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lundi, 01 octobre 2018

La première séance…

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Depuis le temps que j’attendais que passe ici ce film…
Des mois !
Des mois que j’attendais !
Chaque dimanche je tâtonnais au fond de ma poche les pièces qui paieraient le ticket d’entrée.
Depuis des mois, chaque dimanche je revenais à la maison, déçu.
Le film n’était pas prévu au programme.
Enfin, dimanche prochain « il » sera là.
Le film que j’attends depuis si longtemps est là.
Un copain me l’avait dit, un vieux d’au moins douze ans.
Un que ma mère trouvait trop « déluré » comme elle dit.
De toute façon, pour ma mère, les garçons étaient toujours « trop délurés ».
Lui l’avait vu dans un cinéma du côté du boulevard Montmartre, un cinéma mieux que par ici.
« Il passera, tu vas voir, c’est super chouette ! Elle est belle comme tout ! »
Alors j’ai attendu.
Et aujourd’hui, dimanche, il est à l’affiche.
« Le cygne » il s’appelle.
J’ai traversé le boulevard et ai gravi la volée de marches qui me mènerait au paradis ce dimanche là.
J’ai la main serrée sur mes pièces.
J’ai la somme exacte dans la main.
L’homme grisonnant qui tient la caisse est là, comme tous les dimanches.
Je ne l’aime pas, il a l’air mauvais, pas comme celui du jeudi.
Peut-être qu’il n’aime pas travailler le dimanche.
Mais je m’en fiche.
Je vais enfin le voir, ce film.
Et la dame m’a pris par la main pour m’amener à la rangée où je devais m’asseoir.
Elle m’a indiqué le fauteuil. Juste à côté du sien, au bord de l’allée, tout près de la porte.
Je l’ai regardée. Elle était belle. Elle avait des cheveux blonds bouclés, des yeux bleus et une robe noire à la taille serrée par une ceinture de cuir vernis.
Ce qui m’a beaucoup plu, c’est son cou, mince et orné d’un petit col blanc à coins arrondis.
Ma mère m’a dit que ça s’appelait « un col Claudine ».
C’est très joli je trouve.
Je l’ai trouvée si belle que je crois que je l’ai plus regardée que le film.
Pourtant, dans le film, mon copain me l’avait dit, c’était Grace Kelly et elle était belle aussi.
Presqu’aussi belle que la dame qui, une fois le dernier spectateur placé, s’est assise à côté de moi.

dimanche, 30 septembre 2018

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le bobo…

De rien... 
On est parti dans la fraîcheur de la fin d’après-midi.
Nous avions dans l’idée de faire quelques courses pour éviter l’inanition ce week-end.
Le soleil, radin et rasant, donnait sa lumière douce d’automne.
Je me recroquevillais dans mon blouson.
Mon pull de cachemire ne suffisait pas à me protéger.
Heure-Bleue revivait, un blouson léger sur une chemise mince.
Elle gardait son blouson ouvert.
Je me suis demandé un moment si elle n’allait pas le retirer pour cause de « Minou, j’ai chaud. »
Nous allions tranquillement vers la rue Carpeaux quand la lumière de mes jours m’a dit :
- Un type a été poignardé dans le IXème…
- Ben, on se fait poignarder partout…
- Il était au mauvais endroit au mauvais moment…
A conclu Heure-Bleue.
« Même nous, regarde, on peut tomber sur un fondu qui a été vexé par je ne sais qui et qui pète les plombs. » Ai-je repris.
J’ai insisté :
- Regarde, là par exemple, le type sort et nous plante avec un couteau.
La lumière de mes jours fut grandiose :
- Oui mais quand même, nous on se fait poignarder en entrant au Monop’ ! C’est quand même mieux que finir devant le Carrouf d’en bas…

 Avouez  qu’il n’y a pas photo :

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samedi, 29 septembre 2018

On laisse les grands-pères choir…

De rien…
Bon, je fais ça parce qu’il faut faire preuve d’un peu de discipline et écrire quelque chose chaque jour.

Vergogne : Subst. Féminin. Vieilli ou littéraire. Peu usité.
Pudeur, retenue, modestie.

Pourquoi diable ai-je songé ce matin à ce vieux mot ?
Non parce qu’il n’est guère utilisé aujourd’hui que dans la « locution familière » comme disent les dictionnaires mais parce que me revient à l’esprit l’intervention de Gérald Darmanin  dans le poste qui tombe souvent dans ma cuisine mais tient le coup depuis des années.
Oui, lectrices chéries, pourquoi cette affaire de vergogne ?
C’est là que le dictionnaire de l’Académie pointe du doigt une dure réalité : Peu usité.
Ce « peu usité » à propos de « vergogne » est vrai à un point que je n’imaginais pas.
Pensez à un type qui voit tous les mois arriver un virement de 16400 € sur son compte bancaire, montant amputé des cotisations sociales qui frappent chaque salarié dûment déclaré à l’URSSAF.
Et encore, sur une partie seulement des émoluments de ce brave homme.
Pas comme sur votre salaire ou votre retraite, pas exemple…
Il ne reste alors à ce pauvre hère « écrasé par les charges » qu’un peu moins de 13.000 €.
Vous auriez pensé, lectrices chéries, entendre ce type à la radio vous expliquer avec sérieux que « tout le monde sera mis à contribution pour résorber le déficit de la France mais que les bas revenus seraient épargnés » ?
Vous auriez pensé ça de quelqu’un qui, après avoir vu le 28 du mois au plus tard, le solde de son –ses ?- compte(s) s’accroître de 13.000 € ?
Vous auriez seulement osé penser que quelqu’un qui, de l’année, n’a payé de sa poche ni un repas, ni un taxi, ni un loyer ni un costume, bref, qui a vécu gratuitement –enfin pas gratuitement pour tout le monde-, aurait eu le culot de me susurrer dans mon poste que, dans un élan rare de générosité, le gouvernement dont il est ministre des sous épargnera « ceux qui ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté et les retraités qui relèvent du minimum vieillesse ».
Vous auriez pensé qu’un type qui vit gratuitement, plus exactement à nos frais, et entasse chaque mois près du revenu annuel d’un smicard viendrait dire à la télévision qu’on est assez riche dès qu’on dispose d’un revenu de 1.200 € mensuels ?
Vous auriez pensé que ce type oserait dire ça ?
Eh bien oui, lectrices chéries, il a osé.
Je l’ai entendu.
Vous comprenez maintenant pourquoi ce type m’a fait penser à « vergogne » et son « peu usité »…

vendredi, 28 septembre 2018

Pendant que le juif Süss, Copernic…

J’avais vaguement entendu, Zemmour vociférer, comme d’habitude sur les causes de la décadence de la France.
J’ai attendu –en vain car il est prudent- qu’il parle de « L’anti-France », qu’il remarque l’avancée inexorable  du « Parti de l’Étranger », toutes ces choses dont il est coutumier.
Tous ces propos de comptoir qu’il tente de faire passer pour des idées nouvelles alors qu’elles sont ressassées depuis Drummond.
Et tout ça, c’est la faute à qui ? Hmmm ?
Qui qui l’a dit ? Hmmm ?
Qu’est-ce qu’il a dit tonton Zezem ?
Oui, lectrices chéries, pour Zemmour, c’est la faute des Arabes et des Noirs.
Néanmoins, je dois avouer que je fus soulagé à l’entendre.
Pour une fois que ce n’était pas la faute des Juifs…
J’ai été rassuré un instant.
Hélas, ce discours, pour insensé qu’il est, n’a pas convaincu tout le monde.
J’en veux pour preuve ce message clair laissé sur la porte d’un immeuble pas bien loin de mon coin.
Puis, ce matin, à la radio, j’ai entendu Marc Weitzmann présenter son bouquin.
J’en ai retiré qu’il reste donc des gens d’extrême-droite qui n’ont pas vraiment compris Zemmour.
J’ai même l’impression que beaucoup de gens d’extrême-droite n’ont pas vraiment compris qu’eux-mêmes sont des étrangers pour tous ceux qui ne leur ressemblent pas.
Ou alors ils ont goûté certains plats ashkénazim d’Europe de l’Est qui sont à mon sens la vraie raison des pogromes…
Une question me taraude néanmoins :
Quand on est convaincu de la véracité de ce genre de discours, pourquoi diable vient-on habiter dans des coins pleins de Juifs, de Noirs, d’Arabes, de Chinois et même de Gaulois ?
J’y ai même vu des « grumeaux » d’Indiens dans certaines rues.
Hélas, gens d’extrême droite, le monde est essentiellement rempli de « rastaquouères », de « bronzés », de « nègres », de « bougnoules » et de « niakoués ».
Faudra vous y faire, le monde est majoritairement peuplé d’étrangers.
Ouaip ! On vit dans un gigantesque gâteau marbré.
Si vous voulez haïr sans trop risquer de prendre un mauvais coup, il ne vous reste guère que les Juifs qui habitent derrière cette porte de la rue Ordener…

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mercredi, 26 septembre 2018

Le diable et son train-train...

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L’automne est arrivé.
J’ai envie de retourner allée Cuvier, au Jardin des Plantes, là où j’espère je retrouverai les feuilles où traîner des pieds.
Comme je faisais.
Avant…
Quand c’était comme sur la photo, là.
Avant qu’on ne ramasse les feuilles avant même qu’elles ne touchassent le sol.
Ouais, comme ça, exactement comme ça…
Ce matin, dans la cuisine où la fenêtre est grande ouverte, j’ai froid.
Il y règne une température polaire.
Polaire du temps où la banquise était encore là.
Heureusement, le temps est superbe.
Vous savez bien, lectrices chéries, ce temps frais où la lumière est aussi belle que celle du printemps mais avec cette douceur lumineuse de l’automne.
Ce moment où le soleil se lève avec regret et dont la lumière dit qu’il a déjà envie de se coucher.
Donc, ce matin, je gèle dans la cuisine, vêtu d’un caleçon et vaguement protégé de la congestion pulmonaire par ce petit gilet, dégoté par la lumière de mes jours et qui lui sort par les yeux.
Il faut avouer qu’il me donne une allure à appeler le 115…
Quand je me rappelle à quoi je ressemblais à vingt ans, il y a… bref, tout ça, ça me troue le moral.
Bon, je ne ressemblais déjà à rien mais en mieux.
Au moins en plus mince.
Après avoir préparé le petit-déjeuner de la dame dont je partage la vie, le lit et la maigre retraite, je me suis assis avec mon bol de lait devant un clavier qui ne me disait rien.
Rien ne m’est venu à l’esprit.
Alors comme je n’ai rien à vous dire, lectrices chéries, je m’en vais sans écrire de billet.