon, je préfère le connaître « du dessus » plutôt que « du dessous »…
On est évidemment allé voir la tombe de Michou.
La dernière fois que nous étions allé dans ce cimetière, Michou y était passé.
Il s’était assis sur sa tombe.
Maintenant il est dedans.
Il avait des manières assez « kitsch » et je même suis sûr qu’elles l’étaient au point d’aimer que sa tombe fût améliorée par les « décorations » dont elle est aujourd’hui inondée.
Avec mon entraînement de vieux Parigot je pense que c’est l’humour au second degré de certains et leur mauvais goût délibéré qui les a poussés à poser sur la pierre bleutée de la tombe un Sacré-Cœur de plastique.
Une pure merveille « kitschissime » de « plastique pleine fleur » collée sur un vrai socle de faux bois.
Pour que nul n’ignore qu’on est à Montmartre, il est écrit sur cette abomination « Paris » sur un côté et « Sacré-Cœur » sur un autre.
Je suppute qu’hélas il se trouvera sous peu un « chasseur de souvenirs » pour la voler, ainsi que le superbe chromo qu’on trouvait il y a des décennies dans les loges des concierges.
L’image magnifique, sous verre, précisant qu’on est à Paris et Michou embrassé par l’homme de sa vie, entre une photo de station de métro et une de la Tour Eiffel.
Bref, cette sépulture est une ode magnifique à l’humour au second degré et probablement à la générosité dont il fit preuve avec les peu lotis de son coin.
À moins que ce ne soit simplement la somme d’idées d’admirateurs dotés d’un goût qui me semble étrange, mais après tout, il a aidé tant de gens du quartier…
Beaucoup de ceux que certains, cultivés mais imbéciles, appellent « les gens de peu »
Mais c’était assez drôle à mon goût.
Ce fut une journée délicieuse.
10:46 | Commentaires (2)
vendredi, 19 juin 2020
44ème devoir de Lakevio du Goût
07:37 | Commentaires (8)