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lundi, 22 juin 2020

Devoir de Lakevio du Goût N° 44

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Du rififi chez les dames ou autre chose ?
Cette toile de Jack Vettriano amène tant de questions…
Qu’en pensez-vous ?

« Houla ! C’est mal parti… »
C’est ce que je me suis dit en remettant les clefs dans ma poche…
Bon, je n’étais pas frais.
Elle non plus.
En plus c’est la première fois depuis des années que je la voyais fumer une cigarette.
Quant au verre de vin, là ça m’a vraiment inquiété.
Il nous arrivait de boire du vin mais jamais, au grand jamais, je ne l’avais vue boire un verre de vin seule.
Ni un verre de vin ni de quoi que ce soit d’alcoolisé.
Du moins seule.
Ça n’allait pas.
Mais alors pas du tout…
À la voir comme ça, à califourchon sur sa chaise, accoudée au dossier, je la trouvais extrêmement désirable.
Ça lui donnait un faux air de « femme de mauvaise vie » mais pas trop, plus le genre à se fourrer dans des situations délicates, comme celles qui font appel à Mike Hammer ou Philip Marlowe.
Je tentai un « Bonsoir ma chérie » qui sonnait faux.
Elle tira sur sa cigarette et ne dit pas un mot.
Elle n’avait pas besoin… Son silence était parlant.
Et il avait le goût des mauvaises nouvelles.
Le goût de la « convocation à un entretien préalable avec un représentant du personnel en vue d’un licenciement ».
La présence d’un représentant syndical n’est manifestement pas prévue.
Même un ami aurait été accueilli fraîchement…
J’insistai et demandai, comme si je ne le savais pas « Quelque chose ne va pas ? »
Un vrai « faux-cul » en somme…
Elle ne tourna pas même le regard vers moi.
Seuls me répondirent ces quelques mots jetés sèchement « Ce n’est pas la peine de fermer la porte, je fermerai derrière toi. »
Ils m’indiquèrent clairement la direction.
Celle de la sortie de sa vie.
Je savais bien ce que j’avais fait.
Mais elle ? Comment le savait-elle ?
Je n’ai rien dit et suis allé dans la chambre.
Ma valise était là, sur le lit, ouverte.
Mes habits jetés pêle-mêle dedans débordaient.
Un pantalon maintenant réduit en chiffons, déchiré jusqu’aux revers était jeté en travers.
Posée dessus, la note d’hôtel injustifiable que j’avais oubliée dans une poche…

 

dimanche, 21 juin 2020

Assentiment, aaahhh… sentiments… Assortiment ?

 

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Rien ne va plus entre Heure-Bleue et moi !
Plus exactement, rien ne devrait plus aller !
Pire encore, rien n’aurait jamais dû aller !
La nouvelle n’est pas encore « la nouvelle qui affole le Web », selon la formule consacrée par les aboyeurs du Net mais ça ne devrait pas tarder.
« Mais alors ? De quoi s’agit-il ? » Vous demandez vous, lectrices chéries ?
Voire « Ciel ! Leur amour a du plomb dans l’aile ! ».
Les plus pessimistes iront jusqu’à dire « C’est y pas dieu possib’ que c’coup’ fusionnel y s’défasse après tant d’zannées ! »
Bon, on n’en est pas encore là mais la douleur de la séparation nous pend au nez.
Oui, elle « nous pend au nez comme un sifflet de deux sous » selon l’expression grand-maternelle quand j’avais fait une bêtise.
Oui, lectrices chéries, le Net me l’a appris il n’y a pas quatre matins alors que je cherchais une imprimante que j’ai fini par acheter et qui me fut livrée hier matin.
L’habitude de « digresser de la recherche » m’avait fait « cliquer » sur une image.
Et je suis tombé sur un article qui demande en substance « Qui aime quoi ? »  et « Pourquoi ? » selon votre date de naissance.
Bon, il prouve d’abord que celle qui a commis cet articulet est assez jeune pour n’avoir pas compris que si on se demande  pourquoi on aime quelqu’un, c’est mal parti car sous peu on va savoir pourquoi on ne l’aime pas…
J’en ai retiré que les signes du zodiaque ont une certaine propension à se mélanger n’importe comment.
Résultat ?
Heure-Bleue et moi sommes les plus mal assortis du monde.
La lumière de mes jours est née sous le signe du Lion.
Eh bien figurez-vous, lectrices chéries, que ce qui devrait coucher le mieux avec un Lion, plus exactement avec ma Lionne, c’est un Sagittaire.
Délaissant un instant l’imprimante, j’ai vérifié chez Sagittaire où j’apprends que le lion n’est pas ce qui ira le mieux avec un Sagittaire, mais alors pas du tout…
Quant à moi, vous savez toutes car je m’en suis longuement plaint ici, que je suis né sous le signe du Capricorne.
Signe honni des dieux car après Noël et le Jour de l’An, il n’y a plus une thune à la maison pour mon anniversaire.
Il ne vous étonnera pas non plus que, d’après l’article, je doive rester seul car ce qui couchera le mieux avec moi sera le Capricorne.
Je devrais donc coucher avec moi, peut-être quelqu’un d’autre mais en aucun cas une Lionne.
Voilà, lectrices chéries notre désespoir à Heure-Bleue et moi.
Nous couchons ensemble depuis longtemps alors que nous devrions nous jeter dans d’autres bras.
Pas de doute, il va être temps d’y songer…
En attendant je vais tenter de connecter cette imprimante toute neuve au réseau de la maison…

samedi, 20 juin 2020

Michou a échappé au confinement.

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Enfin, si l’on veut…
Hier on est allé au cimetière Saint Vincent avec un ami.
J’aime beaucoup ce cimetière que je connais depuis toujours.
Bon, je préfère le connaître « du dessus » plutôt que « du dessous »…
On est évidemment allé voir la tombe de Michou.
La dernière fois que nous étions allé dans ce cimetière, Michou y était passé.
Il s’était assis sur sa tombe.
Maintenant il est dedans.
Il avait des manières assez « kitsch » et je même suis sûr qu’elles l’étaient au point d’aimer que sa tombe fût améliorée par les « décorations » dont elle est aujourd’hui inondée.
Avec mon entraînement de vieux Parigot je pense que c’est l’humour au second degré de certains et leur mauvais goût délibéré qui les a poussés à poser sur la pierre bleutée de la tombe un Sacré-Cœur de plastique.
Une pure merveille « kitschissime » de « plastique pleine fleur » collée sur un vrai socle de faux bois.
Pour que nul n’ignore qu’on est à Montmartre, il est écrit sur cette abomination « Paris » sur un côté et « Sacré-Cœur » sur un autre.
Je suppute qu’hélas il se trouvera sous peu un « chasseur de souvenirs » pour la voler, ainsi que le superbe chromo qu’on trouvait il y a des décennies dans les loges des concierges.
L’image magnifique, sous verre, précisant qu’on est à Paris et Michou embrassé par l’homme de sa vie, entre une photo de station de métro et une de la Tour Eiffel.
Bref, cette sépulture est une ode magnifique à l’humour au second degré et probablement à la générosité dont il fit preuve avec les peu lotis de son coin.
À moins que ce ne soit simplement la somme d’idées d’admirateurs dotés d’un goût qui me semble étrange, mais après tout, il a aidé tant de gens du quartier…
Beaucoup de ceux que certains, cultivés mais imbéciles, appellent « les gens de peu »
Mais c’était assez drôle à mon goût.
Ce fut une journée délicieuse.

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vendredi, 19 juin 2020

44ème devoir de Lakevio du Goût

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Du rififi chez les dames ou autre chose ?
Cette toile de Jack Vettriano amène tant de questions…
Qu’en pensez-vous ?

mercredi, 17 juin 2020

Conte du lundi

Lundi j’étais en retard.
J’avais rendez-vous.
Le médecin m’a dit :
- Qu’avez-vous ?
Je lui contai mes malheurs habituels, ceux de l’homme dont le rhume ne guérit pas assez vite et l’amène au bord du Styx à chaque reniflement.
Puis je lui ai parlé de la cause de ma venue, des rougeurs et d’une douleur le long de la jambe.
- D’après les trois médecins de la famille, le diagnostic serait, pour la lumière de mes jours, une allergie.
- Ah… Et l’autre médecin, qui -est-ce ?
- Mon fils, pour lui c’est une cruralgie qui est la source de la douleur à la jambe.
- Et l’autre médecin ?
- C’est moi, juste je crois que je suis bon pour les fleurs…
- Montrez-moi donc ces rougeurs…
Je l’ai fait.
Il a souri.
- Avez-vous eu la varicelle ?
- Oui, enfant.
- Le virus reste présent dans l’organisme toute la vie, comme celui de l’herpès.
- Et ?
- Parfois il ressort, la fatigue, le stress, l’âge… Et ça donne un zona.
- Ah…
- Il est bon parfois de consulter un quatrième médecin pour corriger les erreurs de diagnostic des trois autres…
- Mais c’est la première fois que j’ai un truc comme ça !
- C’est aussi la première fois que vous avez cet âge-là.
Là je le trouve gonflé ! Je me demande si je ne vais pas changer de médecin…
Puis je me dis qu’il est bon, qu’il a un bon diagnostic, qu’on a des fous-rires ensemble et que je vais chez lui depuis vingt ans.
Au moins il ne m’a pas dit « c’est la première fois que vous êtes vieux. »
C’est déjà ça…
Alors je suis reparti avec une ordonnance pour un médicament dont nous ne sommes sûrs ni lui ni moi qu’il fonctionnera.
Sur le chemin qui mène à la République je me suis arrêté chez un traiteur qui fait de très bons plats, j’y ai pris de quoi dîner deux soirs de suite et j’ai continué à pérégriner jusqu’à remonter le boulevard Saint Martin pour prendre le 20.
Il faisait beau, c’était bien.
Reste que je ne sais pas ce qui m’entraîne au bord du Styx à coup de souffrance insupportable du zona ou du rhume.
À mon retour, la lumière de mes jours a dit :
- Alors ? Allergie ?
- Non, zona…
- Mon pauv’ Minou ! Fais voir.
Je suis toujours intéressé quand une rouquine, même aux cheveux blancs, me demande de retirer mon pantalon, alors je me suis exécuté.
Là, le frottement du jean m’a fait mal, alors je me suis fait un cinéma genre Athalie :

« Son ombre vers mon lit a paru se baisser.
Et moi, je lui tendais les mains pour l'embrasser.
Mais elle n'a plus trouvé qu'un horrible mélange
D'os et de chair meurtris, et traînés dans la fange,
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux. »


Mais non, elle a juste dit :
- Bon, tu ne vas pas mourir…
J’ai eu un bisou et elle a demandé :
- Qu’est-ce que tu as ramené pour ce soir ?