mardi, 04 septembre 2018
Ah ! Quand il faut l’âge de César taire…
Le commentaire d’Adrienne sur ce que je commis hier pour obéir aux ordres de Lakevio, m’a poussé à me pencher sur la question.
Adrienne m’écrit, fort aimablement :
« conclusion, on est toujours trop jeune ou trop vieux ;-)
bel exercice d'alexandrins ! »
Et c’est là que ça me titille l’entendement, que ça m’ouvre des abîmes de réflexion.
Quand on est trop jeune, on n’a évidemment aucun intérêt direct à draguer.
Sauf sa mère ou sa grande sœur mais honnêtement c’est utilitaire.
Il faut séduire pour survivre, même dans l’environnement familial.
Cela dit c’est une excellente école.
On y apprend à regarder et à écouter, ce qui se révèlera utile quand le besoin s’en fera sentir quelques années plus tard.
Quand on est trop vieux, même si on garde –apparemment à vie quand on y a pris goût- le goût du badinage, hélas il y a un tas de « tikounim » qui déconnent.
Ça brise l’élan…
Re-hélas ! Entre les deux, il faut prendre garde à tant de choses que draguer devient difficile.
D’autant que, contrairement à une idée répandue, le célibat n’est pas, et de loin, une garantie de succès.
Re-re-hélas, si l’on n’est pas célibataire, d’autres obstacles se pressent pour vous dissuader de draguer.
Évidemment, il y a tous ces détails dont il faut tenir compte.
Le fait que votre camarade de jeux souhaite avoir l’exclusivité.
Il faut aussi tenir compte que votre camarade de jeux déteste prêter ses affaires, surtout quand ses affaires c’est vous.
Il y a aussi ce truc, ce petit caillou dans la chaussure qui finit par paralyser l’armée en marche, « scrupulus » ça s’appelle.
C’est un de ces travers de l’éducation bien conduite, le truc qui vous enjoint toute votre vie à respecter vos engagements.
Et ce n’est pas toujours facile ! Vous avez vu toutes les tentations qui croisent le chemin de la femme et de l’homme ?
Tentations d’autant plus tentantes que la curiosité est un moteur terriblement puissant…
Finalement, le commentaire d’Adrienne, quoique finissant sur un compliment, est tueur pour le moral du badineur impénitent que je suis.
Ce qui prouve qu’il faut faire très attention aux compliments…
07:45 | Commentaires (10)
lundi, 03 septembre 2018
Et hop ! Du Bellay !
De rien... Mab... Et merde !
Devoir de Lakevio
Rimes Croisées !
Je sais, je sais... Je vous entends soupirer !
Mais vous réussissez toujours à vous en tirer. Faites-vous confiance ! La versification vous vient.
On s'essaie au « dizain » :
Dix rimes où on devra alterner les rimes en AGE et en EL(LE).
Lakevio, je vais voir si je me rappelle bien la technique qui me permit de mener à bien les colles libéralement distribuées par ce professeur fou et d’une culture encyclopédique en matière de poésie.
Je ne mesure pas à l’aune du ramage
La beauté d’une rime ou du Bellay fut tel
Qu’il nous donna leçon d’une poésie belle
« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage »
Grâce à un professeur qu’on eût dû mettre en cage
J’appris sinon l’esprit du moins quelques ficelles
Pour rédiger de quoi attirer quelques belles
Ce qui ma foi sembla peu conforme à l’adage
Qui veut que pour draguer, il faut en avoir l’âge.
Hélas, je ne suis plus qu’une vieille haridelle…
08:28 | Commentaires (18)
dimanche, 02 septembre 2018
Les clans psy, c'est comme les maladroits, ça fait mal aux sains...
Ouais, bon, je sais mais l’automne arrive alors hein ...
Je me suis levé avec une question lancinante à l’esprit.
Que vais-je donc pouvoir raconter à mes lectrices chéries ?
Que vais-je bien pouvoir raconter sans ratiociner ?
J’ai cherché quelques sujets, quelque chose à écrire, histoire de me plier à cette foutue discipline indispensable si on veut éviter la rouille neuronale, pourtant inévitable.
Alors j’ai battu le rappel de quelques idées…
Vagues réflexions sur la politique : Fait.
Récit d’amours de jeunesse : Fait.
Journées avec Merveille et P’tite Sœur : Fait.
Saynètes avec Heure-Bleue : Fait.
Confidences de Merveille : Fait.
Pérégrinations parisiennes : Fait.
Choses vues et entendues dans le bus : Fait.
Accès brutaux d’humeurs élégiaques : Fait.
Du coup, je me demande de quoi je vais pouvoir vous parler, lectrices chéries.
Déjà, ce matin je savais avant d’ouvrir l’œil que ça allait déconner.
Oui, vous savez bien lectrices chéries, ce moment bizarre où la cervelle s’ouvre avant les yeux.
Enfin, pour être plus précis, l’œil.
Le gauche.
Donc, sorties du rêve pour arriver au jour sont arrivées quelques unes de ces pensées décousues qui font que la lumière de mes jours est, soit persuadée qu’elle a bien fait de se marier avec ce type extra, soit qu’elle a eu la malchance de tomber sur un cinglé…
Ça, c’est le plus courant.
Juste avant l’ouverture de l’œil donc, je me suis posé une question bête, au risque de démarrer la journée par une migraine carabinée.
C’était une pensée du genre « sachant que pour ce que j’ai vu jusqu’à présent, la relation de cause à effet s’est vérifiée… »
Là mon œil s’est ouvert et je me suis dit « mais alors, quelle est la cause qui a entraîné l’apparition du temps ? »
Pas le temps qu’il fait lectrices chéries, non.
Le temps qui passe.
Il se comporte comme un imbécile avec un stylo qui se dépêche d’écrire avant de ne plus avoir d’encre.
Ce temps qui, au fur et à mesure qu’il passe s’écoule de plus en plus vite.
Au lieu de prendre son temps pour qu’on en profite le plus possible, plus il se dépêche.
Pourtant, n'importe laquelle de mes lectrices chéries le sait, plus c'est court, plus c'est rapide et plus c’est rapide, moins c’est satisfaisant.
Sauf s’il s’agit de l’arrivée d’un cadeau évidemment.
11:30 | Commentaires (5)
samedi, 01 septembre 2018
La guerre des deux rosses.
De rien... Mab... Et m... J'avais oublié...
Le week-end commence mal.
Heure-Bleue a gagné la bataille du dentifrice.
C’est moi qui ai dû changer le tube ce matin.
Vide ! Totalement vide ! Pas moyen de tirer l’ultime noisette, que dis-je, noisette, l’ultime groseille de dentifrice qui m’aurait permis de refiler à ma camarade de jeux le droit de mettre un tube neuf.
Le plus dérangeant étant de sortir alors qu’on a les mains mouillées, le tube de dentifrice de son carton, de prendre le tube vide et d’aller, vêtu de ma seule innocence autant dire vêtu de rêve, jusqu’à la cuisine.
Ce qui ne serait rien si ce n’est que la fenêtre de la cuisine est grande ouverte jour et nuit, que la température était de quinze degrés et que j’étais nu comme un ver.
Autant dire que j’étais gelé comme un excrément maghrébin.
Oui, avec le politiquement correct et la susceptibilité maladive de la société d’aujourd’hui, il n’est plus question de dire comme on le faisait entre 1950 et 1970 en parlant d’avoir froid « être gelé comme une merde arabe ».
Bref, j’ai changé le tube de dentifrice.
Tout fout le camp.
Je crois que la prochaine qui me parle de patriarcat, je serai fondé à lui dire que c’est très surfait.
La preuve ?
Je pars à l’instant chercher les yaourts dont la lumière de mes jours fait ses fins de déjeuner.
Ce sont ses yaourts préférés et j’ai mangé le dernier hier.
Alors, hein, vous savez comment sont les esclaves de nos jours.
Si vous ne satisfaites pas leurs envies, elles se révoltent et vont jusqu’à faire grève.
Du coup je me demande si Marlène Schiappa a lu Lysistrata…
12:02 | Commentaires (9)
vendredi, 31 août 2018
Danse macabre…
Je ne vais pas vous parler de musique, quoique…
Non, je ne vais pas vous parler de Duras non plus mais d’une autre petite musique.
Hier soir, en véritables adultes, Heure-Bleue et moi, quasiment nous rongeant les ongles, c’est dire si « on est grand », nous avons regardé « Harry Potter et les Reliques de la Mort (2) ».
Bon, il gagne à la fin, comme n’importe quel PSG.
C’était chouette, ça nous a occupés pendant cent-trente minutes, sans compter la publicité.
Mais, conséquemment, ça m’a occupé le reste de la nuit.
C’est fou ce que, les yeux fermés, j’ai croisé comme gens qui sont morts.
Evidemment, il y a ceux qui ne me manquent pas.
Evidemment il y a ceux dont je n’aurais même jamais soupçonné qu’ils pussent rester coincés entre deux quelconques de mes neurones.
Certains même dont je n’aurais jamais soupçonné que dans mes rêves, la fin pût me soulager.
Pourtant je ne me rappelle pas avoir cette nuit rêvé d’un huissier de justice ou d’une mauvaise petite brute de cour de récré.
Et puis il y eut les autres.
Tous les autres.
Tous ces proches arrachés les uns après les autres.
Et pas que les proches.
Il ya aussi parfois de très proches que les années et la mort n’ont pas réussi à ôter de ma cervelle.
Il y a ceux qui sont enterrés dans ma mémoire et qui, comme des surgeons de lilas ressortent au mois de mai.
Il y a celui avec qui je suis allé au lycée et qui est mort à trente ans en se jetant sous un train.
Une autre encore, morte d’un cancer, que je connaissais depuis 1966.
Il y a ma cousine, Süzel, morte il y a peu, bouffée par un crabe.
Il y a de moins proches, bien sûr et que j’aimais aussi.
Il y a évidemment cette affaire de rue Turgot qui n’arrive jamais à être nette au point d’être un souvenir clair.
Je sais seulement que ça a fini tragiquement.
J’étais déjà plein de cicatrices récoltées sur les tables d’opération.
J’ai en plus la mémoire couturée de partout par des pertes irréparables.
J’oublie parfois ce que j’ai fait de mes lunettes.
Elles sont sur mon nez.
J’aimerais bien parfois oublier tous ces gens.
Nous nous sommes connus.
Nous nous sommes aimés.
Nous nous sommes parfois détestés.
Ils sont comme mes lunettes.
Je crois les avoir perdus, ils sont juste sous mon crâne…
09:59 | Commentaires (10)