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vendredi, 22 avril 2022

Vivent les vacances, plus de pénitence...

« Les cahiers au feu, la maîtresse au milieu. »

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J’ai une flemme… Mais une flemme…
Il était temps que les vacances arrivassent !
« P… de concordance des temps ! » pensé-je à l’instant…
Je me suis mis en repos tout seul.
En plus de ma bidouille perso dont je mettrai quelques images en ligne quand ce sera arrivé presque à maturité, j’ai hérité d’une bidouille à faire pour un ami aussi dingue que moi d’audio.
C’est pour cet ami, particulier en ce sens que nous ne sommes d’accord sur rien hormis notre goût pour l’électroacoustique, que je dois donc reprendre le harnais d’ingénieur.
Nous ne sommes évidemment pas d’accord en matière d’audiophilie.
Lui a un goût marqué pour le son des vinyles des années soixante, moi aussi mais je préfère pour le jazz le son dit « West coast sixties ». 
Lui a du goût pour un son moins « son cinéma » celui qui râpe les oreilles.
Pourtant, quand je me rappelle le cinéma Rex dont l’immense salle bénéficiait du savoir-faire de l’entreprise « Altec »aujourd’hui disparue, je ressens encore la même émotion.
Avant celle des baisers volés au dernier rang du dernier balcon où on se mettait pour profiter du noir plus que du film, il y avait celle de la bande sonore qui vous transportait.
De celle de « Lafayette » ou Michel Leroyer fit merveille à celle de « La conquête de l’Ouest » avec une distribution impressionnante et qui durait près de trois heures.
Mon ami et moi n’aimons donc pas le même type de son.
Mais c’est mon client sur la bidouille, donc je fais ce qu’il veut.
Il aime le « son vinyle », celui qui suivit l’éclosion de la stéréophonie en microsillon, princpalement celui qui va de la fin des années cinquante au milieu des années soixante.
Il s’est mis à dénoncer « la peste numérique » dès la sortie du CD, en 1982.
Il est né en 1962, quasi au moment ou s’éteignait Marilyn Monroe et est resté attaché à cette époque où on pouvait faire sa prépa à « Ginette », car il est de Versailles, et aimer des gens comme John Coltrane bien qu’il fut Noir.
Bref, je laisse tomber le devoir jusqu’au retour des vacances de la « zone C » et je m’en vais bidouiller pour cet ami avec qui je ne suis jamais d’accord…

jeudi, 21 avril 2022

Intolérance…

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Rien à voir avec Voltaire.
Notre boulanger, celui qui est juste en bas de la maison a vendu sa boulangerie.
Nous avions du pain rassis le soir et dur le lendemain matin.
Heureusement, c’était pour plus cher que chez le boulanger de l’avenue de Villiers.
Ce dernier nous permet d’avoir du pain chaud le soir et du pain encore frais le matin est hélas fermé le mercredi.
Nous avons donc acheté du pain « en bas de la maison ».
Le nouveau boulanger est avenant et, hélas « créatif ».
Vous savez sans doute, lectrices chéries qu’une mode fait fureur ces temps-ci.
Une mode qui « couche bien » avec les divers régimes un peu idiots qui courent le monde.
Des régimes comme le régime « keto », qui vous pousse à vous empiffrer de saucisson sans pain et d’éviter les tomates avec de l’huile d’olive.
Charge à vous ensuite d’expliquer au médecin pourquoi votre taux de cholestérol grimpe aux arbres.
Ou le régime dit « hyperprotidique » qui vous pousse à bouffer de la viande rouge  sans pain mais avec un grand verre de lait et surtout sans fruits ni légumes.
Charge à vous ensuite d’expliquer au médecin pourquoi votre taux de créatinine grimpe aux arbres.
Tous ces régimes ne serviraient qu’à vous esquinter le foie et les reins si on n’avait pas trouvé une bonne raison au fait que vous vous sentez mal à les suivre.
Le secret ?
L’intolérance au gluten !
Notre nouveau boulanger, « créatif » comme je vous le disais a donc créé un nouveau pain.
La farine d’épeautre étant d’un commun désolant depuis quelque temps, la farine de maïs la rejoignant bêtement après quelques mois de « bouillonnement bobotesque », il manquait une trouvaille.
Notre mitron nouveau la fit !
Il fait du pain à partir de graines de chanvre.
Moi qui ne connaissais du chanvre que la fibre dont on fait les cordes et la version indienne dont on fait les « défonces », j’ai cédé.
J’aurais dû me méfier quand le boulanger a dit « il est très goûteux et en plus il contient peu de gluten, très peu même ! »
Heure-Bleue et moi avons donc acheté un de ces « pains de chanvre ».
Ce pain a accompagné notre dîner, il a effectivement un goût marqué.
Marqué à défaut d’être agréable…
Dès ce matin, nous avons constaté qu’il est extrêmement efficace.
Nous nous sommes réveillés avec quelques douleurs intestinales.
D’autant plus inexpliquées que notre régime vespéral est simple et consiste souvent en filet de poulet grillé accompagné de haricots verts revenus avec de l’échalotte.
Après un stage dans la petite pièce au coin du couloir, nous nous sommes concertés, la lumière de mes jours et moi, habitués que nous étions à la baguette de froment « normal » et au levain « normal ».
Nous en avons alors convenu : Nous sommes « intolérants au manque de gluten »…

mercredi, 20 avril 2022

Le silence de l'amer...

Je n’ai rien à dire…
D’habitude je n’ai rien d’important à dire mais je le dis.
Mais ce matin, rien !
Klum ! Nada ! Nothing ! Nihil ! Tipota ! Niente !
Bref, pas un mot à se mettre sous la dent ou la langue !
Pourtant hier soir, après avoir posé mon bouquin, j’avais commencé un billet superextramidable !
Il se concevait bien et les mots pour le dire arrivaient aisément comme disait Boileau.
Il était drôle, piquant, plein de ces trouvailles qui font tout le charme d’une nouvelle bien construite.
Le billet parfait en somme…
Non, ce n’était pas celui qui vous serre le cœur.
Pas plus celui dont le pouvoir d’évocation vous laisse pantois, les larmes au bord des cils, troublant légèrement un regard fixé sur l’écran, le cœur lui aussi troublé.
Non, vous n’auriez pas été touchés, lectrices et lecteurs chéris par ce billet, vous n’auriez pas échappé votre souris, le cœur battant, les mains moites et un léger rosissement de vos joues délicates.
Non, rien de tout cela.
Ah ! Lectrices chéries !
Vous eussiez simplement été heureuses de vous être levées et de commencer votre journée en souriant béatement à la lecture de ce billet pétant de bonne humeur.
Vous vous seriez dit, pensives « Mais où donc va-t-il chercher tout ça ? »
Puis vous auriez souri en pensant « Voilà une journée qui commence bien ! Ah ! S’il pouvait nous écrire des choses comme ça chaque matin, mes journées seraient parfaites ! »
Et vous vous seriez levées, sautillant joyeusement pour aller vous faire engueuler par des chefs de service atrabilaires pour gagner une misère en regrettant que ce couillon ne lût pas mes billets qui l’eussent mis de bonne humeur…
Hélas, rien de tout ça ce matin.
Mon billet s’est envolé avec un rêve qui j’ai lui aussi oublié.
Mais bon, peut-être que demain j’aurais quelque chose à dire…

mardi, 19 avril 2022

Du neuf de Pâques…

Ouais, bon… Je sais…

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Il y a peu nous avons été invités à déjeuner par « Madame de . »
Perdue de vue depuis plusieurs années après qu’elle a été fâchée par une réflexion particulièrement désagréable que je lui avais jetée un jour où elle fut vraiment agaçante.
J’étais d’autant plus prêt à lui pardonner que c’était moi qui l’avais offensée et nous nous « rabibochâmes » il y a maintenant plus d’un an…
Je lui avais donc téléphoné.
Elle n’avait pas répondu.
Je lui avais laissé un message.
Elle avait rappelé et m’avait semblé terriblement « perdue ».
J’avais dit à la lumière de mes jours « Ça y est ! « Madame de. » a perdu la boule ! » et avais tendu l’appareilà la lumière de mes jours.
C’est là que nous apprîmes qu’elle, si soucieuse de se démarquer du commun des mortels, avait sombré dans le quelconque.
Elle avait bêtement été malade d’un cancer, le truc d’un commun affligeant.
C’est dire à quel point c'est plébéien puisque la lumière de mes jours et moi avions plongé dans ce genre d’affaire... 
Nous lui rendîmes évidemment visite et l’avons soutenue du mieux que nous pouvions.
Nos relations rétablies, le téléphone nous a reliés au gré des nouvelles jusqu’à l’annonce rassurante : « Ça y est ! Je suis officiellement en rémission ! »
Elle nous invita à déjeuner alors pour nous présenter un ami.
L’ami en question l’avait connue alors qu’elle avait dix-neuf ans.
J’ai dit « Oh ! Mais c’est tout neuf, cette histoire ! » car je ne recule pas devant la flatterie.
Comme elle est plus vieille que moi et qu’il a quelques années de plus qu’elle, comme je suis parfois bien élevé, j’ai mis tous les mots dans l’ordre et n’ai même pas dit « c’est un vieil ami » et encore moins, comme il m’était venu à l’esprit « c’est un ami vieux »…
Je me suis contenté de le saluer le plus civilement qui soit.
Cela dit, outre le fait qu’il est charmant il est plein d’avantages.
Il est assez fortuné et assez américain pour dire facilement qu’il règle sans sourciller 2.500,00 $ d’impôts mensuels pour sa maison à la frontière du Connecticut.
Il est assez patient pour attendre nombre de décennies pour tenir « Madame de. » par la main.
Il est assez disert pour faire seul les frais de la conversation et assez fier de sa réussite pour ne parler que de lui.
C’est donc un homme charmant.
D’autant plus charmant qu’il a remarqué que j’avais encore les cheveux très noirs.
Et avec assez de tact pour ne pas ajouter « pour quelqu’un de votre âge ».
« Madame de. » a cru bon d’ajouter « Oui mais il a encore plein d’épis ! »
Après avoir pensé « elle ne changera jamais… » je me suis contenté de jeter « avoir tant d’épis et si peu de blé… »
Ça a déridé « Monsieur de . ».
Oui, lui aussi est un descendant des rescapés de la Révolution…

lundi, 18 avril 2022

Devoir de Lakevio du Goût N°121

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Quelque chose ne va pas, mais alors pas du tout !
Je me regarde, et si ce miroir ne se trompe pas et ne me trompe pas, selon les critères d’aujourd’hui, même si c’est prétentieux de le dire, je serais classée parmi « les filles qui sont belles ».
Alors pourquoi s’est-il soudain levé et parti d’un pas lourd en me jetant un regard désespéré ?
Pourquoi ?
Pourtant j’avais fait attention.
J’ai toujours fait attention.
Il me plaisait, je lui plaisais, c’était manifeste.
Cette soirée avait bien commencé.
Nous étions allés au restaurant puis, en sortant il m’avait « vous voulez prendre un café à la maison ? »
Il avait l’air innocent et gentil, j’ai dit « avec plaisir. »
Je l’ai suivi.
Il m’a pris la main sur le trottoir, je lui ai dit « Attention à mon vernis, il n’est peut-être pas tout à fait sec ! » et j’ai repris ma main.
Il n’a rien dit jusqu’à ce qu’on arrive chez lui, je le sentais un peu inquiet.
Il m’a fait entrer, son salon était bien rangé, ça m’a rassurée alors je lui ai tendu ma veste.
Il l’a attrapée par le col et je lui ai dit « Attention, c’est du cachemire… », il l’a soigneusement pendue dans le dressing attenant.
Il s’est tourné vers moi, m’a regardée langoureusement, je sentais bien que « l’instant décisif » comme il est écrit par Berthe Bernage était arrivé.
Il a tendu les bras, je me suis approchée, il m’a serrée contre lui et s’est penché pour m’embrasser mais j’ai dit « Attention, vous allez déranger ma coiffure ! ».
Il s’est alors reculé un peu et s’est contenté d’un léger baiser dans le cou qui m’a fait frissonner.
Il m’a pris le poignet, j’ai pensé « il se rappelle pour le vernis, c’est bien… » et m’a entraînée vers la pièce à côté.
J’ai vu sa chambre, elle aussi était bien rangée, il s’est assis sur le lit, toujours me tenant le poignet et m’attirée.
J’avais envie qu’il aille plus loin mais m’a échappé « Attention à ma robe, elle se froisse facilement ! »
Il a soupiré, m’a allongée à son côté gentiment, je dois dire qu’il se montrait délicat et patient.
J’ai senti sa main sur ma jambe, c’était agréable et doux.
Puis je l’ai sentie remonter lentement.
Quand elle a atteint ma cuisse, j’ai frissonné, c’était agréable mais j’ai dit « attention à ne pas filer mon bas ! » et il a eu un bref arrêt.
Puis ce fut plus haut et quand il a commencé à tirer l’élastique de ma culotte j’ai dit « Attention ! C’est de la soie ! C’est fragile ! »
Il a grogné, s’est levé, a repris sa veste et quitté la pièce.
Un instant plus tard je l’ai entendu claquer la porte.
Il m’avait laissée seule chez lui !
Je suis repartie chez moi, vexée d’être ainsi « laissée en plan » alors que j’étais prête à m’abandonner totalement.
Il fallait juste qu’il fasse attention.
Apparemment, les hommes ne font jamais attention…