jeudi, 25 juin 2009
L’échec emploi-service
Comme disait Coluche, "des fois, tu t'demandes..."
Vous vous rappelez (faites un effort, sinon à quoi ça sert que je m'échine si vous ne faites pas l'effort d'être marqués par les petit bijoux littéraires que je vous concocte ? Hmmm ?) que dans une note précédente je remarquais aigrement que Mr Expulsion des étrangers, après avoir été nommé Mr Expulsion des entreprises, avait été, à l'insu de son plein gré, élu député au Parlement Européen.
Des électeurs taquins préféraient sûrement le voir à Strasbourg à s'occuper de rien que rue de Grenelle à s'occuper de leur emploi, surtout après l'avoir vu à l'oeuvre dans un ministère qui était (très) accessoirement celui de l'Intégration...
Attentifs à la marche du monde, au moins de celle de notre France, vous avez sans doute noté que notre Briçou avait été prié de décliner l'offre alléchante de l'Europe car il avait en cours des travaux genre Héraklès (prudent, Chouchou n'a pas parlé des écuries d'Augias, son aphone épouse lui ayant sûrement rappelé, - que dis-je, appris- à temps qu'Héraklès avait tué Augias après sa journée de technicien de surface).
Et là, qu'est-ce qu'il nous raconte, Mr Augias ? Que le Briçounet a été déchargé de ses travaux de première importance pour s'occuper du fichage des Français en vue de l'élection de 2012 (espérons que l'Iran ne servira pas d'exemple).
Si j'ai bien tout compris, l'importance de l'emploi des Français et la lutte contre le chômage sont finalement très relatives.
Surtout à côté de la perspective d'être réélu de notre petit énervé.
Au point qu'on a confié l'emploi, les relations sociales et la lutte contre le chômage à un vague lascar qui s'est surtout illustré par son efficacité à jeter dans les rues les gens excédés par son obsession des suppressions de postes...
On ne se foutrait pas un peu de nous, des fois ?
08:55 | Commentaires (8)
samedi, 20 juin 2009
Lettre ouverte à Tarmine la naïve...
Ecoute ma biche, tu ne comprends décidément rien à l'économie de marché.
Cette merveille qui garantit la prospérité (surtout des déjà nantis)...
On envoie les gosses à l'école jusqu'à 22 ou 23 ans (espérant qu'avec des diplômes ils auront un job gratifiant et décemment rémunéré).
Ensuite, on les laisse mariner de stages gratos en stages non rémunérés jusqu'à 28 ou 30 ans.
Ils débuteront dans la plupart des cas au SMIC pendant un an ou deux.
A partir de ce moment là, 42 ans de cotisations au dessus du plafond de la sécu leur permettront, en théorie, de prétendre à une retraite égale à 50% du plafond de la Sécu en vigueur (en fait, ~40% parce que la Sécu t'achète l'€uro à ~80 cents).
Mais, à partir de 45 ans ils vont alterner des periodes de six mois de CDD et 6 mois d'ASSEDIC. Et ce, jusqu'à 55 ans.
Au delà de 55 ans, ils seront partis pour des séries ASS suivies de Formation puis, après des petits CDD de trois mois de temps à autre, et ce jusqu'à 67 ans.
A 67 ans, ils seront mis à la retraite d'office (j'allais dire au rebut...) et, comme ils n'auront jamais acquis qu'une petite trentaine d'années, souvent au SMIC, de cotisations validées, compte tenu de la lourdeur des pénalités pour trimestres manquants et de l'essentiel d'une "carrière" payées sous le plafond de la Sécu, leur retraite, déjà prévue mince à taux plein, ressemblera à l'aide des centres d'action sociale municipaux.
Bilan, à 69 ans ils seront à la rue et il y a gros à parier que mal nourris, mal soignés et vivant dans des conditions difficilement acceptables pour un chien, ils vont mourir vers 70 ou 72 ans.
On réduit la l'espérance de vie, on prend les cotisations, on en reverse le moins et le moins longtemps possible.
Et voilà le problème des retraites résolu...
08:58 | Commentaires (20)
mercredi, 17 juin 2009
Rêveries d'un promeneur solitaire
Mon optimisme me perdra, je le sais.
Voyez-vous, à la lecture d'un minuscule articulet, un vent d'espoir souffle sur le moral de votre serviteur.
Quelle nouvelle peut bien agir sur mon esprit, maussade depuis mai 2007, indigné par les hurlement de victoire d'un parti qui ne rassemble guère que près de 11% des électeurs inscrits ?
Eh bien, il ne s'agit pas simplement de l'annonce d'un prochain remaniement ministériel.
Mais alors ? Entends-je haleter le lectorat impatient.
Voilà, un des très écoutés conseillers de notre chef, mandé le soir pour assurer le secret des délibérations (mal gardé le secret...) n'est autre qu'Alain Minc.
Après avoir constaté pendant des années, combien ce "conseiller" avait concouru efficacement à l'effondrement des boîtes auxquelles il a dispensé ses oracles, je me sens pleinement rassuré.
Si tout se passe comme il ne l'a sûrement pas prévu (as usual...), nous avons le choix, restreint mais intéressant, entre quelques scenarii:
- Une agitation sociale qui amène illico le remaniement suivant (très probable).
- Une démission de notre énervé, vexé d'être si mal compris (faut pas rêver).
- Une guerre civile, causée par l'annonce intempestive de la suppression de toute forme de protection sociale au prétexte que la croissance chinoise est forte grâce à des salaires minuscules et une protection sociale inexistante (on ne sait jamais, l'homme pressé, inculte et cupide ne se rend pas toujours compte de ce qu'il fait).
Mais, le pire n'étant jamais sûr, on peut avoir droit à des élections anticipées et, rêvons un peu (rêvons beaucoup, d'où le titre de ce bijou de la littérature...), les 70% qui étaient contre la victoire éclatante des 28%, peuvent se mettre d'accord devant l'ampleur des destructions promises...
13:23 | Commentaires (7)
jeudi, 11 juin 2009
L'esprit des lois
Le monde.fr publie une note fort intéressante, elle semble donner corps à la promesse dont on nous rebat les oreilles depuis la campagne de l'élection présidentielle: la notion de responsabilité.
J'en veux pour preuve cet extrait qui promet des batailles sanglantes dans les prétoires entre les représentants du Ministère des Finances et les représentants des banques.
"M. Estrosi entend modifier le code pénal en y insérant un article 222-14-2 qui prévoit que "le fait de participer, en connaissance de cause, à un groupement, même formé de façon temporaire, qui poursuit le but, caractérisé par un ou plusieurs faits matériels, de commettre des violences volontaires contre les personnes ou des destructions ou dégradations de biens, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende".
"Il est souvent difficile d'identifier celui qui, dans la bande, a commis le délit," a expliqué le député, mardi 9 juin.
Désormais, le simple fait d'appartenir à une bande sera un délit. On est dans le domaine d'une responsabilité collective qui n'existait pas jusqu'ici, alors qu'il est très difficile d'établir une responsabilité individuelle"
Nous attendions tous avec impatience cette modification du code pénal, encore que les peines envisagées semblent bien faibles à l'égard des plus gros contrevenants.
Elle devrait avoir l'ineffable avantage, non seulement de faire économiser des sommes folles au contribuable qui les a renflouées, mais de faire rendre gorge à ces banques qui portent, aux dires même de notre Président, nouvellement promu chevalier blanc du "capitalisme moral" (elle est bien bonne !!!), la responsabilité collective du caca dans lequel elles nous ont plongés.
Je dois avouer que pour une fois, une loi qui punirait ceux qui ont une responsabilité collective dans des dommages causés à l'ensemble des citoyens remporte mon suffrage haut la main.
Mais ne rêvons pas trop, il reste tout de même à regarder de près les alinéas de cette loi, j'ai bien peur en effet que la liste des exemptions n'en fasse guère qu'une loi anti-zyva de plus, plutôt dédiée à l'emprisonnement des voleurs de mobylettes, et que les gros fauteurs de troubles et de dégâts ne soient jamais sanctionnés malgré l'énormité de leurs exactions...
Ceux qui sont à l'origine de la disparition des économies de nombreux épargnants, de la garantie sur nos futurs impôts de la coquette somme de 360 milliards d'€uros, du cadeau de 26 milliards d'€uros pour renflouer des banques qui, au vu des boni distribués, n'en n'avaient pas réellement besoin, peuvent dormir tranquilles.
Je suis prêt à parier qu'ils ne seront jamais inquiétés pour avoir contrevenu à la loi qui punit les délits décrits ci-dessus et qui leur collent si bien à la peau...
07:00 | Commentaires (7)
mardi, 09 juin 2009
Lettre ouverte
Cette relative proximité me permet d'utiliser un style quelque peu familier pour vous dire que j'ai lu il y a peu que vous étiez partisan du capitalisme (ce qui ne me choque pas, pour avoir vu à l'oeuvre l'alternative stalinienne et ses nombreux avatars...) et du marché (ce qui ne me choque pas outre mesure compte tenu des brillants résultats de l'économie planifiée en matière de bien-être général ).
Dans un monde libéral de bisounours, il est probable que vous ayiez raison.
Dans la vraie vie du libéralisme sauvage et du darwinisme social, je sens assez mal un groupement industriel réalisant une centrale nucléaire, par exemple, résister à la tentation de mégoter sur la sécurité, sachant que celle-ci représente près du tiers du prix de revient de cette centrale.
De même, l'expérience a montré avec les opérateurs privés de messagerie, que la mamie qui habite un hameau reculé à peu de chances de recevoir sa carte de nouvel an, sauf à payer le prix de l'essence et le temps de travail du facteur qui la lui amènera. Idem pour l'électricité ou le gaz: Chaque jour qui passe draine son lot de gens qui, sur la foi de la probable baisse des prix due aux bienfaits de la concurrence, se sont retrouvés avec des factures sans commune mesure avec les factures du tarif réglementé...
Vous me rétorquerez que le tarif réglementé fausse la concurrence, seulement voilà: cette concurrence n'est admise comme fausse que quand le citoyen de base paie un service ou un produit moins cher auprès du public qu'auprès du privé. Il me semblait pourtant que les plus ardents défenseurs de cette concurrence mettaient en avant les avantages incontestables apportés aux citoyens, notamment des prix plus bas. D'ailleurs les industriels qui ont souscrit des abonnements EDF au tarif du marché se sont montrés particulièrement satisfaits d'une hausse moyenne de leurs factures de l'ordre de 40%...
07:00 | Commentaires (11)

