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mardi, 25 février 2014

J’aime mieux les Gallé que les galets.

J’ai failli acheter pour mille dollars, des dollars à 1,20 €uros, une lampe du premier il y a une quinzaine d’années.
Là, j’ai claqué il y a à peu près trois semaines, la somme mirobolante de quatre €uros et demi pour quelques plaques de carrelage dites « galets japonais ».
Ce n’était vraiment ce qui nous plaisait mais pour l’usage que nous voulions en faire, c’était pensions nous, « une affaire ».
L’idée de gaspiller une somme modique, surtout un mètre carré de mosaïque pour moins cher que le pot de colle qui devait le fixer, nous avait bien plu.
Après m’être allongé le bras gauche de vingt centimètres à porter ce carrelage lourd comme un âne mort, au plus fort de mon courage, je l’ai planqué à peine arrivé à la maison.
Il me fallait attendre des jours meilleurs pour tenter de le poser.
J’ai tenté le coup hier.
Et je me suis aperçu que ces salauds de céramistes font leur boulot approximativement.
Comme le bon dieu a fait les bossus.
A vue de nez…
Vous pensez naïvement que quand on prépare des plaques censément carrées de trente-cinq centimètres de côté, elles sont à la cote.
Vous le pensez sérieusement, fort d’une formation qui vous a montré que le travail des machines, s’il manquait de fantaisie, avait le mérite d’être rapide et précis.
Eh bien non ! Ces plaques ne sont pas plus carrées que rectangulaires.
Ni même losangiques ou trapézoïdales. Tout ce qu’on peut en dire c’est qu’elles ont à peu près quatre côtés.
Pourquoi « à peu près » ? Tout simplement parce que les bords de ces plaques sont si irréguliers que l’on ne peut parler de quadrilatère. Tout ce qu'on peut en dire sans mentir, c'est que ces plaques sont l'archétype du polygone irrégulier. 
Identiques au moins ? Même pas ! Et encore moins de la bonne dimension.
De plus, ça semble devoir être posé comme le papier peint à raccord.
Sauf que la diversité de la forme des plaques interdit tout raccord. Les galets qui saillent d’une plaque ne tombent évidemment pas face aux creux des plaques voisines.
Et ce, bien sûr, quelles que soient les positions respectives des plaques et les côtés en regard.
Faire un travail correct est impossible, sauf à détacher les galets de leur support de toile et les placer un par un.
Inutile de songer à faire quelque chose d’à peine présentable en moins d’un siècle.
C’est un peu comme ranger la plage d’Etretat, vous voyez ?
Lectrices chéries, franchement, connaissant le sens de l’effort de votre Goût adoré, vous le voyez en train d’aligner les cailloux au Tréport ?
Voire tout bêtement dans sa cuisine ?
Je vais vous avouer quelque chose : Je vais un jour prochain, je ne sais pas quand, acheter un plan de travail à quinze €uros chez Casto, le faire couper à la bonne longueur et le faire transporter par ma copine Nadia qui a une voiture et de la gentillesse à revendre.

lundi, 24 février 2014

Tant de travail…

souvenir_du_IXème.JPG


Regardez bien cette photo, lectrices chéries, c’est là nous sommes passés vendredi soir, Heure-Bleue, la Tornade et moi.
Pourquoi diable me mets-je à vous raconter cela ?
Parce que !
Parce que je voulais que vous voyiez ce que je vous disais dans cette note.
Après être sortis de chez Léontine dont nous avons vérifié que son goût pour le champagne n’avait pas disparu, nous avons pris le 26, bus à souvenirs pour moi, jusqu’à la Gare du Nord y récupérer la Tornade.
Heure-Bleue, toujours en délicatesse avec l’heure, avait pensé nous traîner tous trois jusqu’au passage des Panoramas en attendant l’heure d’aller nous asseoir à « L’Orient d’Or » pour dîner.
Nous avons donc commencé par aller boire un café au Terminus face à la gare et sommes repartis lentement –un exploit pour Tornade- en direction de la rue de Trévise.
Nous avons donc commencé par descendre la rue Lafayette dans le soleil du crépuscule. Ça faisait un peu « Sunset Boulevard » en moins large et sans la mer quand on arrive au bout…
Nous descendions la rue en papotant de choses et d’autres, parfois en silence. Je suis resté derrière mes deux compagnes la plupart du temps, rêvassant. J’ai dit à Heure-Bleue « regarde le petit jardin dont j’ai parlé il y a peu, c’est celui-là. »
C’est celui de la place Franz Liszt, celui auquel on accède par une volée de marches.
Je confirme, si on s’y assoit plus de dix minutes vers dix-huit heures, on y meurt d’anoxie.
J’ai jeté un regard vers l’autre côté de la place. Le bout de la rue d’Hauteville m’a rappelé quelque chose. Je suis revenu à la hauteur d’Heure-Bleue pour lui dire « Le IXème arrondissement est vraiment mon arrondissement préféré. »
Elle ne voit pas pourquoi alors que c’est pourtant évident que, contrairement à ce qu’elle dit,  c’est bien mieux que le XVIIème.
Des fois je me demande à quoi elle pense…
Après avoir dîné, nous sommes repartis à pied vers la Gare Saint Lazare dans l’illusion que nous allions brûler toutes les calories ingurgitées avec entrain au restaurant…
Espoir déçu nous confirmera la balance le lendemain…
Ce fut une très agréable soirée de promenade, de conversation, dans un temps frais mais beau.
Le genre de temps que je trouve frais et beau et qu’Heure-Bleue trouve chaud et sec.
Franchement, quelle idée de… Mais bon…

dimanche, 23 février 2014

Les comptes de ma mère Loi.

Je vous raconterais bien l’histoire du square Saint Lambert, mais bien que ce soit essentiellement la description d’un râteau magistral,  d’une « veste » taillée sur mesure, j’abandonne l’idée.
Au départ, c'était pour faire plaisir à Liliplume et satisfaire sa curiosité.
Mais c’est encore un truc qui va surtout me rapporter des histoires à n’en plus finir.
Alors, hein…
Mais si vous voulez, je peux vous raconter « Boucles d’or et les trois ours »…
Bon, je sens que ça ne soulève pas l'enthousiasme des foules.

samedi, 22 février 2014

La charge de revanche…

J’ai fait un bond de carpe, la bouteille s’est renversée, le débouche-évier s’est  répandu par terre et j’ai dû tout ramasser vite fait, décharger les autres bouteilles et remettre de la solution dans la bouteille renversée.
Cette fois-ci, j’ai tout bien posé et réessayé la chose. C’était super !
J’ai allumé la bougie que j’ai posée sur le coffre en prenant mille précautions.
J’ai récupéré l’électrode négative avec ma pince à éprouvette rallongée.
Dans la pièce, la lueur rougeâtre des filaments des DY86 adoucissait la lumière froide des effluves bleutées ou mauves qui commençaient à parcourir la pièce. Connecté à l’engin car plus rien n'est réellement isolant si la tension est suffisamment élevée, j’ai approché l’électrode de sorte que la bougie se trouvât pile poil sur la ligne joignant les deux électrodes.
La flamme de la bougie pencha. La luminosité des effluves s’accentua. Je rapprochai encore les électrodes. La flamme penchait de plus en plus.
J’entendis la clef dans la serrure et reconnu le pas de ma mère qui dit
- Mais qu’est-ce que ça sent ici ?
- C’est l’ozone maman ! Mon truc marche !
Elle entrée dans ma piaule, a crié « Mais qu'Est-ce que c'est que tout ce fourbi ! »
 C’est quand elle m'a embrassé la joue qu'il y a eu cette étincelle et qu’elle a fait un bond monstrueux en hurlant.
J’ai échappé ma pince à éprouvette, l’électrode est tombée par terre et j’ai à mon tour fait un bond d’antilope. J’ai arraché la prise au passage.
J’ai fini de décharger toutes les bouteilles de Leyde et j’ai ramassé tout mon bazar.
J’ai dit à ma mère qui avait l'air un peu estourbi « Ça va maman ? »
Ça devait aller parce qu’elle m’a dit « en plus tu vas mettre le feu à ton lit avec la bougie ! Elle est tombée par terre ! »
Elle m'a regardé, a levé les yeux au ciel et a dit en repartant vers la cuisine « Mais qu’est-ce que j’ai donc fait au bon dieu pour avoir des enfants comme ça ? »
J'ai eu droit pour la millième fois à « Je ne vous souhaite pas de mal mes petits enfants, seulement d'avoir des enfants comme vous ! Mais qu'est-ce que tu as donc dans la tête ! »

Elle s’est longtemps demandé si la fac était une si bonne idée.
Si elle avait été au courant de tout…

Tu vois, Liliplume, lors de cette fois là, je n'y ai laissé ni un œil ni une oreille.

vendredi, 21 février 2014

Coup de foudre…

Ce week-end là, je me mis au travail tranquillement, mon père était à la campagne, en froid avec ma mère que cette maison de campagne arrangeait bien, finalement.
Ma sœur cadette était de sortie, faisant de louables efforts pour perdre son statut d’oie blanche tout en espérant que ma mère ne l’apprenne pas.
La plus jeune avait monté un bateau quelconque pour justifier son absence.
Oui, lectrices chéries,  nous avions tous et toutes des dispositions pour les études de genre et de psychophysiologie.
Que voulez-vous, nous étions une famille comme ça…
Donc, je profitais du calme pour continuer mon bricolage.
A chaque étape, en scientifique consciencieux, je vérifiais que la chose fonctionnait.
Quelques problèmes apparurent à la seconde étape. Le relais que j’avais monté en « vibreur » – non, non, ce n’était pas un « sextoy », quoique, après tout...- ne tenait pas le coup.
Après quelques minutes de fonctionnement, les contacts mouraient et mon « vibreur » s’arrêtait.
Je dus retourner au Puces en chercher quelques autres et surtout réfléchir à une solution fiable…
Solution que me donna un des dépanneurs qui venaient se fournir là en pièces détachées pour vieux trucs.
Le Marché Malik était à l’époque plein de ressources pour les gens curieux…
Je revins à la maison et appliquai « la solution » qui se révéla efficace pour moins d’un franc de l’époque.
La suite se déroula donc conformément aux prévisions.
Et même mieux. En connectant « la THT » pour vérifier que Lenz et Ruhmkorff avaient raison un arc quasiment inextinguible se produisit, menaçant de détruire l’œuvre à peine entamée.
Mon vieux Metrix était incapable de mesurer au-delà de 1000 V.
Ne me restait que le « voltmètre à étincelles », appareil pifométrique totalement inutilisable avec des transistors car ces bestioles qui mouraient rien qu’à les regarder, mais parfaitement adapté à « l’électronique modèle kalachnikov » que représentaient les tubes électroniques des sixties.
Un tournevis bien isolé suffisait pour savoir « si ya du jus ou pas ».
Je me mis à empiler les cellules de Schenkel comme monsieur Greinacher le fit  et fus bien prêt de hurler de joie quand un arc de quelques centimètres prit spontanément naissance dès la troisième cellule montée.
Ça montrait bien que le seuil de champ de ~20kV/cm en air pas très sec avait été franchi.
Mon projet prenait forme, ma piaule ressemblait de plus en plus à un capharnaüm et je sentais l’engueulade approcher mais, tel Bernard Palissy jetant ses meubles dans son four, je montai les sept cellules suivantes et vérifiai à chaque nouvel étage que la distance à laquelle apparaissait l’arc croissait bien selon la loi écrite.
Le dimanche après-midi, mes dix cellules montées, la célèbre « cascade de Greinacher » opérationnelle, j’éteignis mon appareil monstrueux, récupérai ma pince à éprouvette, celle qui me servait à tenir « le fil à THT », celle dont les poignées étaient prolongées par deux cuillers en bois, et allai à la cuisine récupérer une bougie dans un tiroir.
J’avais totalement débarrassé le coffre qui servait de support à mes bidouilles audio et ma machine infernale trônait là, imposante.
Le premier incident eut lieu quand j’ai poussé la première « bouteille de Leyde ».
Votre Goût préféré avait oublié un détail qu’il connaissait pourtant sur le bout du doigt : Si rien ne vient le décharger, un condensateur, comme un notaire, conserve sa charge...
Là, quelque chose est venu décharger une bestiole qui avait à ses bornes une dizaine de milliers de volts.
Ce furent hélas mes doigts qui se chargèrent de cette mission.