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samedi, 29 octobre 2016

Non, le calme art n’est pas encore né…

Après une journée délicieuse avec Heure-Bleue et Merveille j’ai eu le droit de redormir dans le canapé.
Bon, que je vous rassure, lectrices chéries.
Mab d’abord qui semble croire que je me jette sur un tas de coussins quasiment de bois.
Non Mab, non Sophie qui n’a pas de blog, ce n’est pas le sort désastreux d’un pauvre hère condamné par l’égoïsme et la méchanceté d’une sorcière et de Gretel.
Cette banquette se transforme en cinq minutes en vrai « lit de 70 ».
Il suffit d’en retirer les trois mille coussins posés là par Heure-Bleue qui, dès qu’elle ne sait pas quoi faire de ses sous achète soit un panier soit un coussin.
Puis, je prends la couette de secours, celle qui couvre Tornade quand elle vient à la maison, y ajoute une couverture de « polaire » rouge.
Je vais ensuite piquer un des six oreillers qui encombrent la tête du lit, mon bouquin et mes lunettes et je m’installe, tel Héliogabale mais sans les courtisanes…
Le lendemain matin, donc hier matin, j’ai lambiné, attendant le réveil que j’espère le plus tardif possible de la lumière de mes jours et de Merveille.
Tout n’est que luxe, calme et volupté mais sans le luxe.
J’ai avalé tranquillement mon bol de lait sucré d’une cuiller de miel et parfumé de café.
Je sais depuis peu qu’il n’y a rien de plus mauvais pour la santé que le lait.
Je fais ça depuis plus de soixante ans et j’ai vu le lait passer du meilleur aliment qui soit au pire poison qui soit…
Et je n’ai jamais souffert de quoi que ce soit de plus grave qu’un rhume, deux grippes et un cancer, alors…
Et encore, la première grippe, c’est le jour où on m’a vacciné à la boîte, je devais avoir trente-trois ans.
Pourquoi je vous raconte ça, lectrices chéries ?
Eh bien parce qu’hier matin, après avoir bu mon lait, j’ai allumé les PC et ouvert mon navigateur.
Une autre catastrophe sanitaire m’a sauté à la figure.
Une billevesée sur le sommeil.
J’en ai retiré l’information la plus bizarre de la journée.
Quelle que soit la position adoptée dans son lit pour dormir, elle est mauvaise.
Pour être sain et équilibré, lectrices chéries, il ne reste que deux solutions :
- Vous dormez debout, comme les chevaux.
- Vous ne dormez pas du tout.
Je me demande si le Web est une mine d’informations ou un tissu de conneries…

jeudi, 27 octobre 2016

L’ange vain…

Je la déteste.
Je la hais.
Pourtant, elle est mignonne et habituellement je l’aime.
Mais pas là.
Je déteste qu’on me force à dormir dans le canapé.
Elle-même précise « On ne t’a pas forcé, Papy, on t’a juste dit « tu es obligé », c’est tout… »
Voilà ce que c’est qu’avoir fabriqué avec Heure-Bleue un fils qui lui-même a fabriqué Merveille avec JJF.
Merveille a une hérédité très lourde.
Hérédité entièrement vouée à martyriser Papy.
On me pique ma place dans le lit.
On me pique la chaleur de la lumière de mes jours.
On me laisse dormir, seul et abandonné de tous sur un canapé entièrement « rembourré avec des noyaux de pêche ».
Ouais, on a fait ça !
- Fallait dormir avec Merveille, elle est chaude comme une petite caille !
A alors dit Heure-Bleue.
J’ai grommelé :
- Un vieux ça ne dort pas avec des petites filles…
Et c’est là qu’on voit toute la rouerie des petites filles, particulièrement Merveille.
Elle contredit Mamie d’une voix douce :
- Mais non Papy, toi c’est pas pareil et puis t’es pas vieux…
On voit bien que cet après-midi on va au « Jardin d’Exploitation »…

mercredi, 26 octobre 2016

Les faits, mes rides…

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J’ai profité d’un temps de Toussaint et d’une envie d’indépendance qui nous a saisis, Heure-Bleue et moi, pour aller traîner à Paris tout seul.
Bon, m’entendre tousser agaçait la lumière de mes jours et m’a poussé à aller voir le médicastre.
J’en ai profité largement.
Heure-Bleue ne supportant pas d’être enfermée sous terre, nous prenons habituellement le bus, alors j’ai profité de ma solitude pour prendre le métro.
Ça transforme un voyage qui peut prendre plus d’une demi-heure en un bref parcours de moins de dix minutes.
Sauf les milliards de marches à République parce que la ligne Levallois-Gallieni est profondément enterrée et les escalators rares et n’emmènent que du premier sous-sol au trottoir, tout s’est bien passé.
J’ai un peu traînassé avant d’aller chez le médecin où la visite fut finalement brève.
Je vais plutôt bien, merci…
J’ai pas mal traînassé après aussi et j’ai fini par prendre le bus.
Finalement j’aime bien ce temps gris et doux d’automne à Paris.
Non, l’air n’y sent pas que l’essence.
Il reste assez d’oxygène pour rêver en traversant les squares.
J’ai justement traversé le square du Temple.
Mes semelles y ont été brusquement rendues collantes par des décennies de souvenirs alors je me suis assis quelques minutes devant la mare où se chamaillent quelques canards.
Le temps de décrotter mes semelles…
Puis, revenu en octobre 2016,  je me suis levé et suis allé traîner jusqu’au Monop’ de Temple où j’ai trouvé la « quiche provençale bio » qu’aime la lumière de mes jours ces temps ci.
J’ai remonté le boulevard Saint Martin.
Ça m’a semblé bizarre parce qu’il était animé, ce qui est plutôt rare à cette heure jusqu’à ce que je me rende compte qu’il était près de cinq heures.
Alors qu’étonnamment j’étais à l’arrêt quand il est passé, j’ai pris le bus.
Le 20.
Il m’emmène à Saint-Lazare.
Il s’est arrêté au feu du dernier numéro du boulevard Montmartre, juste avant d’arriver boulevard des Italiens, pile à la fin de la rue de Richelieu.
Ça m’a rappelé un épisode sympa de ma jeunesse folle.
Du coup je me suis aperçu qu’il y a des coins de soi qui ne vieillissent pas vraiment.
Je ne sais pas trop à quoi ça tient mais c’est comme ça.
Plein de choses vont de travers mais d’autres restent immuablement jeunes.
Ça ne paraît pas mais ça vous transforme une journée de Toussaint en matinée de printemps comme de le dire.
Ce n’est pas palpitant, lectrices chéries, mais j’avais envie de vous le raconter…

lundi, 24 octobre 2016

C'est un merlan, il fait des mises en plie...

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Traîner dans les palaces, frimer à picoler des gin-tonic dans les bars des grands hôtels,  servi par des pingouins obséquieux.
« Tout ça jusqu’à la fin de tes jours ! »
C’est ça qu’il avait dit le chef.
Je savais même pas c’que c’était « obséquieux », j’croyais qu’c’était un truc pour t’emmener boulevard des allongés, une cérémonie, quoi…
Et puis on s’retrouve là.
Tous les trois, à s’mater comme des maridas jalminces.
Des fois qu’un d’nous s’tirerait en loucedé, comme un péteux.
Bon sang, mais qu’est-ce qu’on fout là, sur cette plage où il fait un temps de merde !
Qu’est-ce qu’on attend, hein ? Tu peux m’le dire, chef ?
Il avait dit « faut s’faire oublier les mecs ! Un casse comme ça, ça va rester dans l’collimateur des chaussettes à clous pendant un bail ! »
« Faut que j’mett’  l’affure au frais. » comme il a dit…
Et nous alors, on fait quoi, hein ?
« Vous attendez. » qu’y nous a dit.
Trois semaines qu’on poireaute !
Alors on fait quoi chef ?
Y répondra pas vu qu’il s’est tiré le premier.

Je nous vois bien barrés pour passer notre retraite à la plage et calancher dans le sable.
Mais qu’est-ce qu’on a été con, bordel !
 !

samedi, 22 octobre 2016

Tu n’as fait que mal à ta Turque…

De rien Mab...
Hier, comme prévu, nous sommes allés à Paris, une liste de tâches à accomplir monstrueuse.
Il était question de refaire le plein de dosettes Clooney, de déjeuner d’un « döner » dans notre gargote favorite, de boire un café ailleurs que dans le passage Verdeau puis, après avoir pris le pain, de rejoindre la Madeleine pour y prendre le bus.
Tout s’est déroulé.
Pas dans l’ordre prévu, et tout à fait imparfaitement…
Nous avons commencé par le « döner » après un trajet calme, si calme que nous avons failli rater l’arrêt du square Montholon.
Nous attendions qu’on nous amène nos « döner » quand l’attention d’Heure-Bleue fut attirée par un évènement, certes courant mais habituellement plus discret.
- Minou ! Les deux types sont entrés dans les toilettes !
- Ensemble ?
- Ensemble !
- Bon… Ce sont des Turcs, tu sais ce qu’on dit des Turcs…
La lumière de mes jours fit alors part de ce qu’elle avait vu au serveur.
Il s’empressa de transmettre l’information au restaurateur qui remarqua platement « Bah ! On est en France »
C’est là que j’ai pu constater la pertinence du  syndrome dit de « la bizarrerie de l’autre »…
Puis nous sommes partis boire notre café ailleurs.
Nous avons découvert une « rue cachée », la rue Ambroise Thomas, nous l’avons empruntée « à rebrousse-poil », elle finit sous un porche monumental et donne dans un endroit abrité pour commencer rue Richer et est absolument magnifique.
Nous avons eu l’idée, qui s’avéra saugrenue, de le boire ailleurs qu’à l’abri du passage Verdeau.
Notre promenade se déroula sous une pluie légère, le truc qui vous dégoûte de vous laver les cheveux.
Vous avez remarqué ?
Vous vous lavez les cheveux, ils sont bien, doux, soyeux et tout.
Vous sortez, il se met à bruiner et en deux minutes vous avez une tignasse grasse et « pendouillante » prompte à dégoûter tous ceux qui vous regardent.
Nous avons atteint le café Costa boulevard Haussmann et, histoire de ne pas boire sous la douche, nous nous sommes assis à l’intérieur.
C’est là, lectrices chéries, que nous avons assisté à une conversation telle que je l’ai notée afin de vous la restituer « verbatim ».
La table voisine était occupée par un trio de jeunes gens, une jeune fille plutôt discrète, un métis beau comme un dieu et assez gentil et délicat et une autre très « enfant gâtée ».
Cette dernière abusait du terme « faute de goût » et le clamait pour le café entier au point que j’ai pensé que la « faute de goût » c’était elle…
Un moment, la jeune fille plus discrète dit :
- Le mec, y m’fait un cadeau je trouve pas terrible, le mec y m’dit « J’ai mis 120 € ! »
- Whaou ! Ça s’fait pas ! C’t’une faute de goût !
- On te dit pas, à toi ?
- Ben non, mais après j’vais sur le Net et je sais si y s’est foutu d’moi…
Ouais lectrices chéries, elle a dit ça, « faute de goût » !
On est parti parce qu’elles nous saoulaient à parler trop fort et on est allé chez Clooney en passant par la rue Vignon.
Là on a repéré deux boutiques.
Une qu’on va éviter parce qu’elle est idiote et chère.

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J’ai appris qu’il existait un « Créateur de miels », j’ai toujours cru que c’était le job des abeilles mais après tout…
L’autre qu’on va éviter parce qu’on y vend des bidules délicieux mais qui suscitent la vengeance de la balance ce matin…