Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 04 août 2018

Je cherche aux champs l'herbette...

Les choses s’arrangent petit à petit.
Mon taux de réussite à Freecell dépasse les 99.6%
J’en suis même venu à me mettre à la fenêtre vers neuf heures du matin pour crier aux gens qui font des travaux dans le collège « Eh ! Vous pourriez quand même penser à ceux qui ne foutent rien ! »
Le mec qui déchargeait les échafaudages s’est retourné et à seulement haussé les épaules.
J’aurais peut-être dû penser à ces types qui bossent en plein cagnard alors que les autres se plaignent du prix des citronnades sur la plage.
Mais c’est bien connu, on pense toujours après.
À part ça, lectrices chéries, je suis toujours au plus mal mais moins.
Je dois même aller mieux puisqu’Heure-Bleue m’a déjà engueulé ce matin…
La seule qui semble me comprendre, c’est Julie !
Julie, je t’aimeeee !!!
Que je vous dise, lectrices chéries, je suis retourné voir le médecin hier après-midi.
Pour une histoire de cheville gauche où il soupçonnait une crise de goutte.
La goutte… Moi… Enfin.
Je me suis préparé soigneusement cherchant ce que je pourrais dire à Heure-Bleue pour animer l’ambiance un peu morbide.
M’est revenu à l’esprit un détail qu’on m’avait raconté, alors j’ai lâché « Bon, je me lave le pied gauche… »
Rien ! Pas même un « M’enfin Minou ! Tu n’es plus en pension ! »
Après avoir ajouté une bêtise du genre « pour des pieds pas lavés depuis trois mois, ils ne sont pas très sales…. »
Bref, je me suis préparé et je suis allé voir le médecin en fin d’après-midi.
C’est un homme charmant, Syrien de sa naissance, médecin de son état et qui converse facilement.
- Bien… Comment allez-vous ?
- J’ai de la fièvre…
- Hmmm ?
- 37.4 °C
Il n’a rien dit. Il m’a juste regardé. Il s’est adossé à son fauteuil et a haussé les épaules.
- Ah… 37.4, c’est de la fièvre… Bon…
- Ben euh… Quand même !
Il n’a rien dit, il s’est levé, a pris ma tension, vérifié mon taux d’oxygénation et m’a ausculté.
- Bien mieux qu’hier votre respiration !
On voit bien que ce n’est pas lui qui respire !
- Docteur, je suis épuisé des entrecôtes et des abdominaux à force de tousser.
- Ça va passer vous verrez.
- Encore deux crèves comme ça d’ici la fin de l’année et je vais récupérer les abdos de Muhammad Ali.
Il a pouffé, m’a regardé et dit platement « Ah ça je crois pas, non… »
On ne peut vraiment compter sur personne !
Puis il m’a regardé la cheville gauche.
- Pas de goutte, en revanche là une trace rouge, une contusion sans doute…
J’ai eu du nez de laver les deux car il a examiné aussi la cheville droite.
Elles étaient identiques. Et magnifiques.
Si je n’avais pas souvenir d’un malheur parisien de marche nu-pieds je serais revenu à la maison les chaussures à la main.
Donc, il est ressorti de tout ça que ça passe.
Trop lentement, bien trop lentement à mon gré, je ne supporte pas d’être malade de ce genre de truc, je suis encore plus chiant que d’habitude.
Je suppute que c’est une réaction à l’ambiance familiale de mon enfance, peuplée de « faut que je me repose », de « ça ne va pas fort, tu sais, mon petit garçon », de « je ne sais pas si je vais tenir jusqu’à Noël tu sais… »
Bref, je suis chiant et j’en ai assez et je suis sûr que les antibiotiques bossent « light », genre « j’attrape une bactérie sur dix. Eh ho ! Les vacances c’est pour tout le monde, hein ! »
Comme je n’ai pas d’illusions sur ce que je suis, vous pouvez plaindre Heure-Bleue de tout votre cœur.
Elle le mérite…
Allez, je vous mets ça pour vous rafraîchir, c'était cet hiver rue Foyatier, le long du funiculaire

Sacré Coeur cet hiver.jpg

vendredi, 03 août 2018

La fièvre monte à el pageot

De rien, c'est juste pour lui dire...
Bon, il est temps que je retourne chez le médecin et qu’il trouve un traitement efficace.
Je sens que d’ici peu, celle qui de temps en temps m’appelle « mon Bibelot » va succomber à la tentation d’échapper le Bibelot sur le carrelage de la cuisine.
Pire, elle va ajouter « Et voilà ! En plus faut que je ramasse… Pfff… »
La nuit précédente, déjà, les fissures d’une union maintenue à grands coups de disputes et masquées à grands coups d’incompréhension apparaissaient.
Alors qu’au milieu de la nuit précédente donc, j’ai sursauté, déchiré par une quinte de toux.
Je faisais un potin épouvantable alors, mu par un souci légitime, j’ai récupéré un plaid, mon oreiller et suis allé m’allonger sur un tapis de la salle de séjour.
J’ai trouvé une position où le petit « gratouillement » dans les éponges, celui qui annonce la toux se faisait discret.
J’ai donc pu me rendormir.
Ça ne dura pas, hélas…
Le jour n’était pas levé qu’on m’a tiré du sommeil en me traitant d’andouille.
« M’enfin ! Tu crois que c’est bon pour toi de dormir le nez dans le tapis ? Et la poussière ?  Allez viens ! »
Alors j’ai viendu sur le champ.
Hier matin, j’ai demandé à Heure-Bleue :
- Pourquoi tu es venue me réveiller ? Il n’y avait pas de bruit, tout le monde dormait.
- Ben, quand t’es pas à côté de moi ça me réveille.
Hélas, cette flatteuse disposition de l’âme est fugace chez la lumière de mes jours.
Ce matin, par exemple, pour paraphraser Louis XVI, à qui ça n’a pas porté bonheur, je peux écrire « Aujourd’hui, rien. »
A part les jambes, les bras, les pieds, les mains et les joyeuses, il me manque toujours une pièce de celles qui marchent par deux.
Les reins ? Il n’en reste qu’un.
Les poumons ? Il n’en reste qu’un.
Les yeux ? Il n’en reste qu’un.
Mon genou droit déconne depuis si longtemps que c’est comme si je n’avais que le gauche.
Je me demande si je ne préfèrerais pas me faire amputer d’une oreille qu’avoir encore une crève qui pourrit la vie de tout le monde.
Beaucoup la mienne, faut dire…
Au moins, l’oreille, en laissant pousser les cheveux, ça peut passer inaperçu.
Voilà, c’est ça : Je vais me couper une oreille, comme Van Gogh…

mercredi, 01 août 2018

Je vois la vie en rosse…

J’étais tranquillement en train de mourir devant mon ordinateur quand « on » m’a rappelé que je devais trouver un médecin.
Fainéant et peu regardant sur le curriculum de mon Hippocrate pour des maladies aussi graves qu’un rhume, j’ai consulté « Les Pages jaunes ».
Aaaattttention !!! Lectrices chéries, que les plus bégueules sensibles éteignent leur écran, ce n’est pas un rhume bêtasse.
Le truc infernal concocté par Dame Nature exprès pour pourrir la vie de votre serviteur chéri.
C’est le rhume affreux avec infection pulmonaire, glaviots innommables, etc.
Bref, le truc qu’Ebola à côté fait petit joueur.
J’étais donc tranquillement en train de m’éteindre en cherchant un cabinet qui voudrait bien me recueillir, me traînant sur le paillasson.
Pendant que ma bécane cherchait le médicastre, je lui piquais du « temps-machine » pour jouer aux cartes.
Et là, la stupeur m’a pris par surprise.
Inquiète, la lumière de mes jours ?
Je t’en fous ! Vous ne savez pas ce qu’elle a osé réclamer à celui qui a ravi ses jours et enchanté ses nuits depuis tant d’années ?
Devinez lectrices chéries !
Oui ! Elle a osé !
Elle m’a demandé « Minou, tu ne veux pas me faire des Rico ? »
Elle a fait ça. Je n’aurais jamais cru qu’elle tomberait aussi bas.
Depuis des années déjà elle abuse de son statut de bien-portante pour faire faire des travaux de force à son époux handicapé.
Eh bien, aujourd’hui, elle vérifie l’adage débile de je ne sais plus qui prétendant qu’une fois les bornes franchies, il n’y a plus de limites.
Elle a touché le fond : Elle exploite un malade !
Oui lectrices chéries, Heure-Bleue a rétabli les trois classes de la société sumérienne telle que prévue par le Code Hammurabi.
- Les nobles (elle)
- Les « libres » (les autres).
- Les esclaves (moi).
Bon je suis allé préparer les Rico en boitant bien bas pour lui faire honte.
Ça n’a pas marché terrible…

mardi, 31 juillet 2018

De vacances, l’écolo nie…

De rien, ah oui, c'est vrai... Merde ! Trop tard…
Hier, Heure-Bleue et moi avons fait un truc hyper palpitant.
Enfin, quand j’ai eu fini de geindre car j’étais gravement malade.
Oui, j’ai attrapé un truc embêtant et extrêmement handicapant.
« Un petit virus » comme dit le médecin qui nous supporte depuis longtemps.
Donc, je geignais tranquillement quand la lumière de mes jour m’a jeté un truc du genre « toujours malade, jamais mort ! » ou, quand je l’énerve « Mort, pas mort, mardi c’est enterrement ! »
Alors je suis sorti avec elle pour éviter de me retrouver tout seul à dîner.
Oui, elle est comme ça, capable de me plaquer sur un coup de tête alors qu’abandonner un mec avec un rhume, c’est quand même dégueulasse.
Nous avons donc acheté comme d’habitude des bêtises mais en faisant attention.
Hélas pas assez…
En même temps que la sauce tomate à la ricotta, j’ai découvert une sauce qui promettait de concilier le goût, le prix, la qualité et la préservation de l’environnement.
Bref, la sauce écolo qui allait nous laisser repus et heureux d’avoir concouru à la sauvegarde de la planète.
Tout y était.
- Sans arôme (j’ai supposé « arôme artificiel »)
- Sans colorant.
- Sans conservateur.
- Sans additif.
- Sans acide citrique ajouté.
- Sans OGM.
- Sans sulfite.
« Super ! » nous sommes nous écriés.
Nous sommes sortis la tête haute et l’air fier du mec qui s’est lavé les mains après avoir fait pipi alors qu’il n’y avait personne autour.
Vous voyez bien, lectrices chéries, cet air « je suis au dessus de la mêlée » des gens trop bien pour la foule de va-de-la-gueule qui nous entoure.
Bref, nous sommes revenus tranquillement à la maison, lestés de produits censément « bio » et délestés d’une somme qui aurait pu sortir le Yemen de la misère.
Ce matin, enfin peu avant midi, le ménage expédié, je me suis attelé à la confection de spaghetti avec la sauce mirifique achetée la veille.
J’ai regardé de nouveau cette merveilleuse étiquette qui allait, responsabilité écologique oblige,  finir dans la poubelle jaune alors que le bocal finirait, lui, dans la poubelle verte à couvercle blanc.
Le sérieux dans toutes les étapes de la vie d’un foyer qui se sent concerné par la planète.
Au moment de jeter dans le sac adéquat la bandelette cette sauce mirifique, une ligne écrite en orange clair sur jaune foncé me convainc que je me suis fait avoir une fois de plus.
Elle m’annonce, pas vraiment fièrement « Produit importé du Pérou ».
Le bilan carbone de nos deux assiettes vient d’exploser.
Et pas à cause de la cuisson des spaghetti…
Du coup je me sens plus consterné que concerné…

lundi, 30 juillet 2018

Sans O par ces températures !!!

lakevio.jpg

Tu exagères, maîtresse !
N’ayant pas de frère, je serais bien en peine de lui écrire une lettre.
Cela dit, si la cadette et la benjamine étaient insensibles à l’écriture, l’aînée aimait bien que le facteur fasse une halte chez elle.
Ma frangine s’appelle « Anne » depuis plus de sept décennies.
Huit décennies dans à peine un lustre…
Je me lance…

***********************

D'Ailleurs, la dernière semaine de juillet.

Chère Anne,

Arrivé enfin dans ce village il y à peine deux heures, j’entame les vacances et j’espère que ces quelques lignes t’intéressent autant que le babil des autres représentants de la famille.
Cela dit, il fait ici une température dingue.
Un chalumeau à acétylène géant chauffe le pays et le défi lancé par une amie me paraît mener à une défaite cuisante.
C’est d’ailleurs expliqué dans le titre.
Aucun recul devant l’évidence : La maîtresse est cinglée !
À qui peut venir l’idée de supprimer une telle lettre d’un récit de vacances ?
En attendant, il me faut me maltraiter la cervelle afin d’en tirer quelques phrases ayant un peu de sens…
Et ce n’est pas gagné d’avance.
Mais ces vacances se présentant bien, il y aura bien un autre après-midi pendant lequel je t’écrirai.
Ce frère qui t’embrasse si rarement.

Patrice