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samedi, 22 août 2015

Je vois la vie en rosse…

Je viens de faire un tour chez vous lectrices chéries.
Je lis vos notes si elles sont nouvelles.
Je regarde les commentaires de la note de la veille si vous n’avez pas écrit.
Hélas, je relis alors les commentaires que j’ai eu l’imprudence de vous laisser.
Et là je suis effondré.
Ma glissade vers le gnangnan, travers commun avec l’arrivée de la vieillerie, s’accélère.
C’est épouvantable.
Je vais bientôt pouvoir écrire le prochain Marc Lévy.
Ou tenter nègre chez Agnès Ledig...

vendredi, 21 août 2015

Récrés à deux…

Je vous ai dit que pour aller au Sacré-Cœur, il y avait plein de chemins ?
Il y en a un dont j’ai encore la parfum dans le nez.
Pourquoi ? Parce qu’il passe devant une pâtisserie.
Et pas n’importe quelle pâtisserie.
Je suis passé par là avec la lumière de mes jours il y a quelques mois.
Je fus surpris de constater que la pâtisserie existait encore.
Mieux, que les propriétaires en étaient encore vivants et que la boutique portait encore leur nom.
Bon, quelque chose a changé.
L’odeur, d’abord. Il me semble qu’elle était autrement délicieuse quand je passais devant pour aller au lycée.
Évidemment, maintenant que je peux acheter ces gâteaux, ils sont moins bons et pas bons du tout pour ce que j’ai.
Quand ils sentaient si bon et que j’aurais pu en manger douze sans dommage autre que des taches sur la chemise, je n’avais pas un maravédis…
Inutile de vous dire, lectrices chéries, que quand je passais par là au printemps plutôt que par Barbès-Rochechouart, l’odeur de la pâtisserie « Jandré » enchantait mon nez pas encore gâté par la cigarette.
Je crois bien que j’ai arpenté toutes les rues qui mènent de la Place Championnet –oui, je sais, c’est la « Place Albert Kahn »- jusqu’à l’avenue Trudaine.
Quand je dis je crois, c’est une litote. De quatre ans  à dix-huit ans et même plus tard, je les ai parcourues à pied.
Très rarement en voiture.
Je tentais de garder le nez fermé et plein de l’odeur de croissant au beurre jusqu’à la rue Marcadet que je prenais à droite jusqu’à la rue des Saules, celle où il y a « Le Lapin agile ». Celui là même d’Aristide Bruant et Pierre Mac Orlan.
C’est vers cette époque que j’ai lu « A bord de l’Etoile matutine ».
Ma mère m’a dit « tu es trop petit pour lire ça mais bon… »
Revenons à cette odeur de croissant. Elle était finalement assez nourrissante pour me donner l’énergie nécessaire à la montée de la Butte dont les escaliers, n’est-ce pas Mab

escaliers.jpg


Après, je n’avais plus qu’à descendre jusqu’au boulevard Rochechouart et le traverser pour entrer au lycée.
Si je n’avais pas trop rêvassé en chemin et qu’on commençait à neuf heures, après avoir traversé la place du Tertre, je glandais dans les allées du jardin du Sacré-Cœur jusqu’en bas.
Hélas, je commençais souvent à huit heures et rêvassais souvent à je ne sais quoi car les rues de Montmartre me font ça depuis toujours.
Alors au lieu de descendre vers le lycée en flânant dans les allées de côté du Sacré-Cœur, je prenais un autre chemin.
Je suis sûr que vous le connaissez, lectrices chéries, du moins l’avez-vous vu sur des cartes postales.
Mais si, c’est la rue Foyatier, maintenant on vous dit que c’était un sculpteur mais quand j’étais en cinquième, il fallait fouiner pour savoir qui était ce type.
Cette rue n’est qu’un immense escalier qui mène au bas du Sacré-Cœur.
J’arrivais en bas moulu au point d’espérer que ce serait « Histoire de huit à neuf » pour reprendre ma nuit…
Puis l’énergie remontait en descendant la rue de Steinkerque et puis après tout, c’était encore récré jusqu’à huit heures…

jeudi, 20 août 2015

Le moyen nage…

Hier, avant de m’endormir, j’avais une idée de note où je vous aurais parlé d’Heure-Bleue, de Berthoise, d’une bonne journée, tout ça.
Il m’est même venu à l’idée, avant que Morphée ne m’emporte, de vous parler des yeux de Berthoise qui étaient bien comme je le pensais, rien qu’au ton de ses notes.
Oui, bien que d’une nuance différente de ceux de la lumière de mes jours, les yeux de Berthoise sont clairs et même pas correctement cachés par ses lunettes.
J’avais aussi dans l’idée de vous parler de ma déception à voir ce qu’est devenu « Frog & Rosbif » où les club-sandwiches étaient si bons et ont disparu de la carte tandis que les « onions rings » sont devenus si mauvais…
J’y ai quand même bu ma deuxième bière de l’année.
J’aurais aussi parlé dans cette note de la visite d’une expo à la tour « Jean sans Peur ».
Oui lectrices chéries, je vous aurais parlé de tout ça.
Hélas, dès mon réveil, la vacuité de ma cervelle m’a effrayé.
Toutes ces idées s’étaient envolées pendant mon sommeil.
Sinon je vous aurais concocté une de ces notes.
Vous m’en auriez dit des nouvelles, lectrices chéries !
Mais bon, on ne pense pas toujours ce que l’on veut, hein…
Je verrai bien demain si j’ai recouvré un peu d’entendement.

mercredi, 19 août 2015

Demain j’achète un chèche, je veux !

Heure-Bleue secoue soudain la tête et pose sa fourchette.
Elle vient de penser à une phrase que Manou lui a dite samedi soir.
- Tu te rends compte ? Elle m’a dit « Merveille sent la rouquine » !
- Et alors ? C’est pas faux…
- Évidemment, elle dit que c’est à cause de moi !
Il est vrai que Merveille, après une demi-heure de marche au soleil exhale, quand elle lève un bras, quelque chose qui n’est pas sans rappeler l’aisselle de camionneur …
Mais bon, ça ne me dérange pas, j’ai l’habitude de l’odeur des rouquines, alors je me contente de répondre : 
- Ah bon…
- C’est ma faute ????
S’inquiète la lumière de mes jours qui ajoute :
- Mais au fait, c’est l’Ours qui sent !
- Oui mais bon… L’Ours est ton fils… Il tient de toi…
- Évidemment, toi tu sens rien alors… Je ne sais pas comment tu fais.
- Ouais… J’ai de la chance
- Pfff… T’es à moitié bougnoule, alors tu sens rien.
- Ah tu vois !
- Même quand il fait chaud. C’est pas juste…
Elle a un instant de réflexion et ajoute :
- C’est parce que vous vous lavez pas assez…
Je ne sais pas comment elle fait pour que ça tourne toujours comme ça.
Quelqu’un lui dit un truc qui ne lui plaît pas et je finis toujours par être le dernier habillé…
Après avoir regardé les tribulations des filles Sévigné, oui il y  des jours où on est fainéant, nous sommes allés nous coucher.
J’étais plongé dans mon bouquin quand moment, Heure-Bleue a demandé :
- Minou, quelle heure est-il ?
Et elle m’a pris le bras pour regarder l’heure.
- Tu n’as pas ta montre… Tu as la marque.
- J’oublie toujours ma montre…
- Tu bronzes moins, Minou.
- Je te rappelle que tu ne supportes pas le soleil alors je marche à l’ombre.
- Mais c’est pas bien, j’aime pas le bronzage que tu as là.
- Ben, je ne peux pas bronzer, je ne suis jamais au soleil…
- Ça te fait un bronzage que…
- Un bronzage que ?
- Oui… Ça fait que… Ben voilà... Ça... Ça fait « bronzage de chochotte »…
Que vouliez vous que je fasse, lectrices chéries, j’ai soupiré...
Et voilà votre serviteur bayant au Corneille
Percé jusques au fond du cœur
D’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle
Bref, habillé pour la nuit, votre Goût…
Il y a des jours où je me demande si le mariage est une si bonne idée…
Et puis il faut que je vous dise : Je commence à m’ennuyer de Merveille, de P’tite Sœur et des enfants...

mardi, 18 août 2015

L’homme de cro mignon…

Hier soir, Heure-Bleue et moi, dînions en regardant les infos d’une oreille distraite.
Ouais, bon…
Heure-Bleue, l’attention sans doute attirée par une des innombrables souffrances qui touchent le monde se mit à évoquer la persistance des siennes.
Principalement de son pied.
- Tu sais, mon pied, c’est pas fini. Et puis, ma chaussure chinoise, tu as vu un peu ?
- Ton allergie n’est pas passée ? !
- Non, je ne suis pas guérie…
- De toute façon tu ne guéris jamais…
Elle a soupiré :
- La preuve, je ne suis pas guérie de toi…
Là, lectrices chéries, j’ai regardé la lumière de mes jours.
- Tu sais que c’est gentil, ça, ma Mine ?
Puis, pris du doute de l’homme habitué à la douche écossaise :
- C’est vrai ?
Comme elle me regardait gentiment, je commençai à préparer mon gosier à une dose copieuse de petit lait quand Heure-Bleue a ajouté :
- Oui mais… Est-ce vraiment vrai ?
- Ooohhh Tu ne me raconterais pas des histoires ? Si ?
- Hon hon… Tu sais, la vérité…
Honnêtement, j’ai trouvé ça méchant…
Mais on a bien ri quand même.
De vieux gamins vous dis-je…