mardi, 18 mai 2010
Le pyjama, hélas, tique…
J’ai l’intention de vous entretenir aujourd’hui d’une grave question.
Combien de temps durent vos pyjamas ?
Dans le temps que les tièdes zéphyrs agitaient légèrement les boucles mon auguste front nimbé de lumière, je regagnais alors, dans la tiède lueur vespérale, ma couche, « beau et sans ornement, dans le simple appareil d’un apollon qu’on vient d’arracher au sommeil », pour paraphraser machin avant que comme pseudo il ne prenne Racine…
Puis, l’âge venant, je me parai pour l’occasion d’un caleçon, pour éviter que le visiteur impromptu ne fusse obligé de chausser des lunettes de soleil.
Un séjour à l’hôpital modifia la donne.
Afin d’éviter au personnel féminin la tentation bien compréhensible de vérifier la douceur de ma peau, voire, sous couvert d’examen médical indiscret, de s’assurer de la validité du réflexe masculin lorsque l’homme, chez qui le cochon ne sommeille pas toujours, est soumis à la vue d’un sein délicatement… Bon, ce n’était pas le propos.
La question était la suivante : Combien de temps durent les pyjamas ?
Car, pour ce court séjour, Heure-Bleue acheta trois pyjamas.
Pour moins d’une semaine !
Elle m’a fait penser, dans cette histoire, à ma mère qui, pour les « trois jours » (un jour et demi à Vincennes) de son petit enfant chéri sursitaire lui prépara un sac, lourd comme la conscience de Caïn, qui aurait été largement suffisant si j’étais parti pour huit ans au Vietnam.
Trois pyjamas ! Pour un total de quatre jours et demi !
Et voilà que, plus de quatre ans après, il en manque près des deux tiers.
Et non, il ne manque pas deux pyjamas, non, il manque une poche par ci, un bouton par là.
Une veste à disparu tandis qu’un pantalon sorti d’on ne sait où, me tombe sur les chevilles dès mon lever –par un de ces miracles bizarres de la technologie textile chinoise, il est de la taille XXL tandis que la veste est de la taille L-
Une veste par ailleurs superbement décorée d’une déchirure béante à hauteur de la poche gauche, due probablement à une poignée de porte, erre sur mes larges épaules, veuve d’un pantalon qui aurait de toute façon eu bien du mal à cacher la fermeté de mes cuisses pour cause d’élastique hors d’usage.
Donc, en un peu plus de quatre ans, je me trouve réduit à enfiler des hardes par les matins frais de printemps parce que ces fichus pyjamas sont tous en ruine, déchirés de partout, quelques boutons pendant lamentablement au bout de bandes de tissu déchiré.
Quant aux pantalons, ceux qui restent, ils ont une fâcheuse tendance à m’arriver sur les chevilles dès que j’entame la préparation du petit déjeuner d’Heure-Bleue.
Et quand on va au Monop’, nous pensons toujours à acheter, elle un cabas, moi un journal.
Jamais un pyjama…
08:27 | Commentaires (13)
mercredi, 12 mai 2010
L’arroseur arrosé.
Notre chef à nous (béni soit son nom, on ne sait jamais…) avait émis l’hypothèse farfelue que si les gosses ne sont pas conformes à ce qu’il souhaite à l’école, paf ! Plus d’allocs aux parents !
Fort de l’enthousiasme soulevé par cette ineptie idéologique auprès des plus réacs et moralisateurs de nos concitoyens et incapable de résister à la tentation de se faire mousser à peu de frais, il s’empressa de pondre une adaptation budgétaire et européenne de la chose à l’occasion de la crise grecque.
Il concocta avec l’aide de la fourmi germaine, celle qui ricanait des malheurs de la cigale hellène, une résolution qui vouait aux gémonies les états peu soucieux des deniers des banques.
Car les deniers du peuple, il s’en soucie beaucoup vu qu’ils sont destinés à finir dans les poches des banquiers, donc il n’est pas question de laisser ces salauds de pauvres les garder pour eux, pire encore, leur permettre de vivre pour autre chose que faire grossir ce pactole.
La Commission Européenne, forte de cet encouragement à favoriser « les marchés » au détriment « des peuples », se prépare donc à légiférer dans le sens de la schlague pour les dispendieux.
Et c’est là que le bât commence à irriter sérieusement le dos des ânes qui nous gouvernent :
Figurez-vous que, appliquant à l’égard de « nos élites » ce qu’elles-mêmes préconisaient à l’égard des parents de gosses malfaisants, l’Europe menace de sucrer les subventions aux états qui oseraient présenter des budgets non conformes à l’orthodoxie telle que prévue par la Banque Centrale Européenne.
« Ah les salauds ! » Entends-je crier notre énervé, « ils nous font pareil que nous on fait aux parents des racailles ! »
Ne nous reste plus qu’à attendre quelques jours pour voir comment les milieux agricoles et le Parlement vont prendre la décision, pour les uns de leur sucrer leur revenu principal et pour les autres de leur retirer une prérogative tenue directement du peuple…
Cela dit, faut reconnaître à notre chef un sens aigu du truc qu’il ne faut pas dire pile au moment où il ne faut pas le dire.
D’un seul coup d’un seul, il s’est fait passer tout seul du rang de chef d’état à celui de régisseur de domaine…
14:31 | Commentaires (5)
lundi, 03 mai 2010
Eliminer la mauvaise Grèce…
Il me semblait pourtant avoir compris qu’au sortir de la deuxième guerre mondiale, il était venu à l’idée de quelques esprits, préoccupés d’autre chose que l’entassement de pognon, que la solidarité entre les états était un bon moyen d’éviter l’étripage périodique et mutuel des citoyens desdits états.
Ca fonctionna durant les quelques décennies où les revenus de chacun permettaient de subvenir aux besoins de tous.
Ca commença à se gâter quand certains commencèrent à concurrencer les autres à coup de politiques fiscales attrayantes pour les phobiques de l’impôt.
Ca se gâta de plus belle quand les organismes financiers les plus âpres au gain décidèrent de planquer ce qui semblait risqué au milieu de ces jolis produits financiers si attirants pour le gogo ayant quelques économies.
Les agences de notation, fermant les yeux il y a peu sur des pratiques autrement douteuses mais pardonnées car venues de gens qui les paient, s’avisèrent que la Grèce –et bientôt d’autres- s’était beaucoup endettée pour éviter aux banques le bouillon où les avait menées leur cupidité.,
Et c’est justement là, pile au moment où la solidarité devait s’exercer, que les pays européens commencèrent à traîner les pieds.
Comme d’habitude, on commença à chercher des solutions –douloureuses, les solutions- qui épargneraient les vrais responsables.
Les gouvernements européens agirent donc comme leur justice, qui épargne volontiers l’homme d’affaires véreux mais dont le bras s’abat avec vigueur sur le voleur de poule.
On évita soigneusement de proposer de récupérer les montants pharamineux de l’évasion fiscale et que les mieux lotis payassent leurs arriérés d’impôts.
Il fut plutôt prévu avec force justifications d’envoyer au chômage les fonctionnaires par dizaines de milliers, de réduire les déjà maigres retraites et les salaires misérables, de supprimer de fait les congés payés, de faire travailler jusqu’à plus d’âge des gens déjà épuisés par le cumul des deux emplois nécessaires pour vivoter.
C’est à ces conditions que nous allons emprunter sur les marchés à 1.5% ou 3% et reprêter à la Grèce à 5% -que voulez-vous, on ne se refait pas- un argent qu’elle nous rendra (peut-être) à la sueur des salariés et en dépouillant les petites entreprises.
Tandis que ses banques auront profité de ces prêts pour faire de fructueux placements sur les marchés financiers sans payer d’impôts plutôt que faire tourner l’économie du pays.
Car, ne rêvez-pas, avec le chômage et la baisse de consommation causés par ces mesures, ce ne sont pas les rentrées fiscales qui vont aider la Grèce à payer sa dette, et donc, comme pour la crise précédente, ce seront les contribuables des pays prêteurs qui vont payer…
J’aurais aimé que les gouvernements européens fissent preuve d’autant de sévérité, exigeassent autant de contreparties, mégotassent autant sur le montant de l’aide et atermoyassent aussi longtemps qu’il y a un an.
Vous vous rappelez ?
Quand les banques nous plongèrent dans la merde, prirent nos sous de contribuable illico et sans un remerciement, les rejouèrent aussitôt plutôt que les investir dans l’économie et se refirent une santé (plus que florissante) à nos frais…
10:48 | Commentaires (6)
vendredi, 30 avril 2010
Les pas perdus (pour tout le monde)
Je suis en train de regarder « Envoyé spécial ».
Il en ressort, à propos de retraites, qu’un nombre élevé de citoyens américains, grâce à un libéralisme bien compris, celui sur les dégâts duquel on se garde bien de vous prévenir, vont se retrouver sans retraite (le malheur du retraité fait le bonheur de Gol…man-Sa…hs).
En résumé, ça veut dire que ces gens qui ont bossé toute leur vie se retrouvent sans une thune et obligés de travailler parce que d’autres –bien à l’abri derrière une législation qui les protège plus que leurs clients –ont perdu leur retraite au casino des marchés financiers.
Quand je pense que c’est ce que nous mijotent nos experts, vous savez bien, ceux qui se sont plantés avec brio depuis deux décennies avaient vu venir la crise mais le nient avec obstination vu qu’ils n’en supportent pas les conséquences se plaignent l’ignorance de l’économie qui nous rend sourds à leurs avertissements…
Ils ont encore de beaux jours devant eux, à l’abri qu’ils sont des parachutes dorés que nous leurs payons, des pantouflages que contre notre gré nous leur offrons.
Cela dit, c’est vrai qu’ils sont efficaces: ceux qui les emploient n’ont pas à s’en plaindre, ils sont engraissés avec nos diminutions de salaire peuvent maintenir l’emploi, l’augmentation de la valeur de leur patrimoine de l’offre immobilière, la croissance du prix de notre bouffe de notre pouvoir d’achat et la diminution de nos retraites la pauvreté.
Et comme nous sommes nombreux et eux clairsemés, ils ont de quoi être heureux.
Ils peuvent nous dire, comme le premier maquereau venu « de quoi te plains-tu, on est heureux avec ton pognon »…
07:03 | Commentaires (6)
mercredi, 28 avril 2010
Déjazet, et ce n’est qu’un début.
Heure-Bleue et moi sommes allés voir Stéphane Guillon au théâtre Déjazet.
La salle était pleine et nous étions bien placés, d’autant mieux placés que les deux places de la rangée « C » situées devant nous étaient libres. Les deux seules. Probablement de pauvres vacanciers pris en otages par un nuage de cendres…
Bon, en fait, Guillon fait comme moi, mais en moins bien…
En plus il est d’une ingratitude rare et son spectacle est plein d’oublis.
Il a oublié, parmi les remerciements chaleureux, ceux qu’il doit à deux vedettes régulièrement citées : Nicolas Sarkozy et Eric Besson.
Il imite très bien notre Napoléon au petit pied avec talonnette, d’ailleurs il a presque la même taille.
En revanche, collant au plus près de l’actualité, je m’attendais, avec le procès de Mr Pasqua à ce que Stéphane Guillon nous offrît un vrai pastiche de Marseille.
Il a un peu glosé sur les dissensions de la gauche et, oubliant l’art délicat du contrepet pour l’occasion, il n’est tout de même pas allé jusqu’à clore sa moquerie par un tonitruant « d’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon lui-même…»
Ce fut une bonne soirée tout de même, commencée devant une bouteille de Fleurie d’une bonne année dans un petit restaurant du Marais qui, une fois n’est pas coutume, n’a pas mis nos finances en péril pour les deux prochaines années.
Heure-Bleue fut toutefois un peu déçue, elle préfère Michel Boujenah.
Mais allez savoir si c’est pour l’accent, le théâtre de Tel-Aviv ou un spectacle plus convaincant.
A moins qu’elle ne supporte plus d’entendre parler de politique sur le même ton qu’à la maison…
10:53 | Commentaires (9)

