vendredi, 05 juillet 2013
La lutte des glaces bat son plein.
Hier, pour nous remonter un moral quelque peu rayé par notre environnement, nous sommes allés boire un café au Bon Marché.
Ouf ! Les travaux de la cafeteria sont enfin terminés !
L’amélioration est nette !
Surtout du point de vue de l’aération.
Les effluves de la cuisine flottent désormais du rayon des bagages aux confins de la librairie.
Ça ne paraît pas, mais faire empester le poisson mal frit sur une surface de plus de 5.000 m², ce n'est pas à la portée du premier spécialiste de l'aération venu !
Quant au service… Ô, my Godness ! La guerre à l’efficacité fait rage ! C’est un vrai déchirement de voir que les « pros » qui faisaient le service ont été envoyés faire un stage à Pôle Emploi et ont été remplacés par une équipe de « stagiaires », entendez « de mauvais esclaves, inefficaces mais gratos » encadrés tout de même par deux « pros » dont un, pour le « fun » sans doute, à moins que ce ne soit pour le SMIC, est un étranger au français difficilement compréhensible.
Lui, au moins, connaît son boulot…
Il nous a fallu moins d’une demi-heure pour demander deux glaces « caramel salé », un « déca » et un « serré ».
A peine vingt minutes pour les obtenir.
Moins de dix minutes pour avaler le tout.
Mais c’était bien.
Nous avons évacué les calories de la crème glacée en descendant le boulevard Raspail jusqu’à la rue du Bac.
Notre heureux caractère –oui, Sabine X, nous avons plutôt un heureux caractère- nous a permis de constater que, selon les origines de l’information, la signification d’un nom peut être très différente.
Sur le chemin du retour nous avons pu l’apprécier.
Une de ces publicités défilantes qui permettent à la fois de gagner des sous et de gâcher le paysage nous montre un magnifique « Longchamp » en beaux caractères.
Heure-Bleue, forte de sa science dit « J’adore les pubs de sacs à main ».
Fort de la mienne, entamée dans une entreprise à une époque où il y avait encore des ouvriers, j’ai dit « Tiens ? De la pub pour les courtines… »
Eh oui, elle connaissait Longchamp pour la maroquinerie.
Je connaissais Longchamp grâce à ce type qui m’a appris l’argot dès mon arrivée dans le monde du travail.
Type qui m’avait dit un lundi matin « Tu vois, les canassons, c’est vachement marle. Quand tu les mates en train de cavaler, t’as toujours les jetons qu’y s’pètent une guitare, mais non. T’aurais vu c’tiercé… »
C’était bien une publicité pour inciter le parieur à claquer ses sous au PMU plutôt qu’au Loto.
Nous finîmes d’évacuer nos calories en descendant de la place Gambetta jusqu’à notre « havre de paix ».
14:39 | Commentaires (8)
mardi, 02 juillet 2013
Le guide du moutard…
Ce soir, en revenant de notre tour habituel, melon, pain, déca pour l’une, express serré pour l’autre, nous avons été accostés par deux des gamins infernaux qui squattent notre petite place.
Et pourquoi ? Dimanche soir, une altercation a éclaté entre un locataire et la petite bande de casse-pieds. Alertés par le bruit nous sommes allés à la fenêtre et, surpris à la vue du locataire à terre entouré des gamins, j’ai pris l’appareil photo et saisi la scène sur le vif.
Il y eut flash ce qui entraîna l’élégant « Oahh le fils de pute il nous à pris en photo ! » suivi de l’efficace tactique du lièvre.
Hier, donc, l’un des gamins demanda
- Pourquoi vous nous avez pris en photo m’sieur ?
- Parce que frapper quelqu’un, ça ne se fait pas, ça ne résout rien.
- C’est pas moi, m’sieur !
- Alors aucun risque pour la photo…
- C’est lui qu’avait commencé !
- Et alors ? Là vous êtes forts et vous avez cogné mais il y a un problème…
- Quoi ?
- On croise toujours quelqu’un de plus fort et là on regrette de ne pas avoir appris autre chose pour résoudre les conflits…
Bon, je ne suis pas sûr qu’ils aient compris tous les mots.
Le reste de la bande s’est agglutiné autour de nous.
Un a menacé Heure-Bleue, qui lui a jeté le coup d’œil mortel.
J’ai dit au gamin « Aïe ! Ne la menace jamais ! Elle n’a pas peur et tu vas le regretter. »
- Et pourquoi ?
- Elle va te tuer, c’est tout…
- Et pour la photo m’sieur ? Vous voulez pas l’effacer ?
- Pourquoi, vous m’avez tous dit que ce n’était pas vous ? Vous ne risquez donc rien.
Je leur ai montré la photo. Elle était floue.
L’un a dit « Ouais mais « ils » ont des trucs de malade pour reconnaître ! »
- Tu te sens inquiet ?
- Non mais des fois, « y’strompent » alors…
J’ai effacé la photo, il m’a aidé, l'idiot.
Puis, cet imbécile qui se sentait sûrement très innocent, a passé son pull sur l’appareil.
« Ah ? Tu effaces les empreintes ? Tu te crois dans « les experts » ? »
Il a souri.
Je suis sûr que cet idiot d'ici peu frimera devant ses potes :
- Vous avez vu comment je l’ai enfumé, le vieux, paf ! Plus de photo, pas d’empreintes, on est peinard.
Quel dommage que des gamins plein d’avenir soient dotés si jeunes d’un QI d’huitre…
Il ne se rappelle manifestement pas qu’on transfère le contenu d’un appareil photo numérique dans un PC.
Il ne sait pas non plus que quand on a largement tartiné de sa sueur et de ses cellules un appareil, l'essuyer avec son pull plein de ses cellules ne suffit pas, il est aisé de mettre le tout en culture pour en extraire l’ADN.
Il est heureux pour eux que ce ne soit pas dans mes manières de balancer mon prochain à la maréchaussée.
Mon dieu qu’ils sont bêtes.
On ne se méfie jamais assez des vieux.
Ils sont vicieux.
On n'arrive pas à cet âge sans avoir appris quelques trucs...
18:55 | Commentaires (13)
lundi, 01 juillet 2013
Un partout !
Hier, c'était notre dimanche de bonté.
Celui qui avait commencé par le marché de la Réunion.
Nous l'avons prolongé par une visite.
Nous sommes allés voir Léontine.
Oui, celle qui, pour être « in », préférait jusqu’il y a peu qu’on l’appelât Lucette.
Quelle idée…
Elle garde encore, suite à une fêlure du bassin, un pas hésitant.
Nous ne vîmes pas le serpent vicieux de la vengeance se glisser dans nos vies.
Vous vous rappelez, bien sûr, que Léontine s’était foutue en l’air dans son jardin parisien, ce qui lui avait valu plus d’un mois de séjour dans une clinique pour cause de fêlure du bassin et de fracture du poignet et une fracture du coude.
Pour le bassin, donc, les progrès sont là mais le pas est resté hésitant.
En revanche, Léontine a trouvé une méthode de rééducation du poignet et du coude efficace quoique risquée pour le non-initié.
Elle s’est mise à la dégustation effrénée de champagne.
Pour ce qui est de récupérer le lever de coude et la rotation du poignet, c'est impeccable...
Et c’est au cours de cet après-midi dominical et ensoleillé que la vengeance de Léontine, que j’espère involontaire, a pris corps.
Pendant les deux heures et demie à trois heures que nous avons passées chez Léontine, une bouteille de champagne s’évapora dans nos trois gosiers.
Majoritairement dans celui de Léontine à qui le beau temps donnait soif…
Pendant que je faisait griller d’autres toasts pour accompagner le foie gras qui nous servait de « petit quatre heures », elle insistait auprès d’Heure-Bleue « Voyons, une petite demi-bouteille encore, ça ne peut pas faire de mal »
« Madame, ce n’est pas sérieux, c’est trop, voyons, et puis je prends des médicaments » insistait Heure-Bleue pour échapper au champagne –elle ne prêche pas la tempérance, c’est seulement qu’elle n’aime pas le champagne à quoi elle préfère le Bordeaux-.
Pendant que j’amenais les toasts grillés et me préparais à les tartiner de foie gras, Léontine insistait « Mais si voyons ! Vous n’allez pas manger ça comme ça, vous allez vous étouffer ! »
Heure-Bleue a cédé « D’accord, mais pas trop hein ! ».
J’ai ouvert la demi-bouteille.
J’ai servi Heure-Bleue, Léontine et moi.
Heure-Bleue, après y avoir à peine trempé les lèvres, m’a tendu sa flûte pour que j’en répartisse le contenu entre nos deux flûtes, à Léontine et moi.
Léontine avait déjà salement écorné la sienne.
J’ai donc rempli de nouveau celle de Léontine et ai allongé légèrement la mienne.
Résultat ?
Après avoir avalé plus des deux tiers d’une bouteille de champagne, Léontine bégayait à peine.
Heure-Bleue et moi sommes revenus chez nous en tanguant tranquillement….
Tels l’ivrogne et son vélo.
L'un ne peut tenir debout sans l'autre...
17:04 | Commentaires (11)
dimanche, 30 juin 2013
La loi du marché…
Aujourd’hui nous allons sur le marché.
Heure-Bleue a décidé que le marché du dimanche c’était sacré.
Chacun ses sacrements, pour d’autres, le dimanche matin c’est l’Eucharistie.
Comme nous ne sommes pas cannibales, nous nous contentons de l’Epicerie…
Pour nous rendre au marché, nous passons devant l’église Saint Germain de Charonne.
Comme elle est fermée pour cause de travaux depuis des années et pour des années encore, les fidèles se massent au bistrot en face…
Ce n’est pas que j’aie envie de faire œuvre pie, non, j’ai plutôt envie de donner mes sous au marchand de produits italiens du marché de la place de la Réunion.
On ne peut pas appeler ça la « séquence de générosité dominicale », non.
Quoique… Savez-vous, lectrices chéries, que je suis parfois la proie d’accès de générosité ?
Accès qui se retournent généralement contre moi.
J’en veux pour preuve cette mésaventure qui me revient en mémoire.
Au retour d’Israël, dans un état de fortune bien coincé entre désastreux et désespérant, nous habitions rue du Temple. Nous allions souvent boire un café, soit du côté de la République soit du côté de l’Hôtel de Ville.
Un dimanche matin, nous nous rendions chez une amie avec les courses faites rue de Bretagne. Il faisait beau, j’avais encore un peu de sous dans la poche et j’étais d’heureuse humeur.
Nous sommes passés devant l’église Sainte Elisabeth.
Devant cette église, près du porche, un type attendait, debout, l’air un peu triste, les cheveux gris pisseux, un sac à dos en ruines aux pieds et un gobelet de carton au bout du bras.
Je l’ai pris pour un clochard. J’ai fouillé dans ma poche et ai lâché d’un geste auguste une pièce de cinquante cents.
Tout se serait bien passé si je n’avais lâché la pièce de près de vingt centimètres au dessus du gobelet et si celui-ci n’avait été plein de Coca.
Ça aurait probablement évité une giclée de soda sur la chemise du type qui n’était pas plus SDF que moi et une engueulade de sa part.
« Non mais ! » Gueula-t-il « Ça va pas, non ! Me jeter un truc dans mon gobelet ! On peut plus boire peinard dans ce bled ? Tu crois que j’fais la manche ou quoi ? »
Avec la mauvaise foi que vous me connaissez –surtout quand j’imite Heure-Bleue- j’ai quand même eu le culot de lui dire que cette mésaventure ne lui serait pas arrivée s’il était moins négligé dans sa tenue.
Heureusement il était soufflé d’un tel culot que ça s’est terminé platement avec une vague excuse de ma part.
C’est vrai quoi, on ne se met pas à la porte d’une église, un gobelet à la main et vêtu négligemment si on ne fait pas la manche !
Depuis je ne jette plus de pièce dans les gobelets.
Enfin, j’exagère, il m’arrive de mettre des pièces dans la main d’un malheureux.
Je mets des billets dans la main des marchands.
Heure-Bleue et moi sommes en route pour la distribution…
11:41 | Commentaires (7)
samedi, 29 juin 2013
L’alibi d’eau…
Hier, nous sommes allés à la banque, eh oui, on ne peut faire le changement d’adresse via le Net ou par téléphone.
Bon, c’est rassurant quand même, même si la NSA connaît maintenant notre nouvelle adresse…
En attendant le bus, on a eu la chance de bénéficier du papotage à haute voix et sans interlocuteur bien défini d’une dame au langage fleuri. Elle m’a rappelé la mère de Michel Sardou.
Une fois dans le bus, la dame s’est calmée un moment mais a été remplacée par une autre.
Fervente adepte du « c’était mieux avant », genre je rêve… Persuadée qu’elle était que justement « avant » les gens étaient gentils, les enfants ne pleuraient pas et « on n’encombrait pas les bus avec les poussettes, bon les fauteuils roulants encore, je veux bien mais les poussettes faut pas non plus » etc.
La mamie atrabilaire gardait sur les genoux un de ces micro-clébards mauvais comme tout et continuait à se chamailler avec deux jeunes femmes debout près de nos sièges, à Heure-Bleue et moi.
J’ai dit à la plus proche de moi « si l’exégèse de la poussette dans le bus vous semble trop longue, je peux lancer un débat sur le chien trop grand pour monter dans le bus avec sa maîtresse, ça devrait l’occuper jusqu’à la Bastille ! »
La jeune femme, à ma grande surprise ne savait pas ce qu'était une exégèse, elle avait pourtant l'air à savoir.
Pour le reste elle semblait d'accord...
Mais voilà, Heure-Bleue, ennemie du dialogue en bus m’a dit « Oh non ! Laisse tomber ! Sois sérieux au moins une fois dans ta vie ! »
Alors j’ai laissé tomber. Pourtant je suis sûr que c’eut été drôle. Mais bon…
Nous sommes évidemment passés par le BHV.
Au retour de la banque, nous sommes tout aussi évidemment passés par le Monop’ , il faut savoir retourner aux sources.
Puis nous avons repris le bus. Ce bus qui nous fait passer devant la boutique de meubles Roméo. Cette boutique qui remonte le moral rien qu’à voir ces meubles qui font assaut de mauvais goût au point de faire rire…
Une dame sympa m’a cédé sa place et est partie avec Heure-Bleue au fond du bus.
Heure-Bleue a eu de la chance. Plus que moi qui ai eu l’accoudoir squatté par un type qui, non seulement sentait l’aisselle négligée mais était bavard. Ça m’a permis d’apprécier son haleine de chacal…
Quand nous sommes descendus, Heure-Bleue m’a dit « Tu sais quoi ? La dame, eh bien c’est la femme de Mélac ! Tu te rappelles Mélac ? »
Bien sûr que je me rappelle Mélac, il tient un bar à vin rue Léon Frot. Il y a des années nous y sommes allés un samedi midi. Heure-Bleue à trouvé le Beaujolais Villages de luxe très bon, trop bon. Hélas, le manque d'habitude est plein de risques.
Son siège était devenu collant...
J’ai dû aller moi-même en métro ouvrir la libraire à sa place, le temps qu’elle se décolle.
Alors si je me souviens. Vous pensez…
06:45 | Commentaires (8)

