Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 19 juin 2015

L’eau zone…

Mercredi, j’avais commencé la journée comme une journée de boulot.
En réalité autrement sérieuse que le boulot.
Merveille allait venir.
Merveille avait dit clairement « Papy va me faire un poulet avec des petites pommes de terre et du melon en hors d’œuvre. »
C’était dit.
Merveille avait tracé ma feuille de route.
Je me suis donc mis au travail assez tôt, ai épluché les rattes de Noirmoutier, émincé un petit oignon et coupé en deux un autre petit oignon.
J’ai glissé le demi oignon et un petit suisse dans le poulet préalablement salé et poivré.
J’ai refermé et embroché la bestiole, l’ai passée sous l’eau très froide pour que la peau devienne bien craquante sous le gril.
J’ai mis tout ça dans le four, lancé le tournebroche et suis descendu chercher un melon chez « le petit de la passerelle ».
Tout était prêt. Le poulet, régulièrement arrosé, les pommes de terre régulièrement retournées et arrosées.
Tout allait bien.
On a sonné.
Tout alla mal.
Une Merveille furieuse, criant « je veux Papyyyy  ouiiinnn » est entrée.
Suivie par une Heure-Bleue criant « si tu n’arrêtes pas de chougner, je te ramène chez tes parents et basta ! »
Le melon a consolé Merveille.
Deux « rico » ont calmé Heure-Bleue.
Le déjeuner a été bref car Merveille mange peu à chaque fois.
Comme les piafs.
Mais souvent. Une heure, un petit suisse, une heure, un café liégeois, une heure, un morceau de melon, une heure…
Puis nous avons joué à la dinette et aux cartes après le déjeuner.
Elle a pigné. C’est une mauvaise joueuse. Je l’ai disputée.
« On a déjeuné à une heure, on dîne à deux heures et demie et je te ramène. Alors Stooooppp !!! »
Après une autre heure plus ou moins calme elle est partie en pleurant dans la chambre où Heure-Bleue est allée la consoler.
Puis on m’a envoyé consoler Merveille. Et c’est là que j’ai gagné le droit d’aller sauter dans l’eau le mercredi.
Merveille se fait engueuler par le maître-nageur, elle a peur d’avoir la tête sous l’eau et de sauter seule dans la piscine. Dans le petit bassin, ça va, mais dans le grand elle a peur. Et l’autre con l’engueule !
Ces mecs qui pensent avec leurs cuisses croient être instructeurs dans la Légion ou les Commandos de Marine alors qu’ils sont chargés d’apprendre à nager à de petits enfants.
Résultat des courses ? Je dois tenir la main de Merveille pour sauter dans le grand bain et lui montrer que même quand on ne sait pas bien nager, il suffit de bouger un petit peu les pieds pour rester à la surface…

jeudi, 18 juin 2015

Charité bien ordonnée…

Apparemment ne commence ni par les autres ni par soi-même...
J’allais ce matin vous parler de Merveille, lectrices chéries.
Mais quelque chose a attiré mon attention en écoutant la radio.
Ça a soulevé quelque indignation chez moi.
Oui, lectrices chéries, j’ai mal aux os mais je m’indigne encore comme un gamin.
Affaire d’éducation, sans doute...
Je me suis dit alors que ceux qui revendiquent si haut, si fort et si mal à propos « les racines chrétiennes de l’Europe » devraient se couvrir la tête de cendres et regarder le bout de leurs chaussures en prenant un air emmerdé tout à fait de circonstance.
Oh, ça va être moins drôle que la mauvaise humeur de Merveille qui m’a rappelé une femme au boulot, hélas dotée d’un « caractère de mince » si prononcé qu’il lui avait valu le sobriquet délicat de « SPMC »…
(Si vous ne savez pas, ce qu’est « SPMC » lectrices chéries, je vous expliquerai…)
Non, lectrices chéries, ce ne sera pas drôle et j’irais jusqu’à dire que ça me fait honte.
Oui, il y a des jours, comme ça où être un ressortissant de la communauté la plus riche du monde n’est pas une sinécure morale.
Il appert hélas que c’est aussi la plus pingre, la plus pleutre et qu’elle n’est même pas capable de s’apercevoir qu’elle se tire une balle dans le pied en ne se rendant pas compte que dans la guerre qu’elle mène contre la barbarie, elle  repousse ses alliés…
Il suffit de voir la Jordanie qui compte huit millions d’habitants accueillir six-cent-mille personnes qui ont fui devant l’EI ou l’armée syrienne.
De voir aussi la Turquie, soixante-dix-sept millions d’habitants, accueillir un million huit-cent-mille de ces fuyards.
Et de constater avec un certain effarement qu’une Europe, si prompte aux leçons de morale, qui se vante de « ses racines chrétiennes » piétine sans retenue les racines en question.
Parce que, quand on est cinq-cents millions, hurler à l’invasion quand cent mille victimes d’égorgeurs divers s’échouent sur nos plages, je trouve que ça devrait faire redescendre le Christ de sa croix et le pousser à prendre son baluchon et s’en aller en maugréant « tristes cons, vous n’avez vraiment rien compris… »
Il n’y aurait pas des recommandations, dans « ces racines chrétiennes » qui parlent de trucs du genre « aimer son prochain comme soi-même » ou « pratiquer la charité » ?
Même moi qui n’ai pas grand’ chose à cirer de cette affaire, j’avais déjà remarqué que Balzac, en écrivant « Le curé de Tours » peignait assez bien ce que je pensais des religions en général et de leurs représentants en particulier.
Et je trouve finalement plutôt drôle que ce soient des musulmans qui montrent à l’Europe comment pratiquer le christianisme…
Heureusement, histoire de rire franchement, il y a une Hongrie qui s’était déjà illustrée en matière d’antisémitisme et qui imite Israël en bâtissant un mur de centaines de kilomètres pour empêcher « l’invasion des étrangers ».
Nous sommes de vieux pays.
Je ne pensais pas que nous étions devenus des pays de vieux.
Timorés, égoïstes, frileux, pingres et pleutres…
Comme dit le « New York Times » d’hier à propos des Républicains « Comment pouvez vous envisager l’avenir en agissant comme par le passé ? »

mardi, 16 juin 2015

Le mât rôdeur...

J’aurais dû me méfier, lectrices chéries.
Ça avait commencé dimanche soir en regardant « Dans la maison ».
Un moment, regardant l’ado déclarer sa flamme à Esther, Heure-Bleue me jette :
- Ah, je te vois bien là !
- Quoi donc ?
- Seize ans, l’air « bobia », tomber amoureux  et t’y prendre comme ça…
- Mais c’est un gamin. Manipulateur, d’accord, mais bon…
- Justement…

Puis hier, Heure-Bleue en pleine forme a commencé par dire « Waouuhhh ! C’était super chez Imaginer, hein ? »
Oubliés en un quart de seconde le ricanement de la balance, tout ce que nous avions englouti, le vin délicieux, les plats extra, voire « extramidables »…
Puis, « Chéri » m’a envoyé les photos de ce qu’était mon coin quand j’étais jeune.
Je les ai montrées à Heure-Bleue.
« Chéri » ne soupçonnait pas les effets secondaires de ses renseignements.
La lumière de mes jours a regardé.
Elle ne s’est pas essuyé les yeux, non.
Elle a seulement eu un de ses sourires indulgents et pleins de compréhension des filles avant qu’elles ne prennent pleinement conscience de ce qu’impliquent les circonstances.
Elle fut même un instant un peu attendrie par ce qu’avait vu votre serviteur dans sa jeunesse. Elle-même est allée jusqu’à dire que finalement le quartier était sympa.
Mais que le XVIIème, quand même…
On est parti faire le lit.
D’un coup, elle a tapé avec énergie les oreillers, elle a levé la tête, un doute inquiet se fit jour dans ses yeux verts.
- Dis moi, Minou…
- Hon hon ?
- Le Marcadet Palace… Euh… Tu…
Un peu inquiet car je connais Heure-Bleue, j’ai tenté, l’air innocent :
- Oui ?
- Le Marcadet… T’as embrassé des filles là ?
- Euh…
- Quooiii ??!!! Dulcinée ! Tu l’as embrassée là !!!!
- Ben, tu sais…
- Oui ? Alors !
- On avait quinze ans, ma Mine ! Quinze ans !
- Et alors, tu l’as embrassée là ?
- A l’époque, tu sais je l’ai embrassée partout…
- Hmmm ? Où ?
Là, je me suis gardé de donner des précisions…
- Ben, le « Marcadet Palace ».
- Et ?
- L’ « Ornano 43 », le « Montcalm », le « Louxor Pathé », le « Palais Barbès »… Tout ça quoi…
- Bon, j’espère qu’elle ne lit plus ton blog, mais qu’est-ce que tu fichais avec une fille pareille ? Elle était trop nunuche… Tu te serais ennuyé…
- Et toi au cinéma, jamais tu…
- J’ai oublié. En attendant, si elle commente ou envoie un mail, je te tue !
Et elle me dit qu’elle a oublié.
Elle ment ! La lumière de mes jours ment ! Elle n’oublie jamais rien !

lundi, 15 juin 2015

Dimanche et quatre sets…

Hier, Heure-Bleue et moi sommes allés déjeuner chez Imaginer et « Chéri ».
C’est donc hier que je me suis rendu compte soudainement que nous avions perdu une habitude de Parisien.
Oui lectrices chéries, nous sommes arrivés à l’heure !
Alors que tout vrai Parisien sait que ça fait  plouc de se rendre à une invitation avec moins d’une demi-heure de retard…
Heure-Bleue et moi n’en sommes pas encore revenus.
En y réfléchissant bien, ça doit bien être la première fois que ça nous arrive.
Bon, honnêtement, ce n’était pas entièrement notre faute.
Tout ce voyage était un rêve de planificateur. Le train est arrivé au moment où nous mettions un pied sur le quai.
A peine remontés les cent mètres de la rue de Rome qui nous séparaient de l’arrêt du 80, celui-ci est arrivé. En passant sur le pont qui surplombe le cimetière de Montmartre, alors le bus s’arrête un instant, un je ne sais quoi me remue, un souvenir sans doute.
Là, la lumière de mes jours me dit « on devrait le parcourir, Minou, il y a des gens intéressants qui sont enterrés là ».
Ça je le sais bien… Trop bien…
Le 80 nous a amenés rapidement à « Custine-Mont-Cenis » et Heure-Bleue a pesté car la rue est très pentue et qu’elle préfère monter que descendre.
J’ai eu un soupir –discret le soupir, je connais Heure-Bleue- quand j’ai vu qu’Imaginer et Chéri habitaient là où dans mon enfance se tenait le cinéma « Le Marcadet Palace ».
J’y avais vu des tas de films où on se tirait dessus à coup de Colt, s’étripait à coups de lance, s’éventrait à coup d’épée, et où plus tard, même à l’entracte, on s’embrassait à « bouche que veux tu ».
Je supputais, à la lecture du blog d’Imaginer, que « Chéri » était un fin cuistot.
Le mot est faible mais je confirme.
La balance aussi.
Du coup, mes papilles me poussent à encenser « Chéri » tandis qu’une panse d’archevêque arrivée là brutalement me pousse à le haïr…
« Chéri » a une discothèque de vinyles qui me laisse rêveur, une discothèque de CD qui me laisse pantois et une collection de cassettes qui me laisse ébloui.
Il m’a permis de gagner haut la main un pari engagé avec la lumière de mes jours à propos d’une musique de film.
Elle n’aurait pas dû parier là-dessus, j’ai vu « M le maudit » plusieurs fois quand j’étais gamin, alors, hein…
Le déjeuner avait très bien commencé car je me suis illustré dès l’apéritif .
En voyant mon hôte mettre du Jack Daniels « Single Barrel », l’émotion m’a saisi, car je suis très émotif surtout dans ces cas là.
Du coup, alors que je n’avais encore rien bu j’ai renversé mon verre.
Imaginer a été parfaite. Contrairement à une Heure-Bleue qui aurait sauté sur l’occasion, elle ne m’a pas engueulé…
Puis le déjeuner est arrivé, délicieux. Absolument délicieux. Et, pour la première fois depuis 1995, j’ai bu un digestif.
Vous vous rendez compte, lectrices chéries ? Un digestif !
Ce déjeuner s’est terminé tard, très tard.
Nous étions dans un état un peu « cotonneux », le genre de coton qui coûte six points…
Quand nous sommes revenus à la maison, les vapeurs s’étaient suffisamment dissipées pour apprécier pleinement « Dans la maison » de François Ozon…
Un chouette film. Un chouette dimanche.
Vraiment…

dimanche, 14 juin 2015

Les mères veillent, les pères versent…

Aujourd’hui les pères versent et les mères veillent…
On est allé assister au spectacle de danse de l’école de Merveille.
Pourtant, le début ne présageait pas du tout ce dénouement heureux.
Ces enfants sont quand même petits et assez empruntés en public.
La directrice avait pris à cœur son rôle de directrice en commençant par vouloir faire taire une armée de parents accompagnée de hordes d’enfants trop petits pour aller à l’école.
J’ai été rassuré dès le début du spectacle.
L’Ours, une fois n’est pas coutume, a fait preuve de pragmatisme.
Oui lectrices chéries, mon fils est grand maintenant.
Il fait même preuve de discernement.
 Il m’en a administré la preuve.
Oui, il m’a glissé à l’oreille « T’as vu, papa ? C’est comme Arte sauf qu’on peut pas zapper. »
Et c’était très vrai…
On s’est dit « c’est pas possible, on va pas tenir l’après-midi ! »
L’Ours n’est pas branché musique, ni ballet et les émules Kurt Weill l’emm…nuient profondément
Puis, JJF est arrivée, grâce à un moto taxi, et a pu assister au spectacle de l’école de sa fille.
Ma fille, oui, c’est ma fille, est épuisée, réellement et ça me fait mal au cœur.
Ne riez pas, lectrices chéries, j’ai un cœur et il est fendu quand je vois ma fille réduite à cet état de fatigue.
Bon, le spectacle a quand même commencé.
Malgré P’Tite Sœur appelant « Papyyyy ! » dans la salle au point de couvrir la sono.
Le pire fut qu’elle a refusé d’appeler « Manou » ou « Mamie ».
Ouais, c’est comme ça dans la famille, les filles préfèrent les garçons et le font savoir…
La musique a quand même réussi à rythmer les mouvements des enfants.
Puis, les enfants se sont « dégelés », leurs mouvements sont devenus plus souples, plus déliés.
Merveille a commencé à s’engueuler avec son partenaire qui, apparemment ne faisait pas son boulot avec le soin requis.
Tout a fini par s’arranger jusqu’à la fin du spectacle.
J’ai été un peu chiffonné par les parents qui sont repartis avant la fin, leur gosse ayant fini sa participation.
Bon, on peut oublier la légende de la timidité de Merveille.
Je le sais, j’ai demandé à la maîtresse.
Elle fut d’abord ravie que je la remercie pour avoir fait oublier un instant ce petit quelque chose de la souplesse de Merveille qui faisait immanquablement penser à un verre de lampe…
Puis que j’aie, comme Heure-Bleue et Manou, remarqué qu’au moins deux des élèves de sa classe avaient ce don : Ils « savaient bouger », ce qui n’est pas si courant.
Merveille sur scène m’a rappelé que Maïa Plissetskaïa est morte il y a peu à quatre-vingt-dix ans.
Regardez la, elle avait alors cinquante ans :

Elle avait manifestement les pieds en meilleur état que ceux d’Heure-Bleue.
Et je ne parle pas de ses genoux en bien meilleur état que les miens. 
Vous voyez, lectrices chéries, j’aime Merveille.
J’adore Merveille.
J’ai même pour elle une indulgence coupable, que dis-je, quasiment de l’aveuglement..
Elle a évidemment très bien dansé cet après-midi.
Elle a été la meilleure.
Bon, tous les parents ont dit ça, cet après-midi.
Moi aussi.
Mais moi c'est vrai.
Mais honnêtement, maintenant que je suis rentré à la maison, je ne la sens pas encore prête à remplacer feue Maïa, étoile du Bolchoï...