mercredi, 14 septembre 2022
Était-il plus art que buse ?
Ouais, bon… Mab ne m’engueulera plus, et de fait, ça m’embête…
« Jean-Luc Godard est mort à l’âge de 91 ans ! »
Je vous passe tout ce que j’ai pu entendre dire de ce cinéaste qui, à dire vrai était ce que l’on appelle « un chieur » selon la terminologie tout juste post-adolescente.
Que croyez-vous qui me sauta à l’esprit à cette annonce ?
Non, ce n’est pas « Ouf ! La mort d’Elisabeth II commençait à s’estomper, heureusement Godard meurt pile-poil pour meubler les infos ! On a eu chaud ! »
Pas du tout ! Ce qui m’a sauté à l’esprit, c’est « Et mes fesses ? Tu les aimes, mes fesses ? »
Ça date de cette époque où « Le mépris » était encore « interdit aux moins de 18 ans » alors que justement, les fesses des filles étaient un sujet de préoccupation majeur chez les garçons de mon âge.
J’ai dû me débrouiller autrement mais ça m’a pris près d’un an.
Bref, je crois vous avoir parlé de cet épisode qui me valut un courrier abondant et des récriminations tout aussi abondantes…
Parlons donc d’autre chose.
De Godard justement, qui en voulait à Truffaut de savoir comment approcher les femmes alors que lui-même éprouvait les plus grandes difficultés.
Lui, fils de banquier richissime, pensant qu’il fallait absolument être de basse extraction pour intéresser « le camp d’en face », alla jusqu’à vanter les mérites du « Petit Livre Rouge », cet opuscule plein d’âneries mais qui prouve bien qu’un type se revendiquant du communisme le plus dur avait parfaitement compris quel parti tirer du capitalisme au point que ce petit livre fut vendu à deux milliards d’exemplaires.
Dont un traînait dans la poche de Godard.
C’est sans doute pour ça qu’il écrivit « La Chinoise » mais je ne sais pas exactement à quel Russe en voulait Godard…
Sans doute parce que ce Russe était un « staliniste », ce qui était malgré tout moins risqué qu’être trotskyste.
Mais je dois dire que « Pierrot le fou » et « Le mépris » sont de chouettes films.
Bref, aujourd’hui c’est Godard qui tient l’affiche.
J’imagine le remue-ménage si c’est BB qui lâche la rampe.
On va voir un paquet de vieux se lamenter à la télévision.
Ben oui… Combien de jeunes se rappellent l’existence de Brigitte Bardot pour autre chose que ses harangues contre les migrants et ses cris de douleur pour les bébés phoques ?
De fait, elle avait de très belles fesses.
Je me demande si ce n’est pas ce qu’il y avait de mieux chez elle, avec le texte de Godard…
Que Romain Gary soit tombé amoureux de Jean Seberg ne m’étonne pas.
Moins que s’il était tombé amoureux de Brigitte Bardot...
07:18 | Commentaires (9)
mardi, 13 septembre 2022
Crise de nerfs ou crise de l’énergie ?
Mon agacement allait croissant.
Je comprenais bien, tant que d’autres étaient dérangés, que seuls ces autres pussent être agacés du nombre d’appels indésirables tentant de leur vendre des choses dont ils ignoraient l’existence, dont ils n’avaient donc nul besoin, d’autant qu’ils n’avaient pas le premier sou pour les acheter.
Las, je fus à mon tour importuné par un de ces marchands d’orviétan.
Ce dernier, a plusieurs fois tenté de me vendre du gaz à un tarif élevé dû aux soubresauts du marché.
Sachant d’où vient le gaz qui était pour l’heure coupé, j’ai décliné poliment.
D’autant plus poliment que, nous souvenant de la tendance des vieux à vaporiser un immeuble par distraction, j’ai prudemment décliné de GDF un abonnement au gaz lors de notre dernier déménagement…
J’ai donc demandé à mon interlocuteur de supprimer mon numéro de leur base de données.
« Bien monsieur. » me fut-il répondu.
L’âme sereine et l’humeur souriante, ainsi qu’il convient à l’homme dont l’intestin fonctionne bien, j’ai raccroché.
Las… Quelques jours plus tard, Total Énergies réitéra son appel.
Ma réponse fut moins aimable mais je réitérai mon souhait et prudemment toutefois, bloquai le numéro dérangeant.
Tranquille quelques jours, je pensai l’affaire réglée.
Hélas une fois de plus, hier soir mon portable sonna quand je sortais ma carte pour régler « une tradi, s’il vous plaît, Madame ! »
Je décrochai en bénissant l’inventeur du « sans contact ».
Ce ne fut alors que pour maudire l’inventeur du harcèlement téléphonique.
Après avoir dit son fait à l’importun (en réalité lui avoir dit méchamment « vous m’emm… ! » j’ai pris ma « baguette tradition » qui venait d’augmenter de 8% dans la journée soit 20% depuis le mois de février.
Arrivé à la maison, j’ai pris ma plus belle plume mon plus beau clavier, pour dire par voie de mail à Total Énergies ce que je pensais de leurs façon de faire.
Ce matin j’ai reçu une réponse me présentant d’abord les excuses de l’entreprise.
Elle m’a assuré ensuite que le N° 06 xx xx xx xx avait été retiré de leur base de données
J’ai « biché comme un pou sur les c… du pape » car c’est la première fois qu’une multinationale qui fait deux milliards d’€uros de résultat net mensuel me présente des excuses comme si j'accédai soudain à l'existence véritable, celle de la reconnaissance des grands de ce monde.
Un détail m’a néanmoins tracassé et poussé à cliquer sur l'onglet « Répondre » pour leur poser cette question :
« Par quel miracle avez-vous, rien qu’en voyant le mail privé de l’expéditeur, réussi à le lier à mon N° de téléphone, tout aussi privé ? »
Je sais bien, après avoir lu d’un dirigeant de Go..le il y a quelques années que « La vie privée ? C’est une notion de vieux c… ! » mais tout de même...
12:12 | Commentaires (9)
lundi, 12 septembre 2022
Devoir de Lakevio du Goût No136
Cette toile de Gustave Courbet dite « Jo la belle Irlandaise » me dit quelque chose.
Pas seulement parce que « Jo, la belle Irlandaise » a permis à Gustave Courbet quelques privautés.
Mais vous, qu’en avez-vous à dire ?
J’aimerais que cette note commençât par « À quoi bon ? Enfin… Vous ne supposez pas que ce n’était pas en apparence ? »
Aussi qu’elle finît par « J’ai bien été le premier à vérifier l’exactitude de la chose, quand j’étais votre amour… en apparence. »
À lundi j’espère…
- À quoi bon ? Enfin… Vous ne supposez pas que ce n’était pas en apparence ?
Elle secoua sa chevelure avec dédain.
Elle soupira et ajouta après un instant de réflexion
- Vous auriez pu vous douter que des cheveux comme ça n’existent que pour vous faire rêver, vous autres…
J’ai secoué la tête, vaguement déçu qu’effectivement de tels cheveux pussent n’exister que pour me faire rêver.
Encore que…
S’il n’y avait eu que ces cheveux, mais il y avait cette peau pour parfaire le rêve.
Elle le savait bien, qui triturait savamment sa chevelure en penchant la tête de façon à dévoiler son cou dont la pâleur me donnait envie de le dévorer de baisers.
Et si ce n’était que le cou…
J’ai soupiré à mon tour, elle sourit.
- Vous voyez bien que vous savez.
Cruelle, elle insista :
- Dites-moi, Gustave, vous ne pensiez pas, même avant, que…
- Que ?
- Que j’étais « toute » comme ça ?
De fait, je savais bien que le flamboiement qui auréolait son visage n’était pas totalement un cadeau de la nature et qu’un artifice l’avait allumé.
Et pour cause, je me rappelais très bien où j’avais recueilli l’information.
J’y passais beaucoup de temps et y pensais très souvent.
Un peu trop même à ses yeux…
Elle insista.
- Vous savez bien mon cher Gustave que cette couleur n’est qu’apparence et n’est pas, comment dire, uniformément répartie…
Je me suis demandé un instant si je pouvais… Mais son visage vaguement fermé me dissuada de tenter une nouvelle vérification de ma part.
Je me contentai de lui répondre de façon amène :
- N’oubliez pas que vous étiez mon modèle…
Elle souleva un sourcil.
- Et ?
- Vous souvenez-vous de « L’Origine du Monde » ?
Elle se demanda ce que j’avais voulu fixer sur la toile mais n’eut plus de doute quand j’eus ajouté
- J’ai bien été le premier à vérifier l’exactitude de la chose, quand j’étais votre amour… en apparence.
NB : Selon certains « exégètes » de l’œuvre de Gustave Courbet, l’intimité exposée dans « L’Origine du Monde » serait celle de Joanna Hifferman qu’il connut, au sens biblique du terme.
08:25 | Commentaires (15)
samedi, 10 septembre 2022
136ème devoir de Lakevio du Goût
Cette toile de Gustave Courbet dite « Jo la belle Irlandaise » me dit quelque chose.
Pas seulement parce que « Jo, la belle Irlandaise » a permis à Gustave Courbet quelques privautés.
Mais vous, qu’en avez-vous à dire ?
J’aimerais que cette note commençât par « À quoi Bon ? Enfin… Vous ne supposez pas que ce n’était pas en apparence ? »
Aussi qu’elle finît par « J’ai bien été le premier à vérifier l’exactitude de la chose, quand j’étais votre amour… en apparence. »
J’espère que vous aurez une histoire à raconter à partir de ces deux phrases tirées des « Contes d'amour, de folie et de mort » d’Horacio Quinoga.
À lundi…
09:27 | Commentaires (6)
jeudi, 08 septembre 2022
Le pain perdu.
Notre « boulanger d’en bas » est ouvert, comme il l’était au mois d’août.
Mais cette fois il m’a semblé avoir fait cuire le pain par un boulanger, un vrai.
Non qu’il fît lui-même la pâte, qu’il la pétrît chez lui car il n’est pas « artisan boulanger » mais cet été, vacances obligent, nous avions laissé tomber l’idée de lui acheter du pain.
Il avait apparemment décidé de congeler ses « pâtons » pour l’été.
Le pain congelé a une caractéristique ennuyeuse : vous vous trouvez, en cas de choc en sortant de la boulangerie, avec un tas de miettes dans le fond du sac.
En l’absence de choc, ce n’est guère mieux : Avec une baguette achetée le soir vers dix-sept heures, vous avez une bûche de chêne le lendemain matin.
En repensant à ce pain, un autre pain me revient à l’esprit, moins appétissant que la « Tradi » d’un « boulanger bio » de ma connaissance.
Ce pain qui me pousse à demander « une baguette, s’il vous plaît, plutôt cuite et chaude. »
Pourquoi ? Parce que cette nouvelle va, j’en suis sûr, vous laisser estourbies de surprise, car je suis sûr que je ne vous ai jamais parlé de ma mère.
Ma mère avait une idée précise de ce qui fait un « enfant bien élevé ».
Sans parler mais ce sera pour une autre fois, de l’idée encore plus précise de qui était digne d’être aimée par son fils, c’est-à-dire personne à part elle.
Ma mère donc nous envoyait chercher immuablement le pain qui, à ses yeux, représentait le nec plus ultra de la nourriture bourgeoise : le pain blanc.
Pour elle, le pain idéal était « un pain parisien bien blanc s’il vous plaît. »
Le pain qui finirait de cuire dans l’estomac s’il n’était pas vigoureusement, au besoin à l’aide d’une taloche, recommandé de le manger rassis.
Pour éviter disait-elle « les lourdeurs d’estomac quand on mange du pain frais ! Ça fait mal au ventre quand on mange du pain chaud ! ».
Elle nous envoyait chercher le pain « Et chez Galy, hein ! Pas chez Marion ! » car « Marion » faisait du « pain moulé », sacrilège aux yeux maternels.
Elle surveillait le pain comme le lait sur le feu et claironnait, au moment de mettre la table « Pas le pain frais ! Il en reste d’hier soir ! »
Ce « Il en reste d’hier soir, il est encore bon ! » me rappelle cruellement les façons de faire de ma mère.
À cette époque bénie où les enfants étaient presque sages, on ne se servait pas de pain entre les repas et à table il fallait le demander.
Tout manquement à la règle entraînant immanquablement une taloche, on y regardait à deux fois avant de piquer le croûton du pain.
Et il n’était pas question de baguette, ni même de « bâtard ».
Non, non, seul le « pain parisien de 400 grammes », le pain d’ouvrier, trouvait grâce à ses yeux, ce pain qui se garde trois jours.
Le pain qui finit en « pain perdu » et pas perdu pour tout le monde.
Même trempé dans le lait un bon moment avant d’être saupoudré de sucre et de cacao, le pain du fond de la huche avait bien du mal à ramollir…
Grâce à ce « Il en reste d’hier soir, il est encore bon ! » je suis encore aujourd’hui en mesure de digérer des briques sans grande difficulté.
Heure-Bleue ne peut pas en dire autant, amollie qu’elle est par une éducation qui la fit passer de la batiste au cachemire.
Ma mère réussit donc, à défaut d’enfants sans névroses, à nous assurer une digestion dans les règles de l’art.
10:42 | Commentaires (9)







