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samedi, 07 avril 2018

April in Paris.


Heure-Bleue et moi sommes allés changer le livre.
Vous avez déjà vu avril à Paris ?
Avril à Paris quand il fait beau et que la température atteint une vingtaine de degrés ?
Lectrices chéries si vous ne connaissez pas, vous perdez énormément.
Si si, je vous assure.
D’ailleurs, rien qu’aller pas très loin de chez nous changer le bouquin ça nous a pris un moment.
À peine le déjeuner léger, pas terrible pour Heure-Bleue et un sandwich pour moi, nous sommes partis, le nez au vent et les yeux de la lumière de mes jours mi-clos à cause du soleil, les miens grands ouverts même si un seul est utile, pour m’emplir les yeux de la ville la plus chouette du monde.
Il devait être un peu plus de treize heures, le temps de pleurer Higelin dont la voix de gamin et les chansons m’ont toujours plu.
Nous sommes rentrés un peu avant dix-neuf heures.
Nous ne nous sommes assis qu’une petite demi-heure à côté de l’Opéra pour boire un café.
C’était bien ! Vous ne pouvez pas vous imaginer.
Nous sommes entrés dans quelques boutiques.
Uniquement pour constater que l’habillement est entièrement prévu pour que tous ceux qui ont plus de quatorze ans restent tout nus.
Franchement, il y a des choses sympathiques, mais rien au dessus de la taille « M ».
Oh ça, le « XS », le « S », le « M » ça pleut !
Mais essayez donc de vous vêtir chez des gens qui n’habillent que des gamines.
Et encore ! Des ablettes !
Heure-Bleue n’a rien trouvé.
Moi, si j’avais eu seize ans, je suis sûr que j’aurais trouvé.
Pas des habits…
Bref, le temps était merveilleux.
Il faisait si beau et on était si bien qu’on a même oublié qu’on était plus pauvre qu’il y a cinq ans, c’est dire…
Même les inévitables vieux cons, ceux qui râlent parce qu’on ne monte pas assez vite dans le bus ne m’a tiré qu’un assez allègre « Les vieux à la piqûre ! »
C’est dégueulasse, seuls les plus jeunes ont ri.
Du coup c’est moi qui ai eu un peu peur.
On ne sait jamais qui peut suivre ce genre de conseil…
Mais à part ça, ce fut super chouette.

jeudi, 05 avril 2018

Merveilleux nuages qu'il disait...

« Tu l’as lu ! » ai-je dit en lui rendant le bouquin après avoir lu la quatrième de couverture.
Heure-Bleue n’en était pas  sûre, elle l’a gardé.
J’ai quant à moi racheté deux bouquins que j’avais déjà lus mais ça ne comptait pas.
Je les avais perdus lors d’un déménagement.
Je ne me rappelle plus si c’est quand on est allés du IIIème arrondissement dans le XIème ou du XIème à Chatou.
Bref, je les avais perdus de vue entre 1985 et 1987.
Je les revoyais parfaitement, avec leur couverture blanche de la collection « Présence du futur » chez Denoël.
Mais tant de cartons de livres ont disparu de chez nous au cours des années…
Nous étions heureux de nos acquisitions.
Nous avions même acquis une nouvelle tête.
Je n’étais plus marié avec Louis XIV et ses cheveux en cafouillon et moins riche.
Elle n’était plus mariée avec un homme des cavernes, genre Sébastien Chabal mais en plus petit, plus maigre, moins fort mais plus vieux.
On a pris au passage du café chez Clooney.
Notre périple fut sympa et nous occupa tout l’après-midi.
Dès que la pluie cessait, nous entrions dans une boutique.
Dès que nous en sortions, il pleuvait.
La  prochaine fois que j’entends un étranger parler de « merveilleux nuages », je le gifle !
En revenant à la maison, je me suis précipité sur mon PC pour voir combien une bévue de la lumière de mes jours nous avait fait parcourir.
Plus de quatre kilomètres !
Ce n’était pas ce qui était prévu mais vous savez ce que c’est.
Nous passons à la FNAC acheter nos bouquins.
Nous achetons le café.
Nous allons en boire un dans un bistrot du quartier.
Nous en sortons pour aller nous faire couper les cheveux.
Tout cela en parcourant les rues à la « façon Heure-Bleue ».
Cette façon qui, à force de traverser et retraverser les rues fait qu’on a usé une paire de chaussures et parcouru neuf cents mètres en avançant de cinquante mètres.
Et, presque arrivés à l’arrêt du 95, s’apercevoir que nous n’avons plus le café…
Alors, parcours dans l’autre sens avec les mêmes arrêts.
Évidemment, nous avons dû refaire tout le chemin à l’envers.
Quelle chance ! Ce n’est pas moi qui portais le café !
Donc pas moi qui l’avais oublié.
Alors ça nous a juste promenés plus longtemps…
Ce matin, Heure-Bleue a retrouvé le bouquin qu’elle avait acheté hier.
C’était le même.
Hier soir elle disait « Je l’ai lu ! »
Je le lui avais dit avant qu’elle le prenne mais bon…
On ira le rendre demain, ça nous occupera…

mardi, 03 avril 2018

Les poupées rusent...

Elle m’aime !
Hier soir nous nous sommes mis à table.
J’étais sûr qu’elle m’aimait.
J’avais préparé ce qu’elle avait demandé.
Un mini-concombre.
Comme elle les aine.
Avec de la crème fraîche, à raison de trois cuillers de crème pôur une cuiller d’huile d’olive italienne.
La bien, c’est celle qu’elle aime.
Puis, je me suis embêté à lui préparer le chou chinois dont elle raffole ces temps-ci.
Je n’aime pas ça et j’avais acheté des flageolets verts, ceux que j’aime.
J’ai oublié de les faire cuire mais bon…
Bref, j’ai émincé le mini-concombre et mis la sauce dans un petit bol de porcelaine.
Normalement c’est le mien, il m’a été donné par ma grande sœur, il est blanc avec de petites violettes…
Puis, avant la fin de l’émission que j’écoute avant le dîner, j’ai mis la table.
J’ai apporté le concombre et le petit bol.
J’ai quant à moi amené le saumon qui me plaît ces temps-ci, avec la crème fraîche.
Quand la lumière de mes jours s’est mise à table, j’ai remarqué qu’elle avait passé ce pull « bleu layette » que je hais.
Nous avons dîné en conversant légèrement, comme toujours.
Puis j’ai commencé à commenter la télé.
J’ai regardé Heure-Bleue, elle était comme je l’aime, souriante et moqueuse.
Je l’ai regardée plus attentivement.
Elle-même s’est regardée.
Elle a dit « Et merde ! »
C’est là que j’ai vu qu’elle m’aimait.
Elle était allée jusqu’à consteller le « pull à tache » de la sauce du chou chinois.
La sauce en décorait à merveille le « pull à tache ».
Le « bleu layette » du pull s’accordait à merveille avec la sauce du chou.
C’est à ça que j’ai su qu’elle m’aimait.
Elle sait toujours à quel moment elle doit retirer son haut…
Dommage que ça ne marche qu’avec « le pull à taches »…

dimanche, 01 avril 2018

Atours de rôles...

De rien Mab

tiresias.jpg

Nous finissions de dîner en voyant, on ne pouvait pas dire « en regardant », la fin des infos.
J’ai été gêné par une petite sensation de coupure à l’annulaire droit.
- Aïe !
- Qu’est-ce qu’il y a Minou ?
- Je me suis coupé les ongles et j’y suis allé un peu fort…
- Et ?
- Ben ça fait mal…
J’ai encore passé le pouce droit sur l’extrémité de l’annulaire droit.
- Sshhhh… Si ! C’est ça ! Ça fait mal !
- Chochote, va… Si tu veux on échange nos places…
J’ai aussitôt pensé à un truc genre Tirésias et tout ce que je pouvais en tirer comme bénéfices.
J’en ai touché deux mots à la lumière de mes jours, des fois que…
- Minou, Minou Minou ! T’en va pas rêver à des trucs comme ça !
- Noooon ?
- Non, non, tu prends juste mon mal de dos, de pieds, tout ça !
- Ah…
- Oui, c’est tout…
Bon, je ne saurai jamais, c’est la vie.
Mais on ne pourra pas dire que je n’ai pas tout tenté pour savoir !
Enfin, demain il fait doux…

samedi, 31 mars 2018

Chacun sa croix...

M… !!!
J’ai commis une horrible bévue hier.
Oui lectrices chéries ! J’ai fait ça !
Ça prouve que quand sont morts ceux qui ont pris soin de vous pendant toutes ces années où vous étiez petits, même si ce fut de façon étrange, ne surnagent à la lisière de votre entendement que quelques rares préceptes.
Bien sûr, ceux qui risquent de vous poser de réels problèmes sont présents.
Vous n’allez évidemment pas voler, encore moins tuer.
Pour ce qui est de juger ses parents ou ne pas mater la meuf de son voisin, je suis plus réservé.
Nous sommes tous pareils en la matière, sauf Jésus.
D’ailleurs on en parle encore aujourd’hui…
Au point que ce fameux « Noli me tangere » fait encore l’objet de nombreuses thèses.
Demandez à Mab, elle vous renseignera…
Parmi tous ces préceptes, certains hélas finissent par sortir de l’esprit.
Ainsi, dès que j’eus quitté mes Frères fondus pour entrer au lycée, le poisson étant déjà cher à l’époque pour « les travailleurs et les masses populaires », le vendredi était l’occasion pour ma mère de faire des économies.
Elle remplaçait la viande qu’elle trouvait trop chère par une omelette pas aussi jaune qu’elle aurait dû mais moins chère.
D’abord ma mère trouvait tout trop cher…
Quatre œufs pas trop gros, un quart de litre de lait et un kilo de pommes de terre suffisaient  à faire une omelette pour six.
Suffisait de manger « la soupe aux alphabets » avant et un entremet Francorusse après.
Le « Vendredi Saint » était ainsi scrupuleusement respecté.
Hélas, trois fois hélas, pour en revenir à ma bévue, il faut que je vous dise, lectrices chéries.
Parmi les milliards d’ukases promulgués par ma mère, j’en ai oublié un hier.
Pourtant beaucoup m’étaient restés en mémoire :
- Tu ne passeras pas par le passage Kracher.
Assorti de l’inévitable «  Surtout avec ta petite sœur, avec tous ces Arabes, on ne sait jamais ! » car il était évident pour ma mère que l’Arabe du XVIIIème passait son temps à enlever des petites Françaises pour les envoyer dans des bordels levantins.
- Tu n’iras pas au lycée en prenant le 85 Porte de Clignancourt !
Assorti de « tu le prends rue Hermel ou je te tue ! »
Car d’après ma mère même moi je n’étais pas à l’abri des entreprises de ces « Arabes » abhorrés par ma mère.
Bien d’autres directives étaient gravées « en dur » dans ma cervelle.
Hélas, une des plus importantes à ses yeux m’a échappé hier.
« Ne te coupe pas les ongles ! Se couper les ongles le Vendredi Saint, c’est couper du pain béni au diable ! »
Ouaip ! Hier matin, la salle de bains a servi de boulangerie diabolique…
Si ma mère avait été de ce monde, c’est moi qui aurais été dans le pétrin.