vendredi, 22 février 2019
Le « pain-pont ».
Ouais bon... Mais on n’est pas loin de la caserne, alors…
Hier soir, à la fin du dîner.
Ensemble, Heure-Bleue et moi avons levé les yeux de notre assiette.
Chacun tenait dans la main un morceau de pain et l’a tendu à l’autre.
Heure-Bleue a dit :
- Tiens, je l’ai gardé pour que tu puisses en manger encore.
J’ai dit à Heure-Bleue :
- Tiens je l’ai gardé pour que tu en aies assez demain matin.
Elle a dit :
- Je…
Puis a secoué la tête.
J’ai haussé les épaules, un peu gêné.
Nous nous sommes regardés.
Je crois même qu’il y eut un peu de gentillesse dans cet échange de regards.
Il y a des soirs, comme ça où le mariage va de soi...
Alors j’ai débarrassé la table…
09:30 | Commentaires (9)
jeudi, 21 février 2019
La loi des reins…
Avec celle là, je me fais rire, c’est déjà ça…
Hier nous sommes donc passés par la place de la République.
Que je vous dise, lectrices chéries : Pour y circuler à pied, c’est plus délicat aujourd’hui que pour la traverser en voiture en 1965.
Bertrand Delanoë a voulu la rendre aux piétons.
Ce fut fait en 2013.
Je suis sûr que son idée n’était pas de la transformer en une piste de « skateboard » de trois hectares…
J’aimais bien la place de la République d’avant.
Les voitures étaient au moins équipées de freins.
On ne peut en dire autant des « skateboards »…
Et puis j’aimais beaucoup les deux fontaines de part et d’autre de ce tronçon qui permettait à la rue du Temple de devenir la rue du Faubourg du temple.
Cette place, qui servait comme aujourd’hui de lieu de manifestation, avait un autre avantage : De part et d’autre des fontaines, il y avait des pelouses arborées entourées de clôtures et devant les clôtures, des bancs publics.
Tous regardant les fontaines.
L’étroitesse relative des allées et des trottoirs ne permettait pas l’installation de ces stands pleins de friture qui fleurissent le long des boulevards.
Le promeneur d’alors se contentait de respirer un air plein de vapeurs d’essence, pas de graillon.
J’ai l’impression qu’aujourd’hui les grandes artères de Paris ont l’odeur des grandes artères new-yorkaises des années quatre-vingt…
J’en suis même à me demander si la haine des Latinos qui suinte des discours de Donald Trump n’est pas due à l’odeur des « burritos » qui pourrit les grands boulevards de la place de la République à la place de l’Opéra.
Heureusement, tout le long de ces boulevards, au moins jusqu’à l’entrée du Boulevard des Italiens et du Boulevard Haussmann, la « gentrification » n’a fonctionné qu’en surface.
Malgré les efforts désespérés de la municipalité et des agents immobiliers, on n’a toujours pas réussi à évincer cette couche dérangeante de la population, celle qui n’est ni très pauvre ni très riche.
Cette couche de la population qui nuit aux appétits immobiliers des uns et à l’envie de transformer la ville en musée et en centre commercial pour touriste.
Cette couche qui fait que Paris est attachante et la rend si vivante, si belle et si diverse…
Ils ont beau gratter, c’est comme le riz brûlé, il en reste toujours au fond de la casserole…
Finalement, cette balade d’hier après-midi jusqu’à la station du 20 fut très chouette.
Rien que savoir qu’Heure-Bleue allait bien, j’allais bien aussi.
Même si j’ai récupéré à mon tour des analyses à faire avant d’aller me faire « scanneriser » du sol au plafond, comme tous les deux ans.
C’est ce qu’on appelle « la loi des reins » ?
10:46 | Commentaires (6)
mercredi, 20 février 2019
Tout ce que je fais à dessein est fait avec plaisir...
Ouais, je sais Mab... Mais le printemps arrive alors pardonne moi.
Avant-hier matin, Heure-Bleue s’est livrée à un exercice qu’elle déteste.
La prise de sang, celle qui vérifie annuellement qu’elle risque de mourir de façon impromptue mais en bonne santé.
Elle ne déteste pas la prise de sang elle-même, qui la laisse de marbre.
Ce qu’elle déteste, c’est se lever tôt.
Pire encore, se lever tôt pour se précipiter dans la salle de bains.
Encore « plus pire », sortir avant le petit déjeuner.
Hier, comme prévu, pour éviter toute surprise affolante, Heure-Bleue m’a « désigné volontaire » pour aller chercher les résultats.
Elle a toujours besoin de moi pour ouvrir l’enveloppe des résultats de l’analyse de la formule sanguine qui la panique chaque année.
Elle s’attend toujours à ce qu’un marqueur qui dépasse la limite lui dise qu’elle rejoindra ses ancêtres trop tôt et dans d’horribles douleurs.
Je suis donc entré dans le cabinet pour y prendre la fatidique enveloppe pendant que la lumière de mes jours attendait dans la rue.
Je lui ai tendu l’enveloppe :
- Non ! Non ! Non ! Tu l’ouvres et tu me dis, Minou.
- Bon…
- Mais si c’est grave tu me dis pas, hein ?
J’ai ouvert.
J’ai lu.
Selon toute probabilité, c’est elle qui dispersera mes cendres du haut du pont de l’Archevêché…
Bon, à part une légère dyslipidémie due à ses médocs, rien.
Absolument rien.
- C’est bon, ma Mine, je mourrai avant toi.
- Idiot, va !
Nous irons donc chez le médecin cet-après midi, d’un pas alerte et le cœur léger.
Nous reviendrons tranquillement en passant par le Monop’ du métro Temple.
Nous passerons vérifier que la place de la République n’est pas trop dévastée.
Puis nous prendrons le 20 qui nous baladera le long des grands boulevards.
Ce sera bien, nous serons les touristes de notre ville.
Alors, lectrices chéries ! Elle est pas belle la vie ?
11:11 | Commentaires (11)
mardi, 19 février 2019
Peau… En avoir ou pas…
Hier, avant de commettre une note d’un intérêt assez maigre, j’en avais écrit une autre, pas plus riche.
M’étant ravisé pour faire un « faux devoir de Lakevio », j’avais ainsi arrêté net « Sophie qui n’a pas de blog ».
Retirer la note sous le commentaire, c’est retirer le tapis sous les pieds de la commentatrice.
Je remets donc le tapis et la note à leurs places respectives.
Mille excuses « Sophie qui n’a pas de blog » tu peux maintenant dire ce que tu avais à dire.
Il était évidemment question de quelque chose qui m’a toujours paru extraordinaire depuis que ma mère m’a donné le sein.
Mon intérêt et mon admiration pour la gent féminine ne se sont jamais démentis.
Même si, parfois, l’idée d’en jeter une par terre et de la piétiner m’est venue à l’esprit, comme une de mes sœurs par exemple.
Mais, parmi toutes les choses qui forcent mon admiration et, je dois l’avouer, mon envie d’en vérifier la consistance, la douceur et le goût, il y a la peau.
Et depuis plusieurs jours, j’en entends parler à la radio.
Il semblerait qu’il y ait quelque chose en vue, plus exactement en vente, ce qui me fait douter de son efficacité.
J’adore néanmoins l’idée.
Elle m’est soumise plusieurs fois par jour par Annie Duperey.
J’ai donc appris incidemment quelque chose que je subodorais.
Les filles ne vieillissent jamais.
Toute allusion à la chose soulevait un tollé…
Des années de la fréquentation d’icelles et une longue expérience m’avaient enseigné, à coups de vestes, de râteaux et de rebuffades diverses que les filles ne vieillissaient pas.
Jusqu’il y a peu, les décennies passant, il a fini par être admis que certaines mûrissaient tout de même.
C’était apparemment trop brutal et le sujet n’était abordé qu’à mots couverts.
Annie Duperey, qui gagne plus de sous en faisant de la publicité qu’à brûler les planches, a enfin délivré le secret que prétendait détenir Hérodote qui laissa échapper quelque chose à propos d’une « Fontaine de Jouvence ».
D’après Annie Duperey, les filles, qui évidemment ne vieillissent pas, ne mûrissent pas plus.
Non, lectrices chéries ! Les filles deviennent « matures ».
Encore quelques progrès de l’industrie de la cosmétique et les filles mourront au bout de longues années mais avant même d’avoir fini leur croissance…
08:43 | Commentaires (8)
lundi, 18 février 2019
Quel sale thé, ce devoir !

Quelle idée pour un lundi !
L’idée de boire du thé ne m’aurait jamais effleuré si je n’avais pas voulu avoir l’air « in » devant elle.
Oui, toujours cette idiotie de vouloir « plaire » quoi que cela veuille dire.
Bien fait pour moi.
J’aurais dû faire comme d’habitude, suivre mon goût, celui pour le café.
Le café « serré », dit « ristretto », à mon sens le seul, le vrai, l’imitable et égalable « caoua de Rital ».
Oui, j’aurais dû me cantonner à suivre mon inclination naturelle pour le café.
C’est allé de travers dès le début, quand elle m’a regardé avec un peu de désappointement quand j’ai demandé au garçon « je pourrais avoir un autre sucre, s’il vous plaît ? »
Après avoir trempé mes lèvres dans la tasse, l’affaire a tourné à la déroute quand j’ai rappelé le garçon pour lui demander un peu de lait.
C’est un regard de franc mépris qui m’a été adressé.
Le thé était chaud, trop chaud.
Plus que l’atmosphère autour de la petite table ronde.
Là, ça s’était nettement rafraîchi…
J’ai osé :
- Vous avez remarqué ?
- Hon hon…
- Non, je n’aime pas vraiment le thé.
- Oh, ça j’ai vu !
- Alors ? Quoi d’autre ?
- C’est votre manque de goût…
- Ah…
- Oui, vous n’aimez pas le goût réel des choses…
- Mais encore ?
- Que ce soit les mets ou les gens, vous les aimez dénaturés.
- Ah mais non !
- Oh mais si ! J’en suis sûre !
Je commençais à me sentir mal à l’aise, j’ai néanmoins continué :
- Comment ça ?
- Vous ne goûtez le thé qu’avec du sucre et du lait, un blasphème !
- Et alors ?
- Eh bien je suis sûre que vous aimez les femmes très, voire trop maquillées.
Je l’ai regardée de nouveau. De fait elle n’était que peu maquillée et nul besoin d’artifice ne se faisait sentir.
Elle avait ce quelque chose qui faisait qu’aucun ajout, d’où qu’il vînt et où qu’il se posât, ne l’eût améliorée en quoi que ce soit.
- Perdu ! Je les aime comme la nature les a faites, comme le café.
C’est à ce moment qu’elle eut une étincelle dans le regard et dit :
- Serrées, c’est ce que vous voulez dire ?
J’ai eu du mal à avaler la seconde gorgée de thé…
11:31 | Commentaires (8)





