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jeudi, 20 juin 2013

Test en vrai glandeur…

Les mômes bruyants et hurleurs agacent Heure-Bleue.
Or, lectrices chéries, quand Heure-Bleue est agacée, celui qui est en première ligne, c’est votre Goût adoré.
Pour éviter d’entamer une dispute stérile avec la femme de ma vie, j’ai donc négocié âprement avec les lascars d’en bas, demandant aux plus grands de calmer les plus petits. Les grands ont été inefficaces. Sont peut-être comme les parents des plus petits, impuissants. J’ai donc appelé le service de la mairie dévolu au calme sur la voie publique. « Les négociations furent franches et fructueuses et se soldèrent par un accord propre à satisfaire les deux parties » comme disaient les journaux après les empoignades entre John Kennedy et Nikita Kroutchev.
Aujourd’hui donc, après mes démêlés d’hier avec les gens chargés de ramener un peu de quiétude dans mon coin, je me sens d’humeur à emmerder le monde à mon tour.
Il n’y a pas de raison.
En plus il me fallait bien vérifier que je n’avais pas perdu la main.
L’occasion me fut offerte par Heure-Bleue.
Que je vous dise, notre machine à laver était inutile dans notre précédent chez nous, celle des enfants est tombée en rade il y a peu.
Vous devinez aisément que depuis qu’ils ont récupéré une machine, nous avons perdu la nôtre.
Je sais que peu vous chaut. Mais ça me conduit, en attendant la prochaine machine à aller à la  laverie, ce qui me permet de m’accorder une heure de calme, sans PC, sans Web, sans mails mais hélas sans vous, lectrices chéries.
Et c’est sur le chemin de la laverie, l’humeur assombrie par les premières gouttes de l’averse, en passant devant un « Gymnase Club » dont le calicot annonçait « 399 € seulement l’année ! » que l’idée m’est venue de tester mes capacités.
Derrière la vitrine, une dame, sur un petit tapis marchait d’un bon pas pour éviter de se trouver assise derrière l’infernale bécane.
Vêtue d’une disgracieuse brassière et d’un pantalon de survêtement qui la rendait difforme, elle s’appliquait à éviter de tomber.
Je me suis arrêté et l’ai regardée depuis la rue. Au bout de quelques instants, je lui ai fait un signe et montré ma montre. J’ai mimé le mouvement de marche et lui ai jeté un regard interrogatif. Elle à levé une main et, les doigts écartés m’a signifié « 5 ».
J’ai continué mon chemin, ai mis le linge et lancé la machine qui m’a obligeamment informé que je disposais de trente-six minutes de liberté. J’ai donc remonté la rue pour prendre un café. En repassant devant le « Gymnase Club », la dame était toujours là, à essayer de tenir sur le tapis. Je lui ai fait un signe, pouce levé, qu’elle m’a rendu avec un sourire.
Mon test se mettait calmement en place. J’ai pris mon express serré en lisant Libé. Une demi-heure plus tard, je suis reparti vers la laverie. Je suis repassé devant ce « Gymnase Club » et j’y ai encore vu la dame, toujours marchant.
Le test se lança automatiquement.
Je suis entré dans le club, une accorte sportive m’apostropha.
- Monsieur ? Vous avez un abonnement ?
- Non madame.
- Mais alors, vous ne pouvez allez vers les machines !
- J’ai seulement un mot à dire à la dame, là-bas. Montrant celle qui marchait sur son tapis.
- Mais vous ne pouvez pas !
La dame sur le tapis a alors dit « si si, laissez le, il a juste une question à me poser »
Je me suis dirigé vers elle et l’ai saluée.
- Bonjour, dites, vous marchez bien à cinq kilomètres-heure ?
- Bonjour, oui,  c’est bien ce que disait ma main tout à l’heure.
- Et vous en avez encore pour combien de temps.
- Une petite heure.
- Et vous ne faites que ça ici ?
- Oui, je marche.
- Vous avez un abonnement à 399 € ? Lui –ai-je demandé, l’air ébahi.
- Bien sûr, pourquoi ?
Le test approchait de sa conclusion. La tenancière était proche. Assez pour entendre nos échanges en faisant des efforts pour avoir l’air de s’en foutre. Tout était parfait.
- Pourquoi ? Mais parce que si vous faisiez l’aller retour entre ici et la Bastille, vous auriez fait vos kilomètres, le trajet est bien plus intéressant et en plus avec quatre cents €uros économisés vous pourriez acheter plein de trucs !
Là, la cerbère m’a alpagué et m’a dit « Monsieur ! Je vais vous demander de sortir ! Non mais ! »
J’étais ravi.
Moi aussi je peux emmerder un riverain…

 

lundi, 17 juin 2013

Un dimanche à la campagne.

Elle marchait devant moi. Pour une fois je voulais bien aller à la campagne, ce fut un beau voyage.
Si mes souvenirs sont exacts et ils le sont, elle portait un T-shirt brun-roux à manches courtes.
J’étais sûr qu’elle attraperait des coups de soleil. Sa peau claire les attirait autant qu’elle m’attirait.
Ses mules Schöll à semelles de bois claquaient sur l’asphalte de la route.
Sa jupe longue Cacharel à motifs cachemire, « peace and love », plus « love » que « peace » déjà, accentuait sa finesse et ses tons automnaux s’accordaient merveilleusement à sa chevelure rousse et frisée.
J’avais un mal fou à détacher mon regard de ses hanches qui faisaient se balancer sa jupe longue.
J’avais d’ailleurs un mal fou à détacher mon regard d’elle, où qu’il se portât sur elle.
Je l’ai rattrapée, lui ai pris la main. Nous avons échangé un baiser et avons continué notre marche vers le bourg du Gâtinais où nous comptions faire quelques provisions.
Comme il faisait beau, nous y allions lentement, jetant un regard aux champs et aux bouquets d’arbres qui les meublaient.
Peu après le petit pont qui enjambait un ru imprévisible et tari ce jour là, d’autres bosquets avaient quelque chose d’attirant.
Entre deux de ces bosquets on entrevoyait, au détour du chemin qui y menait, un champ de seigle qui ressemblait à un grand lit.
Nous avons emprunté ce chemin. Heureusement, la route était peu fréquentée et ce n’était pas encore le moment de la récolte.
Nous avons pris du retard pour les courses…
Quelques jours plus tard elle m’a dit « quelque chose me pique, là. J’ai beau me laver, je ne vois rien et ça me pique »
J’ai regardé attentivement son ventre.
Je le regardais toujours attentivement.
Puis son nombril. Toujours aussi attentivement.
Je n’avais pas encore besoin de lunettes.
Je lui ai demandé sa pince à épiler.
J’ai retiré le petit cil de seigle qui s’était logé là, dans son nombril, allez donc savoir comment et pourquoi…
Le désordre des mouvements de la jeunesse donne des résultats aussi surprenants que fascinants, non ?
Cet été  là aussi avait été un bel été…

 

samedi, 15 juin 2013

L'ère triste…

Hier, malgré les démentis qu’apportera Heure-Bleue, je me suis –vaguement – occupé de ce plan de travail.
Si si !
Enfin, je suis allé chez Castomachin racheter une scie.
J’ai bien écrit « racheter » et non « acheter ».
Ces scies sont aussi pénibles que celles susurrées par Carla, de « Carla et moi, c’est sérieux ». Elles ne sont pas chères et ne valent pas plus. A chaque fois que je vais acheter un outil, je voue mon fils, dit « l’Ours », aux gémonies. Ça me rappelle en fait le nombre impressionnant d’outils qu’il a perdus, cassés, abîmés, qu’il s’est fait voler ou qu’il a jetés par inadvertance.
Je suis donc parti racheter une scie, la précédente, achetée la semaine dernière a rendu l’âme après avoir scié une épargne de dix centimètres sur vingt dans de l’aggloméré épais comme la retraite d’Heure-Bleue. C’est dire la qualité de la chose…
Me voici donc parti chez Castobidule, en bus. Face à moi, une vieille dame, au moins quatre-vingts ans est assise. A son côté, une jeune fille d’une vingtaine d’années. Elles papotent de je ne sais quoi, je suis en train de lire.
Tous trois descendons du bus à la place de la Nation.
Elles vont dans la même direction que moi, vers les colonnes du Trône, peu après on y trouve Castotruc.
Je suis à côté d’elles lorsqu’elles atteignent le feu et attendent, comme moi que le petit bonhomme lumineux devienne vert pour traverser.
Je les regarde un peu plus attentivement, la vieille dame est, comme Heure-Bleue, une femme à la peau claire, une ex-rousse reroussie par le coiffeur.
La jeune fille est assez mignonne, comme on peut l’être à vingt ans.
Elles m’ont fait penser à ce que pourraient être Heure-Bleue et Merveille d’ici une quinzaine d’années.
Et là, j’entends, dite avec amour par la vieille dame, une phrase qui a assombri un moment cet après-midi pourtant ensoleillé.
«  Si tu savais comme ton grand-père serait fier de te voir belle comme tu es ! »
Je me suis vu dans la boîte pendant qu’Heure-Bleue et Merveille allaient dans une parfumerie.
Je me suis dépêché d’aller acheter ma scie avant d’en entendre plus…

vendredi, 14 juin 2013

Il est six heures, Paris s'éveille...

Il est six heures.
J’ouvre un œil mais suis vaguement comateux.
Heure-Bleue se lève. Silencieusement croit-elle, et se dirige vers la salle de bain.
Revient, toujours persuadée de n’être qu’un léger courant d’air.
Léger courant d’air qui fout le lit en l’air. La tempête de 1999 vient de faire irruption dans mon demi-sommeil.
Ma tempête à moi me demande évidemment « Tu dors ? »
Et allume la lampe.
Je me retourne et allume la mienne en disant « Non, non mon ange... »
Pas question de dire « Comment veux-tu que je dorme ! Tu as vu le bazar que tu fais ? »
C’est mieux si on veut passer une journée quiète.
Enfin rassurée, Heure-Bleue commence
-
 Tu m’a réveillée à gigoter comme ça, quelle heure est-il ?
- Six heures cinq.
- C’est vrai ?
- Oui, c’est ce que dit le décodeur.
- Tu le lis d’ici ?
- Oui.
Et j’arrête ici car j’ai l’impression qu’Heure-Bleue ne sera pas vraiment intéressée par le fait que les digits font 12mm de haut et avons les yeux à six mètres du décodeur.
Et nous lisons.
Une phrase du bouquin à propos d’un repas me rappelle que nous n’avons plus d’huile ni de moutarde.
Alors je dis à Heure-Bleue « Au fait, il faut vraiment faire les courses aujourd’hui. » en me disant in petto « pendant qu’on fera les course je ne serai pas en train de scier ce foutu plan de travail pour y adapter la plaque vitro-céramique… »
Mais Heure-Bleue me le rappelle quand, en revenant de la cuisine avec ses sempiternelles Ricoré dont la boîte est presque vide, je lui dis « tu n’as presque plus de Rico ».
Aimable, comme toujours, elle me jette « Tu radotes, Minou !  Et il faut finir cette cuisine ! »
Bien, chef...

mercredi, 12 juin 2013

Femen.

Je n’ai pas été surpris du traitement infligé à ces jeunes femmes emprisonnées en Tunisie pour s'être mis en tête de faire avancer la liberté d’expression et la cause des femmes en montrant leurs seins à des types qui ne voient dans le corps des femmes qu’un lieu de perdition (la stupidité de ces mecs est un grand prodige; mais que ces types sont c… !!!)
Et là, je dois dire que je trouve le mode d’expression du mouvement « femen » plus provocateur qu’efficace.
Ce dont elles se foutent royalement… Evidemment, personne ne m’écoute jamais…
Vous qui me connaissez, lectrices chéries, savez que la contemplation de poitrines féminines n’est pas chose à m’offusquer.
Limite, si le soleil n’abîmait pas les peaux claires,  je serais en faveur d’un projet de loi qui favorise la tenue « femen » en toutes circonstances.
Mais quelque chose me gêne en cette affaire et c’est plutôt qu’elles semblent avoir plus de seins que de cervelle et une propension consternante à confondre le courage et la témérité.
Quelle idée d’aller chez des bigots misogynes pour y exposer les preuves de leur féminité !
Quand je parle de manque de jugeote, ce n’est pas une figure de style. Manifestement, ces jeunes ne lisent pas les journaux.
Si elles l’avaient fait, elles sauraient que dans les pays où la principale qualité reconnue pour briguer le pouvoir est d’être barbu et cul-béni, il ne fait pas bon exposer les appas dont la nature a doté les femmes.
Un bref regard sur la presse européenne leur aurait appris que dans ces bleds il est bien plus grave de montrer sa chevelure quand on est une femme que lui mettre la main aux fesses sans y avoir été invité  quand on est un homme.
Aller se balader les seins à l’air dans des pays où le viol vaut une réprimande au violeur et une lourde condamnation pour adultère à la victime est de la dernière inconscience.
Je ne suis pas un expert en matière de politique ou de droits de l’homme –lâchez moi, mesdames avec votre histoire de droits humains,  il est question de l’Homme en tant qu’espèce, pas du mâle conquérant qui ne pense qu’à se jeter sur vous à la moindre occasion-.
Mais réfléchissez à ce détail : Vous représentez plus de 50% de la population européenne.
Ça a tout de même un certain poids.
Electoral surtout.
Alors si vous voulez vraiment aider les femmes de ces pays barbares où elles servent au choix de paillasses, de bêtes de somme et accessoirement de mères mais dans tous les cas d’esclaves, dites-vous que si vous exercez une pression assez forte sur vos mecs d’abord et vos gouvernants ensuite vous avez de bonnes chances de succès dans votre lutte.
Les gouvernants sont certes difficiles à convaincre mais ils ont aussi des épouses et des maîtresses qui disposent des mêmes arguments que vous, efficaces depuis des temps immémoriaux, pour les convaincre.
Rappelez-vous que Lysistrata est perpétuellement d’actualité…
« Je ne tendrai plus mes mules vers le plafond » qu’elles disaient.
Je suis sûr qu’Aristophane  a pâti de ce « déni de bientraitance » -merci Mab- sinon il ne se serait pas mis en tête d’écrire une pièce parvenue jusqu’à nous et plus célèbre à cause de ce vers qu’autre chose…